Appelo-Mortem
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Les fantômes du passéVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Loreana N. Wilde
Admin | Prof. de Potion
Dir. de Serdaigle
Baby : checked. Now, wedding ? avatar
.

Age : 29
1001 messages
Amour : Il n'y a plus que Nathou <3 (bon, un peu Max quand même)

Pensine
Orientation Sexuelle: Hétérosexuel
Année d'étude: Diplômé
Caractère: Etrangement morose, ces temps-ci

Absence :
MessageSujet: Les fantômes du passé Dim 6 Nov 2016 - 23:54

    Lorsqu’elle entrouvrit les yeux, s’extirpant à contrecœur de sa douce torpeur, Loreana se fendit d’un sourire émerveillé. Cela avait beau faire plusieurs mois, maintenant, elle ne parvenait pas à réaliser, tous les matins, que le berceau qui trônait un peu plus loin était le lit de son fils. De sa chair, de son sang. Son Ange, sa merveille, son trésor. Nathanaël qui avait les yeux aussi vifs que ceux de son père, Nathanaël qui avait son nez à elle, Nathanaël qui avait passé une nuit complète sans la réveiller, Nathanael dont la respiration quelque peu encombrée mais régulière trahissait l’assoupissement. Attendrie, la jeune mère décida de rester dans son lit quelques instants pour profiter de ce havre de paix qui serait réduit en fumée dès que le bambin ouvrirait les yeux. À la réflexion, d’ailleurs, la professeure de potions ne se souvenait pas du dernier matin où elle fût levée avant son fils, et entreprit de se tourner vers le géniteur de l’Ange afin de le réveiller de la façon la plus agréable qui soit. Dans un effort dont elle comptait bien souligner le caractère colossal, elle se retourna pour faire face à son mari. Elle adorait sa bouille ensommeillée, elle adorait le voir se réveiller en la sentant près de lui. Un sourire espiègle flottant sur le visage, elle leva un bras bien haut au-dessus d’elle dans le but avoué de le laisser mollement retomber sur le corps de son amant, feignant la maladresse. Lorsqu’il serait ainsi – quelque peu brutalement, il est vrai – réveillé, elle pourrait se blottir contre lui et maudire son absence de la veille. En effet, Maximilien n’était pas rentré hier soir, et Loreana, qui n’aurait pas refusé une séance de câlins – voire plus si affinités – l’avait quelque peu calomnié et avait unilatéralement décidé de lui râler dessus : il aurait au moins pu la prévenir qu’il sortait avec Léo (c’était la seule explication plausible) ! Le bras tomba mollement sur le lit sans rencontrer la moindre forme de résistance. Intriguée, elle ouvrit les yeux pour constater que le lit était vide. Pas la moindre trace de Maximilien ; aucun indice ne pouvait valider l’hypothèse selon laquelle il avait dormi ici cette nuit. Fronçant les sourcils, la belle se redressa et s’installa sur ses coudes afin d’observer la chambre à coucher. Pas de vêtements nonchalamment abandonnés sur une chaise ou au pied du lit. Pas de doute : l’apprenti n’avait pas dormi ici. Avec une moue contrarié, Loreana se leva sans bruit – il ne fallait pas réveiller le Middle qui, lui, dormait encore ici – et quitta la chambre. Alors comme ça, le petit Maximilien avait découché, et n’avait même pas daigné prévenir sa femme ? Dès qu’il oserait franchir le pas de la porte, l’ancien Serdaigle allait en prendre pour son grade, c’était garanti sur facture. En attendant, la directrice des bleu-et-bronze se servit une tasse de café et se mit à parcourir distraitement le dernier ouvrage d’Angélique consacrée à une théorie farfelue selon laquelle Lord Voldemort aurait eu une fille avec Bellatrix Lestrange. Cela dit, elle aurait été bien incapable de vous en parler, tant elle préparait mentalement les flèches du Parthe qu’elle comptait adresser à son époux.

    Elle fut interrompue dans sa liste d’invectives par un bruit tonitruant : quelqu’un frappait à sa porte – quoique le terme « tambouriner » fût probablement plus adéquat pour décrire l’acharnement avec lequel on s’attaquait à cette entrée. Elle reconnut la voix de Léo Sanchez, qui l’appelait vigoureusement :
    « Lor’ ! Lor’ ! Dis-moi que tu es là, pitié ! C’est urgent ! ». Alors comme ça, son lâche de mari préférait envoyer son avant-garde pour affronter ses sarcasmes ? « Léo, va dire à Maximilien que je refuse de voir qui que ce soit, si ce n’est… » Elle s’interrompit, comme frappée par la foudre. En entonnant sa litanie, elle avait ouvert la porte pour se trouver face à un Léo en sueur, les larmes aux yeux, visiblement paniqué. Il avait vraisemblablement couru comme un dératé pour arriver à l’appartement, et il n’en fallut pas plu pour que Loreana comprenne qu’il était arrivé quelque chose à Maximilien. Quelque chose de grave. « Qu’est-ce qui… » « Je ne sais pas ! On l’a trouvé dans le parc ce matin… Angélique m’a envoyé te chercher, je… j’en sais rien, je n’ai même pas pu le voir ! On nous empêche d’accéder à l’infirmerie, c’est… » Loreana n’entendit même pas la fin de la complainte. Elle s’était précipitée dans la chambre pour vérifier que Nathanael dormait toujours, avait rapidement enfilé sa robe de sorcier, puis s’était plantée devant Léo, une détermination paniquée courant dans les yeux. « Léo, j’ai besoin de toi. Il faut que tu t’occupes de Nathou. Moi, je vais aller voir ce qu’il se passe. Je te tiendrai au courant le plus rapidement possible, mais tu dois rester ici pour prendre soin de ton filleul, d’accord ? ». Léo acquiesça faiblement, impressionné par l’apparent calme de la prof de potions. Loreana le remercia d’un signe de tête puis lui passa devant afin d’entamer une longue marche vers l’infirmerie. Mille et un scénarios se bousculaient dans sa tête. Au vu des évènements qui avaient lieu au château dernièrement, la jeune femme était terrifiée à l’idée de ce qu’elle pourrait découvrir. Qu’était-il arrivé à son mari ? Avait-il été blessé ? Ensorcelé ? Ou pire… Était-il mort ? Secouant la tête et refusant d’y croire, elle arriva bientôt devant les portes de l’infirmerie. Trois préfets s’y trouvaient, l’air hagard, posté là pour éloigner les curieux mais ignorant eux-mêmes ce qui se tramait. Ils tentèrent bien d’obtenir des informations de leur professeur de potions, mais celle-ci leur adressa une réponse brève qui leur exprima clairement qu’elle n’en savait pas plus qu’eux. Elle s’engouffra dans la salle des malades sans plus de cérémonie alors qu’ils s’écartaient pour la laisser passer. Son cœur battait une chamade terrifiante et elle crut bien défaillir. Elle se sentit happée par une bouffée de chaleur insupportable. Le sang qui battait ses tempes semblait s’attaquer à son crâne au marteau piqueur. Un instant, sa vue se troubla lorsqu’elle aperçut, au fond de la pièce, les rideaux tirés pour isoler deux lits. Au peu au-devant, Angélique s’entretenait avec l’infirmière, et elle semblait profondément perturbée. Lorsqu’elle aperçut son amie, la sous-directrice fit un pas vers elle, mais Loreana l’interrompit. « Je veux le voir immédiatement. Je veux savoir ce qui lui est arrivé. » Elle entendit à peine la réponse de l’historienne et, sans attendre, tira les rideaux. Ce qu’elle vit lui glaça le sang, et elle sentit des larmes lui percer les yeux.

    Maximilien était allongé là, inconscient. Une lueur apaisante émanait de son torse, signe d’une médicomagie en cours, mais cela ne suffisait pas à masquer l’était terrifiant dans lequel il se trouvait. De large entailles sanguinolentes lui bariolaient le corps. Çà et là, sa peau était noircie, comme si elle avait été dévorée par de puissantes flammes. Ses chevilles, enflées, portaient d’innombrables traces de morsures, et on pouvait clairement apercevoir qu’un venin violet avait circulé dans les veines de ses jambes. Blême comme un cadavre, on aurait pu le croire mort si son torse meurtri ne se soulevait pas faiblement au rythme d’une respiration douloureuse. Mais, surtout, ses yeux étaient ouverts mais vitreux, trahissait le coma magique – mais était-ce volontaire ? – dans lequel il était plongé. Se retenant de se jeter sur lui, Loreana serra le point. Elle détourna le regard de ce morbide spectacle et sa vue se brouilla d’eau. Lorsqu’elle sentit une larme perler le long de son visage, elle sortit enfin de son mutisme. Sans même regarder Angie, qu’elle devinait derrière elle, elle demanda :
    « Comment ? » « Nous n’en savons encore rien, Lor’. Il a été retrouvé ce matin, dans le parc, dans cet état. Baël Owned gisait près de lui, tout aussi abîmé. On a retrouvé des os de serpents et d’oiseaux à proximité, et il y avait dans l’air un parfum d’intense magie noire. Quelque chose qui est largement hors de la portée de deux jeunes sorciers. » Loreana acquiesça puis sortit sa baguette et s’approcha de l’amour de sa vie. Elle posa sa baguette sur le front du jeune homme et prononça quelques paroles inaudibles. L’air dévastée, elle planta son regard dans celui de la sous-directrice. « Je ne sens plus rien de magique en lui. Comment est-ce possible ? Le venin a été arrêté à temps, visiblement. Mais pourquoi ne pas avoir déjà utilisé un sortilège de succion ? Il faut le débarrasser de… » « Comme tu viens de le dire, Lor’, il a été vidé de sa magie. Son état est stable pour le moment, mais il est extrêmement fragile. Tu sais mieux que moi qu’il faut manier des patients en coma magique avec la plus grande prudence. Il… » « Je veux voir son dossier. » « Lor’, je ne crois pas que… » « Je veux voir son dossier tout de suite. J’ai un passé de médicomage, je te rappelle, et je compte bien m’en servir. Je veux être associée à toutes les procédures complexes qui seront effectuées sur lui, et… »

    Deux jours plus tard.

    Encore une nuit éprouvante et inconfortable. Ces deux derniers jours, la seule joie de Loreana avait été son fils. Elle devait se déchirer en deux pour veiller sur les deux hommes de sa vie. Elle débutait et finissait ses nuits dans son appartement, auprès de son fils. Mais, dès que le bambin fût profondément endormi, elle demandait à Caleigh ou Léo de dormir chez elle pour la laisser se rendre à l’infirmerie, ou elle pouvait tenir compagnie à son mari toujours dans le coma. De temps en temps, Caleigh ou Léo surgissaient, l’informant des pleurs de son fils, et elle faisait alors des allers-retours entre sa chambre et l’infirmerie. Incapable de dormir plus de deux heures d’affilée, son visage s’était creusé de cernes, et elle avait annulé sans plus d’explication la totalité des cours de la semaine. Fatiguée comme elle ne pensait pas pouvoir l’être, elle se surprenait parfois à parler à son homme dont l’état n’évoluait pas. Ce matin-là, elle s’était endormie au bord du lit de Maximilien. Lorsque l’infirmière la réveilla, elle la remercia sans grande conviction et commença à se demander s’il ne valait pas mieux transporter son bel amant à Sainte-Mangouste.
    « Bonjour, mon Ange. Ça fait maintenant trois jours que tu es dans cet état-là. Si tu m’entends, je sais que tu dois être en train de sourire intérieurement en te disant que je vais me lancer dans une tirade sans fin dont j’ai le secret, et tu as raison. Je veux que tu reviennes. Je veux pouvoir lire l’agacement dans tes yeux, je veux pouvoir t’entendre me dire de me taire. Je veux que tu lèves les yeux au ciel ou que tu prennes un air penaud parce que tu sais que tu me causes beaucoup de souci. Je m’inquiète, tu sais ? J’ai peur. Parfois je rêve que tu ne reviendras jamais. Ne me fais pas ça. Ne me laisse pas. Ne laisse pas notre fils. Tu n’en as pas le droit, tu entends ? Je te l’interdis ! Tu dois encore entendre que tu es mien, que je t’aime et que tu me manques énormément. Je veux que tu saches que je suis complètement perdue sans toi et que rien n’a plus le même goût. Reviens-moi. Reviens-nous. J’ignore ce qui t’a mis dans cet état, mais je sais que tu es plus fort que ça. Tu as toujours été le plus fort de nous deux. Je ne réalisais pas à quel point j’avais besoin de toi. Alors réveille-toi, par pitié, explique-moi ce qui t’est arrivé, et laisse-moi aller botter le train à celui ou celle qui vous a mis dans cet état, Baël et toi. Je t’aime, et je te veux. Reviens… » Sa voix se brisa et, sans conviction aucune, elle vint poser ses lèvres sur celles de son bel amant. Elle inspira profondément en essayant de trouver le courage d’affronter une nouvelle journée sans savoir quand – si ? – Maximilien se réveillerait. Elle fit quelques pas vers la fenêtre et observa, en contrebas, tous les étudiants qui vaquaient à leurs occupations, inconscient de l’état déplorable dans lequel se trouvait leur professeur de potions. Une larme se fraya un chemin sur son visage, et elle crut qu’elle cèderait à toutes ses jumelles quand elle entendit un bruit, derrière elle.


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Maximilien et Nathanaël...
Les deux hommes de ma vie.
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Maximilien E. Middle
Admin | Apprenti
Père de Nathou et futur mari aux anges avatar
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Amour : Son enfant, Nathanaël Middle & sa fiancée, Loréana Wilde

Pensine
Orientation Sexuelle: Bisexuel
Année d'étude: 1ère année de Thèse
Caractère: Sincère, honnête, fou, motivé, drôle, beau parleur, inteligent, charmeur, loyal, passioné, passionant, têtu, bien élevé, révolutionnaire, débrouillard, autonome, sarcastique, protecteur, volontaire, amusant, sportif, classe, patient, franc, écrivain, artiste! etc

Absence : Complètement indisponible pour l'instant. Merci l'université!
MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Mar 8 Nov 2016 - 22:43


    « Avada Kedavra ! » Pour une raison que Maximilien ne comprit pas, il sentit, heureusement, son corps plonger vers sol et éviter de justesse l’éclair de lumière verte qui manqua de lui effleurer une mèche de cheveux. Il gisait là, étendu, souffrant. Il n’avait plus le contrôle de son corps mais il pouvait ressentir. Il avait mal, il était faible, il se vidait de son sang. Il sentit son cœur se serrer, ses poumons se contracter. Sa respiration était de plus en plus difficile. Son corps sursauta soudainement comme si quelqu’un lui ordonnait de se relever, sans effet. Il gisait là, immobile. « Allez gamin, tiens bon ! » Cette voix dans sa tête, qui était-ce ? Son crâne allait se fendre en deux. Il souffrait tellement mais ne voyait rien. Il n’était pas maître de ses membres. Tout d’un coup une peur terrible l’envahit. Ce n’était pas sa peur mais bien celle de l’autre, celle de… Severus. Il pouvait maintenant le comprendre. L’ancien mangemort, mort depuis de longues années et qui avait élu domicile dans son enveloppe corporel, semblait terrorisé. L’idée que la magie de Maximilien avait fondu comme neige au soleil, que le corps de l’ancien serdaigle ne pouvait plus tenir horrifiait Severus Rogue. Il ignorait si Voldemort, en face de lui, était encore debout et peut-être que la faiblesse de son hôte allait signer son second arrêt de mort. Heureusement pour le nouveau duo, à quelques mètres de là, Baël et Voldemort n’allaient pas mieux. Les capacités magiques de Maximilien ne permirent plus à Severus de rester au pouvoir plus longtemps et le jeune père revenait petit à petit à lui, en même temps que son esprit et son corps se dissociaient. Maximilien sentait le poison battre dans ses veines, tout son corps était lourd. Il priait pour que cette douleur cessât et tout d’un coup… Ce fut le noir total, il perdit connaissance et Severus aussi.

    Lorsque Maximilien réouvrit les yeux, il s’attendait à souffrir le martyre mais rien. Il se tenait debout en pleine lumière, bien portant. Sa tête ne se fendait plus, son corps semblait en pleine forme. Il regarda ses jambes, ses bras, son torse qui ne saignaient pas et fronça les sourcils. Avait-il rêvé ? Petit à petit la lumière aveuglante s’estompa pour faire place à un paysage qu’il connaissait bien : le parc de Poudlard. Ce dernier était complètement vide. C’était bizarre. Cela n’arrivait jamais et encore moins en pleine journée. Le soleil brillait bien haut, il faisait bon. Une petit brise vint agiter le t-shirt bleu de l’ancien serdaigle et il fit un tour sur lui-même pour observer les environs et là… Son regard se porta sur les bords du lacs. Il n’était pas seul finalement ! Il distinguait une silhouette assise au bord de l’eau, dos à lui, à l’ombre d’un arbre. Maximilien plissa les yeux. Il avait l’impression de connaître ces formes, ces longues jambes maigrelettes qu’il apercevait, ces longs cheveux noirs. Un sourire immense se forma soudainement sur ses lèvres et il se mit à courir : Travis Andrew Cohen se trouvait là, devant lui, bien vivant. Maximilien pouvait même voir le torse du garçon se soulever et s’abaisser au rythme de sa calme respiration. Essoufflé, il arriva aux côtés de son ami de toujours. Travis se retourna vers lui, calme et souriant. Comprenant que ce n’était pas là la réalité – Travis n’avait jamais été souriant, Maximilien n’osa pas serrer son ami dans ses bras. Il se contenta alors de s’asseoir aux côtés de cette vision angélique et d’attendre. De longues minutes passèrent en silence. Les deux jeunes hommes n’étaient bercés que par le bruit des flots de l’eau du lac sur lequel ils gardaient fixés leurs regards. Maximilien fut le premier à briser le silence :
    « Travis ? Qu’est-ce qui se passe ? » Le dénommé Travis ne répondit pas, se contenta de cligner des yeux et de soulever ses épaules. Maximilien soupira et replongea son regard dans le lac, soucieux. Il ne comprenait rien à ce qui se passait. Pourquoi était-il là ? Pourquoi son ami se tenait-il à ses côtés ? Pourquoi ne s’étaient-ils pas jetés dans les bras l’un de l’autre pour savourer leurs retrouvailles ? Soucieux, Maximilien tenta de relancer la conversation : « Je suis mort, c’est cela ? » A nouveau, le silence lui répondit. Il était clair que le jeune Cohen n’avait pas l’intention de parler, qu’il ne répondrait pas. Il restait là, assis, les yeux dans le vague, semblant heureux de savourer la brise qui agitait tranquillement ses cheveux. Maximilien se renfrogna. Il n’avait jamais été du genre patient. Il était heureux d’être là, aux côtés de Travis, de retrouver son ami mais il ne comprenait rien. Et c’était une chose horrible pour un serdaigle que de ne rien comprendre. Il avait la sensation que quelques secondes plus tôt encore, son corps était perforé de toute part, que sa magie s’était vidée et maintenant il était là, au calme… C’était incroyable, c’était bizarre. Il ne voyait pas d’autres explications. Il devait être mort. Mais alors… Était-il au paradis ? Et pourquoi Travis ne lui parlait-il pas ? S’il était vraiment dans un second monde – monde dont il avait toujours mis en doute l’existence – n’auraient-ils pas dû se retrouver dans des effusions de joie ? Une énième fois, Maximilien tourna la tête vers son ancien ami. Il voulait à tout prix lancer la conversation, obtenir une réaction de Travis et peut-être que sa présence ici était sa chance, sa chance d’obtenir des réponses, de comprendre ce qu’il n’avait jamais compris, de savoir ce qui était arrivé à son ami et de pouvoir enfin faire le deuil de cette mort qui continuait à le hanter : « Travis. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi es-tu mort ? » Maximilien s’attendit à ne recevoir encore une fois aucune réaction, à devoir se contenter de ce silence pesant mais finalement, Travis se retourna vers lui, posément, lentement et lui sourit : « Réfléchis, Maximilien, souviens-toi. »

    L’ancien serdaigle fronça les sourcils. Vraiment ? Ils étaient côte à côte et Travis n’avait pas l’intention de lui expliquer quoique ce soit ? S’il lui avait suffit de se souvenir, cela ferait bien longtemps qu’il aurait compris ce qui était arrivé à son ami, vu le nombre de fois qu’il avait repassé en boucle dans sa tête leur vie ensemble. Mais peut-être y avait-il un nouvel élément ? D’abord il devait savoir comment il en était arrivé là. Maximilien ferma les yeux un instant et tout lui revint : ses absences de ces derniers temps (et Travis aussi à l’époque lui avait parlé d’absences) et ce combat. Il se souvenait de tout. Il avait assisté à un combat sauf qu’il en avait aussi été l’acteur. Un duel magique entre lui et… Baël mais ce n’était pas Baël non plus. Sa tête lui fit à nouveau mal tandis qu’il se concentrait pour se souvenir. « Tom ». « Severus »… C’était ainsi qu’ils s’étaient mutuellement appelés. Etait-ce possible que… non ! NON ! Il abritait l’âme de Severus Rogue ? C’était de la folie. C’était impossible. Il était devenu fou, complètement fou ! Et pourtant, les preuves étaient accablantes. Les absences, le prénom, les voix dans sa tête, le sectusempra qu’il revoyait son corps utiliser et Baël… NON ! C’était pire encore. Baël était possédé par Lord Voldemort ? Mais comment ce petit scrout à pétard, cette misérable vermine avait pu… ? Misérable vermine mais vermine ambitieuse… Maximilien serra les poings. Tout serait-il de sa faute ? De la faute de Baël ? Comment avait-il fait pour… ? Et ces possessions alors ? Travis aussi avait eu des absences ? Peut-être que lui aussi avait été possédé ? Tout d’un coup un souvenir refit surface. Travis avait essayé de lui montrer ses propres souvenirs à l’époque (voir ce rp : http://appelo-mortem.forumactif.org/t1133-comme-une-page-craquelee-par-le-desespoir#25585). Il se souvenait avoir plongé dans une pensine. Il y avait vu Travis attaquer une femme, la mordre, la tuer, la manger. Il avait vu une folie meurtrière prendre possession de son ami, dans cette même pensine et Travis vouloir le manger. Il avait déjà compris que son ami n’était plus lui même. Un autre mangemort avait dû habiter son coprs mais qui ? Maximilien essaya de se souvenir des cours d’histoire de la magie. Miss Dewis leur avait fait apprendre la bibliographie et la folie meurtrière de chaque partisan du Lord Noir. Un nom s’imposa alors à lui : Fenrir Greyback !
    « C’était Fenrir, Travis, hein ?! Je t’avais dit que ce n’était pas toi qui faisais ces choses horribles. Je le savais ! Traviis ! » Maximilien finit sa phrase dans un sanglot tandis qu’il posait sa tête sur l’épaule de son défunt camarade. Cela n’expliquait toujours pas comment il était mort. Mais il n’obtiendrait rien de Travis, il le savait. Il ne pouvait que supposer ? Son ami avait découvert ce qui lui arrivait et s’était suicidé ? Ou pire, Voldemort l’avait assassiné ? Fenrir s’était-il retrouvé dans le corps de quelqu’un d’autre ? Toutes ces questions qui restaient sans réponse et qui resteraient sans réponse. Mais au moins, maintenant, il avait un début de solution. Travis avait été une victime. Travis ne l’avait pas abandonné et tout cela, encore une fois, à cause de… de Baël Owned !

    « Mon ange, reviens-nous ! » Maximilien sursauta. D’où venait cette voix ? Il tourna sa tête dans tous les sens mais ne vit rien. Ce n’était ni sa voix ni celle de Travis et il n’y avait personne d’autre ici. C’était étrange. Pourtant il avait l’impression de connaître cette voix. « Travis, qu’est-ce ? » A nouveau, le jeune homme lui sourit paisiblement et sans quitter le lac du regard lui répondit d’une voix monotone : « tu le sais très bien, Max. » Le dénommé Max grogna – encore. Travis était-il devenu la Sybille ? Impossible d’obtenir une réponse claire de sa part mais là n’était pas la question. Quelle était cette voix ? D’où venait-elle ? Et tout d’un coup, le cœur de Maximilien se brisa. C’était la voix de Loréana, sa femme, l’amour de sa vie. Mais où était-elle ? Il ne la voyait pas ici. Elle n’était pas présente. Mais où était sa douce moitié ? Est-ce que ? Est-ce qu’elle parlait à un autre lui ? Un lui qui n’était pas cet homme dans ce parc au bord du lac mais un lui toujours dans la réalité. Il n’était pas mort alors ? Était-ce parce qu’il n’était pas mort que Travis ne pouvait pas lui donner de réponse claire ? Alors tout cela n’était que le fruit de son imagination ? Des larmes se mirent à couler sur les joues de l’apprenti. Il ne voulait pas rentrer. Il ne voulait que tout cela fût réel, que tout cela fût palpable, que Travis se trouvât vraiment assis à ses côtés. Il se sentait bien dans ce parc. Il faisait bon, son corps était léger, sa tête ne pesait rien, tous ses tracas s’étaient envolés. Tout ne semblait n’être qu’amour et paix. « Je ne veux pas rentrer, Travis. » C’était clair et sans appel. Il sentit son cœur se déchirer légèrement à l’idée de ne plus jamais revoir Loréana dont le son de la voix lui avait rappelé l’existence. Comment vivre sans elle, sans ses étreintes, sans ses baisers ? Mais ici n’était pas vraiment la vie et peut-être qu’elle le rejoindrait d’ici peu ? Il ne voulait pas quitter Travis, ne voulait plus se séparer de lui. « Maxou… Tu ne peux pas laisser ce monde aux prises avec Voldemort. » L’apprenti soupira. Travis était-il une représentation de sa conscience ou bien… ? Il n’était pas un gryffondor mais un serdaigle. Peu lui importait le monde, finalement. Ce n’était pas sa responsabilité de le sauver, bien qu’une petit voix lui susurrait que Severus était bien le seul à pouvoir délivrer encore une fois l’Angleterre de l’emprise despotique du Seigneur des Ténèbres. Mais peut-être se retrouverait-il dans un autre corps. Travis comprit que son argument ne touchait pas tellement Maximilien, le gênait tout au plus mais n’était pas décisif. « Maxou… Tu ne peux pas laisser ton fils dans un monde aux prises avec Voldemort. » Voilà qui fit mouche. Un frisson parcourut l’échine de l’héritier Middle. Son fils. Comment avait-il pu oublier l’existence de l’être le plus cher qu’il avait dans ce monde ? Son sang, sa chaire ? Et pouvait-il vraiment l’abandonner ? Pouvait-il laisser sa femme et son enfant seuls dans un monde qui serait bientôt en guerre ? Mais peut-être les rejoindraient-ils rapidement ?
    « Tu sais qu’on lui a donné Travis comme deuxième prénom ? » Le Travis premier du nom acquieça dans un sourire, semblant heureux et honnoré de ce choix. Bien entendu qu’il le savait mais cela avait fait du bien à Maximilien de le lui dire. Mais cela ne semblait pas être la préocupation première de Travis qui se leva sous l’œil surpris du blondinet. Le défunt tendit alors la main à son ami et lui dit doucement : « Viens, Maximilien, j’ai des choses à te montrer. » Sans attendre, sans hésiter, Maximilien saisit la main tendue et se sentit aspiré dans un tourbillon.

    Les deux compères atterrirent dans une sale sombre. Maximilien eut besoin de quelques minutes pour s’habituer à la soudaine obscurité mais finit par reconnaître la chambre de Léo dans le dortoir des apprentis. Il lança un coup d’oeil interrogateur à Travis qui se contentait de fixer un point sans bouger. Maximilien suivit son regard et finit par remarquer la raison de leur présence. Léo était agenouillé devant son lit, il avait les bras tendu vers les cieux, les mains jointes, la tête baissée. L’ancien serdaigle n’avait jamais vu son ami dans une telle position. Il s’approcha alors et constata que devant Léo, sur le lit, se tenait une vieille photographie : une image sorcière du trio bleu et bronze à pré-au-lard. Travis souriait d’un air goguenard tandis que Maximilien époussetait son manteau et que Léo était mort de rire à côté. Maximilien se souvenait très bien du jour de cette photo. C’était en plein hiver et Léo avait attaqué sans honte son comparse à coup de boules de neiges. Un merveilleux souvenir, une bataille amicale mémorable qui s’était terminée dans un fou rire incroyable… L’un de leurs derniers fous rires. Un bruit détourna l’attention de Maximilien de la photo : Léo sanglotait, ainsi prostré.
    « Que fait-il Travis ? On dirait qu’il prie ? » Travis se contenta de le regarder d’un air énigmatique et Maximilien comprit enfin où il voulait en venir. Léo ne priait jamais. Léo ne croyait pas en Dieu. Il n’en croyait qu’en lui. Et si Léo en était arrivé à pleurer à genoux devant son lit, à prier, c’était qu’il devait être au comble du désespoir. Voilà le message que Travis voulait faire passer à son ami… Maximilien se souvenait très bien de la peine qu’ils avaient partagé Léo et lui à la mort du troisième membre du trio. Maximilien aurait pu ne pas s’en relever si Loréana ne lui avait pas annoncé sa grossesse. Léo avait suivi la remontée de son ami et ensemble ils s’en étaient sortis et voilà que Maximilien s’apprêtait à faire subir à Léo cette même peine, encore une fois, à le détruire. A voir son ami ainsi en larme, il comprit que le jeune homme ne s’en remettrait pas s’il lui arrivait quelque chose. Le cœur de l’ancien serdaigle se serra : comment pouvait-il envisager faire tant de mal à son frère de cœur, son ami d’enfance, son double, sa moitié ? Maximilien voulut s’approcher de Léo, s’agenouiller à ses côtés, le prendre dans ses bras, le rassurer, lui dire qu’il reviendrait mais ses mains passaient à travers le corps de l’apprenti en soin aux créatures magiques qui continuaient à pleurer toutes les larmes de son corps.

    Sans qu’il ne était rendu compte, Travis s’était approché de Maximilien à nouveau. Ce dernier le comprit qu’il sentit sa main sur son épaule et la seconde suivante, il était à nouveau absorbé dans un tourbillon. Où l’emmenait-on cette fois-ci ? La réponse ne se fit pas attendre lorsque ses pieds touchèrent à nouveau le sol. Encore une fois il faisait sombre mais la lune pleine laissait filtrer quelques rayons de lumière. Maximilien reconnut immédiatement la chambre de Caleigh, sa mère affective, celle qui l’avait pris sous son aile depuis ses onze ans, qui l’avait consolé, qui s’était occupé de lui, qui avait comblé les vides laissés par ses parents dans son cœur. Caleigh, la meilleure amie de sa femme, Caleigh une femme si douce, toujours positive et pleine d’espérance. Il n’eut pas besoin de beaucoup de temps pour que Maximilien la trouvât. Elle n’était pas dans son lit et pourtant – un coup d’œil sur le réveil de la table de nuit avait permis au futur maître des potions de le savoir – il était deux heures du matin. Non, Caleigh était attablée à son bureau. Maximilien s’approcha à pas de loup et remarqua qu’elle aussi avait les joues baignées de larmes. Il s’avança encore et vit qu’elle était concentrée sur… un thème astrale ? Et pas n’importe lequel : le sien ! Il remarqua que son bureau était jonché de thèmes astraux raturés, gribouillés, réduits en boules, pliés, refaits.
    « Travis, ne me dit pas qu’elle passe ses nuits à faire cela pour moi ? » Ledit Travis se contenta de sourire tristement avant de remettre sa main sur l’épaule de son ami.

    Un ultime tourbillon plus tard et Maximilien atterrit dans le lieu qu’il connaissait le mieux, le l’endroit qu’il préférait sur cette terre : l’appartement qu’il partageait avec sa femme et son fils. Il était dans leur salon. Doc, le vieux chien noir de Loréana, était installé sur son tapis habituel ; il dormait paisiblement. Maximilien se sentit chez lui, tout aussi bien, si pas mieux que dans le parc quelques minutes plus tôt. Et en plus… Travis était avec lui. Que demander de plus ? Il s’apprêta à enjoindre à son ami de faire comme chez et lui et à s’affaler lui-même dans son canapé et c’est alors qu’il les vit. Sa femme et son fils. Loréana était assise dans le canapé, droite, Nathanaël confortablement couchés dans ses bras. Elle lui donnait le biberon du soir. Le petit garçon de huit mois buvait goulûment sans se rendre compte que Loréana pleurait toutes les larmes de son corps. Mais Maximilien lui le remarqua tout de suite. Sa belle, sa douce, sa chère et tendre. Il voulait se précipiter vers elle mais il savait que cela ne servirait à rien alors il restait là, à la fixer. C’est alors qu’il vit ses lèvres bouger et qu’il l’entendit parler, d’une voix chevrotante, essayant de maintenir ses sanglots pour ne pas perturber l’ultime repas de leur enfant :
    « Ne t’en fais pas Nathou, ton père va revenir. C’est un homme fort et il ne nous abandonnera pas. Je le connais. Il ne laisserait pas son fils grandir sans son père. Il ne permettrait pas que je sois seule à t’élever. Impossible. Ton père reviendra, mon bébé, tu verras. Il te prendra dans ses bras…Me prendra dans ses bras et on sera réunis, tous les trois à nouveau. Mon petit ange. Bois, mon amour, mange. Papa va revenir. » Une bien faible tirade pour la Loréana que son mari connaissait et elle semblait essayer de se convaincre elle-même plus qu’elle ne s’adressait à son enfant. Pour la troisième fois d’affilée, Maximilien sentit son cœur se fendre et il comprit qu’il ne pouvait pas rester ici avec Travis, que ce n’était pas possible, qu’il devait rentrer chez lui et retourner auprès des siens, des vivants.

    Travis glissa sa main dans la sienne et ils se retrouvèrent face à face, de nouveau au bord du lac. Les yeux de Maximilien étaient mouillés de larmes. Il entendait au loin la voix de Loréana tirader au près de lui et il comprit que sa femme le veillait, peu importe l’endroit où il se trouvait, et c’était ainsi qu’il réussissait à l’entendre. Il plongea ses yeux dans ceux de Travis. Il devait partir mais ne voulait pas le quitter. La voix serrée, la gorge nouée, il vit son propre corps commencer à s’effacer :
    « Et toi alors… et nous ? » Travis le prit dans ses bras et dans une ultime étreinte, il l’entendit murmurer : « On se reverra, Maxou, je t’attendrai ici. » Et le parc s’évanouit. Tout d’un coup, Maximilien se sentit lourd à nouveau, il prit conscience de son propre corps. Son cerveau était engourdi mais il souffrait. Ses mollets lui faisaient mal comme s’ils avaient été perforés, sa respiration était difficile. Il se sentait faible. Il essaya de bouger ses doigts sans savoir s’il y était arrivé. Il entrouvrit péniblement les yeux mais les referma aussitôt. La seule chose qu’il arriva à faire pour signaler sa présence fut de marmonner d’une voix rauque qu’il ne se connaissait pas : « Looor. » Ce fut tout ce que ses forces lui permirent de dire et le seul son que sa gorge put laisser passer. Il avait l’impression qu’on lui avait arraché les cordes vocales. Un bruissement soudain lui indiqua qu’on l’avait entendu et son nez, bien que souffrant lui aussi, reconnut l’odeur de son épouse tandis qu’elle s’approchait de lui. Il ne sut pas où elle était ni si elle lui avait parlé mais il réussit à s’exprimer une fois encore « soiiif ! » tandis qu’il entrouvrit définitivement les yeux pour voir le visage de sa femme.


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Cuando lloras, se para el mundo y nunca sé que decir. Cuando lloras, me derrumbo y no me sale fingir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón... Cuando lloras, se tuerce el rumbo y no tengo a donde ir. Cuando lloras, yo me hundo y tardo en volver a salir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón. Piensa en lo que piensas cuando lloras, cuando me dices que no. Piensa en lo que quieres... Pero ahora... El que llora soy yo. El que llora soy yo.


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Loreana N. Wilde
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Ven 25 Nov 2016 - 23:33


    Rien n’était plus agaçant que ce bruit régulier. Agaçant, mais réconfortant dans même temps. Le respirateur magique emplissait la salle d’un faible chuintement régulier, comme pour rappeler que, malgré les apparences, Maximilien était toujours vivant. Ce bruit, là, c’était le bruit de l’espérance, le bruit d’une vie qui s’accroche. Mais c’était aussi le bruit de l’absence. Loreana avait toujours cru que l’absence ne se vivait que dans le silence ; elle s’était trompée. L’absence, au contraire, est un bruit assourdissant. C’est un bruit multiforme, acéré, qui se glisse partout. C’est un bruit encombrant, qui occupe l’espace de manière indistincte. C’est le bruit indéfini d’une salle de pas perdus ; c’est l’ambiance agressive du hall de gare. C’est ce bruit, cette clameur des Autres, qui rebondit sur tous les murs et vous enferme dans un coussin, dans une bulle de solitude. L’absence, ce n’est pas le silence : l’absence, c’est le bruit des Autres sans le bruit des Siens. Oh, qu’elle le haïssait, ce bruit, ce léger ronflement ! Oh, qu’elle l’aimait, ce bruit, ce trop long ronflement ! Que ne donnerait-elle pas pour pouvoir hurler sa rage, hurler sa peine, hurler sa haine. Comment était-ce possible ? Comment sa vie avait-elle pu basculer ainsi ? Qu’avait-elle donc fait, elle, pour se trouver ainsi à veiller son mari dans l’espoir, pâle et faible, qu’il ouvre les yeux et lui dise qu’elle était belle. Oh, que ne serait-elle pas heureuse de le voir se redresser sur son lit, l’air insolent, un sourire narquois flottant sur le visage, pour lui asséner un moqueur : « T’y as cru, hein ? Je savais que tu ne pouvais pas te passer de moi ! ». Mais il ne se redressait pas. Il voulait faire durer le plaisir, le petit emmerdeur ! Il ne savait décidément jamais quand s’arrêter, et ce n’était pas faute pour Loreana d’avoir essayé de lui faire comprendre que les blagues les plus courtes étaient les meilleures. Mais non, il préférait rester couché, à faire le mort ou le mourant….

    Cher Journal,

    Ce que je suis en train de faire est parfaitement ridicule. J’écris à un journal, comme une adolescente, comme si j’avais un coup de foudre à confier ou un coup de gueule à passer. Comme si j’avais seize ans ! Comme si j’en étais encore à avoir le béguin pour mon ami gay, comme si je me faisais encore passer pour la copine d’Enis pour le couvrir, comme si… Comme si je n’avais personne d’autre à qui parler. Ça fait des années que j’ai toujours quelqu’un à qui parler, quelqu’un pour mettre un vieux journal pourri au chômage. Mais pas là, pas aujourd’hui. Je réalise qu’aujourd’hui, je ne peux confier mes tourments à personne, sinon à une page de journal ridicule. Je ne peux pas parler à Caleigh, je ne peux pas parler à Léo, je ne peux pas parler à Enis, je ne peux pas parler à Angie. Je ne peux pas parler à Isis, à l’autre bout du monde. Et, surtout, je ne peux pas parler à Maximilien. Je n’ai plus personne. Personne à qui confier sans gêne la noirceur de mon âme blessée, personne ne qui peut comprendre. Personne à qui je peux faire part de mes doutes, de mes questions, de mes inquiétudes. Et je suis lasse. Terriblement lasse.

    Mon Ange m’a quitté. J’ignore quand, j’ignore comment et j’ignore pourquoi. Tout ce que je sais, c’est qu’il n’est pas là. Il n’est pas mort, mais c’est presque pire. Il est là sans l’être ; il n’est que corps inerte, maintenu en vie par on-ne-sait quel miracle. Il est pâle, il est cireux ; comme les statues de marbre des rois d’antan : leurs traits, paisibles, sereins pour l’éternité. Il est presque beau, il est presque laid. Il a sur le visage le calme terrible des épitaphes, il a sur le visage un presque sourire qui me fait pleurer. Je ne veux plus de cela. Plus de chrysanthèmes, plus de deuil et de linceul. J’en ai assez de cette vie où le bonheur m’est confisqué, sans que je puisse en parler.

    Mon Ange m’a quitté, et cela ne date pas d’aujourd’hui. Je ne lui ai rien dit, car je ne savais comment lui en parler. Et, aujourd’hui, il est peut-être trop tard. Le seul fait d’écrire ces mots me fait monter les larmes, et je sens déjà que le sanglot n’est pas loin. Il ne peut pas mourir. Il n’en a pas le droit. Pas avant que je lui aie parlé. Pas avant que je l’aie embrassé, pas avant qu’il m’ait expliqué. Je refuse de prendre le noir aujourd’hui, je refuse de le prendre demain. Il doit rester, il doit se battre. Il doit se battre parce que je suis égoïste et qu’il me manque. Il doit se battre pour moi. Il doit se battre pour Nathanaël, puis Caleigh, pour Léo, pour Alexia, pour tous les autres. Il doit se battre, putain ! Il doit se battre, et je ne peux rien faire pour l’aider. Ma magie ne sert à rien, mon amour non plus. Je ne peux rien faire, sinon lui parler, et espérer qu’il m’entend.

    Mais qui m’entend ? Maximilien, ou cet autre lui, celui qui a le regard dur ? Il pense peut-être que je n’ai rien remarqué, mais cela ne m’a pas échappé. Il est étrange, ces derniers temps. Il n’est jamais tout à fait lui-même, mais jamais tout à fait un autre. Je vois ses yeux, je vois ces lèvres. Il est bien celui qu’il a toujours été, mais il ne dort plus. Ce n’est pas seulement la faute de Nathanaël. Parfois, quand j’allaite, au milieu de la nuit, je vois bien qu’il clôt les yeux pour me rassurer, mais qu’il ne dormait pas. J’ignore ce qui le tourmente, mais je souffre qu’il ne m’en parle pas. Il doit avoir ses raisons, mais je ne peux croire qu’il s’imagine qu’il peut garder secret quelque chose que le mine aussi visiblement. Moi, je joue la dupe, je joue celle qui ne voit pas, qui ne comprend pas.

    Non, c’est faux. Je ne joue pas celle qui ne comprend pas : je ne comprends vraiment pas, je ne comprends rien. Et cela me fatigue. On m’a appris à sourire, comme une petite fille bien élevée. On m’a appris à prétendre que je suis forte, à tel point que je m’en suis persuadée moi-même. On m’a appris à me prétendre meilleure que je ne le suis. On m’a appris à prétendre que je sais ce que je fais. Mais je n’en sais rien. Je n’ai pas de manuel, pas de mode d’emploi : j’ai beau m’approcher des trente ans, au jeu de la vie, je suis encore une novice. J’en ai assez de feindre la confiance, j’en ai assez de prétendre savoir où je vais. Je vogue sur un navire en pleine tempête sans la moindre idée de la direction que je dois prendre. Et c’est fatigant.

    Qu’on me laisse aller mal, pour une fois ! Qu’on me foute la paix, qu’on arrête d’admirer ma force, qu’on cesse de trouver cela incroyable que je m’occupe encore de mon fils et de mon chien avec la même énergie, comme si l’absence de Maxou ne me pesait pas. Laissez-moi pleurer, par les couilles de Merlin ! Laissez-moi mettre les masques à terre et les piétiner, laissez-moi hurler que je vais mal, que Maxou va mal, que le monde va mal. Comment est-il possible qu’il soit dans cet état-là, entre la vie et la mort ? Qu’a-t-il pu rencontrer de si néfaste dans l’enceinte même de Poudlard ?

    Je n’en peux plus. Je me noie dans son silence. C’est insupportable.


    Encore une sale nuit. Une putain de nuit à observer le plafond, à peine bercée par la respiration régulière de Nathanaël. Au moins, à lui, il ne lui arriverait rien. Encore une gueule de zombie le matin dans la glace, du genre terre fraichement labourée, avec des sillons en travers tout le visage et des cernes bleuâtres à faire pâlir des fleurs de lin. Encore le teint plus cireux que crayeux, encore l’œil jauni et rougi à la fois, signe d’un sommeil beaucoup trop rare ou tourmenté. Encore ce parfum de mort dans l’atmosphère, encore cette marche funèbre en acouphène. L’ombre d’elle-même, l’ombre même de son ombre : voilà ce qu’était devenue Loreana Wilde en l’espace de quelques jours. Privée de Maximilien, craignant pour sa vie, elle avait l’impression de vivre à nouveau la sombre période de leur rupture consommée. Elle se rappela avec un dégoût attendri la manière dont elle avait cherché à se sentir vivante dans les bras de Timothé. Cela lui semblait être une autre vie. Était-elle redevenue celle qu’elle était, ce soir-là ? Dévastée, renfermée, malheureuse et avec de sérieuses pulsions autodestructrices ? Non. Elle n’en avait plus le loisir. Comme elle l’avait écrit, la nuit durant, dans ce stupide journal, elle avait des responsabilités, désormais. Elle devait veiller sur son fils, lui offrir tout l’amour dont elle disposait, afin de lui permettre de grandir et de s’épanouir dans le bonheur qu’il méritait de connaître. C’était Nathanaël qui avait repris le rôle de son père et qui lui servait tout à la fois de bouée de sauvetage et de phare dans l’obscurité. Penser à son fils l’empêchait de penser à Maximilien, et voir sa petite bouille ébahie, ses sourires de grenouille et son air de petite patate était la seule chose qui lui offrait quelques éclaircies.

    Nathanaël fut confié à Caleigh, qui dut annuler un cours pour cela, et Loreana se mit en route dans une routine morbide, vers l’infirmerie. Elle y trouva Angélique, comme d’habitude. Si elle avait eu le loisir de réfléchir et de penser un tant soit peu, la directrice de Serdaigle aurait probablement trouvé louche la présence – ou, plutôt, l’omniprésence – de la sous-directrice du château au chevet de deux apprentis – et, en réalité, en particulier d’un apprenti, Baël Owned. Mais Loreana n’avait ni le cœur ni l’esprit de remarquer la peine de son amie, absorbée qu’elle était – peut-être égoïstement – par sa propre détresse. Comme chaque jour, elle tira le rideau pour être seule avec Max et se coucha à ses côtés, dans l’étroitesse du lit d’infirmerie. Alors, elle respirait son odeur – ou, du moins, ce qu’il restait à percevoir de son odeur, masquée en partie par les senteurs abjectes de divers onguents. Fatiguée comme elle l’était, et trouvant un ersatz de consolation dans la présence lointaine de son amant, elle finit par s’endormir un instant. Son sommeil fut lourd et fumeux, troublé par d’étranges images sans queue ni tête. Il y avait Maximilien, debout devant le lac de l’école, qui discutait avec Travis. Travis était beau. Il semblait serein, apaisé comme il ne l’avait plus été depuis longtemps. Tout de blanc vêtu, il souriait. Puis, dans un éclair, le lac disparaissait. Loreana se vit choir sur le sol, la vision trouble, alors qu’au-dessus de sa tête, dans le parc de Poudlard, brillait une lueur verdâtre. Elle aperçut des ossements, non loin, avant de basculer dans le noir.

    Elle se réveilla en sursaut lorsque la main de l’infirmière se posa sur son épaule. Extirpée d’un sommeil qu’elle ne parvint pas à considérer comme le sien, elle échangea quelques tristes banalités avec la médicomage avant de la congédier subtilement en la renvoyant au chevet de Baël. Sans même s’en rendre compte, la prof de potions s’était levée et avait machinalement suivit l’infirmière. Debout au pied du lit de l’ancien Serpentard, elle l’observa. Il présentait aussi diverses traces de blessures physiques, même si des soins lui avaient été prodigués. Plongé dans un coma magique, il avait le même teint blafard que Maximilien, comme si la vie avait sérieusement hésité à quitter son corps, mais avait finalement décidé d’au moins rester jusqu’à la fin du bail. Qu’est-ce qui avait bien pu les mettre dans un pareil état ? On aurait presque dit qu’ils avaient puisé dans leurs réserves les plus profondes, se vidant quasiment de toute leur magie. Haussant les épaules, dépitée et retournant porter son monde sur ses épaules, elle s’en revint vers Maximilien. Elle avait pris l’habitude de lui parler, espérant que, où que se soit égaré son esprit, sa voix lui servirait de repère et la conduirait jusqu’à elle.
    « Bonjour, mon Ange. Ça fait maintenant trois jours que tu es dans cet état-là. Si tu m’entends, je sais que tu dois être en train de sourire intérieurement en te disant que je vais me lancer dans une tirade sans fin dont j’ai le secret, et tu as raison. Je veux que tu reviennes. Je veux pouvoir lire l’agacement dans tes yeux, je veux pouvoir t’entendre me dire de me taire. Je veux que tu lèves les yeux au ciel ou que tu prennes un air penaud parce que tu sais que tu me causes beaucoup de souci. Je m’inquiète, tu sais ? J’ai peur. Parfois je rêve que tu ne reviendras jamais. Ne me fais pas ça. Ne me laisse pas. Ne laisse pas notre fils. Tu n’en as pas le droit, tu entends ? Je te l’interdis ! Tu dois encore entendre que tu es mien, que je t’aime et que tu me manques énormément. Je veux que tu saches que je suis complètement perdue sans toi et que rien n’a plus le même goût. Reviens-moi. Reviens-nous. J’ignore ce qui t’a mis dans cet état, mais je sais que tu es plus fort que ça. Tu as toujours été le plus fort de nous deux. Je ne réalisais pas à quel point j’avais besoin de toi. Alors réveille-toi, par pitié, explique-moi ce qui t’est arrivé, et laisse-moi aller botter le train à celui ou celle qui vous a mis dans cet état, Baël et toi. Je t’aime, et je te veux. Reviens… » Sa tirade terminée, sans la moindre espèce de mouvement ou de réaction de l’ancien Bleu-et-Bronze, elle se détourna, les larmes à l’œil, et perdit son regard sur le monde, au-dehors, qui continuait de tourner, indifférent. « Loooooor… »La jeune femme haussa les épaules, comme agacée. « Tais-toi, Maxou, ce n’est pas le moment. » Puis elle réalisa.

    Dans un geste brusque, elle se retourna et se précipita au chevet du jeune homme. Bon sang, il avait parlé ! Enfin, « grogné » serait peut-être un terme plus adapté, mais peu importait : il était vivant. Il était de retour. Ce crétin égoïste, vantard et insupportable avait survécu. Ses yeux demeuraient clos, mais on devinait leur mouvement affolé, sous leurs paupières. Sans qu’elle le réalise vraiment, les réflexes qu’elle avait acquis à Sainte-Mangouste refirent surface, et elle manipula son bel amant avec le plus grand soin – et la plus grande tendresse. Les sorties de coma magiques étaient toujours des opérations délicates, car ce genre de coma créait fréquemment des hallucinations et causait d’énormes désorientations. De surcroît, il asséchait considérablement les muqueuses et laissait un processus d’atrophisation des muscles. Logiquement, donc, la première chose que Maximilien réclamerait, ce serait….
    « soiiiiif ! » Bingo. D’un geste de la baguette, elle attira à elle un verre d’eau qu’elle remplit promptement. Redressant lentement le lit de manière à permettre à son mari de boire sans s’étrangler, elle réprima une larme de joie en l’entendant déglutir alors qu’il avalait l’eau. Elle savait qu’il lui faudrait encore du temps avant de réellement reprendre ses esprits, mais sa soudaine résurrection avait également permis à la belle de sortir du trou. Mille et une questions se bousculaient dans sa tête, mais elle entreprit d’abord de lui dispenser les SESC – soins élémentaires en sortie de coma. Elle congédia même l’infirmière qui tenta de l’écarter : c’était à elle et à elle seule de s’occuper de son mari. Il fallait bien que le fiasco sentimental de ses études médicales lui serve un jour ou l’autre ! Au bout d’une bonne demi-heure de pratiques magiques, durant lesquelles elle interdit à son Ange ne serait-ce que d’ouvrir la bouche pour autre chose que boire, elle fut relativement satisfaite du résultat – et passablement épuisée. Elle s’assit alors sur le bord du lit, face au bel amant qui avait déjà meilleure mine (les sorts énergisants y étaient surement pour quelque chose), un sourire apaisé sur le visage. « Je crois que tu me dois quelques explications, Maximilien Enzo Middle. Ne serait-ce que parce que j’ai vécu plusieurs jours d’enfer par ta faute. Alors un conseil, si tu tiens à ce qu’il te reste de vie : ne me refais plus jamais une frayeur pareille. Compris ? »


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Maximilien E. Middle
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Sam 8 Juil 2017 - 13:22

    « Tu ne tiendras pas longtemps, Severus, abandonne ! » Quelle était cette voix ? D’où venait-elle ? Ce son, ce sifflement effrayant qui ressemblait plus à susurrement de serpent qu’à une voix humaine. Maximilien sentit un frisson parcourir son échine. Il n’arrivait pas à comprendre ce qui se passait ni à voir où il était. C’était comme s’il était enfermé dans son propre corps, dans sa propre tête. Quel était ce maléfice et qui était ce Severus ? Où était-il ? Qui pouvait bien appeler un Severus ? Etait-ce à lui que l’on s’adressait ainsi ? Mais alors pourquoi ? Maximilien sentit tous ses sens s’affoler tandis que sa bouche se mettait en mouvement sans qu’il ne pût rien faire pour l’en empêcher ; il n’était plus aux commandes de son propre corps : « Tom… Toi et moi nous savons que je te résisterai jusqu’au bout ! » Tom ? Qu’était-ce que cette histoire. Sans pouvoir réagir, Maximilien entendit un sifflement de fureur traverser l’air et sentit sa propre main se mettre en mouvement plus rapidement que lui-même n’en aurait jamais été capable. Sa magie fut aspirée dans la baguette qu’il semblait tenir et un maléfice extrêmement puissant en sortit. Le serdaigle pouvait sentir sa puissance se vider lentement tandis que son corps s’agitait, sautait, bougeait, et ne cessait de lancer des sorts plus incroyables les uns que les autres. Lui-même était également attaqué, il pouvait sentir des animaux le mordre, des pics le traverser, un venin s’infiltrer lentement dans ses veines. Il allait mourir sans même réussir à voir la personne responsable de cette souffrance, de cette douleur. Il se sentait perdu, son esprit s’agitait mais c’était comme si quelqu’un menait un duel particulièrement féroce avec son corps. Quelques images de la forêt interdite apparurent devant lui : il était donc dehors. La nuit ! Mais il ne se souvenait même pas avoir quitté son lit. Et Loréana où était-elle ? L’avait-il laissé seule ce soir ? Elle serait furieuse mais…. Il n’eut pas le temps de réfléchir plus longuement parce qu’il sentit soudainement son corps plonger au sol, tentant manifestement d’éviter un maléfice qu’il reçut pourtant partiellement. Il avait du mal à respirer. Il se sentait étouffer comme si on avait bloquer ses poumons. Une seconde image lui vint : Baël était à genoux un peu plus loin, lui aussi souffreteux, dans un état indescriptible, couvert de sang. Il se battait avec Baël, sans même s’en rendre compte ? Et Baël était-il conscient aussi ? Ils se détestaient mais quand même pas au point de se tuer ! Et depuis quand ce serpentard connaissait-il autant de magie noire ? Maximilien sentit ses forces le quitter lentement et priait pour que ce fut également le cas de son adversaire. Il entendit une voix lointaine l’encourager, le prier de rester debout, de tenir le coup parce que le monde sorcier avait besoin de lui. Ce devait-il ce Severus. Mais le jeune homme avait l’impression que sa tête se fendait en deux, il n’était plus capable de penser. Il revint alors soudainement à lui, momentanément. Il se sentit maître de ses membres. Il prit conscience de l’endroit où il était : son dos reposait sur un sol peu confortable : de l’herbe. Il était allongé dans l’herbe mais chaque membre de son coprs semblait se déchirer. Il devait fuir, rapidement mais la douleur l’empêchait de bouger. Il réussit cependant difficilement à tourner la tête et vit Baël étendu un peu plus loin, dans le même état que lui. Il voulut lui parler mais sa gorge semblait bloquer. Il faisait nuit, il avait froid, il avait mal, il avait peur et tout d’un coup… Ce fut le noir !

    Quelle était cette épée qui lui fendait le crâne. Une lumière vive se signala aux yeux du serdaigle qui cligna des paupières quelques fois. Il souffrait le martyre. Ses jambes lui semblaient lourde, son dos était déchiré, il avait l’impression que ses bras étaient en feu, sa gorge le brûlait. Où était-il ? Il ne se souvenait de rien, sauf de la voix délicate de son épouser qu’il avait eu l’impression d’entendre quelques secondes plus tôt. Rassemblant toutes ses forces, Maximilien laissa un râle indéchiffrable sortir de sa gorge :
    « Loooor… » La réponse ne se fit pas : « Tais-toi, Maxou, ce n’est pas le moment ! » Heureusement pour le jeune époux, il ne comprit pas ces paroles, occupé à souffrir, à sentir se gorge se refermer sur elle-même et puis, tout d’un coup, sans qu’il ne comprît rien, sa femme fut dans son champ de vision, s’agitant plus vite qu’il n’était capable de la suivre. Il voulut lui dire de se calmer, lui dire qu’il était fatigué, qu’il souffrait mais le seul mot qui sortir de sa bouche fut : « soiiiiif. » En un éclair, Loréana, efficace comme à son habitude, avait relevé son lit et avait approché un verre d’eau de sa bouche. Il sentit le froid liquide descendre dans sa gorge et déglutit avec difficulté. C’était à la fois salvateur et douloureux. Il but un peu avant de se mettre à tousser. Sa chère et tendre éloigna alors le verre et le reposa sur la table de nuit. Elle semblait inquiète et préoccupée. Tout d’un coup l’infermière arriva dans son champ de vision. Elle s’agita. Maximilien ne comprit pas tout mais elle vit Loréana se disputer avec elle et la congédier d’un ton ferme. Que lui était-il donc arrivé ? Son ancien professeur sortit sa baguette et commença à lui lancer de nombreux sortilèges. Certaines lumières s’échappèrent de son corps et Maximilien supposa que sa femme effectuait différents tests sur sa personne. Il se sentit certaines douleurs s’estomper : elle devait être en train de lancer de sort d’atténuation de la souffrance. Il tenta de l’arrêter, ne comprenant rien à ce qui se passait, à ce qu’il faisait là. Il avait besoin de réponse, de comprendre : « Que m’est-il arrivé, Lor’ ? » mais sa voix était tellement faible et Loréana était tellement occupé que, soit elle ne l’entendit pas, soit ne répondit pas. Elle continuait simplement à s’occuper de lui. Alors, il la laissa faire et ferma les yeux, essayant de récupérer ses forces et de penser.

    Il se revit dans le parc, allongé, Baël face à lui et essaya de recoller les morceaux éparpillés de ses souvenirs, de ses pensées, de ses découvertes. Entre temps, son épouse s’était assise à ses côtés et, avec un sourire sur le visage, avec la délicatesse qui la caractérisait tant, se mit à l’assaillir de légers reproches et de questions :
    « Je crois que tu me dois quelques explications, Maximilien Enzo Middle. Ne serait-ce que parce que j’ai vécu plusieurs jours d’enfer par ta faute. Alors un conseil, si tu tiens à ce qu’il te reste de vie : ne me refais plus jamais une frayeur pareille. Compris ? » Le jeune homme acquiesça difficilement, conscient qu’il venait de causer la peur de sa vie à sa chérie. Il ne pouvait s’exprimer encore mais devait clairement afficher un air désolé parce qu’il sentit la main de Loréana se glisser dans la sienne comme pour le rassurer et vérifier qu’il était bien là, en vie. Il utilisa ses quelques forces pour serrer la quenotte de sa douce, lui montrant ainsi qu’elle ne rêvait pas, qu’il était bien vivant et, toujours incapable de répondre, referma les yeux, soupirant, essayant de retrouver ses esprits. Le puzzle que constituait sa vie se remit petit à petit en place. Il se souvint d’abord de ses nombreuses absences. Depuis plusieurs mois, l’héritier Middle se réveillait à certains endroits sans savoir comment il était arrivé là. On lui rapportait des faits dont il n’avait aucun souvenir mais dont il serait l’auteur, des paroles aussi, la plupart du temps assez agressives. Il avait effectué de nombreux tests médicaux sans trouver aucune explication plausible à cette affaire, ce qui lui avait créé de nombreux problèmes. Il se souvint ensuite de la souffrance, ce fameux soir, des voix qu’il avait entendues, de Baël, des conclusions qu’il avait tiré et tout d’un coup tout lui revint. Il se releva soudainement, comme si l’adrénaline lui donnait assez de force pour bouger, inquiet, effrayé. « Je suis ici depuis combien de temps ? Nathanaël, comment va Nathanaël et toi ? Rien ne vous est arrivé ? »

    Il semblait tout d’un coup complètement fou, comme possédé, ce que Loréana ne pouvait peut-être pas comprendre. Mais, pour lui, s’il était dans le coma depuis des mois et que Voldemort avait peut-être pris le contrôle du château, son fils pourrait ne pas être en sécurité. Il ne sembla pas remarquer que l’inquiétude de sa femme était concentrée sur lui et non sur le monde et qu’a priori donc rien de grave n’était encore arrivé. Il tourna la tête dans tous les sens, à la recherche de trace de guerre mais l’infirmerie semblait tout à fait normale. Tout d’un coup son regard tomba sur un lit un peu plus loin. Baël était couché dessus, dans un état qui devait être similaire au sien, peut-être pire. Il avait l’air vidé de sa magie et Maximilien supposa que Voldemort avait eu moins de clémence que Severus. Il était propre mais couvert de cicatrice et de trace de sang que l’infermière n’avait pas pu enlever. Toujours sur de ses connaissances et affirmation, sans réaliser que Loréana n’avait aucune idée de ce dont il pouvait bien parlé, il se retourna vivement vers elle, en colère et terrifié : « Lor, que fait-il ici ? Emmenez-le ! » Il ajouta alors d’une voix plus basse : « C’est…C’est Voldemort ! »


Désolée, le RP est court mais il était vraiment temps de répondre….


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Cuando lloras, se para el mundo y nunca sé que decir. Cuando lloras, me derrumbo y no me sale fingir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón... Cuando lloras, se tuerce el rumbo y no tengo a donde ir. Cuando lloras, yo me hundo y tardo en volver a salir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón. Piensa en lo que piensas cuando lloras, cuando me dices que no. Piensa en lo que quieres... Pero ahora... El que llora soy yo. El que llora soy yo.


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Loreana N. Wilde
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Mer 12 Juil 2017 - 22:36

    A quoi bon ? A quoi bon parler, à quoi bon pleurer ? A quoi bon, même, venir tous les jours dans cette macabre mouroir ? A quoi bon le regarder partir, sans pouvoir rien y faire ? Elle devrait se taire, l’observer une dernière fois, graver sa morbide sérénité dans un coin de son cerveau et aller s’occuper des vivants plus que des morts. Elle devrait aller retrouver la joie insolente de son fiston, l’insouciante ignorance gaie de son chien. Elle devrait aller jouer dans le parc, crier à plein poumon que tout va bien, que la vie continue. Ne pas priver son fils de sa mère en plus de son père. Mais rien n’y faisait : le teint cireux du blondinet exerçait sur elle une hypnotique fascination. Elle restait là, enchaînée à un cadavre – ou presque – plongé dans un coma magique avec un pronostic vital engagé un jour sur deux. Comment est-ce que Maximilien avait pu se retrouver dans cet état-là au sein même de Poudlard ? Son nom allait-il s’ajouter à la trop longue liste des morts dans l’école ? Mais que se passait-il, bordel ? Comment deux apprentis professeurs, doués en duel (ils l’avaient prouvé à plusieurs reprises, l’un contre l’autre), vifs et en pleine forme, pouvait ainsi avoir été vidés de leur magie – et même de leur énergie ? Quelle magie assez noire pouvait être là à l’œuvre ? Comment se faisait-il que les sorts de détection du Ministère n’est rien repéré ?
    C’étaient là des questions futiles, bien sûr. L’essentiel était ailleurs, là, dans ce lit de l’infirmerie. Maximilien n’était plus là. Il respirait, certes, ses fonctions vitales continuaient à fonctionner, mais… Il ne parlait plus. Il ne riait plus. Il ne jouait plus des mécaniques pour impressionner sa femme. Il ne prenait plus leur fils dans ses bras. Il ne jouait plus avec le chien. Il ne faisait plus l’imbécile sur son balai. Il était là, prisonnier de son corps, luttant entre la vie et la mort. Corps inerte, la lumière dans ses yeux s’était éteinte. Son corps était là ; son âme était ailleurs. Dans son délire, probablement lié au manque flagrant de sommeil, la directrice de Serdaigle était persuadée que l’âme de son mari se baladait sur les bords du lac, avec Travis. Que les deux Serdaigle discutaient tranquillement, sereins, sur la rive. Qu’ils étaient là, à s’observer comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. C’était ridicule. Travis était mort et enterré depuis trop longtemps, et il était hors de question de penser que Maximilien soit en train de le rejoindre. Il était encore vivant. Il devait encore être vivant. Il n’avait pas le choix.
    « Loooor… » Sans réellement s’en rendre compte, Loreana envoya son bel amant se faire voir, absorbée qu’elle était dans l’amère pensée qu’elle n’entendrait peut-être plus jamais le son de sa voix. Puis, en une longue seconde, elle réalisa.

    Ses instincts de médicomage avortée reprirent le dessus, et elle congédia sèchement l’infirmière, non sans lui avoir suggéré d’aller s’occuper de Baël. Elle multiplia les gestes machinaux et s’enfonça dans une routine qu’elle pensait avoir définitivement laissée derrière elle. Tout en pratiquant les soins d’usage suite à la sortie d’un coma magique, elle se fit la réflexion qu’il était presque dommage qu’elle n’ait pas persévéré dans cette voie. Tout ce qu’elle fit lui sembla tellement naturel, tellement facile… Peut-être était-ce parce que c’était de son ange qu’elle s’occupait ? Rapidement, le jeune père reprit une couleur un peu plus saine, et, s’il n’avait pas encore l’air très vaillant, il sembla au moins ne plus être à l’article de la mort. Les talents de guérisseuse de la directrice de Serdaigle ne suffire cependant pas à rendre des forces au jeune homme, et il faudrait plusieurs jours avant qu’il ne puisse à nouveau lancer un sort. Le côté le plus pessimiste de Lor’ lui soufflait même qu’il ne pourrait peut-être plus jamais se servir de sa baguette. Elle repoussa d’un geste ce côté d’elle-même en même temps qu’elle repositionnait une mèche rebelle et repris les examens. Durant plusieurs heures, elle demeura silencieuse et fit passer tous les tests médicaux qu’elle connaissait pour s’assurer que son ange allait bien. Lorsqu’elle fut enfin rassurée – un peu –, elle s’installa sur le bord du lit et, fatiguée comme elle ne l’avait jamais été, elle s’adresse d’un ton tendre à son mari miraculé.
    « Je crois que tu me dois quelques explications, Maximilien Enzo Middle. Ne serait-ce que parce que j’ai vécu plusieurs jours d’enfer par ta faute. Alors un conseil, si tu tiens à ce qu’il te reste de vie : ne me refais plus jamais une frayeur pareille. Compris ? » L’acquiescement de Maximilien la fit fondre lorsqu’elle y reconnu les yeux penauds de son fils lorsqu’elle fronçait les sourcils. Elle glissa lentement sa main dans celle de son mari, comme pour s’assurer qu’il était bien là et qu’elle ne rêvait pas. Dans un effort encore trop intense, le jeune homme lui confirma qu’il était bien revenu en lui serrant la main. Visiblement épuisé, il ferma les yeux un instant, et Loreana en profita pour le contempler pleinement. Elle se surprit à le trouver extraordinairement beau. Son visage, que le coma magique avait émacié, avait des traits plus secs qu’à l’accoutumée, mais cela lui donnait un côté viril que décuplait la barbe de trois jours, incontrôlée, qui lui mangeait le menton. L’éternelle bataille qui le coiffait était partiellement plaquée sur son front que les efforts intenses qu’il produisait pour rester éveillé parsemait de rides. Il avait l’air plus âgé, plus grave et plus amoché qu’il ne l’était ; pourtant il était beau. Il émanait de lui une désinvolte fragilité, comme s’il ne réalisait pas vraiment ce qui lui était arrivé. Lorsqu’il rouvrit les yeux, comme tourmenté, il s’agita comme s’il venait de réaliser quelque chose d’horrible. Dans sa voix, une véritable panique suintait. « Je suis ici depuis combien de temps ? Nathanaël, comment va Nathanaël et toi ? Rien ne vous est arrivé ? » Surprise, la jeune femme se pencha sur lui pour le maintenir sur son lit – il ne devait pas en sortir, il était encore trop faible. Elle tenta de le calmer par sa simple présence, mais elle sut bien que cela ne suffirait pas. La sortie inopinée d’un coma magique causait fréquemment de graves désorientations et quelques périodes de délire. Entonnant machinalement la comptine qu’elle chantait à Nathanaël pour le calmer, elle berça légèrement son mari pour l’inviter à la sérénité. Mais rien n’y fit : tournant la tête dans tous les sens, comme s’il cherchait quelque chose, il se figea soudain sur le lit qu’occupait Baël, toujours inanimé. Loreana sentit le cœur de son homme s’emballer dans une chamade infernale, comme s’il avait vu la Mort elle-même. Il blêmit d’un coup, perdant toutes les couleurs qu’il venait de retrouver. Il s’agita de plus belle et, impuissante à le tranquilliser, la prof de potion se recula un peu pour lui faire face. Une réelle peur panique mêlée à une colère noire brillait dans ses yeux. Un instant, Loreana crut qu’il était redevenu L’Autre, cette version de Maximilien au regard dur et aux manières rudes. Mais, lorsqu’il parla, elle sut qu’il était bien lui-même – même s’il n’avait probablement pas toute sa tête. « Lor, que fait-il ici ? Emmenez-le ! » Elle suivit son regard. Il était en train de parler de Baël, là ? Pourquoi diable disait-il de… « C’est…C’est Voldemort ! »

    D’accord. Là, il déconnait sec. Visiblement, la sortie de coma était plus difficile que prévue. Après tout, cela ne faisait que quelques heures qu’il en était sorti, et il y était resté plongé pendant trois jours pleins. Elle lui prit délicatement la tête entre les mains pour le tranquilliser et planta son regard dans le sien.
    « Calme-toi. Tout va bien, mon ange. Je vais bien, Nathou va bien, le monde va bien. Tu es le seul ici, aller Baël, à aller mal. On vous a retrouvés dans le parc, inconscients et gravement blessés. On vous a plongé dans un coma magique pour tenter de vous stabiliser. Pendant trois jours, vous étiez entre la vie et la mort. Je me suis personnellement occupée de toi. Je t’ai veillé nuits et jours. Tu es revenu de loin, de très loin, et sortir d’un coma n’est pas sans difficultés. Tu dois être complètement désorienté, et c’est normal. Lors, s’il te plaît, arrête de t’agiter, respire calmement et repose-toi. » Elle marque un pause, juste le temps de poser un ligne mouillé sur le front de Maximilien, qui commençait visiblement à avoir de la fièvre. « Tu es resté inconscient trois jours. Il ne s’est rien passé durant ces trois jours, d’accord ? Aucune agression, aucun problème, et aucun Seigneur des Ténèbres à l’horizon. » La dernière partie de sa phrase était plus une boutade qu’autre chose, et elle adressa un sourire mi-tendre mi-narquois à l’ange déstabilisé. « Baël est sans doute quelqu’un qui peut être très désagréable. Il est en effet à Serpentard, et il est né dans la pauvreté. C’est là que s’arrêtent les points communs qu’il a avec Voldemort. Même s’il aimerait sans doute en avoir plus. Ne le flatte pas trop ! » Clin d’œil. . « Je sais que ce que je vais te demander est probablement difficile, et tu ne dois pas faire d’efforts inconsidérés. Mais j’aimerais comprendre ce que t’a mis – ce qui vous a mis – dans cet état-là. Qu’est-ce qui s’est passé, ce soir-là, dans le parc ? Est-ce que tu te souviens de quelque chose ? J’ai besoin de savoir. J’ai besoin de comprendre de quoi je n’ai pas su te protéger, j’ai besoin de savoir de quoi je vais devoir protéger notre enfant. Notre foyer. » Une larme discrète perla au coin de son œil. « J’ai cru te perdre. J’ai cru perdre tout ce qu’on avait construit. J’ai cru que j’allais devoir expliquer à Nathou que son papa était parti, sans qu’on sache vraiment pourquoi. J’ai cru que j’aurais à me recueillir sur ta tombe, non loin de celle de Travis. » Sa voix se brisa. D’un coup, d’un seul, toute l’angoisse, la peur et la colère accumulées jusque-là refirent surface. « J’ai cru que tu allais partir sans qu’on ait l’occasion de parler une dernière fois. Je ne t’avais pas dit tout ce que je voulais te dire. Je voulais te dire que je t’aime, que j’ai confiance en toi et que je sais que tu tentes de me cacher quelque chose. Je voulais te dire que je sais que tu ne vas pas bien, que tu souffres, mais que j’ignorais de quoi. Que ton silence à ce sujet me rendait folle. Que tu m’empêchais de jouer mon rôle et de te soutenir dans l’épreuve que tu traverses, quelle qu’elle soit. Que tu n’es pas toi, par moment. Que tu es un autre sans être vraiment différent. Que j’en ai assez de jouer à la mère comblée qui ne réalise pas que son mari s’enfonce dans je-ne-sais quelle situation tragique. J’ai cru que tu allais emporter ce secret dans ta tombe et que je m’en voudrais à vie de ne pas t’avoir parlé. J’ai cru que tu partirais en conservant de moi l’image d’une femme qui n’a pas vu que tu allais mal. Je suis si égoïste que je ne voulais pas que tu partes sans m’avoir expliqué. Je t’aime, Maximilien Middle, et je ne te l’ai pas assez montré ses derniers temps. Alors, par pitié, promets-moi de me dire la vérité. De m’expliquer. Tu peux tout me dire, tu le sais. Je peux tout encaisser. Sauf ton silence. Je veux savoir ce qui t’arrive depuis quelques temps, je veux savoir ce qui t’es arrivé il y a trois jours. Je veux savoir ce qui t’a mis dans cet état. Je veux savoir tout cela dans le seul et l’unique but de t’aider à surmonter ces épreuves, à te soutenir dans tous les combats que tu mènes. Si tu portes un fardeau, tu n’as pas à la porter seul. C’est ça, la signification de notre mariage. C’est la signification du pendentif que je porte et que tu m’as offert, en son temps, pour me rappeler que je n’avais pas à faire face seule. Alors grave-toi bien dans le crâne que je ne te laisserai en paix que lorsque tu m’auras expliqué. Cela ne doit pas être maintenant, ni même aujourd’hui. Prends le temps dont tu as besoin, mais jure-moi que tu vas cesser de te taire. » Elle marqua une pause dans cette litanie peut-être un peu exagérée, mais cela lui fit du bien d’enfin pouvoir extérioriser ses craintes et ses questions. Elle inspira un grand coup et balaya d’un coup de manche les larmes qui avaient perlé. Elle adressa un sourire triste à son ange. « Et là, c’est moi qui me tais pour ne pas t’assommer avec mes mots. Désolée, la semaine n’a pas été facile. Mais tu es là, maintenant, et c’est tout ce qui compte. » Elle s’approcha de lui, hésitant à l’embrasser. Elle se contenta de poser son menton sur son épaule en respirant son odeur. Il lui avait tant manqué.


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Maximilien E. Middle
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Mar 18 Juil 2017 - 14:39


    Elle avait les yeux verts, verts aux éclats d’émeraude. Il y avait dans son regard une lueur d’intelligence et de douceur qui faisait chavirer les cœurs. Ses pupilles resplendissantes brillaient des feux d’une joie consumée quotidiennement. Les minuscules fibrilles autour de ces yeux lui donnaient cet air mutin qu’on ne lui connaissait que trop bien et, finalement, c’était de ces deux ouvertures sur le monde que tout son visage s’éclairait, que sa beauté se dévoilait. Sa bouche aux couleurs vermeilles qui souriait à l’humain comme si elle ne cesserait jamais de croire en lui, son nez aquilin qui se dressait fier et orgueilleux et qui laissait alors deviner son appartenance à Gryffondor. Et sa chevelure ! Quel homme pouvait parler de sa chevelure, la complimenter, trouver des mots à la hauteur de sa douceur ? D’une rousseur sans égale, légèrement bouclés, ses cheveux encadraient la tendre rondeur de son visage et faisaient ressortir le précieux éclat de ses yeux. Tout n’était qu’équilibre et harmonie. Son haut front laissait deviner une intelligence vive et rusée et le haussement de ses sourcils lui conférait son petit air taquin. Mais ce qui laissait sans voix, c’était ses deux fossettes encadrant sa bouche mutine, ces fossettes qui la rendait humble et simple. L’ensemble de cet être si parfait était soutenu par ces deux yeux verts aux éclats d’émeraude. Des années durant, il n’avait vécu que pour ces yeux, son cœur n’avait battu que pour ces yeux, sa vie n’avait tourné autour que de ces yeux. C’était lui qui les avait fait s’éclairer de magie pour la première fois, lui qui les avais vu s’attendrir devant sa souffrance, s’émerveiller devant Poudlard, s’enorgueillir de leur répartition respective. Il avait malheureusement aussi été la première cause du premier voile de tristesse qui les avait couverts et il n’avait pas eu le droit, pas eu la chance de les voir briller d’amour, de plaisir et de passion. Et surtout, c’était lui qui avait été à l’origine de la disparition éternelle de leur éclat, lui qui avait éteint leur lumière et lui qui les avait fermés à tout jamais. Et tout ce qu’il avait pu faire durant le quart de siècle suivant, n’avait été accompli qu’au nom du souvenir de ces pupilles.

    Lorsque Severus s’était levé cette nuit-là, ce fut aussi pour ces yeux. Il était hanté par ce regard qui lui manquait et il ne comprenait pas pourquoi est-ce qu’il était en vie, lui, encore une fois alors que Lily était morte. Quelle magie noire avait permis cette abomination ? Pourquoi ? Comment ? Severus n’arrivait plus à dormir. Il s’était donc levé du lit qu’il partageait avec une femme qui n’était pas la sienne mais celle de son hôte. Plongé dans ses pensées qui ne tournaient qu’autour d’une seule personne, il avait marché longtemps vers la forêt interdite et c’était là que tout s’était passé, que tout avait pris feu, encore une fois. Il ne s’était pas trouvé seul dans cette forêt mais avec le corps de Baël Owned, l’ennemi juré de Maximilien Middle, son rival, un insupportable serpentard aussi prétentieux qu’ambitieux. Son corps certes mais l’esprit qu’il abritait était encore plus maléfique si possible, tellement noir et sordide. Lord Voldemort avait pris possession de lui et tout s’éclaira soudainement dans l’esprit de l’ancien mangemort. Un combat s’était alors engagé, féroce, terrible, à l’ombre de hauts arbres de ces bois. Aucun élément naturel n’avait été épargné : eau, feu, terre, herbe, oiseau, serpent. Les deux êtres s’étaient littéralement entre-tués, laissant leurs hôtes vidés de toute magie, de puissance, emplis de souffrances, plongés dans un profond coma magique dans lequel ils s’étaient eux-mêmes laissés glisser.

    C’était finalement également au nom de ses yeux que Severus Rogue avait repris connaissance dans l’infirmerie, en premier. Il ne pouvait pas se laisser aller. C’était impossible. Il avait passé son existence à vouloir venger le regard qui s’était éteint et il y était arrivé. A force de sacrifices et d’abnégation, il avait, sans même assister au résultat, causer la mort de l’être le plus malfaisant que le monde magique n’ait jamais connu mais ce spectre d’horreur était revenu à la vie. Il ne pouvait pas laisser faire cela. Le sorcier qui avait tué Lily Evans ne pouvait pas vivre. Jamais il ne le permettrait. Et puis… Et Severus répugnait à l’avouer mais il y avait Loréana et Nathanaël. La femme de son hôte n’avait pas l’éclat des yeux de sa douce mais ils étaient bleus, bleus aux éclats de saphir. Ils étaient plus taquins, que ceux de Lily, plus vivaces aussi et la lueur bienveillante était peut-être plus profondément cachée mais elle était aussi plus profondément ancrée. Non Severus n’était pas tombé amoureux de Loréana Wilde mais il l’admirait et reconnaissait ses talents de maître de potion. Bien-entendu, l’épouse du serdaigle ne le savait pas puisqu’elle ignorait jusqu’à son existence mais Severus avait eu le temps de l’observé. Elle était plus directe, plus agressive que Lily mais tellement plus conciliante et aimante. Elle savait se montrer clémente et magnanime et semblait faite pour pardonner toutes les erreurs que son mari pouvait commettre. Les deux tourtereaux s’étaient bien trouvés et même le cœur sec de Severus pouvait s’en rendre compte. Quant à l’enfant avec lequel il vivait désormais, si Severus s’en était senti agacé au début, il avait fini par se prendre d’affection pour le petit être innocent qui avait les yeux de sa mère. D’autant plus qu’il avait rapidement compris que s’il voulait éviter d’être découvert avant d’avoir saisi les tenants et aboutissants de cette affaire, il devait absolument essayer de calquer son comportement à celui du serdaigle et l’imiter autant que possible. Il avait donc dû feindre être le père de ce bébé et le cœur dur et sévère de Severus avait fini par se prendre au jeu. Il ne pouvait pas laisser ces deux personnes aux mains du plus grand psychopathe sanguinaire. Il fallait que le môme se réveille mais il le sentait si fatigué, épuisé, vidé de sa magie que Severus en arrivait à douter. Peut-être avait-il involontairement tué Maximilien en combattant si férocement. Mais comment aurait-il pu faire autrement. Voldemort n’aurait pas accepté à duel à coup de « expeliarmus »… De très loin, l’ancien maître des potions entendait la douce voix de Loréana inquiète pour son mari. Peut-être que cela allait aider l’apprenti ? Severus essaya donc de le secouer aussi :
    « Réveille-toi, Gamin ! ta femme et ton fils ont besoin de toi. »

    Et Maximilien se réveilla enfin. Lorsque sa belle épouse s’en aperçut, elle se jeta sur lui, congédiant l’infermière à coup de hurlement et de phrases pointue. Elle lui donna de l’eau, procéda à tous les soins, examens possibles pendant que son Apollon se remettait petit à petit, tentant de reprendre ses esprits et de se souvenir de évènements qui l’avaient conduit à souffrir autant, dans ce lit d’hôpital. Le puzzle des incidents de ses derniers temps se formait petit à petit dans sa tête et ses souvenirs revenaient. Aussi fou que cela puisse sembler, il était possédé par l’esprit de Severus Rogue, ancien mangemort, sauveur du monde sorcier. Et il n’était pas le seul possédé. Il y avait pire encore. Baël son ennemi juré était possédé par Lord Voldemort ! Comment ? Maximilien l’ignorait mais ce dont il ne doutait pas c’était qu’il devait y en avoir de nombreux autres dans le château et c’était sans doute eux qui avaient provoqué les évènements terribles qui se passaient dans le château. Et Travis ? Bon sang oui ! Travais avait été possédé par Fenrir. Le serdaigle sentit une rage vengeresse monter en lui mais il était bien trop faible pour la satisfaire. Mille questions et inquiétudes tournaient dans sa tête, tandis que Loréana continuait, insouciante à le soigner. Il fallait qu’il trouve une solution. Il se mit à s’agiter et ce fut lorsqu’il constata la présence de l’immonde Baël à ses côtés qu’il perdit complètement la tête. Il tenta de se lever, rassemblant ses dernières forces. Il exigea que l’on sorte le serpentard de l’infirmerie et ajouta dans un murmure : « C’est… c’est voldemort ! »

    La directrice de maison eut un mouvement de recul et regarda son ange comme s’il était devenu complètement fou. Puis elle sembla se ressaisir, se disant certainement que le coma l’avait affecté plus qu’il n’y semblait. Mais elle se trompait. Maximilien n’était ni fou ni désorienté, il était au contraire extrêmement lucide. Il se souvenait de tout et il savait le danger imminent. La douce reprit alors la chaise sur laquelle elle s’était assise des jours et des nuits durant, attendant patiemment que son époux sorte du coma et elle entreprit de le rassurer. Il l’obligea d’abord à se recoucher complètement, caressa délicatement son visage et sa barbe naissante. Maximilien ferma les yeux, comme apaisé – momentanément– par ce geste. Elle prit alors la main de son amour entre les siennes, y déposa un léger baiser avant de se lancer dans l’une de ses diatribes habituelles : « Calme-toi. Tout va bien, mon ange. Je vais bien, Nathou va bien, le monde va bien. Tu es le seul ici, aller Baël, à aller mal. On vous a retrouvés dans le parc, inconscients et gravement blessés. On vous a plongé dans un coma magique pour tenter de vous stabiliser. Pendant trois jours, vous étiez entre la vie et la mort. Je me suis personnellement occupée de toi. Je t’ai veillé nuits et jours. Tu es revenu de loin, de très loin, et sortir d’un coma n’est pas sans difficultés. Tu dois être complètement désorienté, et c’est normal. Lors, s’il te plaît, arrête de t’agiter, respire calmement et repose-toi. » Maximilien sentit un poids quitter sa poitrine. Certes le monde magique était toujours en danger mais Loréana avait prononcé la phrase magique en lui indiquant qu’elle et leur fils, leur petit garçon allaient bien. Il avait réussi à reconstituer sa nuit mais maintenant il savait également que seul Baël et lui étaient impliqués mais surtout qu’il n’était ici que depuis trois jours. Ce qui signifiait, s’il en croyait l’état de Baël qu’il venait de constater que Voldemort n’avait pas encore eu le temps d’agir. Chose que sa femme lui confirma encore une fois, non sans ironie : « Tu es resté inconscient trois jours. Il ne s’est rien passé durant ces trois jours, d’accord ? Aucune agression, aucun problème, et aucun Seigneur des Ténèbres à l’horizon. » Si le ton de sa femme aurait pu le faire sourire, le contenu ne l’amusait pas. Il se sentait soulagé encore une fois de la bonne santé de sa famille et du fait qu’aucune agression n’avait entaché la vie de Poudlard mais ces agressions existaient quand même ou avaient existé et maintenant il savait pourquoi. Il avait l’impression que le poids du monde pesait sur ses épaules. Il se sentait comme Atlas. S’il y avait une seule personne qui pouvait les sortir de ce chaudron pourri, c’était bien Severus Rogue et il avait fallu que ce soit dans sa tête que ce grand sorcier se trouvât. Loréana continuait, elle, sa tirade, inconsciente des pensées de son époux : « Baël est sans doute quelqu’un qui peut être très désagréable. Il est en effet à Serpentard, et il est né dans la pauvreté. C’est là que s’arrêtent les points communs qu’il a avec Voldemort. Même s’il aimerait sans doute en avoir plus. Ne le flatte pas trop ! » Elle lui fit un clin d’œil amusé mais Maximilien n’avait pas du tout envie de rire. Il était sérieux et Loréana ne le prenait pas au sérieux. Elle plaisantait comme si Maximilien avait déliré. Il eut envie soudainement de l’interrompre, ce que pourtant il ne faisait jamais – il avait appris à ses dépens que sa femme n’était pas femme à être interrompue. Mais il n’en eut pas le temps… « Je sais que ce que je vais te demander est probablement difficile, et tu ne dois pas faire d’efforts inconsidérés. Mais j’aimerais comprendre ce que t’a mis – ce qui vous a mis – dans cet état-là. Qu’est-ce qui s’est passé, ce soir-là, dans le parc ? Est-ce que tu te souviens de quelque chose ? J’ai besoin de savoir. J’ai besoin de comprendre de quoi je n’ai pas su te protéger, j’ai besoin de savoir de quoi je vais devoir protéger notre enfant. Notre foyer ! » Lorsqu’il vit une discrète larme perler sur le coin de visage de sa femme, Maximilien sentit toute sa colère s’envoler. Elle ne savait pas, la pauvre et ne pouvait pas savoir. Elle venait d’avoir la peur de sa vie. Elle avait crû perdre le père de son enfant et l’apprenti n’arrivait même pas à imaginer comment lui aurait réagi si les rôles avaient été inversés. Sans doute bien plus mal. Il leva alors sa main et vint délicatement essuyer, du bout des doigts, la larme de sa belle qui venait de tracer un admirable sillon sur sa douce joue. « J’ai cru te perdre. J’ai cru perdre tout ce qu’on avait construit. J’ai cru que j’allais devoir expliquer à Nathou que son papa était parti, sans qu’on sache vraiment pourquoi. J’ai cru que j’aurais à me recueillir sur ta tombe, non loin de celle de Travis. » Son cœur se serra et sans se l’expliquer, Maximilien eut l’impression qu’il se serra doublement comme si l’âme de Severus répondait à la sienne. Loréana avait souffert durant ces quelques jours, c’était indéniable et elle avait maintenant besoin de laisser sortir tout ce qu’elle avait sur le cœur.

    « J’ai cru que tu allais partir sans qu’on ait l’occasion de parler une dernière fois. Je ne t’avais pas dit tout ce que je voulais te dire. Je voulais te dire que je t’aime, que j’ai confiance en toi et que je sais que tu tentes de me cacher quelque chose. Je voulais te dire que je sais que tu ne vas pas bien, que tu souffres, mais que j’ignorais de quoi. Que ton silence à ce sujet me rendait folle. Que tu m’empêchais de jouer mon rôle et de te soutenir dans l’épreuve que tu traverses, quelle qu’elle soit. Que tu n’es pas toi, par moment. Que tu es un autre sans être vraiment différent. Que j’en ai assez de jouer à la mère comblée qui ne réalise pas que son mari s’enfonce dans je-ne-sais quelle situation tragique. J’ai cru que tu allais emporter ce secret dans ta tombe et que je m’en voudrais à vie de ne pas t’avoir parlé. J’ai cru que tu partirais en conservant de moi l’image d’une femme qui n’a pas vu que tu allais mal. Je suis si égoïste que je ne voulais pas que tu partes sans m’avoir expliqué. Je t’aime, Maximilien Middle, et je ne te l’ai pas assez montré ses derniers temps. Alors, par pitié, promets-moi de me dire la vérité. De m’expliquer. Tu peux tout me dire, tu le sais. Je peux tout encaisser. Sauf ton silence. Je veux savoir ce qui t’arrive depuis quelques temps, je veux savoir ce qui t’es arrivé il y a trois jours. Je veux savoir ce qui t’a mis dans cet état. Je veux savoir tout cela dans le seul et l’unique but de t’aider à surmonter ces épreuves, à te soutenir dans tous les combats que tu mènes. Si tu portes un fardeau, tu n’as pas à la porter seul. C’est ça, la signification de notre mariage. C’est la signification du pendentif que je porte et que tu m’as offert, en son temps, pour me rappeler que je n’avais pas à faire face seule. Alors grave-toi bien dans le crâne que je ne te laisserai en paix que lorsque tu m’auras expliqué. Cela ne doit pas être maintenant, ni même aujourd’hui. Prends le temps dont tu as besoin, mais jure-moi que tu vas cesser de te taire. » Loréana faisait ici allusion à ses absences, à toutes ces fois où il changeait de caractère, où il n’était plus lui-même. Elle parlait de ses nombreux trous de mémoire, de ses oublis. Il était si bizarre ces derniers temps et était incapable de fournir la moindre explication. Il semblait tourmenté, ailleurs, nerveux et lui-même n’arrivait pas à comprendre. Il avait tout gardé pour lui, ne s’était confié qu’à Léo depuis la naissance de Nathanaël et sa femme avait raison : ce n’était pas la chose à faire. Ils étaient mariés pour le meilleur et pour le pire et il avait caché des choses graves à son épouse. Enfin, maintenant il pouvait tout lui dire, il devait tout lui dire. Même s’il appréhendait sa réaction, elle venait de lui promettre de rester à ses côtés. Et puis… Elle avait le droit de savoir avec qui elle dormait, avec qui elle partageait son lit, son quotidien. Il ne pouvait plus lui cacher qu’à certains moments de sa vie et peut-être parfois des moments importants, elle parlait à Severus Rogue et non à Maximilien Middle. Et surtout…Une guerre allait se préparer, une guerre dans laquelle il aurait un rôle phare et important. Il ne pourrait pas la gagner sans la force de sa femme à ses côtés. Il avait besoin de son soutien, de son amour à chaque instant de sa vie et maintenant plus que jamais. Maximilien lui fit un sourire triste, se demandant si maintenant elle avait fini sa tirade, si tout ce qu’elle avait à dire était sorti. Sa femme sembla lire dans ses pensées : « Et là, c’est moi qui me tais pour ne pas t’assommer avec mes mots. Désolée, la semaine n’a pas été facile. Mais tu es là, maintenant, et c’est tout ce qui compte. » Maximilien laissa échapper un petit rire amusé. Elle ne changerait jamais et c’était comme cela qu’il l’aimait.

    Le serdaigle rassembla ses forces et ses pensées. Il ne savait pas par quel bout commencer, comment tout lui dire. Il fallait qu’il se lancer. Oubliant le contexte, il chercha ses mots et s’apprêta à ouvrir sa bouche. Mais à l’instant T ou sa bouche se mit en mouvement, une force la lui referma. Surpris, Maximilien laissa ses yeux s’agiter quelques peu dans ses orbites. Quelque chose se passait dans sa tête. Il prit la main de sa femme dans la sienne, pour la rassurer, pour qu’elle comprît qu’il reprenait ses esprits avant de lui répondre. Mais pendant ce temps-là, la voix de Severus raisonna à l’intérieur de lui :
    « Attends, espèce de cornichon ! tu oublies que des oreilles nous écoutent ! » L’ancien serdaigle tourna la tête. En effet, Baël était sur le lit d’à côté et ils ne savaient pas dans quel état pouvait se trouver Lord Voldemort à l’intérieur du corps de son rival. Perdu dans ses pensées, Maximilien réalisa alors que maintenant ils arrivaient à communiquer Severus et lui, ce qui allait grandement faciliter la tâche. Etait-ce parce que l’ancien mangemort était legilimens ? Ou était-ce normal ? Des tas de questions se bousculaient dans sa tête mais ce n’était pas le moment d’y trouver des réponses. Ils s’y emploieraient peut-être ensemble : Loréana, Severus et lui. Il se demandait surtout comment faire pour ne pas être écouté puisqu’il n’avait pour l’instant plus assez de magie en lui et qu’il ne pouvait pas demander à son épouse de les isoler sans attirer quelques soupçons. Tout d’un coup, sans crier gare, Maximilien sentit un gigantesque flot de magie le traverser mais ce n’était pas la sienne. Il devina alors qu’il s’agissait là de celle de Severus et que l’ouverture de leur communication interne avait permis bien plus qu’un dialogue aisé. Il se sentit revivre, son corps reprit instantanément des couleurs et par réflexe, comme si ce geste qu’il n’avait pourtant jamais eu, était devenu naturel, il leva la main et traça, d’un mouvement de bras, un arc de cercle au-dessus de la tête de Loréana et de la sienne. Immédiatement une bulle de silence les enveloppa, on pouvait sentir le mur magique se répandre autour des amoureux. Loréana sembla surprise et il y avait de quoi mais Maximilien ne la laissa pas parler. C’était son tour de faire une tirade et elle allait certainement en rester bouche baie.

    « Loréana, mon Amour… » Sa voix était rouillé et le serdaigle allait avoir besoin de prononcer encore quelques mots avant de retrouver son ton habituel. « Je suis si désolée de t’avoir fait peur, de t’avoir fait souffrir mais tu vas tout savoir, tout comprendre, maintenant, je te le promets. » La magie de Severus avait redonné ses forces au serdaigle, pourtant encore fatigué. Il se redressa et attrapa le visage de sa femme entre ses mains pour déposer un bref mais intense baiser sur ses lèvres. Comme cela lui avait manqué… Il se recoucha ensuite et continua à parler : « Tu vas me prendre pour un fou, chérie, mais tout ce que je vais te dire est vrai et j’ai besoin que tu me croies. Promets-moi que tu vas me croire, me faire confiance ? J’ai peur, tu sais, de tout te dire, peur que tu me rejettes parce que les choses que j’ai découvertes cette nuit qui m’a plongé dans le coma sont horribles, terribles et peut-être que tu ne retrouveras jamais entièrement seul le Maximilien que tu as épousé. » Il marqua une pause, effrayé à la simple idée de dire un mot de trop. Il ne supporterait pas de voir sa femme se lever et quitter la pièce pour ne jamais y revenir. Il en mourrait. Et si elle prenait peur et qu’elle le privait de son fils ? Elle ferait bien de protéger Nathanaël mais pourrait-il vivre sans le voir grandir ? Il devait lui faire confiance, il n’avait pas le choix. « Loréana, chérie, tu sais que j’ai eu de nombreuses absences ces derniers temps ? Il est vrai que je ne t’en ai jamais parlé mais tu as dû t’en rendre compte. J’avais des trous de mémoire, je n’étais plus moi-même… Je ne savais pas pourquoi et j’avais si peur de t’en parler, si peur d’être malade… Maintenant je sais pourquoi et ce n’est peut-être guerre mieux. Roh, chérie, je ne sais pas comment te dire cela. » Il apporta la main de sa femme à son visage, tentant de la câliner pour se rassurer. Il déposa un doux baiser sur ses phalanges et se jeta à l’eau : « Je… Je ne suis plus seul en moi. Il y a quelqu’un d’autre dans ma tête et c’est lui qui prenait le contrôle et qui risque de continuer à le prendre parfois. Je ne sais ni comment, ni pourquoi. Je ne sais pas d’où il est venu mais je sais que Baël est lié à cela. Je… Je suis possédé, Loréana, par… Severus Rogue… » Il laissa sa femme accusé le choc. Il fallait qu’il digère. Il se contenta juste d’ajouter d’un air penaud : « et ce n’est malheureusement pas la seule chose terrible que j’ai à t’annoncer. »


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Cuando lloras, se para el mundo y nunca sé que decir. Cuando lloras, me derrumbo y no me sale fingir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón... Cuando lloras, se tuerce el rumbo y no tengo a donde ir. Cuando lloras, yo me hundo y tardo en volver a salir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón. Piensa en lo que piensas cuando lloras, cuando me dices que no. Piensa en lo que quieres... Pero ahora... El que llora soy yo. El que llora soy yo.


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Loreana N. Wilde
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Mer 19 Juil 2017 - 0:12

    Wait, what ? Non non non. Non. Stop. On arrête tout. Elle n’avait pas bien entendu. Elle ne pouvait pas avoir bien entendu. Qu’est-ce qu’il venait de dire ? Il délirait totalement. Impossible. Il était fou. Il avait pris un mauvais choc sur la tête, le coma l’avait bien plus déboussolé que ce qu’elle croyait. Voilà, c’était une bonne explication, ça. Rationnelle, crédible, logique, médicalement acceptable. C’était ça, la vraie version. La seule version. Dans quelques heures, il irait mieux et ils pourraient rire ensemble de ses divagations hallucinatoires. Voilà voilà. Il n’y avait plus qu’à acquiescer, lui dure qu’il avait surement raison, histoire de ne pas le brusquer, et attendre qu’il sorte de cet état second. Oui, très bien, c’était un planning tout à fait respectable. Mais, juste pour être sûre… On remonte dans le temps pour revoir la scène ?

    L’ange venait de laisser échapper un petit rire amusé après la longue tirade de sa femme. Elle s’était totalement ouverte à lui, lui avait confié ses peurs, ses cauchemars, les remords qu’elle ne voulait pas avoir. Elle avait laissé déferlé sur lui l’angoisse éreintante qu’il lui avait causée, elle avait lâché totalement prise – ce qu’elle n’avait plus fait depuis… Depuis cette nuit avec Timothé. Mais là, elle n’était pas guidée par une pulsion autodestructrice ravageuse, par une haine d’elle-même et par conséquent du monde, par un besoin de se faire du mal pour se sentir vivante. Elle avait juste besoin de communiquer avec son ange qui lui avait tant manqué. Sans doute n’était-ce pas là le meilleur moyen, ni le meilleur moment. Sans doute se montrait-elle un peu égoïste à lui parler d’elle, alors que c’est lui qui avait frôlé la mort et qui était loin d’en être remis. Sans doute aurait-elle dû se taire et le laisser parler, lui, sans l’assaillir de reproches qui ne le visaient pas vraiment, le laisser reprendre ses esprits et replonger dans un monde qu’il avait quitté trois jours plus tôt. Mais elle avait trop cherché à jouer la femme forte, la mère battante qui ne se laissait pas abattre. Elle était lasse de sourire, lasse de répondre les mêmes mots factices aux mêmes questions idiotes. Lasse de dire que l’état de Maximilien était stable, qu’il n’y avait plus qu’à attendre et qu’elle était pleinement confiante. Lasse de prétendre que la vie continuait et que, quoi qu’il arriverait, elle ne s’occupait que de Nathanaël. Lasse de mentir aussi effrontément à Léo, à Caleigh et à Angélique. Lasse, aussi, de voir qu’Angie lui mentait tout aussi effrontément, et qu’un accord tacite consistant à taire leur douleur et leur fragilité les liait désormais. L’infernal duo de directrices ne pouvait pas chanceler, car ce serait faire chanceler tout Poudlard. Et elles n’avaient pas ce luxe. Car oui, pleurer était un luxe. Être faible, être fragile et à fleur de peau, être humaine, tout simplement, était devenu un luxe qu’elles ne pouvaient ni l’une ni l’autre se payer. Emprisonnées dans le stupide masque des convenances qui leur renvoyait leur détresse au visage, accentuée par l’écho sordide des marques d’admiration, elles n’avaient d’autre choix que de se laisser mourir à l’intérieur. C’était tout ça que Loreana devait lui dire, même si ce n’était ni le temps ni le lieu. Il n’y avait que lui pour la comprendre vraiment. Il n’y avait que lui, car si les rôles avaient été inversés, si c’était elle qui était couché sur un ce lit d’infirmerie, il aurait été dans un état similaire – voire pire, rajoutait en insistant la fierté, un peu déplacée pour le coup, de la jeune maître des potions. Elle avait besoin de lui dire, et elle avait besoin qu’il comprenne. Et c’est ce qu’il fit, grand prince qu’il était, mettant de côté sa santé précaire. Il subit le déluge de mots sans broncher, et termina dans un sourire. Sans doute que, si elle avait été moins concentrée sur elle-même, Loreana aurait remarqué les nombreux tics qui avaient secoué le visage de son mari. Soulagement, peur, colère, peut-être un peu tout ça à la fois : voilà ce qu’elle aurait dû lire sur les traits de son amant. Mais, la vue brouillée par les larmes, un soulagement épuisé dans l’âme, elle n’avait rien vu.

    Lorsqu’enfin elle se tut, elle planta son regard humide dans les yeux, presqu’apaisés, de son mari. Elle crut y lire un sentiment d’amour mêlé de gratitude, de détermination mariée à de la peur, de la résolution cintrée de crainte. Elle n’avait pas la moindre idée de ce que l’Ange comptait lui annoncer, mais elle sentait – elle savait – que ce serait quelque chose de grave. Un simple tourment passager ne pouvait mettre l’apprenti dans un tel état. Il sembla rassembler ses pensées et construire mentalement un discours qui lui permettrait de faire la lumière sur la situation, ce qui avait l’air particulièrement complexe. Attentive comme jamais, la concentration de Loreana était telle qu’elle ne manqua aucune des micro-expressions de son mari : le sang lui battait les tempes, il grinça très légèrement des dents alors que son regard s’affolait sans se poser nulle part, comme s’il cherchait des yeux un invisible discours qu’il ne parvenait pas à trouver. Sa respiration se fit légèrement plus saccadée et il se teinta imperceptiblement de rouge lorsqu’il prit sa respiration pour prononcer ses premiers mots. La jeune mère retint son souffle alors que Maximilien ouvrait la bouche, mais il sembla comme réduit au silence d’une manière qui n’était clairement pas volontaire – la surprise qui était apparue dans ses yeux en témoignait. Il n’en fallut pas plus pour les les instinct médicaux – ou maternels, ou amoureux, ou les trois – de Loreana s’affolent et qu’elle s’imagine qu’il était en train de faire une crise de je-ne-sais quoi. Elle esquissa un mouvement vers lui, se levant de son siège, mais le jeune père lui attrapa la main d’un air rassurant, ce qui ne l’apaisa qu’à moitié. Résignée à attendre que son ange reprenne définitivement ses esprits, Loreana tenta de cacher sa tension – elle se sentait de moins en moins à l’aise, et n’avait plus été aussi stressé depuis son ASPIC de potions. Elle assista, médusée, à le soudaine revigoration de Maximilien. Ce n’était pas normal. C’était une bonne chose, surement, mais ce n’était pas normal. Un patient à peine sorti du coma ne reprenait pas vie ainsi. Quelque chose était en train de se passer, quelque chose dont jamais la jeune sorcière n’avait entendu parler. Jamais auparavant un être à ce point vidé de sa magie n’avait ainsi semblé s’abreuver à une source miraculeuse. Récupérer un niveau normal de magie prenait des semaines, voire des mois. Pas quelques minutes. Déjà époustouflée par ce regain de vitalité, elle crut s’être mise elle-même à délirer en voyant Maximilien lancer un charme de silence sans sa baguette. Sans sa putain de baguette, alors qu’il était, il y avait encore cinq minutes, dans un état magique déplorable.

    Elle esquissa un mouvement de recul, en proie à une soudaine panique. Qu’est-ce qui se passait ici, par les couilles de Dumbledore ? Ce n’était pas possible. Ce qui advenait défiait toutes les lois de la magie. Un jeune homme, même aussi doué que Maximilien, ne pouvait pas, dans l’état dans lequel il se trouvait, parvenir à lancer un sortilège informulé sans sa baguette. Il fallait des années d’un entraînement aride et très rude pour parvenir à lancer des sorts sans baguettes, et Loreana elle-même n’était pas sûre d’en être capable. Alors comment se pouvait-il que…
    « Loréana, mon Amour… » Sa voix déraillait complètement, mais c’était bien sa voix. Que signifiait toute cette comédie ? Quelle était cette sorcellerie ? Pas rassurée du tout, elle consentit à se rassoir et à se taire. Elle laissait le temps à son ange de s’exprimer, mais elle n’hésita pas à plonger dans les yeux de Maximilien, avide de réponses. « Je suis si désolé de t’avoir fait peur, de t’avoir fait souffrir mais tu vas tout savoir, tout comprendre, maintenant, je te le promets. » Elle lui aurait probablement, impatiente qu’elle était, lancé un sarcasme lui intimant d’arrêter de gagner de temps et de cracher le morceau s’il ne l’avait pas embrassée avec fougue. Cela participa à la rassurer, à plusieurs niveaux. D’abord, cela lui confirmait qu’il était bel et bien là, qu’il était revenu des lointaines rives et qu’il avait tourné le dos à Charon. Ensuite, ce genre d’initiatives impromptues dans les moments les plus inopportuns lui ressemblait tellement qu’elle n’eut plus aucun doute sur le fait que c’était bel et bien son mari qui se tenait face à elle – et pas un imposteur sous Polynectar ou una autre fantaisie qu’elle s’était imaginée dans ses délires paranoïaques. « Tu vas me prendre pour un fou, chérie, mais tout ce que je vais te dire est vrai et j’ai besoin que tu me croies. Promets-moi que tu vas me croire, me faire confiance ? J’ai peur, tu sais, de tout te dire, peur que tu me rejettes parce que les choses que j’ai découvertes cette nuit qui m’a plongé dans le coma sont horribles, terribles et peut-être que tu ne retrouveras jamais entièrement seul le Maximilien que tu as épousé. » Okay, là, Max, je ne sais pas ce que tu cherches à faire, mais si c’est à me foutre la trouille, c’est réussi. J’ai survécu à pas mal de tes conneries, j’ai pardonné toutes les horreurs que tu as pu faire – bon, d’accord le terme ‘horreur’ est peut-être une légère hyperbole -, mais le fait que tu prennes autant de précautions et qui tu tentes de gagner autant de temps, c’est plutôt mauvais signe. Je suis en train de paniquer comme j’ai jamais paniqué auparavant, et j’ai pas le moindre idée de pourquoi. Enfin, en vrai, je crois que je le sais. Je sais que ce que tu as à me dire là doit être véritablement effrayant pour que tu te sois entêté à ne pas m’en parler, pour que tu ne te pavanes pas en brandissant le fait que tu sais quelque chose que j’ignore. Si cela avait été moins grave, tu aurais lancé un genre de jeu idiot pour te mettre dans une position dominante. Mais pas là. Là, je vois que tu es aussi effrayé que moi, et c’est vraiment pas le genre de choses qui me rassure. Alors rassemble ton courage et crache le morceau. J’en peux plus d’attendre. « Loréana, chérie, tu sais que j’ai eu de nombreuses absences ces derniers temps ? Il est vrai que je ne t’en ai jamais parlé mais tu as dû t’en rendre compte. J’avais des trous de mémoire, je n’étais plus moi-même… Je ne savais pas pourquoi et j’avais si peur de t’en parler, si peur d’être malade… Maintenant je sais pourquoi et ce n’est peut-être guère mieux. Roh, chérie, je ne sais pas comment te dire cela. » J’ai bien une suggestion, mais je vais m’abstenir de la prononcer tout haut, je risque d’être désagréable. Plus tu attends, plus je risque l’infarctus. Alors fait comme avec les sparadraps, bon sang ! Arrache tout d’un coup : ça fait mal sur le moment, mais au moins c’est fait. Arrête de jouer avec mes nerfs comme ça – et avec les tiens, par la même occasion. « Je… Je ne suis plus seul en moi. Il y a quelqu’un d’autre dans ma tête et c’est lui qui prenait le contrôle et qui risque de continuer à le prendre parfois. Je ne sais ni comment, ni pourquoi. Je ne sais pas d’où il est venu mais je sais que Baël est lié à cela. Je… Je suis possédé, Loréana, par… Severus Rogue… »

    Wait. What ? Non. Non, non et non. Stop, on arrête tout. Possédé ? Severus Rogue ? Une autre personne de sa tête ? Cinglé, il était devenu cinglé. D’abord Voldemort, et puis maintenant… Loreana avait envie de hurler. De lui hurler d’arrêter son petit jeu, de revenir à lui, de quitter ces délires anachroniques. Elle avait envie de le secouer en lui disant qu’il n’était pas possédé, qu’il n’était qu’un abruti de jouer ainsi avec elle, qu’elle ne pouvait pas supporter qu’il se moque de la sorte… Et pourtant, quelque chose dans le regard du Serdaigle avait planté, directement et irrémédiablement en elle la certitude absolue et indesctructible qu’il disait la vérité. Mais comment concilier ce sentiment viscéral qui lui donnait le vertige avec les exigences les plus banales du bon sens ? Le regard de Maximilien se fit penaud, et Loreana réalisa qu’elle était en train de le dévisager avec une expression d’incrédulité résolue qui devait le mettre mal à l’aise. Elle tenta de sourire, simula – piètrement – un air décontracté et tenta même une touche d’humour pour dissimuler pudiquement le fait qu’elle était totalement perdue.
    « Je savais bien que le cadeau d’Angie, ‘Dans la tête de Severus Rogue’, me servirait un jour… Tu permets, deux secondes ? » Sans attendre de réponse, elle se leva, tourna le dos à son mari et, d’un sortilège informulé, créa une nouvelle bulle de silence autour d’elle. Si elle avait eu la tête à ça, elle aurait peut-être salué cette situation car c’était la première fois de sa vie qu’elle se produisait – on n’utilisait pas un charme de silence dans une zone déjà frappée d’un charme de silence tous les jours. Mais non, elle n’avait la tête qu’à une seule et unique chose : hurler. Dos à son amant, elle se refusa à lui montrer l’explosion de ses émotions, mais le jeune homme devait bien se douter qu’elle aurait besoin de digérer cette nouvelle.

    Elle ne cessa de crier que juste avant de se rompre les cordes vocales et, quelque peu soulagée, elle leva le charme – le sien, pas celui de Maximilien – et se rassit comme si rien ne s’était passé.
    « Donc. Tu es en train de me dire que ton comportement étrange et le fait que tu aies failli mourir il y a trois jours sont dus à la présence, dans ton corps, de l’esprit de Severus Rogue, un ancien mangemort et un génie des potions décédé il y a plus de deux cents ans, c’est ça ? » Qu’est-ce qu’elle était en train de raconter ? Comment pouvait-elle prononcer des paroles aussi absurdes ? Cela n’avait absolument aucun sens ! C’était impossible ! « Je pourrais te dire que c’est plutôt cool, en fait, si je n’avais pas la certitude aussi absurde qu’inexplicable que tu es en train de me dire la vérité – ou, en tout cas, que tu es sincèrement convaincu par ce que tu dis. » Et voilà, elle se mettait aussi à débloquer. Elle ne pouvait pas vraiment croire ce qu’elle était en train de dire. Elle disait cela pour le rassurer, pour se rassurer sans doute un peu aussi. C’était plus facile d’accepter ce délire maintenant, puisqu’elle avait la conviction qu’elle se réveillerait bientôt de ce mauvais rêve. Ou bien cherchait-elle juste à s’en convaincre ? « ça n’a absolument aucun sens. Tu me demandes de croire à quelque chose qui est impossible. Tu ne peux pas être possédé par l’âme d’un mort, c’est impossible. Une telle magie n’existe pas. » Et pourtant… « Et pourtant, je te crois. Je ne sais pas ce qui me pousse à croire cette folie, je ne sais pas si c’est cette guérison soudaine, ou ce prodige que tu viens d’accomplir. Je ne sais pas si c’est le regard froid et les paroles dures que tu as parfois eues, je ne sais pas si ce sont tes yeux ou ta voix brisée, je ne sais pas si c’est la confiance aveugle que je veux placer en toi. Tu es complètement fou, Maximilien, mais je suis aussi folle que toi, parce que je te crois. Et ça me fout la trouille. » Le fait d’avoir exprimé clairement sa foi lui donna soudain le vertige. S’il disait vrai, quelles conséquences cela pourrait-il avoir ? Comment savoir que cette possession était sans danger ? Comment expliquer cette possession ? Comment se débarrasser de l’esprit du mangemort ? Comment s’assurer que c’était bien Maximilien, et pas l’autre qui s’adressait à elle ? Comment l’esprit de Maximilien résisterait-il à cette cohabitation ? Comment… « Je vais avoir besoin de temps pour véritablement saisir ce que tu es en train de me dire. Je crois que je vais avoir besoin de pleurer, aussi. Comment as-tu pu me cacher ça ? Comment as-tu pu garder cela secret ? Qu’aurais-je fait si tu avais disparu ? Si tu n’avais jamais su reprendre le dessus, si tu étais resté… [i]lui[/lui] à jamais ? Non, ne me réponds pas. Ce n’est pas le moment. J’aurai l’occasion de te reprocher cela des centaines de fois encore – et, crois-moi, tu n’y échapperas pas. Pour l’heure, je vais mettre mon cerveau sur pause et admettre l’i-absurde hypothèse que tu es réellement possédé – comment puis-je en être aussi persuadée, par les poils de cul de Grindelwald ? Qu’est-ce qui se passe réellement ici ? Explique-moi tout en détails, tout ce dont tu te souviens, avant que je ne revienne à moi et que je réalise que cette discussion n’a absolument aucun sens. »


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Maximilien E. Middle
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Caractère: Sincère, honnête, fou, motivé, drôle, beau parleur, inteligent, charmeur, loyal, passioné, passionant, têtu, bien élevé, révolutionnaire, débrouillard, autonome, sarcastique, protecteur, volontaire, amusant, sportif, classe, patient, franc, écrivain, artiste! etc

Absence : Complètement indisponible pour l'instant. Merci l'université!
MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Ven 28 Juil 2017 - 12:26


    L’infirmerie avait toujours provoqué en Maximilien une indifférence crasse. Il n’aurait su dire s’il appréciait la salle, si elle était confortable ou s’il l’exécrait tant il n’y avait jamais porté attention. Non pas qu’il n’y fut jamais venu, au contraire, casse coup comme il avait été dans sa prime jeunesse. Mais il n’y était jamais resté assez longtemps seul au point de s’ennuyer et d’observer le lieu. Blessé, il avait toujours été entouré d’amis, de camarades et l’espace autour de son lit n’avait jamais été vide plus de quelques heures. Ce n’était pas le cas de Severus Rogue. L’ancien directeur des serpentards connaissait ce lieu comme sa poche et pouvait honnêtement affirmer qu’il le haïssait. Toujours il y était demeuré seul, sans soutien, sans visite, seul avec lui-même, blessé, parfois mortellement après ses escapades de faux-mangemort. Ce lieu le répugnait, le révulsait et Maximilien avait l’impression que le dégoût de l’âme avec laquelle il partageait son corps le transperçait pour l’atteindre de plein fouet. Pourtant la pièce n’était pas laide. D’une blancheur éclatante, elle abritait une série de lits au métal ivoirin, disposés en enfilade. Ni les draps tout aussi blanc ni les rideaux nacrés n’aidaient à colorer la salle de joie mais les étagères en bois claires sur lesquelles trônaient des quantités de bocaux de remèdes aux milles couleurs enjolivaient l’espace. Quelques tableaux vivants et vivaces aiguayaient la pièce non pas de tons nuancés mais de paroles et commentaires acérés. Mais ce qui donnait son caractère à la pièce, un œil rapide et peu attentif put aisément le manquer. La hauteur du plafond lui donnait une allure vertigineuse et au sommet de cette immensité trônaient des vitraux irisés qui peignaient, grâce à la lumière du soleil, les murs d’éclats d’émeraude, de rubis, de saphir et de citrine. Sur chaque côté, un vitrail représentait l’histoire d’une guérison de chacun des quatre fondateurs de l’illustre château. Cette infirmerie aurait pu être une œuvre d’art si elle n’avait pas été destinée à accueillir des êtres solitaires et accidentés. Poussé par ce sentiment d’horreur que la salle inspirait à Severus, Maximilien l’observa pour la première fois. Contrairement à son homologue corporel, le serdaigle fut émerveillé de ce flamboiement éclatant. Mais la voix de sa douce épouse arracha l’apprenti à ses contemplations silencieuses.

    Sa femme lui demandait des explications, au combien légitimement. Voilà des mois qu’il la laissait à l’écart, autant que son propre esprit s’était lui-même mis de côté. Il n’avait pas voulu se confier, pas voulu créer d’angoisse peut-être inutile chez sa tendre et douce épouse avant de comprendre lui-même ce qui lui arrivait. Il n’en avait parlé qu’à Léo et les deux camarades avaient, en digne serdaigles qu’ils étaient, parcouru tous les livres de la bibliothèque sans réussir pourtant à trouver la moindre explication aux absences répétées et aux trous de mémoires inquiétants de Maximilien. Le jeune fiancé n’avait pas désespéré et était même retourné dans son manoir afin de fouiller les gargantuesques bibliothèques paternelles mais en vain. Il s’était encore entêté à ne pas en parler à la mère de son fils, de peur de la perdre ou simplement de la perturber. Il aurait voulu avoir une explication à lui fournir et surtout une solution. Maximilien répugnait à l’idée de ne pas être l’homme de la maison ou de la situation. Depuis qu’il s’était construit une famille, il voulait être l’homme sur lequel on pouvait compter, l’homme fort, l’homme grand, l’homme qui assurait sécurité, bien être et prospérité aux siens et certainement pas une source de tracas égoïste. Il avait le front haut et le front fier et il n’était pas question de rider celui de sa femme. Ainsi il avait attendu, silencieux, taciturne, secret, trop attendu jusqu’à ce que les évènements le poussassent à avouer. Etendu, sur ce lit, dans cette infirmerie cathédralesque, après avoir frôlé la mort, Maximilien avait finalement tout découvert et n’avait plus d’autres choix que de dévoiler l’existence de Severus Rogue à Loréana.

    Cherchant ses mots, le serdaigle avoua sa faiblesse, reconnut avoir caché trop d’éléments à sa femme et se jeta à l’eau. Il avait jeté sa bombe, fait éclater la vérité, sans prendre peut-être assez de pincette et surtout sans fournir assez d’explications. Il vit la visage de Loréana, son épouse, se contracter d’abord d’agacement – vu le temps qu’il prenait à cracher le morceau – et ensuite de surprise. Il vit dans son regard qu’elle le crut fou, ce ne dura qu’un centième de seconde mais Maximilien le perçut. L’instant d’après, ce jugement avait disparu et Loréana affichait un léger sourire crispé, forcé :
    « Je savais bien que le cadeau d’Angie, ‘Dans la tête de Severus Rogue’, me servirait un jour… Tu permets, deux secondes ? » Elle tentait de faire de l’humour maintenant ? Maximilien lui répondit par le même sourire tendu, pas certain que c’était le moment aux sarcasmes – même si pour les amants, bien souvent, le sarcasme était la réponse idéale à tout. Il acquiesça ensuite, lorsqu’elle lui demanda de lui laisser un instant. Que pourrait-il faire d’autre ? Il avait son sort, sa vie entre les mains de son épouse. Il ne pouvait qu’attendre la sentence. Il la vit se retourner et sortir sa baguette. Il sentit un deuxième mur de silence le séparer de sa douce tandis qu’elle lui tournait le dos. Le jeune blond comprit alors qu’elle avait besoin de hurler. Elle faisait cela, rarement, quand les émotions étaient trop fortes et ce moment lui semblait être une situation adaptée pour se sentir dépassé émotionnellement. Maximilien attendit patiemment mais il sentait le Severus en lui s’agiter légèrement plus. Cette dichotomie nouvelle était bizarre et perturbante. Il allait avoir besoin de temps pour s’y accoutumer. Il espérait juste que sa femme serait à ses côtés.

    Tout d’un coup le mur de silence se brisa et il put à nouveau observer la délicate figure de Loréana Wilde Middle. Il cherchait un signe d’apaisement mais il ne la vit que rouge de son hurlement. Cependant un je-ne-sais-quoi dans son regard le rassura, une minuscule lueur que lui seul pouvait voir et qu’il avait appris à déceler. Depuis déjà ce jour dans la cabane hurlante, quand ils n’étaient même pas encore ensemble, qu’il s’était comporté comme un gougeât, elle avait eu dans les yeux cet amour que lui seul pouvait déceler. Il réussissait toujours à retrouver cet amour, quand elle était en colère, quand elle était triste, quand il lui causait de la peine, quand elle le taquinait et Maximilien savait que si un jour cette petite lumière venait à s’éteindre, cela sonnerait la fin de leur couple. Quel ne fut pas son soulagement de la retrouver encore une fois dans le regard de sa femme. Quoiqu’elle pensât, quelque fût son sentiment, elle l’aimait encore et il resterait son mari. Il en avait une certitude. Il était néanmoins pendu à ses lèvres, désireux de connaître le fond de sa pensée et de son jugement. Il avait appris avec les années qu’amour ou pas, il n’échappait jamais aux foudres de sa chère et tendre. Mais cette fois-ci, les foudres, les hurlements, les doutes, il les méritait amplement bien qu’il ne fût pas responsable de sa situation. Il espérait surtout que sa femme le crût et qu’elle fût prête à l’aider, à trouver une solution, à chercher, à comprendre. Il se regardèrent quelques millièmes de secondes, qui eurent l’air d’une éternité, dans le blanc des yeux, cherchant mutuellement les signes de la présence de l’être qu’ils aimaient le plus au monde – excepté leur fils lorsque Loréana, décidée à répondre aux son mari, se saisit de la chaise qu’elle avait mise de côté. Elle s’y assit. Toutes ces actions, Maximilien les observait avec attention, incapable de détacher son regard de la sublime créature qu’il avait la chance d’avoir à ses côtés. Une fois correctement installée, Loréana reprit la discussion laissée en suspens.


    « Donc. Tu es en train de me dire que ton comportement étrange et le fait que tu aies failli mourir il y a trois jours sont dus à la présence, dans ton corps, de l’esprit de Severus Rogue, un ancien mangemort et un génie des potions décédé il y a plus de deux cents ans, c’est ça ? » Certes, ennoncée ainsi, l’affaire semblait non seulement improbable mais aussi ridicule. Même dans le monde magique, aucune histoire de possession n’avait encore été connue et même s’il existait quelques sortilèges qui permettaient de lire dans les pensées ou de faire agir une tierce personne conformément à nos volontés, jamais encore il n’avait été fait mention de deux esprits dans un corps – même un horcruxe vivant n’était qu’une partie d’âme et non l’entièreté de l’esprit – et encore moins de retour à la vie. Il était absolument IMPOSSIBLE de faire revenir un mort à la vie. Bien entendu, il existait des légendes mais… Ce n’était que des légendes non ? Dans tous les cas, l’étonnement et le semi sarcasme de la femme du possédé étaient légitimes. Maximilien penaud et gêné ne put cependant qu’acquiescer bêtement à sa question : oui il était possédé par l’esprit de Severus Rogue décédé il y a plus de deux cents ans. Loréana soupira, ni quittant pas son ange des yeux : « Je pourrais te dire que c’est plutôt cool, en fait, si je n’avais pas la certitude aussi absurde qu’inexplicable que tu es en train de me dire la vérité – ou, en tout cas, que tu es sincèrement convaincu par ce que tu dis. » Toujours silencieux, Maximilien eut un petit sourire triste. Il imaginait parfaitement bien son épouse lui répondre « mais c’est trop cool » si tout cela n’avait été qu’une vaste blague mise en scène par Léo et son humour désastreux mais ce n’était pas le cas. Et Maximilien sentit un premier poids quitter sa poitrine lorsqu’il entendit sa femme lui dire qu’elle avait une intuition qu’il lui disait la vérité. Etait-ce parce qu’elle avait une confiance aveugle en lui ou parce qu’elle avait elle aussi senti les choses étranges ? Mais l’instant d’après elle sembla changer d’avis : « ça n’a absolument aucun sens. Tu me demandes de croire à quelque chose qui est impossible. Tu ne peux pas être possédé par l’âme d’un mort, c’est impossible. Une telle magie n’existe pas. » pour rechanger d’avis à nouveau : « Et pourtant, je te crois. Je ne sais pas ce qui me pousse à croire cette folie, je ne sais pas si c’est cette guérison soudaine, ou ce prodige que tu viens d’accomplir. Je ne sais pas si c’est le regard froid et les paroles dures que tu as parfois eues, je ne sais pas si ce sont tes yeux ou ta voix brisée, je ne sais pas si c’est la confiance aveugle que je veux placer en toi. Tu es complètement fou, Maximilien, mais je suis aussi folle que toi, parce que je te crois. Et ça me fout la trouille. » Il l’avait sa réponse : elle le croyait pour les deux raisons à la fois. Parce qu’il s’était passé tant de choses étranges qui ne lui ressemblaient pas, parce qu’il venait d’accomplir de la grande magie alors qu’il était dans un état lamentable, parce qu’il n’avait pas été lui-même mais surtout parce qu’elle avait confiance en lui. Parce que c’était lui, parce que c’était elle. Et elle avait peur. Il était rare que Loréana admettât sa peur, et pour cause elle était aussi fière que son époux mais là elle avait raison d’avoir peur. Maximilien lui-même était terrifié. Mais elle le croyait ! Et Maximilien savait désormais qu’il ne serait pas seul dans cette aventure – ou plutôt qu’ils ne seraient pas que deux, Severus et lui.

    Loréana reprit ensuite la parole:
    « Je vais avoir besoin de temps pour véritablement saisir ce que tu es en train de me dire. Je crois que je vais avoir besoin de pleurer, aussi. Comment as-tu pu me cacher ça ? Comment as-tu pu garder cela secret ? Qu’aurais-je fait si tu avais disparu ? Si tu n’avais jamais su reprendre le dessus, si tu étais resté… lui à jamais ? Non, ne me réponds pas. Ce n’est pas le moment. J’aurai l’occasion de te reprocher cela des centaines de fois encore – et, crois-moi, tu n’y échapperas pas. Pour l’heure, je vais mettre mon cerveau sur pause et admettre l’absurde hypothèse que tu es réellement possédé – comment puis-je en être aussi persuadée, par les poils de cul de Grindelwald ? Qu’est-ce qui se passe réellement ici ? Explique-moi tout en détails, tout ce dont tu te souviens, avant que je ne revienne à moi et que je réalise que cette discussion n’a absolument aucun sens. » Elle avait raison, elle avait droit désormais à des explications claires et surtout à connaître toute l’histoire mais par-dessus tout, elle avait droit à des excuses et Maximilien comptait bien lui en fournir. Il se saisit alors de sa main, les yeux mouillés de larmes contenues. « Lor, mon amour, mon ange. Je suis tellement désolée. Je te jure que je ne t’ai pas caché cette possession. Il se passait des choses étranges mais je n’avais aucune explication. Si j’avais su, je t’en aurais parlé tout de suite. La preuve, maintenant que je viens de tout comprendre, j’aborde enfin le sujet. Si j’avais su, chérie… Je ne voulais pas t’inquiéter, c’est tout mais je n’aurais jamais voulu vous mettre en danger toi et Nathanaël. Severus ne nous fera jamais rien. Tu vas me prendre pour un fou mais j’en suis intimement persuadé. Mais je vais maintenant tout te raconter en reprenant du début… »

    Il porta d’abord délicatement la main de sa femme à sa bouche pour l’embrasser et la baigner des larmes qu’il ne pouvait plus retenir. Il avait tellement eu peur de la perdre que le soulagement de la garder près de lui était une émotion trop forte à contenir. Merlin qu’il l’aimait, plus que lui-même, plus que le monde. Et quand un homme aime à ce point, il n’y a plus de pudeur qui put rentrer en compte mais simplement un abandon total à l’être adoré. Malheureusement pour les deux tourtereaux, ils n’avaient pas le temps de profiter maintenant de ces sentiments nobles et magnifiques. Une discussion bien plus importante les attendait. « Je crois, chérie, qu’il va falloir remonter un peu loin dans le temps… A Travis ! Je vais tout te raconter, tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai su sans les comprendre tout de suite. » Le serdaigle n’avait pas spécialement envie de se replonger dans les souvenirs avec son ami mort mais c’était nécessaire. « Après la mort de Tristan, Travis était bizarre et quoi de plus normal… Il se renfermait, ne parlait plus, s’éloignait de tout le monde. Léo et moi avions mis cela sur le compte de sa dépression mais ce n’était pas uniquement cela. Un soir, dans la bibliothèque, j’ai poussé Travis à me parler et le pauvre s’est confié. Il m’a montré des souvenirs, Loréana, si tu les avais vus… Dans cette pensine, il y avait Travis, mon Travis en train de se repaître de la chaire d’une femme morte dans les rues de pré-au-lard mais ce n’était pas vraiment Travis, je t’assure. Il m’a expliqué pourquoi il s’était tant éloigné de nous : il avait peur de nous faire du mal à Léo et moi. Il se sentait pris de pulsions meurtrières incontrôlables, d’envies de cannibalisme qu’il ne savait comment gérer. Tout comme toi, maintenant, Loréana je l’ai cru parce que je l’avais vu de mes yeux dans ses souvenirs mais aussi parce que c’était Travis et que je l’aimais comme un frère, comme une partie de moi. Dans cette pensine, au grès de ses souvenirs, cette pulsion est revenue et Travis a tenté de m’attaquer. Heureusement, j’ai pu le repousser. Tu aurais dû le voir. Il se sentait si misérable que je l’ai consolé. Je savais que ce n’était pas vraiment lui, que quelque chose se tramait mais je n’avais aucune idée de l’énormité de la chose. J’ai juré de le protéger et de l’aider et j’ai gardé son secret jusqu’à maintenant Mais quelques semaines après cet évènement, Travis s’est suicidé. A l’époque je n’ai pas compris mais je pense, maintenant, que la raison de son suicide n’est pas la mort de Tristan mais la découverte de sa possession. Je suis intrinsèquement persuadé qu’il était possédé, lui aussi, mais par quelqu’un de bien plus mauvais que Severus Rogue… Fenrir Greyback. »

    Maximilien acheva cette première partie de son récit, tentant de reprendre son souffle. Il était encore affaibli. Il tendit la main pour prendre son verre d’eau, qu’il but, évitant consciencieusement le regard de sa femme. Il savait qu’il lui fallait accuser le choc et surtout il avait peur qu’elle ne cessât de le croire. De plus, il lui avait caché la folie de Travis mais il n’avait pas voulu salir la mémoire de son meilleur ami avant d’être capable de le défendre, ce qu’il pouvait faire désormais. Maximilien espérait que Loréana comprît cela. Après avoir bu de longues gorgées d’eau, il regarda enfin sa femme et et reprit immédiatement ses explications : « Quant à moi… J’avais des absences, chérie, juste des absences. Je me réveillais sans souvenir de ce que j’avais fait les heures précédentes. On me reportait des actions qui ne me correspondaient pas. Mais c’était déjà avant la naissance de Nathanaël et tu étais enceinte jusqu’au dent. Je n’ai pas voulu t’inquiéter, te stresser ta fatiguer. J’ai voulu te protéger. Tu peux me le reprocher, Amour, je comprendrais mais crois-moi quand je te dis que mes intentions ont toujours été louables. » Il marqua une pause, plongeant ses yeux dans ceux de sa femme pour lui transmettre tout l’amour qu’il ressentait pour elle et continua : « Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Léo et moi avons fait des recherches et nous n’avons rien trouvé, aucune explication ne pouvait couvrir l’ensemble des évènements jusqu’à ce fameux soir… Je me suis endormie à tes côtés chérie et sans savoir comment je me suis retrouvée dans le parc. Je n’ai que peu de souvenir – c’est Severus qui était aux commandes – mais de vagues images me reviennent. Il y avait Baël en face moi. Un duel a commencé, un horrible duel sur lequel je n’avais aucune prise. Mais nous déployions tous deux, Owned et moi, une magie bien supérieure à nos capacités, une force qui nous dépassait. Plus Severus faiblissait dans le duel, plus j’étais capable de ressentir les choses et percevoir mon corps. Si tu savais combien j’ai eu peur. Je ne comprenais rien, je ne savais pas pour Severus et assistais à tout, enfermé à l’intérieur de mon crâne. J’avais mal, j’étais terrorisé. Et puis finalement, mon corps s’est effondré et j’ai pu voir la forêt, voir Baël en face de moi qui s’est écroulé également. J’ai entendu leur voix amour. J’ai entendu Baël parler avec une intonation que je ne lui ai jamais connu, il a dit précisément ‘Severus, tu ne tiendras pas longtemps’ et j’ai senti ma bouche bouger sans que je ne lui ai ordonné de parler pour répondre ‘Tom, je te résisterai jusqu’au bout’ et au moment où nous avons perdus connaissance, j’ai tout compris. Il faut que tu me croies Loréana, parce que maintenant que je suis au courant Severus et moi arrivons à communiquer et il m’a tout confirmé, je suis bien possédé par lui. » Il marqua une pause de quelques secondes avant d’ajouter : « Et il y a bien pire, Lor’, Baël est possédé par Voldemort et je t’assure qu’une nouvelle guerre se prépare… »


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Cuando lloras, se para el mundo y nunca sé que decir. Cuando lloras, me derrumbo y no me sale fingir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón... Cuando lloras, se tuerce el rumbo y no tengo a donde ir. Cuando lloras, yo me hundo y tardo en volver a salir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón. Piensa en lo que piensas cuando lloras, cuando me dices que no. Piensa en lo que quieres... Pero ahora... El que llora soy yo. El que llora soy yo.


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Loreana N. Wilde
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Dim 30 Juil 2017 - 23:13


    Il est parfois des moments où l’absurdité d’une situation vous saute au visage avec une telle violence que vous n’avez d’autre choix que d’embrasser le grotesque et de l’accueillir comme un vieil ami. Plus tard, Loreana se souviendrait en riant de la réaction qu’elle avait eue lorsque Maximilien lui avait annoncé sa possession : elle se plairait à imaginer toutes les autres réactions, autrement plus rationnelles, qu’elle aurait pu – dû ? – avoir. Elle aurait pu replonger Maximilien dans un coma magique, jugeant que son réveil si soudain lui avait causé une désorientation trop importante. Elle aurait pu éclater d’un rire nerveux, lui disant qu’il n’était pas en état de parler et qu’il ferait mieux de se reposer plutôt que de la faire marcher ainsi. Elle aurait pu acquiescer à ses paroles et faire mine de le croire, tout en se jurant de lui raconter plus tard les délires qui l’avaient accablé. Elle aurait pu se fâcher en lui interdisait de se moquer d’elle de cette façon. Mais elle n’avait rien fait de tout cela : pour une raison qu’elle n’identifia jamais vraiment, elle le crut sur parole. Elle avait choisi de s’incliner devant le caractère irréaliste de la scène et, comme lorsqu’un lecteur avide parcourt les pages de son roman favori, elle avait choisi d’abandonner tout sens du réalisme ou de la simple vraisemblance. Par amour, par lassitude ou par dépit, elle s’était trouvée envahie par l’intime et viscérale conviction que son mari était possédé par l’esprit de Severus Rogue, ramené à la vie par une puissante magie dont l’origine était inconnue. Qu’importe que c’était rigoureusement impossible ! Qu’importe que cela n’avait aucun sens ! C’était bien trop gros pour être une invention de Maximilien – qui débordait pourtant d’imagination. Et puis, il y avait ces yeux. Ces yeux d’un bleu léger, insouciant, qui s’étaient voilés de doute. Ces yeux dont la flamme de certitude vacillait clairement et qui laissait dans son sillage une détresse réelle à laquelle la jeune mère ne pouvait rester indifférente. Nul éclat pétillant et taquin, nulle infime couleur d’enfance : ces yeux aux couleurs célestes s’étaient ennuagés d’un orage par trop réel. Une larme naquit au coin de la voûte, et Loreana sentit son cœur se torde en découvrant son amant si fragile, si égaré. Elle le laissa se saisir de ses mains et plongea dans son regard en tentant de lui faire ressentir l’irrationnelle confiance qu’elle avait en lui. Alors, et alors seulement, il commença à parler. « Lor, mon amour, mon ange. Je suis tellement désolé. Je te jure que je ne t’ai pas caché cette possession. Il se passait des choses étranges mais je n’avais aucune explication. Si j’avais su, je t’en aurais parlé tout de suite. La preuve, maintenant que je viens de tout comprendre, j’aborde enfin le sujet. Si j’avais su, chérie… Je ne voulais pas t’inquiéter, c’est tout mais je n’aurais jamais voulu vous mettre en danger toi et Nathanaël. Severus ne nous fera jamais rien. Tu vas me prendre pour un fou mais j’en suis intimement persuadé. Mais je vais maintenant tout te raconter en reprenant du début… » Il porta la main de son aimée à ses lèvres pour la gratifier d’un chaste baiser, mais, ce faisant, il rompit les dernières défenses que lui commandaient sa pudeur. Sans prévenir, il éclata en sanglots et chacune de ses larmes brûla d’un amer acide le cœur de Loreana, qui sentit soudain les larmes lui voiler la vue à son tour. Voir son ange dans un pareil état était une épreuve plus dure qu’elle ne l’avait imaginé, et elle réalisa alors à quel point ce devait être terrible pour lui.

    Elle avait eu le culot de lui reprocher de ne point lui avoir parlé ; elle ne s’était jamais figuré ce que Maximilien pouvait ressentir. Comment se serait-elle sentie, elle, si, du jour au lendemain, elle avait vécu des périodes d’absences, si elle avait vu s’évaporer sans comprendre les heures entières de sa vie ? Si on lui avait rapporté des paroles qu’elle ne se souvenait pas avoir prononcé, si on l’avait vue à des endroits où elle ne se rappelait pas être allée ? Aurait-elle seulement décidé d’en parler à Maximilien, ou aurait-t-elle, comme il l’avait fait, décidé de porter seule ce fardeau afin d’épargner à son mari des tourments dont elle ne voulait pas le voir affligé ? N’aurait-elle pas fait le sacrifice de sa santé mentale, n’aurait-elle pas refoulé ces mésaventures uniquement pour pouvoir sourire à Maximilien et pour le voir lui sourire ? N’aurait-elle pas, elle aussi, gardé jalousement ce secret qu’elle n’avait jamais désiré conserver, afin de protéger son amour et leur fils ? Comment pouvait-elle reprocher à son ange d’avoir souhaité la protéger, alors même qu’elle aurait probablement fait la même chose ? Comment pouvait-elle le houspiller d’avoir voulu lui épargner des soucis dont elle n’avait pas besoin ? Ce jeune homme, là, qui lui avait tant dissimulé, n’avait fait que ce qu’il croyait juste et bon. Il avait fait le sacrifice de son être pour que vivent sa femme et son fils dans un ciel bleu, loin de tout nuage. Il avait montré par là même qu’il tenait à eux plus qu’à lui-même ; il avait démontré qu’au petit jeu de l’abnégation, il était le maître incontesté. Comment le réprimander alors qu’il n’avait fait que clamer son amour, tout maladroite que fut cette clameur ? Certes, il démontrait également qu’il n’avait toujours pas compris que sa femme ne désirait de lui nul élan chevaleresque. Certes, il n’avait pas saisi qu’elle n’exigeait de lui que la vérité, l’âpre vérité. Du moins ne l’avait-il pas saisi jusqu’à maintenant. Peut-être cette discussion amènerait-elle enfin le déclic ?
    « Je crois, chérie, qu’il va falloir remonter un peu loin dans le temps… A Travis ! Je vais tout te raconter, tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai su sans les comprendre tout de suite. » Si la situation n’avait pas été ce qu’elle était, Loreana aurait sans doute eu du mal à réprimer un sourire narquois. Même dans pareil moment, le bellâtre se devait de faire preuve de théâtralité. Sur ce point, les deux amants s’étaient fort bien trouvés. Mais ces considérations frivoles laissèrent bientôt place dans l’esprit de la directrice des bleu-et-bronze à une océan de perplexité et un abîme de questions. Elle écouta Maximilien parler, la voix brisée, d’un ton monocorde d’où perçaient la douleur et l’amertume. Rien qu’à son timbre, Loreana sut que Maximilien était rongé par la culpabilité, par la détestation de lui-même pour n’avoir pas compris plus tôt. Il ne l’admettrait sans doute jamais, mais Loreana sentit bien qu’à la douleur de la mort de Travis – dont ils n’avaient que très peu parlé – s’ajoutait maintenant un sentiment d’impuissance provoquée. Maximilien se reprocherait sans doute son aveuglement. Il ne saurait se pardonner seul de n’avoir pas compris les signes, de n’avoir pas vu le drame qui se jouait dans la vie de son meilleur ami. Maintenait plus que jamais, il aurait besoin de l’amour et du soutien de sa femme pour faire le deuil, non seulement de son ami, mais également de ce qu’il aurait dû voir pour le sauver. « Après la mort de Tristan, Travis était bizarre et quoi de plus normal… Il se renfermait, ne parlait plus, s’éloignait de tout le monde. Léo et moi avions mis cela sur le compte de sa dépression mais ce n’était pas uniquement cela. Un soir, dans la bibliothèque, j’ai poussé Travis à me parler et le pauvre s’est confié. Il m’a montré des souvenirs, Loréana, si tu les avais vus… Dans cette pensine, il y avait Travis, mon Travis en train de se repaître de la chaire d’une femme morte dans les rues de pré-au-lard mais ce n’était pas vraiment Travis, je t’assure. Il m’a expliqué pourquoi il s’était tant éloigné de nous : il avait peur de nous faire du mal à Léo et moi. Il se sentait pris de pulsions meurtrières incontrôlables, d’envies de cannibalisme qu’il ne savait comment gérer. Tout comme toi, maintenant, Loréana je l’ai cru parce que je l’avais vu de mes yeux dans ses souvenirs mais aussi parce que c’était Travis et que je l’aimais comme un frère, comme une partie de moi. Dans cette pensine, au grès de ses souvenirs, cette pulsion est revenue et Travis a tenté de m’attaquer. Heureusement, j’ai pu le repousser. Tu aurais dû le voir. Il se sentait si misérable que je l’ai consolé. Je savais que ce n’était pas vraiment lui, que quelque chose se tramait mais je n’avais aucune idée de l’énormité de la chose. J’ai juré de le protéger et de l’aider et j’ai gardé son secret jusqu’à maintenant… Mais quelques semaines après cet évènement, Travis s’est suicidé. A l’époque je n’ai pas compris mais je pense, maintenant, que la raison de son suicide n’est pas la mort de Tristan mais la découverte de sa possession. Je suis intrinsèquement persuadé qu’il était possédé, lui aussi, mais par quelqu’un de bien plus mauvais que Severus Rogue… Fenrir Greyback. »

    Si Loreana n’avait pas été sûre d’être dans une des rares pièces de Poudlard dont les murs étaient réellement inamovibles, elle aurait pu croire que les hautes colonnades de l’infirmerie s’étaient brutalement rapprochées d’elle pour l’écraser. Elle senti l’air lui manquer et une nausée indistincte lui retourner l’estomac. Travis Cohen, le plus posé et le plus doux des membres du trio des aigles, qui avait parfois du mal à regarder les gens en face et dont le regard fuyant était empli d’une bienveillance timide, avait eu des pulsions cannibales avant de se suicider ? Travis Cohen, que Loreana se plaisait à considérer comme son protégé, comme un étudiant qu’elle devait garder à l’œil pour s’assurer de son épanouissement, avait sombré dans la folie à cause d’une possession et avait dévoré une femme à Pré-au-Lard avant de s’en prendre à Maximilien ? C’était tout bonnement impossible. Comment… Comment l’imaginer ? Comment imaginer l’extrême souffrance de Travis, ignorant de sa condition et traversé par de pareilles inclinaisons ? La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne, et Travis avait dû se sentir extrêmement seul. Seul face aux abominations qu’il avait commis sans les commettre, seul face à ses pensées morbides et à ses doutes, seul face à lui-même et seul face à Fenrir Greyback. Quel horrible destin. Une larme, mélange de pitié, d’effroi et d’amour à l’encontre de Travis, perla sur les joues de Loreana alors qu’elle tendit machinalement à Maximilien le verre d’eau qu’il tentait d’attraper. Comment le jeune Serdaigle avait-il vécu ces instants terribles ? Comment avait-il pu encore regarder ses mains sans se dégoûter lui-même ? Comment avait-il vécu le fait d’être la cellule déambulante d’une force aussi bestiale et primitive que celle de Greyback ? Avait-il choisi de mettre fin à ses jours par peur de commettre l’irréparable ? Avait-il choisi de se suicider pour protéger ses amis, condamnées à rester ignorants de ses réels tourments ? Comment imaginer une pire fin que celle-ci, loin de tous ceux qu’il avait aimés, acculé de souffrances qu’il ne pouvait expliquer et certains de finir par faire du mal à ceux qui comptaient ?
    « Quant à moi… J’avais des absences, chérie, juste des absences. Je me réveillais sans souvenir de ce que j’avais fait les heures précédentes. On me reportait des actions qui ne me correspondaient pas. Mais c’était déjà avant la naissance de Nathanaël et tu étais enceinte jusqu’au dent. Je n’ai pas voulu t’inquiéter, te stresser ta fatiguer. J’ai voulu te protéger. Tu peux me le reprocher, Amour, je comprendrais mais crois-moi quand je te dis que mes intentions ont toujours été louables. » Loreana voulut lui sourire, secouer la tête en signe de dénégation pour lui dire qu’elle ne lui reprocherait rien, mais elle en fut incapable. Encore sous le choc des révélations de son mari, elle put frôler de l’âme l’état émotionnel qui avait dû s’emparer de Maximilien lorsqu’il avait appris tout ce qu’il lui disait maintenant. Si elle en était à ce point choquée, comment lui avait-il réagi ? Combien lui en avait-il coûté de sceller cette terrible vérité sui devait lui ronger le cœur ? Non, Maximilien, Loreana ne te reprocherait ni d’avoir voulu la protéger, ni d’avoir entendu laisser intacte la mémoire de ton ami. Le temps n’était plus aux reproches, désormais. Trop de sang et trop de larmes avaient déjà été versés. « Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Léo et moi avons fait des recherches et nous n’avons rien trouvé, aucune explication ne pouvait couvrir l’ensemble des évènements jusqu’à ce fameux soir… Je me suis endormi à tes côtés, chérie, et sans savoir comment je me suis retrouvée dans le parc. Je n’ai que peu de souvenir – c’est Severus qui était aux commandes – mais de vagues images me reviennent. Il y avait Baël en face moi. Un duel a commencé, un horrible duel sur lequel je n’avais aucune prise. Mais nous déployions tous deux, Owned et moi, une magie bien supérieure à nos capacités, une force qui nous dépassait. Plus Severus faiblissait dans le duel, plus j’étais capable de ressentir les choses et percevoir mon corps. Si tu savais combien j’ai eu peur. Je ne comprenais rien, je ne savais pas pour Severus et assistais à tout, enfermé à l’intérieur de mon crâne. J’avais mal, j’étais terrorisé. Et puis finalement, mon corps s’est effondré et j’ai pu voir la forêt, voir Baël en face de moi qui s’est écroulé également. J’ai entendu leur voix amour. J’ai entendu Baël parler avec une intonation que je ne lui ai jamais connu, il a dit précisément ‘Severus, tu ne tiendras pas longtemps’ et j’ai senti ma bouche bouger sans que je ne lui ai ordonné de parler pour répondre ‘Tom, je te résisterai jusqu’au bout’ et au moment où nous avons perdus connaissance, j’ai tout compris. Il faut que tu me croies Loréana, parce que maintenant que je suis au courant Severus et moi arrivons à communiquer et il m’a tout confirmé, je suis bien possédé par lui. »

    Alors la magie puissante – et terriblement noire, pour l’essentiel – qui baignait encore l’atmosphère du parc lorsque les deux corps furent retrouvés provenait des deux apprentis ? C’étaient eux qui, possédés par deux sorciers extrêmement puissants, avaient ainsi libéré une énergie si terrifiante qu’elle en était presque palpable ? Les retrouver tous les deux en vie avait été un véritable miracle, et Loreana réalisa à quel point elle avait failli perdre Maximilien.
    « Et il y a bien pire, Lor’, Baël est possédé par Voldemort et je t’assure qu’une nouvelle guerre se prépare… » Elle observa Maximilien un long moment en silence. Elle pouvait lire sur ses traits fatigués une incertitude dévorante, mais, plus profondément ancrée dans son regard, également une détermination sans faille. Visiblement, maintenant qu’il avait tout compris, le jeune apprenti était prêt à lutter comme jamais il n’avait lutté. Cet éclat d’hardiesse opiniâtre brisa quelque chose en Loreana, car ce regard signifiait que ni lui ni personne ne serait plus en sécurité, désormais. Pourtant, un élan incontrôlable la poussa vers lui, et elle s’installa lentement à califourchon sur le lit d’hôpital, tentant tant bien que mal de ne pas causer quelque douleur au jeune homme. Elle plongea dans son regard et lui chuchota faiblement à l’oreille : « On n’est pas maître de soi-même, amoureuse comme je le suis de toi. Je ne mesure probablement pas vraiment la chance que j’ai de pouvoir encore te parler, te regarder, te sentir et t’embrasser ». Joignant le geste à la parole, elle posa ses lèvres sur celles, gercées et encore blessées, de son amant. Ce baiser signifiait plus que la réunion de leurs deux corps ; c’était un dialogue de l’âme à l’âme. C’était un baiser au goût de sel, au goût de sang, mais au goût de vie. C’était un baiser qui signifiait l’amour, la reconnaissance, la peur et la confiance, tout à la fois. Loreana aimait Maximilien ; elle le lui signifiait sans la moindre pudeur, au risque de paraître totalement impromptue dans cette discussion. Lorsqu’à regret elle se sépara de son ange, elle demeura à quelques centimètres de son visage. Elle lui fit l’amour avec les yeux, et un détermination soudaine alluma une flamme dans son regard. « Je refuse de te perdre, Maximilien Enzo Middle. Alors, avec ou sans Severus Rogue, nous vaincrons. Ensemble. Pour que nous puissions vivre cette putain d’idylle à laquelle on a droit, bordel. » Un instinct martial qu’elle ne se connaissait pas pris soudain le pas sur tout autre sentiment. Elle se mit à réfléchir à une vitesse extrême, tentant de tirer un profit maximal des informations que Maximilien lui avait offertes. « Tu dois te reposer. C’est primordial. Il faut que tu recouvres tes forces avant Baël. » Elle tourna la tête vers l’autre bout de l’infirmerie où ledit Baël reposait, dissimulé par quelque rideau pudique. Une idée, qui lui était sans doute dictée par la puérile excitation morbide qui s’était emparée d’elle à l’idée d’être en guerre, germa dans son esprit. Elle se tourna vers Maximilien. « Est-ce que tu sais communiquer avec Severus ? Il y a sans doute des milliers de questions auxquelles il nous faudra une réponse. Dans un premier temps, je devrai en parler avec Angélique, si tu le veux bien. Elle a eu une liaison avec Baël, elle doit surement avoir remarqué quelque chose. Et puis, c’est la sous-directrice du château, et je lui confierais ma vie sans hésiter – pas comme à ce mollusque de directeur. Elle doit être mise au courant. Surtout si… » Elle hésita. Devait-elle réellement ainsi livrer à Maximilien la moindre des idées que la situation lui inspirait ? « Combien sont-ils à être revenus ? Est-ce que Voldemort, Rogue et Greyback sont les seuls ? Est-ce que Rogue sait cela ? Est-ce qu’il sait comment il est revenu à la vie ? Et, surtout… Est-ce que tu sais ce qui arrive à une âme dont l’hôte est tué ? Je veux dire… Greyback, par exemple… Que lui est-il arrivé ? Il a disparu ? » Elle jeta un rapide coup d’œil de l’autre côté de l’infirmerie. Aurait-elle réellement le courage de faire ce qu’elle projetait de faire, si la réponse de Maximilien la confortait dans son idée ? « Maximilen. Je t’aime, et je te répète que, quoi qu’il arrive, je refuse de te perdre. Je suis une femme amoureuse, follement amoureuse, et tu dois savoir maintenant ce qu’une femme peut faire. » Nouvelle hésitation. Plus longue. Réflexion intense. Elle n’attendit pas la réponse de son amant et se redressa pour se rassoir à côté du lit : non seulement elle ne voulait pas risquer de lui faire mal, mais la prochaine requête qu’elle allait lui adresser nécessitait un peu de… recul. « Est-ce que tu crois que je pourrais lui parler ? A l’autre toi. A Rogue. »


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Maximilien et Nathanaël...
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Maximilien E. Middle
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Pensine
Orientation Sexuelle: Bisexuel
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Caractère: Sincère, honnête, fou, motivé, drôle, beau parleur, inteligent, charmeur, loyal, passioné, passionant, têtu, bien élevé, révolutionnaire, débrouillard, autonome, sarcastique, protecteur, volontaire, amusant, sportif, classe, patient, franc, écrivain, artiste! etc

Absence : Complètement indisponible pour l'instant. Merci l'université!
MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Mer 2 Aoû 2017 - 17:43


    La culpabilité, ce sentiment d’oppression qui vous paralyse, qui vous ronge de l’intérieur, qui vous assaille ! Ce sentiment vous donne l’impression que le monde est noir, que c’est de votre faute, que plus jamais vous ne pourrez sourire ou être heureux. Il vous provoque des remords à vous tordre le ventre, à vous rouler en boule au fond de votre lit sans bouger, à vivre dans vos souvenirs. La culpabilité vous force à vous remémorer en boucle et en boucle les évènements dont vous vous sentez responsable. Vous repensez, revoyez, recréez dans votre esprits les scènes dont vous avez été acteur actif ou passif, les scènes auxquelles vous avez assistées, qui vous avaient paru insignifiantes et qui tout d’un coup vous semblent importantes. Vous réentendez chaque parole que vous avez prononcez, que d’autres vous ont dites, chaque mouvement revête un sens nouveau, chaque signe parait limpide et vous ne cessez de vous dire que vous n’avez rien compris, que vous êtes passé à côté de l’essentiel, que vous aviez les yeux fermés, été aveugle, tout manqué. Vous passez de nuits à ruminer ; les insomnies se multiplient et votre cœur ne cesse de se resserrer. Vous vous en voulez au point de vouloir vous faire mal et l’impuissance vous ronge de l’intérieur. Vous savez que vous ne pourrez jamais retourner en arrière, que le temps est révolu et que c’est trop tard pour arranger les choses, pour changer l’histoire. Alors vous souffrez, en silence, intérieurement parce que cette culpabilité s’insinue dans vos veines, ralentit votre cœur. Vos yeux finissent par s’assécher à force de pleurer et vous serrer les poings, l’envie dévorante d’en planter un dans un mur, l’envie de vous pincer, de vous mordre parce que vous êtes responsable de tout ce qui s’est passé. Et que cette pensée soit vraie ou fausse, cela importe peu parce que c’est ce que vous ressentez. La culpabilité oppresse votre corps, votre estomac, votre cœur, comme un poids à jamais tombé sur vos épaules. Ce poids qui ne partira plus et avec lequel vous finissez par apprendre à vivre.

    Pour culpabiliser, Maximilien culpabilisait. Depuis la mort de Travis, il n’avait cessé de se retourner toute la situation dans sa tête, de revoir les images, les discussions, Travis qui n’était plus lui-même ou Travis dépressif. Lui et Léo avaient tout laissé passer, avaient pensé à tort que la mort de Tristan était la cause du suicide de leur ami mais même comme cela, avant qu’il n’apprît la vérité, Maximilien n’avait cessé de se considérer comme responsable. Focalisé sur ses propres affaires à savoir Loréana avec laquelle il essayait de construire quelque chose pour la première fois de sa vie, son horrible famille qui le harcelait, il n’avait pas été assez présent pour son ami, ne l’avait pas assez soutenu, ne s’était pas assez trouvé à ses côtés. Plus Travis se renfermait, plus Maximilien s’éloignait. Il n’avait pas essuyé chacune de ses larmes, ne lui avait pas prêté d’oreille attentive. Il avait désormais l’impression d’avoir laissé Travis seul avec lui-même. Et même si Travis le fuyait, même s’il refusait de lui parler, Maximilien sentait qu’il aurait dû insister, aurait dû montrer son intérêt pour lui plus et encore et encore et plus. Et lorsqu’enfin, arrivé au bout de sa vie, Travis s’était confié, Maximilien avait certes fait de son mieux pour le rassurer mais ce n’avait pas été suffisant. Chaque jour, l’ancien serdaigle se demandait ce qu’il aurait pu dire ou faire encore pour empêcher ce drame, si à la sortie de cette pensine il aurait pu avoir une attitude qui aurait changé le cours des choses, un geste qui aurait inversé la tendance, un mot qui aurait changé l’histoire. Il n’aurait jamais la réponse à sa question et il devait vivre avec cette responsabilité, ce poids, cette impression qu’il n’avait pas été à la hauteur. Et maintenant qu’il avait la solution, comment se sentirait-il ? Tout ce qu’il avait cru était faux, était-il moins coupable ? Probablement ! En avait-il conscience ? Certainement pas ! Désormais Maximilien s’en voulait de ne pas avoir pu décoder les signes, de ne pas avoir compris que Travis était possédé par Fenrir. Mais comment aurait-il pu le savoir ? Comment un sorcier normal aurait-il pu deviner une chose aussi atroce qu’impossible. Et pourtant… L’impossible était devenu possible. Il en était lui-même la preuve vivante et il aurait dû… aurait pu…

    Le serdaigle vit dans le regard de sa belle qu’elle comprenait sa douleur et sa culpabilité. Il vit passer cette émotion et sut qu’elle avait lu dans son esprit et qu’elle-même devait se sentir un peu coupable, à tort évidemment, de n’avoir pu aider cet élève de sa maison, de n’avoir pas su le protéger du monde et de lui-même. Maximilien continua alors son histoire parce que malheureusement Travis n’était pas le seul sujet du jour. Il s’excusa de ne rien lui avoir dit et il perçut un léger mouvement de tête de sa belle qui le rassurait : non elle n’était pas en colère, non elle ne lui en voulait pas d’avoir été lui-même et d’avoir voulu, comme à son habitude, les protéger elle et leur fils – même si elle estimait ne pas avoir besoin de cette protection. Elle le comprenait et probablement se disait-elle qu’elle aurait fait la même chose ! Il dévoila alors enfin comment est-ce que la vérité lui avait sauté aux yeux, en expliquant du mieux qu’il put les évènements de cette fameuse nuit, autant qu’il était capable de s’en souvenir puisque l’autre partie de l’histoire, c’était Severus qui la possédait. Il vit dans les pupilles de sa femme qu’elle le croyait, qu’elle avait confiance en lui et un léger poids quitta ses épaules tandis qu’il observait les rouages du cerveau de génie de sa femme se mettre en route pour assembler le puzzle, pour reconstruire les évènements et leur appliquer une étiquette différente. Chaque zone d’ombre s’éclairait dans leurs esprits respectifs. Combien aurait-il voulu pouvoir profiter de cet instant de communion, pouvoir l’embrasser, savourer le couple parfait qu’ils avaient formé, jouir de leur confiance mutuelle, de leur capacité à se soutenir, à s’aider, à se comprendre mais le temps n’était pas à la joie. Il devait finir son discours par l’annonce terrible et effrayante du retour du mage noir le plus puissance et le plus sordide que la terre n’eût jamais porté. Il venait de lui annoncer qu’une guerre se préparait et qu’il allait y être mêlé de bien plus près qu’il ne l’aurait voulu. Elle devait comprendre les sous-entendus de cela : si elle restait avec lui, si elle acceptait de le suivre, de l’aider, elle serait inexorablement impliquée, elle devrait se battre, leur fils risquerait de perdre ses deux parents. Mais Loréana était courageuse, elle n’était pas femme à fuir, à abandonner les siens, encore moins l’homme de sa vie, à oublier ses devoirs, à choisir sa sécurité. Non Loréana avait le cœur à se battre et le cœur à aimer.

    Maximilien vit sa femme se lever et venir s’asseoir en amazone sur le lit pour se rapprocher de lui. Elle s’installa le plus délicatement possible, essayant de ne pas bouger le serdaigle qui souffrirait du moindre mouvement involontaire. Elle se pencha vers lui, plongeant son regard dans le sien. Maximilien sentit son souffle sur sa joue, comme il aimait la sensation de cette respiration sur son corps. Loréana lui murmura alors :
    « On n’est pas maître de soi-même, amoureuse comme je le suis de toi. Je ne mesure probablement pas vraiment la chance que j’ai de pouvoir encore te parler, te regarder, te sentir et t’embrasser » Il reconnut la référence et en sourit : c’était son auteur moldu préféré. Comme il l’aimait aussi et ils avaient en effet été tellement chanceux de se retrouver, de pouvoir se toucher à nouveau et d’avoir la possibilité de continuer leur vie côte à côte, ensemble. Elle se pencha pour l’embrasser, scellant par ce geste une nouvelle fois leur vœux, leur amour, leur concorde, mélangeant leurs âmes comme pour affirmer la puissance de leur famille, de leurs rêves communs, de leurs désirs et envies. Maximilien savourait le goût de ses lèvres qu’il aurait pu ne plus jamais goûté, l’odeur de sa peau qu’il aurait pu ne plus jamais sentir. Loréana se détacha quelques secondes plus tard : « Je refuse de te perdre, Maximilien Enzo Middle. Alors, avec ou sans Severus Rogue, nous vaincrons. Ensemble. Pour que nous puissions vivre cette putain d’idylle à laquelle on a droit, bordel. » Elle avait raison ! Quand son épouse commençait à jurer, Maximilien savait qu’elle était prête à prendre le dessus sur ses émotions, qu’elle était déterminée. Il lui sourit : « Moi aussi mon amour je refuse de te perdre, je t’aime, je t’aime tellement ! » Il aurait pu se lancer dans une tirade, il aurait voulu lui déclarer son amour, parler de Nathanaël mais d’un geste, elle le fit taire. Loréana avait des choses à dire : « Tu dois te reposer. C’est primordial. Il faut que tu recouvres tes forces avant Baël. » Il soupira ; sa femme laissait ressortir son côté maternel mais son ton lui fit comprendre qu’il y avait plus que cela. Elle ne parlait pas de son bien-être ou du moins pas uniquement mais il fallait en effet que lui et Severus s’en sortissent avant Baël et Voldemort. Ils devaient prendre de l’avance, ne pas se laisser distancer par le mage noir et son hôte. Loréana s’agita tout d’un coup beaucoup plus. Son cerveau tournait, tournait à toute vitesse et des centaines d’idées se bousculaient dans sa tête. Une tirade se préparait…

    « Est-ce que tu sais communiquer avec Severus ? Il y a sans doute des milliers de questions auxquelles il nous faudra une réponse. Dans un premier temps, je devrai en parler avec Angélique, si tu le veux bien. Elle a eu une liaison avec Baël, elle doit surement avoir remarqué quelque chose. Et puis, c’est la sous-directrice du château, et je lui confierais ma vie sans hésiter – pas comme à ce mollusque de directeur. Elle doit être mise au courant. Surtout si… » Loréana ne finit par sa phrase et Maximilien comprit que c’était parce qu’elle ne voulait pas partager toutes ses inquiétudes, elle ne souhaitait pas lui faire peur mais il était prêt. Loréana le savait : « Combien sont-ils à être revenus ? Est-ce que Voldemort, Rogue et Greyback sont les seuls ? Est-ce que Rogue sait cela ? Est-ce qu’il sait comment il est revenu à la vie ? Et, surtout… Est-ce que tu sais ce qui arrive à une âme dont l’hôte est tué ? Je veux dire… Greyback, par exemple… Que lui est-il arrivé ? Il a disparu ? » Les voilà ses doutes et ses questions ! Et le problème c’était que Maximilien ne savait pas y répondre. Ils étaient probablement plus nombreux. Voldemort n’avait pas dû se contenter de Fenrir et Severus. Des dizaines de mangemorts parcouraient peut-être le château mais comment savoir qui ils étaient, dans quels corps ils se cachaient ? Maximilien s’apprêta à répondre mais il fut encore coupé par sa femme : « Maximilen. Je t’aime, et je te répète que, quoi qu’il arrive, je refuse de te perdre. Je suis une femme amoureuse, follement amoureuse, et tu dois savoir maintenant ce qu’une femme peut faire. » Il pouvait compter sur elle, il en était maintenant certain. Il voulut lui prendre la main, l’attirer contre lui, la remercier et commencer à faire un plan, un long plan mais Loréana l’en empêcha. Il se recula soudainement du lit et retourna s’asseoir sur sa chaise. Elle semblait plutôt gênée, elle tripotait les plis de son pantalon à ses genoux, n’étant pas sûre de ce qu’elle s’apprêtait à dire et puis finalement… Elle se lança : « Est-ce que tu crois que je pourrais lui parler ? A l’autre toi. A Rogue. » Ah…

    Bon une chose à la fois. Le cerveau masculin et surtout épuisé de Maximilien ne pouvait pas traiter toutes ces données en même temps. Il allait donc reprendre les éléments un à un. Parler à Angélique Dewis parce que QUOI ?! Comment cela, Angélique et Baël avaient eu une relation avec cet arriéré d’Owned ?! Et les deux femmes lui avaient caché cela ? Bon il n’aurait probablement pas très bien réagi mais…
    « Lor’, attends ! Comment cela ? Angélique est sortie avec Baël ? Pourquoi m’as-tu caché cela et heu… Bon soit, on reviendra là-dessus plus tard. » Certes, ce n’était pas la priorité, ni le sujet réel de la conversation : « Mais je voudrais qu’on évite encore d’en parler. A Léo uniquement ou à notre amie commune Caleigh mais je voudrais éviter d’y mêler l’autorité jusqu’à ce qu’on en sache un peu plus et puis… S’il se sont fréquentés, on ne sait pas ce que Voldemort a pu faire à Angélique ? Peut-il lire dans ses pensées ? Et s’ils se revoient ? C’est dangereux. S’il comprend que nous agissons, il pourrait devenir terriblement dangereux. Quand il se réveillera, je crois qu’il serait plus sûr de lui faire croire que moi, je ne me souviens de rien, que moi je n’ai rien compris. On pourra agir dans l’ombre sans déclencher sa colère, qu’en penses-tu, chérie ? » Il reprit son souffle. Parler l’épuisait et lui demandait beaucoup d’effort. Il tendit la main vers son verre d’eau salvateur et but encore une fois de longues gorgées avant de reprendre : « Et je ne sais pas combien ils sont mais je suis persuadé qu’ils sont plusieurs. On devrait établir une liste des mangemorts possibles mais Loréana, amour, je voudrais comprendre. Je voudrais qu’on cherche comment une telle magie est possible, comment Voldemort est-il revenu à la vie. Baël l’a-t-il fait volontairement ? Ou est-ce un hasard. Connaissant ce scroutt, il aurait pu être volontaire mais comment ? Pourquoi ? Et j’ignore ce qu’est devenu Fenrir. Je ne sais rien, Lor’, je suis désolé. » Il détestait ne pas être capable de répondre à une question, son côté serdaigle. L’ignorance l’horripilait. Mais comment aurait-il pu savoir ? Tout cela était aussi neuf pour lui que Loréana. Il devait déjà d’abord se faire à l’idée qu’il y avait quelqu’un avec lui dans son corps, un autre esprit dans sa tête et pas n’importe qui. Il devait s’habituer au fait d’avoir constamment Severus Rogue avec lui, le génie des potions l’un des sauveurs du monde sorcier, un homme aussi héroïque que sombre. Ils allaient devoir apprendre à cohabiter, à communiquer, à se connaître réellement et pas seulement à travers les livres que Maximilien avait pu lire sur lui. Il y allait avoir du travail, il le sentait. Pouvait-il faire confiance à Severus ? Du côté des forces du mal, sans le moindre doute mais avec sa femme et son fils ? Serait-il cordial ? Serait-il attentif ? Nathanaël était-il en sécurité si Severus prenait les commandes. Une partie de lui était persuadé que c’était le cas. Rogue était un homme intelligent et devait savoir leur seule chance de vaincre Voldemort dépendait de leur bonne entente. Jamais il ne prendrait le risque de gâcher cela. Ils allaient devoir se montrer cordiaux l’une envers l’autre au minimum et apprendre à ne faire qu’un… En parlant de cela…

    Loréana avait osé lui demander de parler à Severus. Maximilien grimaça. Il ne savait pas si c’était une bonne idée, comment réagirait Severus. Il n’avait aucune idée de comment fonctionnait cette possession. Pourrait-il revenir facilement ensuite ? Assisterait-il à l’entretien ? Aurait-il un minimum de contrôle si les choses tournaient mal ?
    « Lor… Je ne… » Mais il fut interrompu par un mouvement dans sa propre tête ; Severus avait probablement suivi toute la conversation. Il savait donc ce que Loréana avait demandé et semblait bien décider à donner son avis. Raisonna alors dans l’esprit du serdaigle la voix froide et tranchante de l’ancien directeur des serpents : « Laisse-moi lui parler. » Maximilien secoua la tête comme pour dire non, n’osant pas se parler à lui-même intérieurement, gêné de ce qui se passait mais Severus reprit : « Tu pourras tout voir mais tu ferais mieux d’apprendre aussi à maîtriser ton esprit. » Bon. Il venait de recevoir deux réponses : Severus ferait attention à son bien-être puisqu’il venait de répondre à une de ses inquiétudes mais n’avait pas spécialement l’intention de le ménager et serait toujours honnête, ce qui arrangeait assez bien le blondinet. De toute façon, ils auraient du mal à se cacher quoique ce soit et Severus avait raison : il ne pouvait pas rester avec toutes ces interrogations, ils devaient faire des tests ensemble, s’accorder et Maximilien devait apprendre à lâcher le contrôle et à le reprendre. Il avait la conviction de toute façon que Rogue, contrairement à Voldemort, ne resterait pas plus que nécessaire et sitôt le mage noir vaincu, sitôt un remède trouvé, il retournerait dans le royaume des morts et lui rendrait son corps. Il n’y aurait donc pas de combat interne pour l’enveloppe corporelle. Ils devaient par conséquent se faire confiance et c’était le moment de commencer. Maximilien suivit alors les ordres que Severus lui donnait intérieurement et commença à se détendre, à se relaxer tandis que petit à petit ses traits se durcissaient et que Severus reprenait le contrôle.

    Severus ouvrit les yeux et observa plus clairement cette infirmerie, cette pièce qu’il haïssait. Son regard se posa alors ensuite sur la femme à ses côtés, Loréana Wilde. Il renifla de façon assez méprisante et la détailla. Elle avait du cran, c’était un fait et elle semblait fidèle – tout ce que Lily n’avait pas été. A son grand étonnement, Severus qui avait suivi toute la conversation, avait pu constater qu’elle ne laissait pas tomber son fiancé et qu’au contraire, elle était prête à se battre à ses côtés. Cela l’avait impressionné, mais bien-entendu il ne l’admettrait jamais. Il était difficile de changer, même après un retour à la vie et Severus ne serait probablement jamais capable de se refaire, de s’ouvrir. Il ne serait jamais un agneau et s’il avait décidé de faire des efforts avec Maximilien c’était parce que c’était inévitable, il n’était pas non plus obligé d’être adorable avec Loréana. Tout ce qui importait, c’était qu’elle et Nathanaël fussent en sécurité et de cela il allait s’en assurer mais elle n’était pas obligée de l’aimer, absolument pas, surtout pas. Il l’observait. Elle semblait hésitante. Elle avait manifestement compris qu’elle n’était plus face à son homme mais n’osait néanmoins pas faire le premier pas, de peur de se tromper : après tout, Maximilien avait refusé quelques secondes plutôt de laisser place à Severus. Le visage de l’apprenti se tordit en un rictus qui ne lui était pas habituel et une voix bien plus froide, hautaine et méprisante sortit de sa bouche :
    « Vous auriez pu être à Gryffondor ! » Et ce n’était pas un compliment…


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Cuando lloras, se para el mundo y nunca sé que decir. Cuando lloras, me derrumbo y no me sale fingir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón... Cuando lloras, se tuerce el rumbo y no tengo a donde ir. Cuando lloras, yo me hundo y tardo en volver a salir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón. Piensa en lo que piensas cuando lloras, cuando me dices que no. Piensa en lo que quieres... Pero ahora... El que llora soy yo. El que llora soy yo.


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Loreana N. Wilde
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Ven 4 Aoû 2017 - 23:12

    À la réflexion, peut-être n’aurait-elle pas dû formuler cette demande là, maintenant. C’était sans doute indélicat. Après tout, Maximilien venait à peine de sortir d’un coma de trois jours qui avait causé bien du tracas à sa future femme. Il venait à peine de réaliser qu’il partageait depuis un certain temps son corps avec un ancien mangemort et membre de l’Ordre du Phénix qui avait joué un rôle important dans la chute de Lord Voldemort, quelques deux-cents ans auparavant – et, accessoirement, un génie des potions. Et elle, comme une fleur, que faisait-elle ? Elle lui demandait de parler à son hôte, exigeant presque de lui qu’il se mette déjà à l’arrière-plan alors qu’il ne comprenait sans doute pas encore tout ce qui se jouait au château. Elle ne songea pas un seul instant aux conséquences de ce que venait de lui annoncer le jeune homme. Elle ne vit aucune image de mort, de sang et de perte. Elle ne réalisa pas réellement ce que signifiait la guerre. Cela faisait tellement longtemps que le monde sorcier n’avait plus connu de guerre qu’elle ne pouvait pas même imaginer l’écrasante solitude, la peur lancinante et les nausées nerveuses que cela signifiait. Elle n’imagina pas son bébé, son petit garçon, la chair de sa chair et le sang de son sang, en danger de mort. Elle ne vit pas Maximilien, corps sans vie, brisé sur les marches du grand escalier de Poudlard dans une position malsaine et contre-nature. Elle ne vit pas Timothé empalé, le sang lui coulant des lèvres, sur la lance d’une statue de Poudlard, ranimée pour défendre le château. Elle ne vit pas Léo, un sourire surpris gravé à jamais sur le visage. Elle ne vit pas la tour d’astronomie dévorée par les flammes et dissimulant trop peu la terrifiante marque des Ténèbres qui flottait au-dessus de l’école, comme l’étendard du Lord qui ferait son bastion là où il avait échoué, deux siècles auparavant. Elle ne vit ni bataille ni désolation. A vrai dire, « guerre » était un mot dont elle ne comprenait pas vraiment la signification. Comment le pourrait-elle ? Le Royaume-Uni n’avait pas connu le moindre trouble d’ordre guerrier depuis sa naissance. De temps en temps, un fieffé forban tentait de semer un peu le chaos, mais les Aurors parvenaient rapidement à mettre la main dessus et à la neutraliser. Les véritables utilisateurs de magie noire n’était plus très nombreux, surtout depuis la fermeture puis la transformation totale de Durmstrang. Nul sorcier n’était parvenu à faire trembler le monde comme Gellert Grindelwald et Lord Voldemort en leur temps. Certes, de temps en temps, les effluves médiatiques d’un conflit lointain parvenaient aux oreilles des britanniques, mais cela n’était que photo dans journal, qu’image indistincte d’une misère qui, pour ne faire pas irruption dans leur quotidien, n’était ni réelle ni palpable. Tant qu’elle ne marcherait pas dans les ruines de sa ville, de son école, de son appartement, Loreana, comme une bonne partie des sorciers et sorcières autour d’elle, ne comprendrait pas le sens de la guerre. Ce serait demander à un marin d’eau douce de décrire une tempête : il pourrait la fantasmer, l’affubler de mille qualificatifs, mais il ne pourrait avoir en parlant le ton juste du témoin rescapé.

    Non, loin de soucier ou d’imaginer la tempête, Loreana avait vu resurgir en elle son âme romanesque. Nourrie dès le plus jeune âge aux romans, moldus comme sorciers, qui faisaient la part belle aux femmes fortes et aux héroïnes romantiques, la directrice de Serdaigle avait toujours abrité les instincts tumultueux d’une Antigone moderne, l’ironie mordante d’une Jane Austen rafraîchie ou la naïve soif de vie d’une Esmeralda. Décidée à ne pas se laisser bringuebaler au rythme des caprices du fatum, la Loreana calculatrice, prévoyante, martiale, peut-être, pris les choses en main. Son cerveau lui avait laissé entrevoir une longue série d’avenirs potentiels, au sujet desquels elle ne savait rien. Et Maximilien ne lui fournit pas énormément de réponses.
    Elle hésita. Devait-elle réellement ainsi livrer à Maximilien la moindre des idées que la situation lui inspirait ? « Lor’, attends ! Comment cela ? Angélique est sortie avec Baël ? Pourquoi m’as-tu caché cela et heu… Bon soit, on reviendra là-dessus plus tard. » Ah oui, tiens. Elle n’avait jamais parlé de ce petit détail à Maximilien. D’une part, parce que la vie privée de la sous-directrice du château ne le regardait pas, et d’autre part parce qu’il avait une tendance – peut-être un peu justifiée – à présenter des réactions un poil épidermiques lorsque la conversation tournait autour de Baël Owned. Alors en plus, si ce dernier abritait l’âme de Tom Jedusor… Enfin bref, alors que la maîtresse des potions s’apprêtait à rétorquer de manière explosive à la question-reproche de son futur mari, celui-ci jugea bon de passer à la suite, accordant à ce détail la valeur qu’il avait réellement. « Mais je voudrais qu’on évite encore d’en parler. A Léo uniquement ou à notre amie commune Caleigh mais je voudrais éviter d’y mêler l’autorité jusqu’à ce qu’on en sache un peu plus et puis… S’il se sont fréquentés, on ne sait pas ce que Voldemort a pu faire à Angélique ? Peut-il lire dans ses pensées ? Et s’ils se revoient ? C’est dangereux. S’il comprend que nous agissons, il pourrait devenir terriblement dangereux. Quand il se réveillera, je crois qu’il serait plus sûr de lui faire croire que moi, je ne me souviens de rien, que moi je n’ai rien compris. On pourra agir dans l’ombre sans déclencher sa colère, qu’en penses-tu, chérie ? » Il n’avait pas tout à fait tort. Même si Loreana avait pleine confiance dans Angélique – aussi bien dans son intellect que dans ses capacités magiques -, elle ne pouvait nier que la scène apocalyptique dont on pouvait encore, trois jours après, sentir quelques restes près du lac, démontrait à l’envi qu’une magie extrêmement puissante était à l’œuvre. Le Lord était un puissant Legilimens, peut-être un des sorciers les plus habiles que la terre ait porté dans cet art complexe : Angélique, toute douée qu’elle fut, n’avait jamais vraiment eu à pratiquer l’Occlumancie : pourrait-elle cacher quoi que ce soit au Seigneur des Ténèbres ? Perdue dans ses pensées, elle acquiesça vaguement lorsqu’elle s’aperçut que la question « qu’en penses-tu, chérie ? » était une vraie question. Mettre Léo et Caleigh au courant ? Pourquoi pas. Mais ne serait-ce pas là les mettre inutilement en danger ? Ou s’exposer au risque de voir le secret s’ébruiter, en en multipliant les gardiens ? Tiens, en parlant de gardien d’un secret, cela lui donna une idée. « Et je ne sais pas combien ils sont mais je suis persuadé qu’ils sont plusieurs. On devrait établir une liste des mangemorts possibles mais Loréana, amour, je voudrais comprendre. Je voudrais qu’on cherche comment une telle magie est possible, comment Voldemort est-il revenu à la vie. Baël l’a-t-il fait volontairement ? Ou est-ce un hasard. Connaissant ce scroutt, il aurait pu être volontaire mais comment ? Pourquoi ? Et j’ignore ce qu’est devenu Fenrir. Je ne sais rien, Lor’, je suis désolé. » Aucune information, mais des informations tout de même. Des questions, surtout, et l’ex-Serdaigle avait le sentiment que plus ils chercheraient des réponses, plus de nouvelles questions apparaîtraient. C’était pourquoi elle devait parler à Rogue. Peut-être aurait-il des pistes, lui qui avait subi la résurrection – pouvait-on réellement employé ce terme ? « Lor… Je ne… »

    Un combat intérieur semblait avoir lieu en ce moment même entre les deux oreilles du jeune apprenti. Que se passait-il, exactement ? Maximilien et Rogue pouvaient-ils communiquer ? Si oui, quelle sensation cela faisait-il d’entendre résonner dans sa tête une voix qui n’est pas la sienne ? Comment ne pas devenir fou en pensant des mots qui n’étaient pas ses propres pensées ? La demande de sa future femme était-elle à l’origine de cette expression d’inconfort presque douloureux qui barrait désormais, à côté de quelque cicatrice, le visage de l’Ange ? La communication était-elle douloureuse ? Ou bien était-ce les deux esprits qui se livraient bataille pour contrôler le même corps ? Inquiète, Loreana esquissa un mouvement vers son homme, mais elle fut stoppée net dans son élan. Maximilien avait inspiré profondément et, en deux temps paradoxaux, c’était relaxé et tendu. D’un coup, ses traits devinrent plus durs. Ses épaules se crispèrent dans un mouvement incontrôlé et sa posture changea du tout au tout. C’était comme s’il venait d’enfiler un costume qui n’était pas le sien : s’il était physiquement le même, il ne dégageait plus la force insouciante qui lui allait si bien. Lorsqu’il ouvrit les yeux, son regard était dur, froid et acéré. La directrice de Serdaigle demeura interdite un instant. C’était impressionnant : Maximilien était toujours là, mais ce n’était plus lui. Enfin, elle se trouvait face à celui avec qui elle partageait son futur mari ; celui avec qui elle avait partagé des tranches de vie sans même le savoir. Celui qu’elle avait longtemps appelé « le Maximilien au regard dur ». Débarrassé du besoin de jouer un rôle, Rogue ne jugeait plus indispensable de singer les expressions de l’apprenti, et il faisait courir sur le visage du bellâtre une expression indescriptible qui le vieillissait de dix ans. D’un coup, d’un seul, l’assurance détachée de la jeune femme s’était trouvée réduite à néant. Elle avait demandé de se trouver face à Rogue ; elle l’était. Et maintenant, quoi ? Rogue sembla s’agacer de cette soudaine indécision, aussi décida-t-il de bon ton de se présenter aimablement : avec une voix qui n’était jamais sortie de la bouche de Maximilien, il démarra les hostilités.
    « Vous auriez pu être à Gryffondor ! » Choquée une demi-seconde de l’agressivité de l’esprit d’un siècle passé, Loreana retomba bien vite sur ces pattes. Après tout, s’il y avait bien une chose dont Angie et elle avaient discuté alors qu’elle proposait une critique complète de Dans la tête de Severus Rogue à l’historienne, c’était du légendaire caractère de cochon – et elle s’était excusée auprès de tous les cochons qui auraient trouvé cette association offensante – de l’ancien maître des potions. En quelque sorte, par ces quelques mots, il venait de lui prouver qu’il était bel et bien Severus Rogue, le Prince de Sang-Mêlé. Pas question de se laisser malmener par cet arrogant sorcier. Ceci dit, pas question, non plus, de rentrer dans son jeu. La première chose que Lor’ aurait fait, si elle avait été ramenée d’entre les morts après deux cents ans et qu’elle se trouvait en face du fiancé de la femme dont elle partageait le corps, ça aurait été de mettre ledit fiancé à l’épreuve (elle ne s’était jamais posé la question auparavant, ceci dit, mais ce fut la première réponse qui lui vint). Plantant son regard dans celui de Rogue – ou de Maximilien, elle ne savait pas trop comment faire la part des choses –, elle riposta. « Oui, mais je ne l’ai pas été. Quant à vous, vous auriez pu être heureux avec une Gryffondor. Mais vous ne l’avez pas été. »

    Elle ne jugea pas indispensable de s’attarder plus sur cette joute verbale qui n’aurait absolument aucun sens. Il avait beau de se montrer désagréable, Loreana et lui étaient dans le même camp. Ils n’avaient pas le temps de se disputer comme des chiffonniers ou de tenter de montrer qu’ils étaient le ou la meilleur.e en matière de flèches du Parthe. Pendant qu’ils perdaient du temps en palabres inutiles, Voldemort recouvrait des forces, bien à l’abri dans le corps de Baël M. Owned.
    « Mais assez parlé du passé. Il y a des gens ici qui ont encore un avenir. Et j’ai besoin de vous pour le protéger. » Elle baissa la voix – précaution inutile au vu du sortilège de silence lancé par Maximilien, mais c’était instinctif – et s’approcha de Rogue. Elle avait du mal à décider de l’attitude à adopter : d’un côté, physiquement, il s’agissait de Maximilien, et tout en elle lui hurlait de réclamer sa présence et de se nourrir de sa proximité. D’un autre côté, c’était l’esprit de Rogue qui était aux commandes, et ce ne serait donc pas vraiment à Maximilien qu’elle prodiguerait ses caresses. Et, au vu du caractère de l’ancien directeur des serpents, cela risquait de mal se passer. Alors, coincée entre distance et proximité, elle se plaça de manière à voir clairement ses yeux. Ce qu’elle vit lui fit verser une larme, une seule. Elle ne put s’empêcher de frôler de la main la joue de son fiancé. « Alors, c’est vrai… Ce n’est pas juste un délire passager. Ces yeux, ce ne sont pas ceux de Maximilien. Vous n’êtes pas Maximilien. » Elle devrait s’y faire : face à elle, elle avait Severus Rogue. Comment parler à ce personnage de légende ? Que lui dire ? Devait-elle le respecter et tenter de l’apprécier, ou devait-elle se contenter de le voir comme un mal nécessaire, un instrument qui leur permettrait, à Maximilien et elle, de se débarrasser de Voldemort ? Avant qu’elle ait pu analyser quoi que ce soit, elle s’était mise à parler, presque à se confier. Était-ce la bonne stratégie pour que cela se passe bien avec Rogue ? Aucune idée. Mais la quasi-tirade était partie toute seule, sans qu’elle y réfléchisse. Elle était sincère, aussi. « Je… Vous avez toujours été une source d’inspiration pour moi. Votre génie des potions qui a traversé les siècles, vos aptitudes magiques en général, et puis… Et puis l’abnégation et le courage qui vous ont conduit à être l’artisan de la chute de Voldemort. Je me suis mise la pression, toute seul, à cause de vous. ‘Comment pourrais-je être un aussi bon maître des potions que lui ?’ C’est la première question que je me suis posée après ma nomination à ce poste. Après tout, vous étiez un héros légendaire. » Elle se risqua à lui adresser un demi-sourire. « J’ai besoin que vous le soyez à nouveau. J’ai besoin que vous m’aidiez à faire disparaître Voldemort une fois encore. Si vous ne le faites pas pour moi, ni pour Maximilien ou pour notre fils, faites-le pour vous offrir le repos auquel vous avez droit. Ou, au moins, donnez-moi des réponses. » Elle faillit ajouter : « et des cours d’occlumancie et de legilimancie », mais elle jugea que la demande serait un peu téméraire, à ce stade de la relation qu’elle tentait de bâtir – et Rogue risquait de s’amuser à détruire tous ses efforts. « Comment êtes-vous revenu ? Pourquoi ? Savez-vous combien d’autres sont de retour ? Et, surtout, savez-vous ce qu’il adviendra de l’esprit de Voldemort si je tue Baël là, maintenant ? »


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Maximilien E. Middle
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Mer 9 Aoû 2017 - 17:29


    « Quel Strangulot ! » Maximilien faisait pour la première fois l’expérience d’être enfermé dans son propre corps mais sans être endormi. Il voyait tout et entendait tout mais n’avait aucun contrôle, ne pouvait pas réagir. Severus avait, comme promis, laissé son esprit ouvert. C’était une sensation particulière, comme d’être paralysé, comme d’être à l’intérieur de sa conscience sans être confronté à sa voix intérieure. Son corps bougeait, sa bouche produisait des sons, il pouvait le sentir mais n’avait aucune prise. C’était comme s’enfoncer dans un matelas extrêmement mou, se laisser enrober de coton et de ouate. Pourtant tout était clair et limpide autour de lui. Il était conscient du moindre mouvement, du moins son et même de la moindre odeur mais il ne touchait plus les choses. Il ne sentait plus la sensation des draps sur son corps, la main de sa femme sur la sienne. Est-ce que cela fatiguait Severus de laisser ainsi son esprit ouvert ou était-ce une habitude pour lui ? Il avait plutôt tendance à le fermer mais il devait tellement maîtriser sa tête que… Maximilien n’en savait rien mais ce dont il avait pleinement conscience, c’était que son partenaire de corps avait très mal commencé ses relations avec sa fiancée. Intérieurement, Maximilien soupira. Il aurait secoué négativement la tête s’il avait pu tellement Severus avait été un idiot fini. Pourquoi non mais pourquoi débuter une conversation de cette manière ? En affichant ouvertement un mépris inutile. Severus ne connaissait pas Loréana. Pourquoi l’agresser ? Certes Gryffondor n’était pas en soi une insulte et la guerre des maisons était finie depuis longtemps maintenant mais dans la bouche de cet homme, avec son histoire et cette façon de le prononcer… Pourquoi dire à Loréana qu’elle aurait pu appartenir à la maison des rouges et noir ? Etait-ce parce qu’elle était prête à soutenir son mari, parce qu’elle se montrait forte et courageuse ? Mais d’un autre côté, elle était beaucoup plus réfléchie qu’un lion, elle posait des questions, cherchait à se renseigner, voulait comprendre, analysait la situation avant d’agir. Non cette insulte n’avait pas lieu d’être et était injuste. Pendant un dixième de seconde, Maximilien vit le visage de sa femme se tordre de surprise et de mécontentement avant de reprendre contenance. La directrice des serdaigles n’était pas idiote et sa réponse allait faire mal : « Oui, mais je ne l’ai pas été. Quant à vous, vous auriez pu être heureux avec une Gryffondor. Mais vous ne l’avez pas été. » Bingo !

    Le visage de Severus se tordit sous l’effet de la surprise. Elle avait du répondant et peut-être plus qu’un gryffondor. C’était malin, bien envoyé, droit au but, pensé pour créer un effet de retour à l’envoyeur. C’était un mélange de serdaigle et de serpentard. Mais surtout, il y avait une chose que Severus n’avait pas pris en compte, un fait pourtant essentiel : on connaissait sa vie désormais – merci Potter ! Ce qui donnait autour de lui autant d’arme pour l’attaquer que lui n’en avait plus aucune. Il ne vivait pas dans ce monde, dans cette époque, ne connaissait personne, ignorait les us et coutumes. Loréana savait pour Lily ce dont à l’époque seul Dumbledore avait conscience. Son cœur se fendit parce que l’épouse de son hôte avait entièrement raison : il n’avait jamais eu Lily et elle ne l’avait jamais aimé. James avait tout eu… Mais avait-elle le droit de l’attaquer ainsi ? A vrai dire, certainement ! Il avait lancé les hostilités, alors il devait s’attendre et se prendre en échange quelques flammes. Il avait eu le temps d’observer le caractère de la dame et elle était toute de feu. Il l’avait cherché. Etait-il prêt à l’admettre pour autant ? Certainement pas ! Il s’apprêta à ouvrir la bouche, prêt à lui rendre la pareille, prêt à lui faire mordre la poussière. Elle allait regretter ses paroles, regretter d’être venue au monde même. Sa colère grondait en lui, malgré lui, comme une force unique qui le faisait avancer. C’était la colère d’avoir été ramené à la vie alors qu’il était enfin tranquille, la colère de sa vie passée détruite, la colère du monde encore une fois sur ses épaules. C’était la fureur qui allait se déchaîner, qu’il voulait exprimer sans trop savoir comment, ne connaissant que les sarcasmes et l’agressivité pour laisser sortir ce qu’il cachait derrière son masque froid et illisible.

    Mais Loréana ne lui en laissa pas le temps. Elle savait bien qu’il ne fallait pas s’engager dans une joute verbale. Sinon ni lui ni elle n’en sortirait et ils passaient à côté de l’essentiel : la nouvelle guerre qui se préparait.
    « Mais assez parlé du passé. Il y a des gens ici qui ont encore un avenir. Et j’ai besoin de vous pour le protéger. » Voilà qui était clair et net. Elle avait besoin de lui et il avait peut-être besoin d’elle. Elle avait raison parce que Loréana et Maximilien avaient encore toute la vie devant eux avec leur fils, Nathanaël. Il mit alors la tête du blondinet en mouvement pour acquiescer, comme pour faire comprendre à Loréana qu’il était d’accord, qu’il acceptait la trêve qu’elle lui proposait parce qu’il ne fallait pas mener deux guerres en même temps. Ils ne pouvaient pas se battre entre eux et combattre l’ennemi, trop d’énergie perdue. Il avait fait cela de son vivant, ne baissant jamais les armes et il en était sorti épuisé. Perdu dans ses pensées, il ne prit à nouveau conscience de la réalité que lorsqu’il sentit une présence près de lui. Loréana s’était approché sensiblement, elle avait l’air triste. Ses yeux s’étaient fixés dans les siens et Severus vit perler une petite larme qui l’émut et l’exaspéra en même temps : « Alors, c’est vrai… Ce n’est pas juste un délire passager. Ces yeux, ce ne sont pas ceux de Maximilien. Vous n’êtes pas Maximilien. » Il aurait eu envie de lancer un autre sarcasme, de lui dire qu’il semblait évident que ce n’était pas son mouton de fiancé qui parlait mais quelque chose dans le regard de la dame le poussa à se raviser. Elle semblait si triste, si perdue. Il devait se monter humain. Comment se serait-il senti si cela lui était arrivé ? En réalité, cela lui arrivait aussi en ce moment mais ils n’avaient pas le même point de vue et ils devaient peut-être apprendre à se comprendre. Il se tut alors et la laissa avaler la pilule, digérer l’information, accepter qu’elle s’adressait au corps de son homme mais pas à son homme. Et puis, sans crier gare, elle se lança dans une nouvelle tirade – Severus avait rapidement remarqué que c’était la spécialité de Loréana : « Je… Vous avez toujours été une source d’inspiration pour moi. Votre génie des potions qui a traversé les siècles, vos aptitudes magiques en général, et puis… Et puis l’abnégation et le courage qui vous ont conduit à être l’artisan de la chute de Voldemort. Je me suis mise la pression, toute seul, à cause de vous. ‘Comment pourrais-je être un aussi bon maître des potions que lui ?’ C’est la première question que je me suis posée après ma nomination à ce poste. Après tout, vous étiez un héros légendaire. » Seveurs fut muet de surprise, incapable de réagir tandis qu’il écoutait Loréana parler. Il convient maintenant d’expliquer et développer les tourments de l’âme qui se faisait complimenter afin que le lecteur puisse comprendre ses réactions.

    Severus était une âme solitaire, depuis toujours. Il avait grandi entouré de haine et de mépris, aux côtés d’un homme violent et alcoolique qui n’avait aucune valeur, aucune pitié. Il s’était développé, protégé par une mère qui avait toujours préféré à la sécurité de son fils les bras de son mari qui se montraient plus souvent agressifs que tendres, dont elle voyait plus souvent les poings que la tendresse. Cette femme, une sorcière, si forte était si faible face à l’homme qui la dominait, qui la blessait et qui s’en prenait à la chaire de sa chaire. Severus avait appris à se taire, à ne pas faire de bruit, à prétendre ne pas exister, à faire croire qu’il n’était pas. Toute son enfance, il avait tordu ses membres pour prendre le moins de place possible, cherchant à devenir invisible. Il avait appris à s’asseoir dans le coin le plus sombre, à tordre ses genoux pour mettre ses pieds, ses jambes sous son bassin, de ne laisser dépasser de lui le moindre bout de peau. Il savait grelotter et grincer des dents sans faire de bruit. Il restait des heures à lire dans un coin sombre, ses yeux habitués au noir et à l’absence de lumière. Il ne devait rien laisser transparaître. Tout ce qui trahissait l’intérieur de lui était la lueur de crainte qu’il avait dans le regard dès qu’un soufflement de vent se laisser percevoir. Il avait grandi invisible ou haï jusqu’à Lily… Lily n’avait jamais su tout ce qui se passait chez lui. Elle l’avait soupçonné, certes mais n’avait jamais eu le courage de creuser – paradoxal pour une gryffondor. Pour la première fois, l’enfant sale qu’il était avait eu un ami, quelqu’un qui lui parlait normalement ou qui lui parlait tout simplement. Avec elle il avait souri pour la première fois. Son entrée à Poudlard aurait dû sonné la fin de son obscurité. Il s’attendait à pouvoir prendre de l’espace, trouver d’autres gens comme lui. Il avait espéré pouvoir tendre les jambes, tendre les bras, bouger son corps librement, sans crainte. Il s’était trompé. Pris en grippe par les maraudeurs, il s’était retrouvé adolescent à devoir raser les murs, à de nouveau se rendre invisible pour éviter les attaques : les coups étaient devenus les sorts, son père était devenu les quatre terreurs de gryffondor et Lily en quelque sorte sa mère. Lily qui lui préférait sa popularité, qui s’écartait de lui de plus en plus. Un soir, il s’était retrouvé à l’infirmerie et Madame Pomfresh en l’observant, l’auscultant avait tout vu : les traces de son enfance et les traces de son quotidien. Il avait gardé la tête baissée, honteux. Avec le temps il avait intériorisé ces états de fait et s’était persuadé que ce devait être de sa faute, qu’il était responsable. Puisque personne ne l’aimait, pas même ses parents alors que sur le quai il avait vu tous les autres enfants se faire embrasser, câliner, dans la grande salle il voyait les lettres affluer pour tout le monde sauf pour lui. C’était qu’il était indigne d’être aimé, indigne de vivre, indigne de partager le quotidien d’autres êtres humains. Son cœur s’était refroidi et seul Lily lui apparaissait comme une rédemption. Lily qui avait concentré malgré elle tout l’amour que l’enfant avait gardé en lui, espérant pouvoir l’offrir à quelqu’un et en recevoir en retour. L’infermière lui avait promis d’agir, promis de l’aider mais débordée, elle avait oublié et Severus n’avait pas osé se rappeler à elle, se disant qu’il ne méritait pas d’être aidé non plus. Il avait continué alors à se développer, inconnu, incompris. Il vivait dans ses livres et se refermait de plus en plus. Une fois, une seule fois Lily était venue le défendre mais sa colère avait grandi. Il n’était devenu qu’une boule de fureur et de haine et pour l’unique fois de sa vie il n’avait su se contrôler et elle n’avait jamais pu lui pardonner. Il ne méritait pas d’être pardonné de toute façon. Il méritait de crever, comme un chien. Personne jamais n’avait reconnu son tallent, ses capacités, ses qualités, personne ne le regardait pour ce qu’il était jusqu’à Tom Jédusor. Lui avait cru en lui, l’avait complimenté, lui avait fait croire qu’il pouvait servir un objectif plus grand, qu’il pourrait se venger de tout ce qui l’avait fait souffrir, qu’on le connaîtrait enfin, qu’il pourrait cesser d’être invisible, qu’il arrêterait de craindre parce qu’on le craindrait. Il y avait cru, stupidement mais encore une fois on lui avait menti, on l’avait manipulé, utilisé. Jédusor n’en avait pas pensé un mot et avait fini par le mépriser également, révélant sa véritable nature et menaçant la vie de la seule marque d’amour que Severus n’avait jamais connue : Lily qui pourtant ne lui avait plus jamais adressé la parole. Et puis Albus Dumbledore. Le vieux lui reconnaissait des qualités d’espion, de manipulateur, des qualités sombres mais lui aussi l’avait toujours utilisé et ne l’avait jamais aimé… Finalement personne au monde n’avait jamais véritablement aimé ou admiré Severus Rogue ou personne ne le lui avait montré. Jusqu’à Loréana aujourd’hui…

    Elle lui disait qu’elle l’avait toujours admiré, qu’il était un héros, un génie. Elle continuait : elle le trouvait courageux, une source d’inspiration. Jamais il n’avait entendu ces mots, jamais on s’était adressé à lui de cette façon.
    « J’ai besoin que vous le soyez à nouveau. J’ai besoin que vous m’aidiez à faire disparaître Voldemort une fois encore. Si vous ne le faites pas pour moi, ni pour Maximilien ou pour notre fils, faites-le pour vous offrir le repos auquel vous avez droit. Ou, au moins, donnez-moi des réponses. » Certes, elle avait besoin de lui également mais il la sentait sincère. Elle avait besoin de lui mais elle l’avait vraiment toujours admiré. Etait-ce possible ? Elle ne le connaissait pas ! Si elle le connaissait, elle changerait d’avis… Mais… Mais elle lui avait dit toutes ces choses gentilles. Quelque chose en Severus se brisa soudainement et il dû faire appel à tout son self contrôle pour ne pas laisser une larme perler du coin de ses yeux. Il se sentait ému, intérieurement. Le petit garçon qu’il était avait envie de tendre ses jambes mais cela faisait bien longtemps qu’il avait remplacé son côté invisible par un trop plein d’espace, inspirant la peur qu’il ne voulait plus ressentir. Il continuait à se taire, incapable de parler, devant rassembler ses esprits. Il espérait que le jeune Maximilien n’avait pas accès à tous ses souvenirs et émotions. C’était trop privé, trop douloureux. Il devait se reprendre pour le bien de la cause qu’ils allaient défendre. Loréana, inconsciente de tout ce qu’elle provoquait dans le cœur de l’ancien maître de potion, continuait sa plaidoirie, ses questions, cherchant des réponses pour protéger sa famille, oubliant déjà tout ce qu’elle avait dit à Severus : « Comment êtes-vous revenu ? Pourquoi ? Savez-vous combien d’autres sont de retour ? Et, surtout, savez-vous ce qu’il adviendra de l’esprit de Voldemort si je tue Baël là, maintenant ? » Trop de questions…

    Severus la regarda un instant, toute trace de mépris avait disparu de son visage. Il réfléchit quelques instants et chercha à gagner du temps :
    « Asseyez-vous, s’il vous plait. » Sa voix était légèrement plus tremblotante qu’il ne l’aurait voulu. Toute agressivité avait disparu pour faire place à la politesse et au respect. Il restait froid néanmoins. Il ne voulait plus la voir s’agiter dans tous les sens. Il avait besoin de calme pour penser, analyser les données. En réalité, il n’en savait pas plus que le couple. Le seul à avoir des réponses était probablement Voldemort et peut-être le gamin nommé Baël. Mais utiliser la légimencie sur Voldemort, même dans le coma, n’était certainement pas une bonne idée… « En réalité, Loréana, je crains de vous décevoir : je n’en sais pas beaucoup plus que vous. » Il soupira. Il n’était pas d’une grande aide, elle allait rapidement déchanter sur sa personne. Il fallait qu’il lui donnât tous les détails, tout ce qu’il avait vécu ces derniers temps. Peut-être qu’ensemble, en décortiquant les informations, ils arriveraient à remonter plus haut. « Je suis revenu il y a quelques mois de cela. Je ne sais pas comment. J’ai tout d’un coup ouvert les yeux, au milieu d’un cercle magique, le gamin allongé un peu plus loin sur le lit me faisait face mais il avait la voix du seigneur des ténèbres. J’arrive à m’en souvenir maintenant que je lui ai fait face mais j’avais tout oublié. Il voulait me punir, il était en colère. Sans doute avait-il découvert mon double rôle dans la guerre… Mon esprit a réussi à s’échapper et je me suis réveillé dans le corps de votre fiancé. Après quelques recherches, j’ai découvert en quelle année nous étions etc… Je n’en sais pas beaucoup plus sur ma condition. » Certes ce n’était pas grand-chose mais il pouvait tenter de nouvelles hypothèses : « L’esprit que nous sommes a l’air volatile et je doute qu’en tuant Baël vous tueriez le seigneur des ténèbres. J’ignore comme cela se passe mais je crains qu’il ne faille en tuer qu’un mais comment les dissocier ? Pour moi, si vous tuer Baël alors qu’il est au pouvoir, l’esprit de V…Voldemort s’en irait ailleurs. J’ai cette sensation avec le mien. Je suis attaché au corps de votre fiancé mais ma survie n’en dépends pas. » Il soupira. Jamais de sa vie il n’avait été aussi loquace et tout d’un coup cela le mit mal à l’aise. Peut-être en avait-il trop dit. Ce n’était pas son genre mais il se sentait bizarrement en confiance. Les seuls moments où ils donnaient autant de détails, c’était lorsqu’il faisait ses rapports à Dumbledore. Il parlait trop pour son propre bien…



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Cuando lloras, se para el mundo y nunca sé que decir. Cuando lloras, me derrumbo y no me sale fingir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón... Cuando lloras, se tuerce el rumbo y no tengo a donde ir. Cuando lloras, yo me hundo y tardo en volver a salir. Cuando lloras, las horas le dan la vuelta al reloj. Cuando lloras, a solas, me muerdes el corazón. Piensa en lo que piensas cuando lloras, cuando me dices que no. Piensa en lo que quieres... Pero ahora... El que llora soy yo. El que llora soy yo.


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Loreana N. Wilde
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MessageSujet: Re: Les fantômes du passé Sam 12 Aoû 2017 - 23:45

    Lorsqu’elle avait fermé la bouche, après avoir mitraillé l’ancien maître des potions de questions, Loreana fut assaillie par un étrange sentiment. Ce sentiment-là n’était pas le sien, mais elle n’aurait su dire d’où il venait. Elle ne s’en était pas aperçue en parlant, trop concentrée qu’elle était sur le choix de ses mots afin de n’offrir à l’antique héros aucune ouverture pour s’en prendre à elle. Mais à peine eut-elle terminé sa tirade qu’elle ressentit, comme par vagues, des émotions l’envahir. De la colère, dans un premier temps. Une colère qui semblait à la fois superficielle, passagère, mais également viscérale et très profonde. Curieusement, Loreana ne ressentit pas réellement cette ire. C’était plutôt comme si elle la sentait. Pourtant, le front de Maximilien ne s’était pas plissé, il n’avait pas cillé des sourcils : rien sur son visage ne pouvait laisser croire à sa fiancée qu’il était en colère. Quelque peu perplexe, elle jeta un coup d’œil autour d’elle, mais, avant qu’elle n’ait pu découvrir l’origine de cette rage, elle s’estompa soudain pour se transformer en un attendrissement incrédule, comme une profonde reconnaissance qui ne s’assumait pas. Encore une fois, l’origine de cette émotion était inconnue, mais il ne fallait pas énormément de jugeote pour deviner que c’étaient en réalité les réactions de Severus Rogue à son discours et ses questions que ressentait Loreana. Si elle avait eu l’occasion d’analyser à froid ce qui était en train de se passer, elle aurait sans doute trouvé étrange de percevoir avec une telle acuité les sentiments du maître des potions. Certes, elle avait l’habitude de savoir intuitivement ce que ressentaient les gens. Terriblement empathique, elle savait décrypter la moindre grimace le moindre battement de cil qui trahissait une émotion sur le visage de son vis-à-vis. Couplez cet étrange don à une intelligence vive et vous obtenez un cocktail que certains moldus auraient volontiers décrit comme « des capacités de mentaliste ». En réalité – mais la directrice des Bleu et Bronze n’en était absolument pas conscience – cette capacité dont elle disposait touchait presque à une forme bâtarde de legilimancie, qui consistait non pas à lire les pensées mais à ressentir les émotions. L’état d’ouverture dont Severus devait faire preuve pour permettre à Maximilien de voir à travers ses yeux avait une conséquence inattendue : sensible comme elle l’était, Loreana recevait énormément d’informations et ressentait clairement les sentiments de l’ancien héros. Elle aurait sans doute trouvé le phénomène extrêmement intéressant, et aurait bien aimé recueillir dessus l’avis du puissant sorcier qui lui faisait face, lui qui était versé dans les arts complexes de la Legilimancie et de l’Occlumancie… Enfin, tout ça, bien sûr, si elle avait été consciente de ce qui se passait. Mais cela arrivait bien trop vite et sa première réaction fut de se lever pour tenter de se débarrasser de ces émotions qui n’étaient pas les siennes. Et aussi pour éviter de se mettre à pleurer en demandant pardon au maître des potions.

    A peine fut-elle levée et commença-t-elle à faire les cents pas, perdue dans un exercice de méditation qu’Isis lui avait appris lorsqu’elle s’était aperçue de l’empathie de sa filleule, que Rogue reprit la parole. C’était particulièrement étrange de l’entendre : il s’agissait indubitablement de la voix de Maximilien qui prononçait ces mots, mais on n’y retrouvait ni son articulation rapide et parfois très approximative, ni sa façon si particulière – et sexy ? – de poser les accents toniques propre au Serdaigle. A la place, la voix de Maximilien avait une rythmique traînante à l’articulation acérée.
    « Asseyez-vous, s’il vous plait. » Bon, au moins l’agressivité de la première réplique avait totalement disparu. C’était déjà un premier point qui augurait peut-être d’une relation constructive basée sur le respect mutuel (et le fait qu’ils avaient besoin l’un de l’autre, aussi). Loreana, quant à elle, devrait apprendre à écouter Severus et à se garder de se comporter comme une groupie face à son idole : elle avait suffisamment lu Dans la tête de Severus Rogue pour savoir que l’ancien Serpentard aurait horreur de ça. Elle se contenta donc de hocher la tête et de regagner son siège – sans arrêter son mantra mental afin de ne pas se laisser submerger par de trop nombreuses émotions. Le front de Maximilien se barra d’une ombre qui signifiait qu’une intense réflexion avait lieu dans sa caboche – et ce fut avec un certain amusement que Loreana constata que la mimique de réflexion de Severus Rogue était presque exactement la même que celle de Maximilien. « En réalité, Loréana, je crains de vous décevoir : je n’en sais pas beaucoup plus que vous. » Bon, cette information est était une sans en être une. Ou pas. En fait, Loreana n’avait aucune certitude, sinon celle de toucher à une forme de magie qui dépassait son entendement. Jusqu’il y a peu, la seule forme de possession dont elle eut jamais entendu parler fut celle de… Mais oui ! Il y avait peut-être quelque chose à chercher de ce côté-là ! Perdue dans ses réflexions, elle dut secouer légèrement la tête pour se reconcentrer sur les brides de connaissances que Rogue lui livrait : « Je suis revenu il y a quelques mois de cela. Je ne sais pas comment. J’ai tout d’un coup ouvert les yeux, au milieu d’un cercle magique, le gamin allongé un peu plus loin sur le lit me faisait face mais il avait la voix du seigneur des ténèbres. J’arrive à m’en souvenir maintenant que je lui ai fait face mais j’avais tout oublié. Il voulait me punir, il était en colère. Sans doute avait-il découvert mon double rôle dans la guerre… Mon esprit a réussi à s’échapper et je me suis réveillé dans le corps de votre fiancé. Après quelques recherches, j’ai découvert en quelle année nous étions etc… Je n’en sais pas beaucoup plus sur ma condition. » D’accord. C’était donc Voldemort qui avait rappelé Severus. Pour le punir parce qu’il avait appris son rôle pendant la Seconde guerre des Sorciers. C’était totalement absurde, aux yeux de Loreana, qui ne pouvait pas comprendre qu’on puisse se décider à faire revenir un ennemi juste pour le faire souffrir. Le retour de Voldemort, réduisant en quelque sorte à néant les efforts et sacrifices consentis par Rogue pour se débarrasser de lui, n’étaient-ils pas suffisants ?

    Au-delà de ce trait de caractère du Lord, il y avait là une autre information cruciale : peu importe la façon dont Voldemort était revenu, il disposait du pouvoir de faire ressusciter d’autres âmes. C’était donc bel et bien lui qui avait dû ramener Fenrir Greyback, et il était quasiment certain, comme Maximilien l’avait fait remarquer plus tôt, que Greyback n’était pas le seul mangemort à être revenu. Instinctivement, Loreana dressa une liste des mangemorts célèbres dont elle se souvenait – il lui faudrait peut-être replonger dans un bouquin pour s’assurer que sa mémoire ne la trompait pas. En tout cas, elle était certaine que Bellatrix Lestrange était parmi les magemorts revenant. Peut-être Bartemius Croupton Jr. l’était-il également, lui qui avait déjà participé à la résurrection du Lord par le passé. A moins que le fait d’avoir subi le baiser du Détraqueur n’ait détruit son âme à jamais ? Alors que Loreana se perdait en conjectures, Rogue faisait de même :
    « L’esprit que nous sommes a l’air volatile et je doute qu’en tuant Baël vous tueriez le seigneur des ténèbres. J’ignore comme cela se passe mais je crains qu’il ne faille en tuer qu’un mais comment les dissocier ? Pour moi, si vous tuer Baël alors qu’il est au pouvoir, l’esprit de V…Voldemort s’en irait ailleurs. J’ai cette sensation avec le mien. Je suis attaché au corps de votre fiancé mais ma survie n’en dépend pas. » Ah. Bon, bah Loreana pouvait d’ores et déjà faire une croix sur l’idée de tout régler d’un seul sort dans l’immédiat. La question valait cependant la peine d’être posée, et confirmait la crainte de la professeure de potions : la mort de Travis avait été vaine, car Greyback était surement toujours là. Cela faillit lui arracher une larme en plus d’un pincement au cœur et d’un profond sentiment d’injustice. Tentant de mettre bout à bout les informations que venait de lui livrer Rogue, elle demeura silencieuse un moment. Pour s’occuper les mains, elle attrapa le dossier médical de Maximilien qui traînait là et fit mine de le parcourir. « Me décevoir, vraiment ? Pour quelqu’un qui n’en sait pas beaucoup plus que moi, vous êtes une précieuse mine d’informations. Je vous en remercie. Au moins, je sais que je n’ai pas salir mon âme en zigouillant Baël… » Elle lui adressa un demi sourire. « Je suis loin d’être une spécialiste de la magie noire, et je ne peux donc que me risquer à quelques hypothèses et réflexions assez peu étayées. Cependant, je crois qu’il sera plus utile que nous partagions nos pensées et que nous tentions de démêler cette histoire ensemble. Votre connaissance des arts obscurs ainsi que du fonctionnement de Voldemort fait de vous la clef de cette guerre qui s’annonce. » Elle marqua une pause. Devait-elle réellement livrer au maître des potions toutes ses idées et hypothèses ? Ne risquait-il pas de les trouver idiotes et de considérer Loreana comme une incapable ? Ne s’exposait-elle pas ainsi au mépris de celui dont elle avait toujours admiré l’intelligence et le génie ? Peut-être était-il plus prudent de ne rien dire, de faire des recherches avant de lancer une hypothèse insensée ? Non. Elle aurait à mettre son ego de côté : le temps était un luxe qu’ils ne pouvaient peut-être pas se payer. Après tout, Baël risquait de se réveiller d’une minute à l’autre, et qui sait dans quel état il serait… Peut-être la Lord serait-il toujours aux commandes ? Peut-être aurait-il un souvenir clair que ce qui était advenu sur les bords du lac, ce qui signifierait que Maximilien n’était plus en sécurité… Alors ses états d’âme lui semblaient bien dérisoire. « Tant que nous ne saurons pas exactement de quelle façon Voldemort vous a rappelé, nous ne saurons pas s’il est possible de séparer votre âme de celle de Maximilien sans tuer l’un de vous. Peut-être une potion pourrait-elle forcer l’une ou l’autre des âmes à prendre les commandes – par exemple, une Goutte du Mort-vivant pour endormir profondément l’âme de celui qui la boit – à moins que les effets physiques et biologiques subis par le corps ne soit communs aux deux âmes. Il faudrait tester cela. » Elle avait parlé à une vitesse (encore) plus élevée que d’habitude, comme si le fait de parler vite pourrait, au cas où Rogue trouvait l’idée absurde, ne pas lui laisser le temps de le réaliser.

    « Cela étant, je vais devoir vous assaillir à nouveau de questions. De sombres questions. La première d’entre elles me vient d’un lointain souvenir de mes cours d’Histoire de la Magie. Vous étiez là, à l’époque, et vous avez surement dû discuter du phénomène avec Albus Dumbledore, alors peut-être pourrez-vous m’éclairer… Si mes souvenirs sont exacts, lors de la deuxième année – ou la troisième, je ne sais plus – de Harry Potter, sa future femme s’est trouvée sous l’emprise de Voldemort par le biais d’un journal intime. J’ai appris, plus tard – parce que ce sujet reste tabou, aujourd’hui encore – que ce journal était en fait un Horcruxe de Voldemort. D’une certaine façon, c’est donc l’âme de Voldemort – ou, en tout cas, une partie de son âme – qui a possédé Giny Potter. La comparaison peut sembler audacieuse, mais je me demande si on ne pourrait pas tirer des leçons sur le fonctionnement des possessions auxquelles nous faisons face de cet exemple tiré de l’histoire. Et je crois que vous êtes le sorcier le mieux placé pour en parler… »
    Elle marqua une pause. Brève. « Ma deuxième question est liée à la première. Que pensez-vous qu’il arriverait si le Lord tentait de créer à nouveau un Horcruxe ? Serait-ce son âme à lui qui se diviserait ? Ou bien celle de Baël ? Ou les deux ? Serait-il possible que le processus puisse séparer les deux âmes : l’une dans le corps de Baël, l’autre dans le Horcruxe ? » Elle s’aventurait sur un terrain qu’elle ne maîtrisait pas du tout, et elle espérait que Rogue ne la remballe pas en la traitant de sotte. De toute façon, il était trop tard pour faire machine arrière… Elle se contenta donc de le fixer d’un air tout à la fois fasciné et anxieux.


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