Appelo-Mortem
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Une décomposition de familleVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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Angélique M. Dewis
Admin | Prof. d'Histoire
Dir. de Poufsouffle & Sous-Directrice
Connaître le passé pour préparer l'avenir avatar
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Age : 37
268 messages
Amour : l'histoire <3

Pensine
Orientation Sexuelle: Bisexuel
Année d'étude: Diplômé
Caractère: Autoritaire, passionnée, gentille, intéressante, intelligente, drôle, sarcastique, fêtarde, maternelle, protectrice, généreux, attentive, patiente, motivée

Absence :
MessageSujet: Une décomposition de famille Mer 4 Mai 2016 - 20:59

 

    Angélique était une femme accomplie, qui s’assumait pleinement, qui se suffisait à elle-même. Elle avait seule construit sa vie, construit son monde, son univers, son foyer. Elle avait seule fait décoller sa carrière, seule elle avait percé dans le métier qu’elle s’était choisi. Angélique avait tout pour être heureux. Elle était arrivée au sommet de sa notoriété scientifique. Les philologues aurait dit d’elle qu’elle floruit – pour les latinistes – et que son ἀκμή avait été atteint – pour les hellénistes. Elle avait publié de nombreux livres dont la qualité n’était plus à démontrer. Ils étaient vendus mondialement et cités dans de nombreux autres travaux de recherches. Elle publiait encore régulièrement articles et rares étaient ceux que les comités lui refusaient. Elle avait un poste élevé au sein de l’illustre château de Poudlard : elle y enseignait l’histoire de la magie, dirigeait des thèses, était directrice de poufsouffle et même sous-directrice de château. Et elle arrivait à gérer tous les aspects de sa vie professionnelle avec une organisation à tout épreuve et surtout grâce à de nombreuses heures de travail – Angélique ne comptait jamais ses heures et elle dépassait certainement le nombre qu’était capable de travailler par jour un être humain normal. Mais Angélique était brillante et passionnée. Elle travaillait vite et bien, elle était efficace et rapide. C’était un de ses grands avantages. Cela et le fait qu’elle était capable de faire plusieurs choses en même temps avec un excellent résultat dans l’une et l’autre. Mais la carrière n’était pas le seul aspect de sa vie qui souriait à Angélique. L’historienne avait des amis formidables. Elle était bien entourée. Caleigh  avait à peu près son âge. Beaucoup plus lunatique qu’Angélique mais dotée de cette vision innocente et naïve, de cette gentillesse du cœur qui rassurait Angie, et dont la belle ne pourrait plus se passer. Et puis, il y avait Loréana, Loréana qu’elle avait lentement mais surement apprise à connaître. C’était une jeune femme dynamique, qui d’apparence pouvait sembler prétentieuse mais Angélique avait su déceler chez elle une sensibilité à tout épreuve, un léger manque de confiance en elle et un besoin d’affection terrible. Elles répondaient toujours présentes l’une pour l’autre en cas de pépin et Angélique savait qu’elle pourrait toujours compter sur la directrice des serdaigles pour lui venir en aide, pour lui prêter une oreille attentive. En même temps que Loréana, étaient entrés dans la vie d’Angélique des gens dont elle n’aurait jamais soupçonné la richesse: Maximilien Middle, Timothé Smith, Julia Brown, Léo Sanchez qui savaient rire et se montrer sérieux et qui, sans être invasifs, faisaient partie de sa vie également. Amis et carrière : la recette du bonheur. Mais cela n’était pas tout. Angélique avait aussi une famille. Bien qu’elle se fût éloignée de ses parents par manque de temps, Angie correspondait régulièrement avec eux et allait de temps en temps les voir. Mais le plus important dans la vie de l’historienne, c’était ses enfants. Elle avait deux garçons adorables. Le premier Dylan Loukas Dewis n’était pas son fils génétique mais c’était tout comme. Elle l’avait adopté dans sa plus tendre enfance peu de temps avant que le père du petit ne les abandonne. Dylan et Angélique avaient été seuls durant des années et Angie aimait son fils ainé plus que tout au monde. Elle était prête à tout pour lui, même à assister à des matchs de quidditch qui l’ennuyaient au plus haut point. (Angélique avait beaucoup de qualité mais elle n’était pas sportive). Elle avait toujours été présente pour cet enfant et en avait durant de nombreuses années fait son unique raison de sourire, de se lever le matin, son unique raison de vivre. Dylan avait quinze ans aujourd’hui et c’était un jeune homme bien élevé, timide, discret et travailleur. Il était gentil comme un ange, toujours disponible pour sa mère, pour l’aider. Il la soutenait maintenant à son tour. Mais Dylan n’était plus le fils unique d’Angélique. Un deuxième petit garçon était venu agrandir la famille : Mathias Angel Dewis. Mathias avait un peu plus d’un an. C’était un petit bébé plein de vie, joyeux, toujours souriant. Il avait rapidement fait ses nuits, permettant à Angélique de dormir (ou de pleurer), il marchait à quatre pate et babillait déjà un vague « maman » lorsqu’elle passait du temps avec lui. Mathias était son nouveau rayon de soleil. Dylan, loin d’être jaloux, adorait son petit frère et prenait plaisir à s’occuper de lui et à soulager les tâches de sa maman. Angélique avait tout pour être heureuse : une carrière, des amis, une famille et pourtant…il lui manquait quelque chose – ou plutôt quelqu’un.
     
    L’historienne comme tous les matins s’était réveillée à l’aube. C’était pourtant samedi mais depuis plus d’un an, Angie avait du mal à dormir et dormait de moins en moins. Même si elle se sentait de plus en plus fatigué, cela n’était pas non plus pour lui déplaire car elle pouvait travailler plus encore. Après s’être habillée, elle avait confié la garde de Mathias à Dylan et avait rendu visite à Loréana ; les deux femmes s’étaient prévu une petite heure pour toutes les deux – Loréana avait fichu Maximilien à la porte avec Nathanaël sans le moindre état d’âme, prétextant que c’était son moment avec son amie. Angélique était rentrée vers 10h30 et elle avait trouvé Mathias dans les bras de Dylan dans son canapé qui lui montrait un livre pour enfant en mousse, lui décrivant des images de créature magique. Un sourire attendri plus tard, elle s’était enquis de si ses deux amours avaient bien petit déjeuné. Dylan lui répondit que Mathias avait bu son biberon de lait et que, comme Angélique le lui avait prescrit, il lui avait donné un quart de tartine fermée avec du chocolat à l’intérieur et l’avait laissé mâchouillé cette tranche jusqu’à ce qu’elle ne ressemble plus qu’à une bouillie dans ses mains. Angélique, amusée et ravie, rendit sa liberté à son fils ainé en prenant dans ses bras le petit Mathias. Dylan embrassa alors sa mère et son frère avant de filer, expliquant qu’il avait des devoirs à faire et qu’il se rendait à la bibliothèque. Il prit la peine de prévenir sa mère qu’il ne viendrait pas manger avec elle, qu’il préférait rejoindre un ami dans la grande-salle. Loin de s’offusquer, la mère poule en fut au contraire contente : pour une fois que Dylan se montrait social. Se retrouvant seul avec Mathias, elle joua un peu avec lui jusqu’à onze heure et demi avant d’aller le remettre à la sieste. Mathias était un petit garçon dormeur. Normalement les siestes du matin étaient arrêtées bien plus tôt dans la vie d’un bébé mais Angélique n’hésitait pas à y recourir surtout quand elle sentait que son fils était fatigué et surtout lorsqu’il valait mieux qu’il soit en forme en début d’après-midi puisqu’aujourd’hui n’était pas une journée comme les autres mais l’historienne chassa cette pensée de son esprit et se mit au travail
     
    En ce moment, Angélique travaillait sur les impacts économiques de christianisation dans des petits villages du Fayoum sorcier de l’Egypte Antique. Elle écrivait un article mais avait beaucoup de choses à vérifier. Il fallait être un papyrologue expérimenté pour travailler là-dessus et Angie n’avait que de vagues notions. Elle était donc en permanence en contact avec des papyrologues de Beaubâton qui l’aidaient dans cette tâche ardue. C’était passionnant mais difficile et elle s’en mêlait parfois un peu les pinceaux dans ce domaine qui n’était pas du tout sa spécialité. Néanmoins, elle s’était prise au jeu et n’avait pas l’intention de laisser tomber. Après une longue demi-heure – ajoutée à toutes les heures de ces derniers jours – à s’arracher les cheveux sur son sujet, elle n’avait pas rédigé la moindre ligne mais elle commençait à y voir plus clair. Elle se leva pour manger une tartine, sachant que Mathias ne tarderait pas à se réveiller. Et, en effet, à peine avait-elle finie son premier sandwich que le babyphone se mit à grésiller : « mamamamamama ». Angélique sourit. Son petit ange l’appelait. Elle se releva et entra dans la chambre de son fils qui s’était agrippé aux barreaux de son petit lit pour se tenir debout et qui lui souriait de toutes ses dents. « Coucou mon petit cœur. Tu as faim, n’est-ce pas ? » La jeune mère s’approcha du lit de Mathias et sortit l’enfant de sa cage. Une odeur nauséabonde vint cependant lui titiller les narines. Comprenant ce qui avait réveillé le petit bout, elle se dirigea vers la table à langer de la chambre et changea la couche du petit. Elle en profita pour lui remettre le pantalon qu’elle lui avait enlevé pour la sieste et emmena le bébé dans la cuisine américaine de son duplex. Elle installa le bambin dans la chaise haute et s’assit sur le tabouret en fasse. D’un sort, elle fit venir dans ses mains un petit pot de bouillie pour bébé et le réchauffa. Elle attrapa de sa main un des bavoirs propres entassé sur le plan de travail. Elle l’attacha autour du coup de Mathias et commença à donner à manger au petit qui en mettait partout. Elle rigolait bien de cet instant passé avec son fils mais tout d’un coup, on frappa à la porte. Le cœur d’Angélique s’arrêta momentanément de battre. Baël Mathias Owned était devant la porte. Elle fut quelques secondes incapables de bouger, tétanisée, effrayée mais un petit babillement de Mathias la ramena à la réalité. Elle embrassa son ange sur les cheveux, feignant un sourire : « c’est ton papa chéri. Tu attends là ? » Elle prit la peine d’éloigner l’assiette de l’enfant pour éviter qu’il ne mette ses doigts dedans et qu’il retapisse l’appartement de purée de carotte-saucisse. Tout en le surveillant du coin de l’œil, elle alla ouvrir à la porte à son ancien amant. Il se tenait là, devant elle… « Bonjour Baël. Entre, je t’en prie. »


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BAEL - "Ni me escondo ni me atrevo, ni me escapo ni te espero, hago todo lo que puedo pa' que estemos juntos. Cada vez me importan menos los que piensan que no es bueno que haga todo lo que puedo pa' que estemos juntos."
ANGIE - "Ni me miras ni te quiero, ni te escucho ni te creo, pero siento que me muero cuando os veo juntos. Cada vez me importas menos Pues lo digo cuando debo aunque sienta que me muero cuando os veo juntos."




Mathias et Angie
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Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Jeu 5 Mai 2016 - 20:36

    Un timide rayon de soleil perça les tentures du dortoir des apprentis. L’ami solaire vint chatouiller délicatement le nez de l’ancien Serpentard, qui se tourna en ronchonnant. Il était trop tôt, bien trop tôt. Pourquoi le soleil filtrait-il ainsi ? Ce devait être Smith l’abruti qui avait mal fermé les morceaux de tissus, hier soir. Quel incapable. Se tourner n’était pas la technique parfaite pour échapper aux rayons : maintenant, ce n’était plus le nez, mais l’oreille qu’ils lui caressaient. En d’autres temps, et d’autres lieux, il aurait probablement accueilli comme des princes ces rayons matinaux, et se serait dressé pour s’appuyer sur ses coudes et observer la chambre autour de lui, un fin sourire satisfait sur les lèvres. Mais ce temps-là était révolu, et la seule perspective de satisfaction qui attendait Baël Owned était de se retourner pour constater que Timothée avait déjà quitter le dortoir, ce qui signifierait qu’il n’aurait pas à partager son petit-déjeuner avec lui. Mais bon, niveau satisfaction matinale, il avait connu mieux, aussi décida-t-il de prolonger son sommeil de quelques minutes – idéalement, quelques heures – en ce samedi matin. Après tout, songea-t-il amèrement, il n’avait aucune bonne raison de se lever. Il enfouit donc sa tête dans son oreiller, et rabattit sa couverture par-dessus, comme s’il s’agissait d’un champ de force destiné à tenir la lumière, et plus largement la journée, hors de sa vue. Il espéra un instant parvenir à se rendormir, et replonger dans ses rêves où tout allait si bien, mais il savait que c’était peine perdue : depuis sa possession (autant dire, depuis des siècles), il avait le sommeil léger et perturbé. En effet, savoir que chaque moment de repos que vous vous accordez est une opportunité pour le Lord de prendre les commandes de votre corps n’aide pas à dormir sur ses deux oreilles. Auparavant, Baël aurait probablement été ravi de laisser le Lord déambuler à sa guise dans les couloirs du château, laissant son terrible plan se mettre en place pour s’emparer du pouvoir et entrer dans la légende. Cela avait été un de ses fantasmes, de ses désirs les plus profonds, et ce aussi loin qu’il se souvienne. Plus jeune, déjà, il raffolait de l’histoire de l’ascension de Voldemort, de la façon dont cet orphelin né de rien, d’une famille désargentée, au lignage illustre mais oublié, avait su quitter l’orphelinat misérable dans lequel il avait grandi pour se bâtir la réputation et la puissance du plus grand mage noir que le monde ait jamais porté. La manière dont ce gamin des rues avait fait trembler le monde magique, des années durant, était une réelle source d’inspiration pour Baël, et son obsession morbide pour Voldemort avait toujours dicté une large part de sa conduite. C’était cette admiration sans borne qui l’avait fait haïr ses parents et son milieu, qui l’avait fait se battre pour s’extirper de la misère dans laquelle se complaisait ces deux abrutis ; c’était cette passion qui l’avait amené à rechercher, puis à trouver Appelo Mortem, le livre de légende, écrit par Merlin lui-même ; c’était ce fanatisme qui l’avait poussé à invoquer l’esprit de Tom Elvis Jedusor… Et qu’il l’avait amené à devenir – involontairement – son hôte, lui prêtant son corps pour lui permettre de prendre sa revanche sur un monde sorcier qui plaisantait de l’aire Voldemort comme on plaisante avec un lointain souvenir légèrement désagréable. Pour Baël, comme pour le Seigneur des Ténèbres, il s’agissait de rappeler aux sorciers et sorcières imprudents que le Mal pouvait prendre de nombreuses formes, et qu’il ne mourrait jamais. Lorsqu’il y repensait, parfois, Baël se disait que sa vie n’avait été que soleil couché.

    Mais, parfois, le soleil ne se lève que si on va à sa rencontre. Et c’était ce que le jeune apprenti avait fait, sans doute malgré lui. Il n’avait jamais aimé que sa sœur, qui était son tout, alors qu’il n’était rien. Laura n’avait été, pendant très longtemps, que son unique bonheur, sa seule raison d’exister. Ce n’était pas seulement pour lui qu’il voulait la gloire et la puissance : c’était un moyen d’assurer à sa frangine un destin à hauteur de leurs ambitions. Lui n’était qu’un corps sans vie, sans âme – ou trop plein d’âme ? – qui n’existait que dans le regard des autres. Que ce soit l’admiration, la haine, la peur, l’amour ou tout autre sentiment aussi vif, il lui fallait provoquer quelque chose chez les gens qui croisaient son chemin. Sa peur la plus insidieuse, la forme que prendrait un épouvantard capable de lui au plus profond de son cœur, n’était peut-être pas sa sœur morte : c’était tout simplement un monde dans lequel il n’existait pas, un monde dans lequel n’importe qui n’éprouverait pour lui que la plus mortelle des indifférences. Au fond, bien qu’il ne se l’avouerait jamais, Baël était un être profondément meurtri, qui se défendait de ses blessures en provoquant, en haïssant, en recherchant une gloire éternelle qui le rendrait à jamais indélébile. Il ne s’était jamais aimé, se trouvant toujours trop peu intelligent, trop quelconque, pas assez inventif, pas assez vif… Jusqu’au jour où quelqu’un lui avait appris à s’aimer, en l’aimant plus qu’il ne le pensait possible. Quelqu’un qui avait su voir en lui le jeune homme brillant, spirituel, séduisant, attentionné, réfléchi. Quelqu’un qui avait su lui montrer qu’il valait mieux que l’image qu’il donnait de lui-même, quelqu’un qui lui avait appris, tout simplement, à faire la paix avec lui-même. Quelqu’un avec qui il avait passé les plus belles heures de sa vie, quelqu’un qui lui avait fait comprendre, aussi, le sens réel du mot « manque ». D’abord, parce que c’était une femme formidable, plus brillante qu’il ne le serait jamais, plus belle qu’il n’était beau, plus radieuse et plus sensuelle qu’il ne pouvait le rêver ; ensuite, parce que cette femme extraordinaire lui avait donner un fils. Lui, lui qui n’avait jamais su comment aimer, il était père. Il avait aimé cette femme, il l’avait adorée au point de vouloir rester à ses côtés lorsqu’elle lui avait annoncé être enceinte. Mais il avait cru pouvoir lui parler de ses tourments, de ses erreurs et de son terrible secret. Il l’avait fait, parce qu’il ne supportait plus l’idée de lui mentir ; il l’avait fait parce qu’il avait cru qu’ils pourraient, à deux – à trois ? – passer au-delà de cela. Il l’avait fait parce qu’il était totalement perdu. Jamais il n’avait ressenti une joie aussi intense que lorsqu’elle lui avait annoncé sa grossesse. Jamais il n’avait ressenti de tristesse si intense que quand elle lui avait demandé de s’éloigner, effrayée. Il n’avait assisté que de loin à la naissance de son fils, et ne pouvait pas se rassasier de sa présence autant qu’il le voudrait. Lorsqu’il avait, pour la première fois, pu l’approcher, il avait cru sentir, en lui, quelque chose qui se brisait, et quelque chose qui venait à la vie. Il comprit, plus tard, que la brisure ne venait pas de lui, mais de Voldemort : la violence de son amour, inconditionnel et éternel, pour ce petit homme vulnérable, qui était sa chair et son sang, échappait totalement au Lord, qui était entré dans une rage folle. Alors, pour le protéger de lui-même, Baël n’avait pas discuté les conditions de celle qu’il aimait : il ne le ferait que peu souvent, et toujours en sa présence. Voilà pourquoi il était retourné passer ses nuits dans l’infâme dortoir des apprentis, que Smith s’était passablement approprié en son absence. Chaque nuit, avant de s’endormir, il ne pouvait que fermer les yeux pour empêcher les larmes de couler, sachant qu’il était loin d’eux. Et, loin d’eux, il était loin de tout.

    Il se leva soudain dans un sursaut. Mais… Mais oui ! Ce samedi, il… Ni une, ni deux, il quitta son lit et fonça dans la salle de bain pour se doucher. Il s’habilla simplement – un jeans et une chemise, qu’il boutonna maladroitement –, décida de ne pas se raser, se parfuma et sortit en sifflotant. Il engloutit rapidement un petite déjeuner et quitta le dortoir, en croisant Smith, qu’il salua d’un « salut » enthousiaste, au grand étonnement de ce dernier. Vu l’heure tardive – il avait réussi à se rendormir, finalement – il n’aurait qu’une petite heure à attendre. Il sortit dans le parc du château, une veste légère nonchalamment flanquée sur ses épaules – puis il la délaissa, la portant par le col au-dessus de son épaule droite. Le soleil, cet affreux jojo qui l’avait réveillé, était haut dans le ciel et dispensait généreusement ses rayons chaleureux à qui les voulait. Baël s’en rassasia largement, et eut, pour la première fois depuis une semaine, la sensation d’être vivant, pleinement vivant. C’était une étrange sensation, qui le prenait aux tripes et lui donnait simplement l’envie de sourire à s’en décrocher la mâchoire. Les quelques élèves qu’il croisa le saluèrent et semblèrent surpris de le trouver si gai, lui qui était si sombre, ces derniers temps. Il se contenta de marcher le long du lac, en jetant de temps à autres un caillou sur la surface calme, le laissant ricocher le plus de fois possible. Puis, lorsque l’heure approcha, il se détourna – et constata, non sans un certain étonnement, qu’un groupe d’étudiantes s’était arrêté pour le regarder marcher, ce qui lui sembla très étrange – et retourna dans le dortoir des apprentis. Il se saisit en vitesse d’un petit paquet, qu’il avait précieusement dissimulé sous son lit, et reparti aussi vite qu’il n’était arrivé, remerciant le ciel – tient, il s’adressait au ciel, maintenant ? – de lui avoir permis de ne pas croiser Smith, auquel il ne voulait avoir à fournir aucune explication. Il longea les murs, dans les couloirs, puis s’immobilisa devant la porte d’Angélique Dewis. Il sentit son cœur s’emballer, comme à chaque fois. Il inspira profondément, tenta d’avoir l’air détendu, puis frappa à la porte. Se faisant, il dut – comme à chaque fois – réprimer une furieuse envie de détaler en courant. Il se campa sur ses deux jambes et se força à sourire, d’une sourire qu’il voulait serein et léger… Mais il n’était pas persuadé par le résultat. Les secondes lui paraissaient durer des heures, puis, enfin, la porte s’ouvrit. « Bonjour Baël. Entre, je t’en prie. » Mon Dieu, qu’elle était belle ! Cela faisait froid dans le cœur. Et cette chemise rose, qui était plus décolletée que ce dont Baël aurait pu rêver… « Hey. » Il ne savait jamais vraiment comment commencer, alors il se contenta de la jouer cool. Elle lui afficha un air de décontraction qu’il savait factice, mais il entra dans un sourire. Il la frôla, réprima un frisson, puis la regarda dans les yeux. « Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire. » Il lui sourit, d’un air désolé. C’était le dernier vers de son poème préféré, et il lui avait un jour assuré que s’il prononçait ces mots, c’était qu’il était bien lui-même. Un code, en quelques sortes, qui devait rassurer l’historienne. Cette dernière savait, cependant, que le Lord était un excellent Legilimens, et que s’il le voulait, il pourrait probablement chercher cette information dans la tête de Baël. Néanmoins, elle avait sans doute apprécié le geste, et elle l’aurait apprécié plus encore si elle savait que le jeune père avait commencé à étudier l’occlumencie. Il voulut lui poser mille questions, savoir comment elle allait, connaître ses pensées les plus intimes, lui dire qu’elle lui manquait terriblement, la serrer dans ses bras et l’embrasser, mais il ne fit rien de tout cela. Elle avait été très clair : si elle le laissait entrer, c’était uniquement pour le bien de leur fils. Il lui tendit alors le paquet qu’il avait récupéré dans sa chambre – un body jaune, couleurs de la maison de la belle, et sur lequel on pouvait lire « Mom’s little star ». « Comment va-t-il ? » Angélique saurait surement que sa quesiton signifiait réellement « comment allez-vous, et comment vas-tu, toi ? ». Sans vraiment attendre de réponse, il pénétra dans cet appartement qu’il connaissait par cœur, et aperçu son fils, à table. Son cœur rata un battement, et il se précipita vers lui. L’enfant le reconnu, et se mit à gesticuler sur sa chaise en tendant les bras vers lui dans un éclat de rire. Sans attendre l’autorisation de la mère, le jeune homme libéra le bambin de son siège et le prit dans ses bras. Il se rassasia de sa vue, le souleva au-dessus de sa tête – dans les rires joyeux du petit Mathias – puis l’oppressa de baisers. « Papa est là, petit gars. Tu m’as manqué ! Comment ça va, hein ? Tu es bien sage avec maman ? Tu la laisses dormir ? » Bien sûr, ces questions étaient à moitié dirigées vers Angélique. Lorsqu’il posa les yeux sur elle, le petit toujours dans les bras, il lui adressa un sourire radieux – il ne pouvait faire autrement que sourire, lorsqu’il était avec eux, malgré la froideur dont Angélique faisait parfois preuve – et lui demanda : « Vous étiez en train de manger ? Je peux me joindre à vous ? » Si Angélique acquiesçait, il serait ravi de pouvoir donner à manger à ce petit rayon de soleil dont les yeux pétillaient. Qui pourrait croire, en ce moment, que ce jeune père transporté de joie à la vue de son fils accueillait en lui l’âme du plus grand mage noir que la terre ait porté ?


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Jeu 5 Mai 2016 - 23:12

 

    « Et bien… Pour être honnête, je n’en peux plus, Lor’. » Angélique était confortablement installée dans le moelleux canapé de son amie. Vêtue d’une chemise rose décontractée dont elle avait laissé quelques boutons ouverte et d’un short assez large (mais moulant aux fesses) qui lui arrivait un petit peu en dessous du genou, quiconque la connaissait saurait qu’Angélique se considérait en ce moment comme en vacances, en week-end. La sous-directrice était toujours tirée à quatre épingles, avec une jupe ou un tailleur sur mesure, ne laissant rien au hasard. Dans le salon du professeur de potion, Angélique était détendue, presque affalée, sa tasse de café fumant à la main. Loréana qui venait de prendre de ses nouvelles se trouvait encore dans la cuisine, se préparant son thé. Les deux femmes se ressemblaient sur de nombreux points mais pouvaient parfois être des exacts opposés. Angélique avait hésité quelque temps avant de répondre mais s’était décidée à dire la vérité et à se laisser un peu aller pour une fois. Et elle avait donc avoué à Loréana qu’elle ne se sentait pas en pleine forme – et encore c’était un euphémisme – et qu’elle était même plutôt au bout du rouleau. Elle prit une gorgée de son succulent café et attendit que Loréana se fut installée en face d’elle : « Je commençais à m’en douter, tu sais. Tu peux peut-être tromper les autres, mais pas moi. » Angélique eut un triste sourire. Loréana commençait à trop bien la connaître et son apparent masque de « tout va bien » ne marchait plus sur elle. La serdaigle avait appris à décoder la moindre de ses micro-expressions. Ces derniers temps et depuis près d’un an maintenant, Angélique était épuisée. Loréana se doutait que c’était à cause de sa rupture avec Baël mais elle n’en connaissait pas les véritables raisons. Angélique était donc quand même obligée de mentir un peu et cela la pesait de ne pouvoir se confier à personne, de ne pleurer sur les épaules de personnes, de ne pouvoir recevoir de conseils dispensés en toute connaissance de cause. C’était injuste et c’était de nouveau ce maudit Baël qui lui imposait cela. Ce beau gosse blond qu’elle devrait haïr et mépriser mais qu’elle aimait malgré elle. « Angélique, je sais que je ne comprends pas tout mais vraiment… Tu as besoin de lui, je le vois. Tu ne veux pas te remettre avec lui ? » Ladite Angélique sortit de ses pensées et regarda son amie droit dans les yeux. D’un mouvement de tête, elle lui fit comprendre que ce n’était pas envisageable, sans chercher à se justifier. Loréana, heureusement, n’insista pas, respectant l’intimité de la réservée historienne. Angélique bu une gorgée de café supplémentaire avant de poser sa tasse sur la table basse. Elle se prit la tête dans les mains et se massa les tempes, s’empêchant de craquer, de pleurer. « Tiens, je t’ai dit que Maximilien et moi, nous nous sommes servies de toi comme alibi lors d’un dîner chez ses parents ? » Et la conversation changea du tout au tout.
     
    Lorsqu’Angélique était finalement rentrée chez elle, elle se sentait plus détendue et à nouveau prête à affronter la journée éprouvante que l’attendait. Loréana avait compris qu’elle avait surtout eu besoin qu’on lui changeât les idées et non qu’on l’enfonçât dans sa souffrance en ressassant en boucle ses amours rater. C’est donc légèrement plus heureuse qu’elle retrouva les deux hommes de sa vie. Le reste de sa matinée se passa sans encombre. La belle essaya d’éviter de penser à ce qui l’attendait. Elle faisait l’autruche, parce que pensée à Baël lui faisait mal et rien que l’idée de se retrouver face à lui déclenchait un envol incontrôlable de papillons dans son estomac, respirer son odeur lui donnait le tournis, entendre sa voix lui donnait des vertiges, le voir si grand, si fort provoquait toujours en elle une irrésistible envie de se blottir, de se sentir protégée par sa force. Mais elle ne serait plus jamais en sécurité avec lui alors elle devait oublier, ne pas penser à lui, tant qu’il n’était pas là. Elle chassa donc toute trace de Baël de son esprit en se jetant corps et âme dans son travail, sa plus grande passion, jusqu’à ce que son fils se signale à elle de la plus belle des manières, en l’appelant. Mathias avait également le don de détourner Angélique de ses problèmes et pourtant l’enfant ressemblait comme deux goûtes d’eau à son père. Il en avait les traits, la couleur de cheveux, de yeux, le même sourire et même le même rire. Ils étaient pareils. Tant reconnaître Baël en Mathias aurait pu faire de la peine à Angélique mais c’était tout le contraire, elle ne le trouvait que plus beau, plus parfait. Elle adorait l’entendre rire, pas seulement parce qu’elle voyait son bébé heureux mais aussi parce que cela déclenchait en elle un tourbillon de souvenir où le doux rire de Baël résonnait à ses oreilles. En parlant du loup… Alors qu’elle était en train de donner sa panade à son petit homme, on avait toqué à la porte et cela ne pouvait être qu’une seule et même personne : Baël Mathias Owned.
     
    Lors de la naissance de l’enfant, Angélique avait longtemps hésité sur la marche à suivre. Le père de son fils était possédé par le plus terrifiant des mages noirs et Baël se l’était aliéné volontairement. Il avait rappelé à la vie ce fou sanguinaire, en paix avec sa conscience, sans état d’âme. Mais Mathias avait le droit de connaître son père. Elle avait vu la peine de Dylan d’avoir grandi sans père, le manque qu’il en avait ressenti au quotidien et elle ne s’était pas vue infliger consciemment la même souffrance à son deuxième fils. Elle avait alors décidé que Baël verrait Mathias et que Mathias verrait Baël mais pas sans elle. Elle n’aurait jamais pu laisser l’amour de sa vie en compagnie d’un homme qui à tout moment pouvait devenir Lord Voldemort. Ils avaient alors dû s’arranger, elle avait été obligé de revoir Baël, d’affronter sa présence ; le jeune père venait deux fois par semaine : le mercredi et le samedi. Elle lui avait aussi promis, dans sa grande bonté, qu’il pourrait venir le voir quand il voudrait à d’autres moments, si le petit lui manquait trop, à condition qu’elle fût libre et disponible et qu’il lui eût écrit avant. Elle se rendait bien compte que l’ancien serpentard était fou de son fils et cela lui fendait d’autant plus le cœur quand elle imaginait cette famille qu’ils auraient pu fonder, ce bonheur qui aurait pu être le leur si cet idiot n’avait pas… Elle se secoua la tête pour chasser tous ces espoirs mort-nés de son esprit et se leva, abandonnant son fils dans sa chaise haute, quitta sa cuisine américaine, traversa son salon d’un pas lent, lourd, pesant, traînant pour faire enfin face à l’objet de ses pensées et de ses regrets.
     
    Baël était là, devant elle, droit, beau, magnifique. Il était comme dans ses souvenirs, comme dans ses rêves : tant de prestance et de charisme, une aura magique envoutante – venait-elle de voldemort ou de lui ? – sa chemise bleu claire faisait ressortir la couleur de ses yeux. Elle avait toujours aimé les chemises bleues, cela l’excitait et ce scroutt à pétard le savait. Elle ne pouvait détacher son regard de son visage. Elle avait envie de se jeter à son coup, de se serrer contre lui, de sentir ses mains sur son corps. Angélique réprima un frisson qu’elle dissimula en se montrant le plus froide possible. Ses yeux lançaient des éclairs – mais ils étaient factice – et elle le salua d’une voix glacial : « Bonjour Baël. Entre, je t’en prie. » Le jeune homme affichait un air décontracté mais Angélique le connaissait bien. Elle pouvait sentir sa nervosité, ses inquiétudes. Elle aurait presque pu voir ses oreilles se contracter dans ses chaussures. Il faisait toujours cela quand quelque chose le stressait. « Hey », avait-il fini par lâcher sur un ton neutre. Elle s’était effacée légèrement, ouvrant sa porte plus grand pour le laisser passer. Baël pénétra alors dans l’appartement – cet appartement dans lequel ils avaient vécus tous les deux. Maintenant qu’il était à l’intérieur, elle avait envie de toute effacer, de lui pardonner, d’oublier ce qu’elle savait de lui, de fonder ce foyer qu’ils avaient perdus mais… « Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire. » Par ce vers, ce vers de son poème préféré Baël l’avait à la fois rassurée – ainsi elle savait qu’il n’était pas l’affreux mage noir – mais il l’avait surtout ramenée à la réalité. Elle ne pouvait pas pardonner, elle ne pouvait pas oublier, elle ne pouvait pas fonder ce foyer perdu. Il y avait un obstacle entre eux : Tom Elvis Jédusor.
     
    Baël était entré un peu plus dans le duplexe et Angélique avait rapidement fermé la porte, vérifiant qu’aucun apprenti ne traînait dans le couloir. Baël n’avait pas bougé, elle s’approcha alors de lui, prête à lui conseiller de rejoindre Mathias mais l’ancien serpentard lui avait tendu un petit paquet. Angélique hésita entre le lui jeter à la figure et l’accepter sans faire d’histoire. Elle choisit la seconde option. Ce cadeau était peut-être pour Mathias et, s’il était pour elle, elle avait toujours la possibilité de le lui envoyer en pleine tronche par la suite. Elle l’ouvrit donc, gênée et en sortit un petit body, de la taille de leur fils. Il était jaune, couleur de poufsouffle et arborait une petit phrase adorable « Mom’s little star. » L’intention était tellement mignonne qu’Angie n’eut pas le cœur à se montrer sarcastique – comme elle l’avait parfois fois lorsqu’il lui avait apporté des cadeaux pour l’enfant. Elle se contenta de placer le bout de tissu contre son cœur et de fixer son regard dans les yeux de Baël. « Merci Baël. Mathias sera adorable dedans. » Elle connaissait ce jeune homme mieux que personne. Elle savait combien il pouvait être doux, là où d’autres le voyaient cruel, qu’il pouvait être gentil, là où d’autres le voyaient méchant, délicat là où on le pensait insensible. Ce Body en était la preuve. Il était pu être le Baël égoïste que d’autres connaissaient et apporter un body vert mais non il était attentionné et avait voulu autant faire plaisir au fils qu’à la mère. Ce petit con ! Elle avait d’autant plus envie de le serrer dans ses bras. « Comment va-t-il ? » Manifestement – et heureusement –, Baël ignorait tout de ses états d’âmes. Il s’enquerrait de la santé de son fiston mais ne laissa même pas le temps à Angie de répondre. Mathias s’était signalé par un babillement et Baël n’avait pas pu tenir plus longtemps. Il s’était précipité dans la partie cuisine, à la rencontre de l’enfant qui n’attendait que cela.
     
    Ni une ni deux, l’enfant avait été sorti de sa chaise et Baël le serrait contre lui, ébouriffant ses cheveux, savourant pleinement de pouvoir passer un moment avec son fils. Le bambin avait l’air tout aussi heureux. Il avait reconnu son géniteur et il criait d’un air joyeux : « papapapa ! » Baël l’avait soulevé au-dessus de sa tête et l’enfant riait aux éclats de devenir ainsi comme un avion volant. Il riait, riait, riait et Baël souriait, heureux. Angélique avait l’impression que dans ces moments-là, le poids que l’apprenti portait en permanence sur les épaules s’envolait et c’était agréable à voir – même s’il avait pleinement mérité ce poids. « Papa est là, petit gars. Tu m’as manqué ! Comment ça va, hein ? Tu es bien sage avec maman ? Tu la laisses dormir. » Angie n’avait jamais douté de l’amour de Baël pour Mathias mais quand elle entendait ce jeune homme si réservé, si avare en sentiment avouer pleinement à un petit bébé qu’il lui avait manqué, elle savait qu’elle avait eu raison de les laisser se voir. Mathias était heureux et qui pouvait savoir dans quelle profondeur du mal, Baël se serait enfoncé s’il n’avait pas eu son fils pour le maintenir à flot. Angélique s’approcha des deux hommes, ébouriffa les cheveux de son fils qui se collait à son père comme si sa vie en dépendant. Mathias avait définitivement vraiment besoin de voir son paternel. Elle se sentit momentanément triste à l’idée que Dylan n’avait pas cette chance mais elle avait autre chose en tête maintenant. Elle avait bien compris qu’en posant ces questions détournés directement à son fils, Baël quémandait péniblement des nouvelles plus détaillées de son bébé qu’il n’avait pas la chance de voir tous les jours. Angélique n’était pas assez cruelle pour les lui refuser. Elle se retint juste de poser une main sur la joue de son ange démoniaque et lui répondit d’une voix qu’elle voulait neutre : « Il va bien. Il a pris deux centimètres depuis le mois dernier et quatre cents grammes. Je suis allée chez le pédomédicomage avec lui, avant-hier pour une visite de contrôle. » Elle se retint d’ajouter que s’il n’avait pas été un idiot dans sa jeunesse, il serait venu avec eux et qu’elle aurait aimé qu’il soit à leurs côtés dans tous ces moments. Le petit s’agitait dans les bras de son papa, provoquant un sourire sur le visage de sa mère qui continua alors : « Il dort toujours aussi bien. C’est un dormeur ton fils. Il est très sage et progresse. Il voyage à quatre pattes dans tout l’appartement et commence à s’agripper à toute structure stable ou pas stable pour se mettre debout. » Elle s’installa sur le tabouret de la cuisine. Baël qui avait continué à couvrir Mathias de bisous et de chatouilles finit par se retourner vers elle : « Vous étiez en train de manger ? Je peux me joindre à vous ? » Elle aurait voulu lui hurler non, d’aller se faire voir ailleurs, qu’il avait tout gâché – elle sentait parfois comme cela sa colère remonter dans sa tristesse mais elle se contenta de hocher la tête positivement. « Oui. J’étais en train de lui donner à manger. Tu peux le faire si tu veux. Moi j’ai déjà mangé mais tu peux te faire des tartines, si tu as faim. » Elle laissa Baël installer l’enfant à nouveau dans sa chaise haute et les regarda un moment. Nerveuse, elle ne pouvait pas rester silencieuse. Elle finit par lui demander alors : « Humm. Tu veux boire quelque chose ? »


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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Dim 8 Mai 2016 - 23:52

    Frapper à cette porte provoquait toujours chez lui un bref moment de panique. A chaque fois, il sentait un de ses pieds esquisser un mouvement vers l’arrière, comme pour inviter l’autre à le suivre pour aller le plus loin possible le plus vite possible. L’espace d’un instant, son cerveau lui hurlait toujours que ce n’était pas une bonne idée, qu’il valait mieux être partout plutôt que là, et qu’il valait mieux, pour sa santé mentale, ne pas pénétrer dans l’appartement. Et pourtant, il restait là, planté, à tenter de trouver une pose qui lui donnait un air détendu, alors que son cœur battait la chamade la plus rapide qu’aucun cœur ait jamais battu. C’était totalement absurde, d’ailleurs. De quoi pouvait-il bien avoir peur ? Il partageait son corps avec Lord Voldemort, un des sorciers les plus puissants qui ait foulé cette terre, qui avait accompli des prodiges qui étaient restés, aujourd’hui encore, inégalés, qui avait repoussé plus loin que quiconque les limites de la vie et de la mort… De quoi pouvait-il bien avoir peur, lui qui avait grandi dans la haine, dans le dégoût et la crasse, lui qui avait trouvé un ouvrage légendaire, qui ne faisait figure pour bien des gens que de légende ? Lui qui avait vu ses pouvoirs grandir et se développer lorsqu’il avait invoqué le Lord et qu’il l’avait accueilli ? Lui qui avait à présent des dons immenses, qui lui permettraient probablement de vaincre n’importe quel sorcier en duel ? Il avait, tout simplement, peur de ce qui l’avait toujours effrayé : la solitude. Il n’y avait de pire supplice pour lui que d’être seul avec lui-même. Dans ces moments, il réalisait à quel point il était un être méprisable, qui n’avait causé que du tort à son entourage. Ingrat, il n’avait jamais su – quand bien même il en aurait eu envie – aimer ses parents, à qui il devait la vie, mais qui se complaisaient dans leur médiocre situation, se targuant naïvement du bonheur d’être parents. Arrogant, il n’avait jamais pu exprimer réellement ce qu’il ressentait pour sa sœur, espérant que ses actes soient éloquents. Égoïste, il avait abandonné sa sœur lorsque Voldemort le lui avait demandé, sans même lui laisser un message d’adieu. Envieux, il n’avait pas pu s’empêcher de haïr Maximilien Middle, qui avait eu tout ce qui lui avait été refusé. Agressif, il n’avait jamais pardonné à Timothée Smith leur première rencontre fracassante. Lâche, il avait invoqué Voldemort pour se construire une grandeur, persuadé qu’il était de ne pas y parvenir seul. En réalité, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, Baël n’avait pas une très haute estime de lui-même. Il ne vivait que par les autres et pour les autres. Par la haine de l’ancien groupe de Serdaigle, et pour l’amour de sa sœur. Par l’invocation de Voldemort et pour prouver au monde qu’il aurait une place dans l’histoire. Aucune de ses décisions n’avait jamais été prise pour lui : à chaque fois, il se demandait ce que penseraient les gens, ce qu’on s’attendait qu’il fasse ou ce qu’on lui interdirait de faire. Il s’était construit, dès son plus jeune âge, une carapace indestructible en portant un masque qui épousait ses traits mais pas ses pensées. Ainsi, il était protégé de lui, protégé des autres et protégé du monde. Rien ni personne ne devait le voir tel qu’il était : effrayé, terriblement isolé et désespérément à la recherche d’une main tendue. Alors comment voulez-vous qu’il réagisse face à Mathias Dewis ? Sa chair, son sang, qui lui témoignait un amour indescriptible, presqu’instinctif, aussi inexplicable qu’infini ? Comme ne pas être désarçonné par ce regard si perçant et si tendre à la fois ? Comment ce bonhomme de même pas un mètre pouvait-il à ce point voir clair en lui et lui offrir ce dont il avait toujours eu besoin, un regard serein et un amour inconditionnel ? Lorsqu’il avait croisé le regard de son fils pour la première fois, Baël avait eu l’impression de n’avoir que trois ans. Il lui avait semblé perdre toute notion de tout : oublié, le Seigneur des Ténèbres, oubliés les tracas, oubliées les disputes et les discussions avec Angélique : plus rien ne comptait, sinon ce petit être qui, d’un battement de cils, avait fait voler en éclat une forteresse bâtie sur vingt ans. D’un seul regard, Mathias avait clairement dit à Baël que, peu importait ce qu’il avait pu faire, il l’acceptait tel qu’il était : avec ses colères, ses incertitudes, ses fragilités, mais aussi ses passions, ses forces et ses joies. Depuis ce moment, le jeune père avait nourri une peur profonde : celle de voir un jour cette lumière s’éteindre et de décevoir son fils… Comme il avait déçu la femme qu’il aimait.

    Cette dernière, d’ailleurs, vint ouvrir la porte après une seconde séculaire. Il raffermit sa position sur ses pieds, décala légèrement une épaule et aborda un très léger sourire, dans une tentative de décontraction qui aurait convaincu la plupart des gens qui ne le connaissaient pas. Pour les autres, par contre, la mascarade était assez visible, et il ne doutait pas le moins du monde du fait que sa belle ne serait pas dupe. Mais bon, au moins, l’historienne n’en menait pas plus large que lui. En l’apercevant elle avait eu l’air de réprimer quelque chose – mais Baël ne sut pas réellement identifier cette pulsion étouffée, il fut bien trop distrait par la tenue de celle qui lui avait offert (le mot était approprié) un fils. Simplement vêtue d’une chemise rose, largement déboutonnée – chemise qui, d’ailleurs, avait déjà été témoin de leurs ébats – et d’un short moulant aux fesses, elle était splendide. Plus belle même que dans les souvenirs et les rêves du jeune homme, qui dût se retenir de lui citer un vieux poète français : « On a beau tout rêver, tu dépasses le rêve ; Ton œil promet l’amour, ton cœur donne le ciel ». Mais la belle le coupa dans son élan poétique d’un ton qu’elle voulut froid – mais qui était incapable de dissimuler les sentiments réels de l’historienne : « Bonjour Baël. Entre, je t’en prie. » N’ayant rien à dire de particulier, ou plutôt ne sachant comment réagir à une si froide invitation, il se contenta, pour persévérer dans son effort de factice décontraction, de la saluer brièvement et d’entrer. Revenir dans cet appartement avait toujours l’effet d’une madeleine de Proust. Il revit tout ce qui s’était produit en ces lieux, comme cette nuit étrange qu’il avait passée, un soir, alors qu’il avait secouru Dylan qui se faisait agresser dans les couloirs par des étudiants de Serpentard, et qu’il avait ramené le gamin à sa mère… Mais beaucoup de choses avaient changé depuis. Entretemps, Baël avait avoué à Angélique qu’il était possédé par le Mage Noir. Entretemps, Angélique avait repoussé Baël pour protéger son fils, tout en lui accordant le droit de le voir, mais toujours en sa présence. Entretemps, l’ombre du Seigneur des Ténèbres s’était alourdie. « Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire. » Il aurait aimé lui offrir ces vers dans d’autres circonstances. Il aurait aimé ne pas avoir à utiliser un pareil code, il aurait aimé ne pas voir la méfiance sur le visage de l’ange. Comment pouvait-il lui en vouloir ? Elle n’avait aucun moyen de savoir à qui elle avait réellement affaire, et vu les nuits difficiles que Baël passait en ce moment, ses défenses étaient ridicules pour un mage aussi puissant que le Lord. Ce dernier pourrait facilement prendre le contrôle de ce corps dès qu’il en ressentait l’envie… Bien entendu, ce n’était pas quelque chose à dire à la sous-directrice, et Baël avait déjà prévu des échappatoires au cas où Voldemort tenterait de prendre le contrôle pendant qu’il était chez elle. Mais il préféra ne pas y penser. Machinalement, presque sans y penser, le jeune homme avant tendu son paquet à la mère. Il n’avait pas su comment commenter ce geste, aussi avait-il préféré se taire. Parler n’aurait fait qu’offrir à Angélique une raison de le remballer – et il n’avait pas besoin de ça, puisque la belle avait décidé de se montrer froide. Pourtant, la froideur de façade s’effaça légèrement lorsque la belle sortit du paquet le body – Baël avait craint qu’i ne soit trop petit – aux couleurs de Poufsouffle. On aurait presque pu voir un sourire attendri se dessiner sur le visage de l’historienne. « Merci Baël. Mathias sera adorable dedans.»

    Mathias. Baël n’en revenait toujours pas : oui, Angélique avait appelé son (leur) fils d’après son second prénom. Un prénom qu’il avait toujours haï, méprisé et dont il n’avait jamais été fier, au point que certains étudiants bien informés qui voulaient le provoquer l’appelaient ainsi – rien que de penser à cette Eudoxie insolente, il en eut une crispation de la mâchoire. Et pourtant, aujourd’hui, rien ne lui faisait plus plaisir que d’entendre ces trois syllabes – la diérèse était importante. Aujourd’hui, et depuis bientôt un an, il était fier de son second prénom et l’abordait presque comme un étendard. C’était passablement absurde, mais cela avait été un moyen, pour Angélique, de lui faire comprendre qu’il avait encore une chance. Et puis, ce serait quelque chose qu’il partagerait à jamais avec son fils, quoi qu’il puisse arriver. Fiston qui, d’ailleurs, se rappela au bon souvenir de ses parents par une onomatopée intranscriptible. Ni une, ni deux, Baël s’engouffra dans l’appartement pour retrouver son fils, son soleil, son tout. Lorsqu’il s’approcha de lui, le bambin l’aperçut et son visage s’illumina plus encore. Il tendit les bras avec enthousiasme, se débattant pour quitter son trône et rejoindre l’étreinte de son géniteur. Ce dernier dut l’aider un peu, et, très vite, il enlaça l’enfant comme s’il ne l’avait plus vu depuis des années. Il fit mine de croquer ses joues, d’engloutir ses oreilles et parsema sur le visage de son fils une pluie de baisers. Bien vite, l’enfant fut transporté et transformé en balai volant, pour son plus grand bonheur. Plus rien ne comptait, sinon le rire de ce petit d’homme, son aura et son regard. Lorsque Mathias était né, il n’y avait pas que sa vie à lui qui avait commencé : celle de son père avait recommencé. Il le serra contre lui – et l’enfant le lui rendit bien – et s’installa à la table, lorsqu’Angélique se fut approchée, non sans ébouriffer les cheveux du mini blondinet. Lorsqu’il s’enquit de l’état de son fils (et adressa, par la même occasion, une question détournée à la mère, pour savoir comment elle allait, elle), Baël se rendit compte que, malgré son amour pour son fils, il n’avait pu être là à aucune des étapes importantes de sa petite vie. Il n’avait pas été là lorsqu’il avait respiré pour la première fois. Il n’avait pas été là pour faire déclarer cet enfant aux registres de la population. Il n’avait pas participé au choix des parrain et marraine de Mathias. Il ne s’était jamais levé, en pleine nuit, pour aller le consoler. Il ne lui avait pas donné son premier biberon, il ne l’avait pas entendu prononcer son premier mot. Il ne savait même pas si Mathias savait déjà marcher…« Il va bien. Il a pris deux centimètres depuis le mois dernier et quatre cents grammes. Je suis allée chez le pédomédicomage avec lui, avant-hier pour une visite de contrôle. » Il dut se retenir de la supplier de le laisser les accompagner à la prochaine visite. L’idée de laisser à la belle la charge de leur fils, sans réellement participer ni à son éducation ni à sa vie quotidienne lui était insupportable. Lui qui n’avait jamais aimé son père, qui ne l’avait jamais considéré comme un modèle et qui avait été trop tôt déçu par son géniteur, il voulait à tout prix éviter cette souffrance à son enfant. Mais il ne pouvait – ne voulait pas, plus exactement – le faire sans l’accord de la mère. Comme pour marquer son approbation (aux pensées du père, ou au discours de la mère ?), le petit d’homme s’agita dans les bras de son père, posant ses petites mains sur son visage, lui attrapant des mèches de cheveux ou tirant doucement sur ses oreilles. Dans un sourire attendri, Angélique continua : « Il dort toujours aussi bien. C’est un dormeur ton fils. Il est très sage et progresse. Il voyage à quatre pattes dans tout l’appartement et commence à s’agripper à toute structure stable ou pas stable pour se mettre debout. » Ainsi, il marcherait sans doute bientôt ? Un fin sourire fendit le visage de l’apprenti, qui s’imaginait déjà les courses-poursuites auxquelles ce fait pourrait donner lieu. Dans ses bras, le fiston sembla se détourner un instant et, dans un glapissement étrange, tendre le bras vers la cuillère à moitié pleine qu’Angélique avait abandonnée. « Vous étiez en train de manger ? Je peux me joindre à vous ? »

    Au grand soulagement de Baël, Angélique acquiesça et il réinstalla le bambin dans sa chaise – ce dernier protesta d’ailleurs un peu un passage, ne voulant visiblement pas avoir à choisir entre manger et les bras de son père, mais Baël se montra intransigeant : pas question, même s’il adorait cet enfant, de se montrer laxiste durant les quelques instants qu’ils pouvaient partager. Le petit monstre était vorace, et oublia bien vite ses râleries pour se concentrer sur la cuillère qui volait comme un balai magique pour atterrir dans sa bouche. « Alors comme ça, tu aimes la carotte ? Ou bien c’est la saucisse qui te fait cet effet-là ? » Il caressa tendrement le bout du nez du bambin – il avait le nez de sa mère, d’ailleurs – puis se retourna vers Angélique. Assise sur un tabouret de la cuisine, elle les observait tous les deux, un étrange mélange de sentiments sur le visage, comme si elle pleurait les contes qui n’avaient pas été racontés. Elle semblait nerveuse, et elle se sentit obligée de meubler le silence qui s’installa peu à peu entre eux : « Humm. Tu veux boire quelque chose ? » Bon, ce n’était pas encore la franche rigolade, mais au moins Angélique semblait se « dégeler » un peu. A vrai dire, elle semblait beaucoup plus décontenancée qu’à l’accoutumée, et il sauta sur l’occasion de lui prouver qu’il pouvait toujours lire en elle comme dans un livre ouvert. Il lui adressa un fin sourire, avant de prétendre : « J’ai du mal à lui faire terminer de manger… » (ce qui n’était clairement pas vrai) « Tu peux prendre le relais ? Je m’occuperai moi-même de me servir à boire ». Le but de la manœuvre était simple : la laisser seule (avec son fils) un instant, pour qu’elle puisse reprendre ses esprits et se décider sur ce qu’elle voulait faire ou dire. Lui permettre de faire le point en lui offrant un peu de répit, en somme. Lorsque la belle fut à côté de leur fils, Baël se leva et aller se préparer un café, comme s’il n’avait jamais cessé de vivre ici. Ce faisant, il prit un soin méticuleux à éviter de regarder la belle (même si l’envie de contempler les deux amours de sa vie était très forte). Il fut également soulagé de ne pas trouver de traces de verres ou de tasses qui auraient pu être celles d’un autre homme qu’Angélique aurait trouvé pour le remplacer. Son café à la main – il avait traîné exprès pour le faire -, il revint s’asseoir à la table, à côté de son fiston. Mais, s’il joua quelques instants avec lui, c’est à la mère qu’il s’adressa : « Comment va Dylan ? Je ne donnes plus cours pour l’instant, cela fait quelques temps que je ne l’ai pas vu… » Puis il hésita un instant, avant d’ajouter : « Et toi ? Comment vas-tu ? »


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Mar 10 Mai 2016 - 23:05

    Quand elle faisait le point sur sa vie familiale (et surtout amoureuse), Angélique en arrivait à se demander qu’avait-elle bien pu faire à Merlin – et vu son lien actuel avec Appelo Mortem ce n’était pas tout à fait incongru de parler de lui – pour se retrouver dans une telle situation et qu’est-ce que ses enfants avaient bien pu commettre comme atrocité dans une autre vie pour subir de telles absences. Dylan, Dylan d’abord, son fils aîné. Le pauvre enfant n’avait jamais connu sa mère biologique. Il n’avait pas de photo d’elle, ne savait pas à quoi elle ressemblait et ne connaissait même pas son prénom. L’adolescent se gardait bien de poser des questions parce qu’il savait que la pauvre Angélique risquait d’être blessée malgré elle mais surtout ne saurait pas répondre. La mère du gamin l’avait abandonné à sa naissance, trop jeune, elle n’avait pas voulu s’occuper de son fils, avait fui ses responsabilités et l’avait laissé à son père. Dylan avait alors grandi avec Sacha qui s’en était particulièrement bien occupé pour un jeune homme et Angélique était entrée dans leur vie alors que l’enfant n’avait que quatre ans. Rapidement, elle était devenue une mère de substitution pour le bambin qui l’adorait et Angélique l’adopta – ce qui lui avait semblé naturel étant donné que Sacha et elle devaient se marier et fonder une famille. Mais le sort en avait décidé autrement. Sacha, après avoir rencontré une autre femme, était parti, abandonnant son foyer, sa fiancée et son fils. Angélique, dévastée, n’avait pourtant pas fui ses responsabilités. Elle avait adopté ce petit et surtout elle l’aimait comme s’il avait été le sien alors ils avaient constitué une nouvelle famille, tous les deux, uniquement eux, unis et forts. Elle s’était plongée dans sa carrière professionnelle et dans sa relation avec Dylan pour oublier ses malheurs. Tous les deux parlaient sans complexe de l’adoption et Angélique pouvait comprendre son besoin de réponse puisqu’elle-même était adoptée et n’avait jamais su d’où elle venait réellement. Dylan et elle ne formaient plus qu’un. Mais Angélique avait beau lui donner tout l’amour qu’elle pouvait, un amour infini, incontrôlable inconsidéré, inconditionnel, elle avait beau tout lui donner, lui montrer par a+b qu’elle serait toujours là, qu’elle ne l’abandonnerait jamais, Dylan avait grandi avec un trou dans le cœur, la certitude que tout était de sa faute, qu’il n’avait pas été assez bien pour que ses parents voulussent rester avec lui. Angélique avait pu lire tout cela dans son regard et elle n’avait pas pu l’aider. Dylan avait en quelque sorte besoin de faire son deuil, d’accepter sa situation et de s’épanouir pour gagner de l’assurance et prendre confiance en lui. Il avait besoin de comprendre que « les mauvais », c’étaient ses parents et pas lui, qu’il n’était en rien responsable et Angélique pourrait le lui dire aussi souvent qu’elle le voulait, il n’y croirait pas tant qu’il ne s’en serait pas rendu compte par lui-même. Angélique se contentait de le soutenir, de l’épauler et surtout de l’aimer et Dylan grandissait. Mais Dylan n’était pas le seul fils de la belle à ne pas avoir la famille qu’il méritait.

    Mathias avait une situation moins enviable encore ou presque. Certes il avait un père et un père qui manifestement l’aimait à la folie, un père qui ne demandait pas mieux que de passer une vie à ses côtés mais un père qui n’en avait pas le droit. Son père, Baël Mathias Owned, était un être arrogant et prétentieux, hautain et méprisant. Il était ambitieux, arriviste, prêt à tout. Il n’avait aucune morale, aucune limite. Il pouvait se montrer violent avec les plus faibles et obséquieux avec les plus forts. Il n’était ni patient ni avenant. La seule personne qui semblait trouver grâce à ses yeux, depuis des années, c’était Laura, sa sœur. Pour les autres, il n’avait aucune compassion, aucune compréhension. Il n’était ni courtois, ni affable. En un mot, Baël Mathias Owned était quelqu’un de haïssable – du moins c’était ce qu’Angélique avait longtemps pensé. Et puis, petit à petit, elle avait appris à la connaître, elle avait percé cette carapace immonde qu’il s’était forgée et elle avait découvert l’être le plus touchant et le plus adorable qu’il lui eût été donné de rencontrer. Il était attentif et prévenant, généreux et altruiste, délicat et sensible. Il semblait pouvoir porter le monde sur ses épaules pour aider l’élue de son cœur, pouvoir soulever des montagnes et changer sa haine passée en force. Il savait aimer, aimer comme personne. Il faisait l’amour délicatement avec tant de patience et de douceur, tant de passion et de chaleur, tant de dévouement et de générosité qu’Angélique s’était presque sentie femme pour la première fois dans ses bras. Elle s’était sentie entourée, soutenue, aimée tout simplement. Et elle l’avait aimé, aimé plus qu’elle n’avait jamais aimé personne. Elle s’était confiée à lui et l’avait écouté, elle l’avait vu pleurer, l’avait consolé. Elle savait tout de lui. Elle avait alors compris que Baël n’avait été toute sa vie qu’un oiseau blessé, un enfant apeuré et déçu, un enfant qui méritait mieux que ce qu’il avait et dont le grand drame avait été d’être doté d’une intelligence suffisamment aiguisée pour qu’il s’en rende compte. Il avait souffert, terriblement souffert et pour ne plus souffrir, il s’était réfugié derrière un masque abominable et il s’était aveuglement jeté dans des plans de grandeur qu’il n’était pas capable de maîtriser, tout cela pour réparer l’injustice de sa basse naissance. Son orgueil démesuré l’avait malheureusement perdu et son aveuglement, sa soif de pouvoir l’avaient conduit à commettre l’irréparable. Le jeune adolescent qu’il était alors s’était emparé de l’Appelo Mortem et sa suffisance lui avait laissé croire qu’il pouvait rappeler Lord Voldemort et le contrôler. Grave erreur ! Et voilà comment, le père de Mathias Angel Owned s’était retrouvé possédé par le plus grand mage noir de tous les temps. Alors Mathias n’avait finalement pas plus de père que Dylan. La situation de Baël était instable : à tout moment Voldemort pouvait reprendre le contrôle. Ce sorcier était un psychopathe, meurtrier qui n’avait pas eu la chance de rencontrer une Angélique pour le sortir de sa souffrance. Pour Voldemort, il était trop tard… Et malheureusement, l’historienne commençait à croire qu’il était peut-être également trop tard pour Baël. Cependant, elle n’avait pas voulu priver Mathias de son père, elle avait voulu y croire et surtout ne pas provoquer en lui la même souffrance que celle de Dylan mais combien de temps encore cette situation tiendrait-elle ? Combien de temps encore Angélique pourrait porter tout cela sur ses épaules et assumer la responsabilité de garder le silence sur une situation qui pouvait se transformer en une nouvelle guerre pour le monde sorcier, elle l’ignorait. Mais son amour pour Mathias et – malgré elle – pour Baël la guidait encore, pour l’instant…

    Et Baël, l’homme qui abritait l’âme du plus terrifiant sorcier de tous les temps était nonchalamment installé sur un tabouret de sa cuisine. Il était beau, tellement beau dans sa petite chemise bleue – c’était la couleur qui avait toujours émoustillé l’historienne, bien que sa maison fût poufsouffle. Et il souriait. Les rares fois où elle le croisait dans les couloirs, elle ne le voyait plus jamais sourire. Il rasait les murs, devenu l’ombre de lui-même. Mais là, il souriait, comme si de rien était, comme s’il ne risquait pas de provoquer la destruction du monde, comme si tout était normal. Il avait l’air d’un père tout simplement, un père aimant, un père digne de son fils. Il s’en occupait avec justesse et équité. Il savait se montrer ferme et câlin. Son fils avait droit à tout ce que Baël n’avait pas eu et l’ancien serpentard semblait mettre un point d’honneur à ce que son enfant fût heureux, avec ou sans lui. Il avait accepté toutes les conditions d’Angélique, sans rechigné, conscient que Voldemort était un danger pour la chaire de sa chaire mais on pouvait voir que ce consentement le déchirait, le crucifiait et Angélique s’en sentait peinée. Elle le regardait, le fixait, le dévorait des yeux même. Elle avait envie de se jeter sur lui, de l’embrasser mais elle ne pouvait pas. Elle était censée le détester pour ce qu’il avait fait. Odi et amo, quare id faciam fortasse requiris. Nescio sed fieri sentio et excrucior. Baël ne semblait pas avoir la même idée des troubles qu’il provoquait. Il n’avait d’yeux que pour Mathias qu’il nourrissait avec grand plaisir, mimant avec la cuillère les plus grands joueurs de quidditch, ce qui faisait rire le bébé qui mangeait sans faire de cinéma. « Alors comme ça, tu aimes la carotte ? Ou bien c’est la saucisse qui te fait cet effet-là ? » L’enfant applaudit à la question de son père comme s’il avait fait un spectacle et riait au éclat rien qu’en entendant sa voix. Angélique était touchée par cette scène et fut prise à nouveau de l’envie de se coller à Baël, de lui caresser les épaules pendant qu’il nourrissait leur enfant, comme une vraie famille, une véritable famille. Elle devait faire quelque chose, agir, bouger, parler pour éviter de se laisser aller, pour ne pas craquer, ne pas céder. « Humm. Tu veux boire quelque chose ? »

    Baël se retourna vers elle, il la regarda profondément. Angélique se sentit transpercer par ses yeux, mal à l’aise, elle déplaçait son poids de corps d’un pied à l’autre, comme elle avait l’habitude de le faire lorsqu’elle était gênée et nerveuse. Baël plissa un peu les yeux, reporta son attention sur son fils puis à nouveau sur elle et finit par dire : « J ai du mal à lui faire terminer de manger… » Angélique fronça les sourcils. Mais à quoi jouait-il ? Il n’avait aucun problème à faire manger Mathias, au contraire. Le petit n’avait certainement jamais aussi bien mangé. Alors pourquoi ? « Tu peux prendre le relais ? Je m’occuperai moi-même de me servir à boire » et le Lumos se fit. Baël n’avait rien raté de ses questionnements intérieurs ; même s’il avait paru obnubilé par son fils, il l’avait observée du coin de l’œil et avait perçu ses troubles, comme avant. Il avait compris qu’elle avait besoin de se reprendre, loin de lui et, au lieu de profiter de la situation, il lui en donnait la possibilité. Elle acquiesça dans un vague sourire et prit sa place sur le tabouret face à son fils. Mathias sourit à sa mère mais suivit son père des yeux, comme pour s’assurer qu’il ne s’en irait pas loin. Baël se servit une tasse de café comme s’il vivait toujours là, comme avant lorsqu’ils partageaient leur quotidien. Angélique fut prise d’un nouveau pincement au cœur et se décida à ignorer un peu Baël. Elle se concentra sur Mathias et en oublia momentanément la présence de l’apprenti. Il n’y avait plus que les yeux de son fils, que le plaisir de le voir dévorer son repas.

    Mais Baël était déjà revenu, une tasse de café fumante à la main – il aurait pu lui proposer de lui en faire un quand même… Mais finalement après réflexion, Angélique avait préféré oublier temporairement son existence, elle avait pu reprendre ses esprit et chasser de son esprit toutes ses pensées d’amour pour cet homme qui venait de s’installer, calmement, en silence au près des deux amours de sa vie. Le pot de panade était presque terminé quand Baël osa enfin briser le lourd silence – qui n’avait été entrecoupé que par des babillements et exclamations de Mathias : « Comment va Dylan ? Je ne donne plus cours pour l’instant, cela fait quelques temps que je ne l’ai pas vu… » Angélique le vit hésiter un instant, tripoter ses doigts et finalement se lancer : « Et toi ? Comment vas-tu ? » Ainsi donc le sort de Dylan l’intéressait ? Angie était peut-être un peu malhonnête sur ce coup : Dylan avait toujours été au centre de préoccupation de Baël : il l’avait défendu dans les couloirs, avait pris soin de lui, avait beaucoup discuté avec lui lorsqu’il vivait ici. Ils avaient passés de longues soirées tous les trois et Dylan et lui s’étaient bien entendus. Malheureusement… Angélique soupira et lui répondit sur un ton un peu neutre : « Dylan va bien. Il s’investit toujours autant dans le quidditch. Cela lui fait du bien. Il sort de sa coquille et prend confiance en lui. Dommage que tu ne donnes plus cours. Dylan m’a dit qu’il aimait bien ta façon d’enseigner. » Elle se retint d’ajouter qu’à son humble avis, il ne devrait pas avoir le droit de donner cours à des adolescents puisqu’il était dangereux mais elle se retint, la suite lui ferait déjà suffisamment de peine : « Quant à moi, Baël… Je suis désolée mais tu as perdu le droit de me demander comment je vais, le jour où tu as pris cette décision stupide. » Elle faisait évidemment allusion au jour où Baël avait eu la merveilleuse idée de rappeler un mage noir mort depuis deux cents ans.

    Immédiatement après avoir prononcé cette phrase, Angélique tourna la tête pour éviter de croiser les yeux blessés de Baël. Elle enfourna la dernière cuillérée dans la bouche de son fils et mit le pot à l’écart sur le plan de travail. Elle se saisit du bavoir qui pendant autour du cou de Mathias pour lui essuyer la bouche. Le petit chenapan s’en était mis partout. Elle lui ôta ensuite le morceau de tissus, le roula en boule et le jeta un loin sur la surface du plan de travail-bar-table. Elle devrait faire une lessive bientôt parce que les bavoirs et vêtements de Mathias commençaient à s’accumuler. Elle se releva et embrassa son fils sur le front : « tu as bien mangé mon cœur, Maman est très fière de toi. » elle sourit et lui caressa le crâne avec amour et tendresse avant de se retourner vers Baël, main sur les hanche et de se montrer moins avenante : « Bien. Je te laisse jouer avec lui ? Tous ses jeux, cubes, légos, petits balais, κτλ.* sont dans le salon près du tapis de jeu. Je vais rester là mais j’ai du travail. Il faut le coucher dans une heure. Tu veux t’en occuper ? » Elle ne proposait que rarement à Baël de coucher son fils et elle venait toujours avec lui pour ne jamais le laisser seul avec Mathias. Le fait qu’elle lui proposât cela signifiait clairement qu’elle commençait à craquer mais elle ne voulait évidemment pas l’admettre.


    *κτλ. = καὶ τὰ λοιπά = etc. en plus un peu plus classe.


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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Ven 13 Mai 2016 - 0:01

    Ses parents s’étaient-ils senti à son égard comme il se sentait maintenant à l’égard de son fils ? Avaient-ils éprouvé ce même amour, incompréhensible, irrépressible, inexpliqué ? Cet amour viscéral, charnel, presque primitif, mais sans bestialité, sans brutalité ? Cet amour qui le transportait maintenant loin de Voldemort, loin du château, de ses erreurs et de ses tourments ? Ses parents avaient-ils ressenti pour lui cet élan qui lui conférait une invincibilité fantasmée, un sentiment de pouvoir tout affronter, tout supporter, tout accepter ? Était-ce là la seule et simple explication qu’il n’avait jamais pu comprendre à l’attitude béatement satisfaite de ses géniteurs, qui se complaisaient dans une misère à vomir ? Baël venait-il, en contemplant son fils, de comprendre son père ? Peut-être, mais de manière inconscient. Actuellement, il était à des lieues de nourrir des réflexions si profondes, et se contentait de profiter au maximum de son fils, qu’il ne voyait pas aussi souvent qu’il l’aurait voulu, et qui lui procurait une forme de légèreté qu’il ne croyait plus possible de ressentir. Comment cet enfant pouvait-il tenir ainsi en échec l’aura du mage noir ? Comment pouvait-il faire disparaître d’un seul coup toutes les sombres pensées et les dilemmes terribles auxquels le père était confronté ? Certaines anciennes légendes faisaient de l’amour sincère une des formes de magie les plus puissantes et les plus rares qui soient. Une des formes de magie les plus anciennes et instinctives, aussi. Peut-être n’en était-ce là qu’une illustration. Peut-être l’amour que Baël éprouvait pour Mathias – et Mathias pour Baël – était-il de ce type-là et permettait, mieux que ne l’aurait fait n’importe quelle incantation millénaire, ou le meilleur des Felix Felicis, distillé par les plus grands maîtres de potions de tous les temps, d’ensoleiller une vie qui ne semblait emplie que d’un lacis impénétrable de ténèbres insondables. Car, il fallait bien l’admettre, la vie de Baël n’avait rien d’un conte de fées, ces temps-ci. Voldemort avait éloigné Baël de tous ceux qu’il aimait. Lorsqu’il avait pris conscience du potentiel meurtrier de son hôte, Baël avait pris peur. Auparavant, le jeune homme n’avait jamais réellement rencontré la mort. Ce n’était qu’un concept lointain, une idée, plus fascinante qu’effrayante. L’idée de pouvoir mettre un terme à une existence avait toujours revêtu l’habit d’un genre de fantasme pour le jeune Owned, probablement parce que cette idée lui conférait un factice sentiment de toute-puissance que la vie lui avait renié en le faisant naître dans la banlieue pauvre. L’histoire de l’ascension du Lord l’avait, pour la même raison, toujours fasciné… Voilà pourquoi il avait ressenti une joie immense, une fierté incommensurable et une sensation de destinée qui se mettait en marche lorsqu’il avait compris qu’il était possédé par l’âme du Mage Noir. Les premiers mois de sa possession, il était radieux, plus arrogant et sûr de lui qu’à l’accoutumée, un peu imprudent, parfois. Il était mû par une passion renouvelée et la certitude qu’il marquerait l’histoire. Puis, peu à peu, le rêve avait tourné au cauchemar. Non seulement le Lord exigeait de lui certains sacrifices, mais en plus, il avait réalisé qu’il n’avait aucun moyen de contrôler les actions de Voldemort. Il n’était plus maître de son destin, et il avait été trop aveugle pour s’en rendre compte jusque-là. Ce n’était pas lui qui marquerait l’histoire, mais, à nouveau, le Lord : lui n’avait été – et continuait à n’être – qu’un instrument. Mais, déjà, c’était trop tard : il ne connaissait aucun moyen de renverser la situation, et le Lord lui cachait jusqu’à l’emplacement d’Appelo Mortem.

    En réalité, Baël se sentait pris au piège. Il n’avait plus aucun moyen de se sortir de la situation dans laquelle il avait plongé tête la première. Bien sûr, par moments, il était pleinement satisfait des choix qu’il avait posés, et se contentait d’attendre que les plans du Lord atteignent leur but. Il y avait eu un progrès assez marqué, ces derniers temps, et le jeu d’échecs se mettait doucement en place. Voldemort était un stratège remarquable, et il semblait déterminé à ne plus commettre les erreurs qui lui avaient coûté la vie, il y avait deux cents ans. Dans les moments où tout semblait de dérouler comme prévu, Baël connaissait des moments d’espoirs.
    Et puis il se rappelait qu’il voyait désormais les Sombrals. Il avait rencontré la mort, et il n’avait pas ressenti la joie jubilatoire qu’il avait toujours fantasmée. La mort n’avait rien en commun avec l’idée qu’il s’en était faite dans ses divagations narcissiques. Ce n’était ni jouissif ni admirable. C’était quelque chose d’éminemment froid et dérangeant. La mort avait un côté définitif qui n’avait jamais sauté au visage de l’apprenti avec une telle violence que lorsqu’il avait compris que le Lord s’était servi de son corps pour tuer Travis Cohen. Pour le tuer. Certes, Baël avait toujours haï le Bleu-et-Bronze, et il n’avait jamais pensé à le pleurer. Mais il s’était rendu compte, à ce moment précis, que la mort signifiait une disparation totale et irrémédiable. Travis avait été effacé de son univers, arraché de la vie de Poudlard avec une extrême violence. Du jour au lendemain, Travis avait cessé d’exister. C’était quelque chose de simple, presque une lapalissade. Mais le jeune homme n’avait pu en prendre pleinement conscience qu’au contact de cette dernière : la mort était la fin. La fin d’un être, mais aussi de rêves, de passions, de rires, de larmes, de projets, de souvenirs, d’amours, de haines, d’habitudes, de tics de langage, de façon de parler, de jeux, de réflexions, de tout ce qui pouvait caractériser un humain. La mort n’emportait pas qu’un être de chair et sang : c’était une part de l’humanité qu’elle s’appropriait et anéantissait.

    Mais, aujourd’hui, Baël était confronté à la vie. A la vie sous sa forme la plus pure, la plus vulnérable : son fils qui mangeait à bouchés goulues la panade qu’il lui présentait. Quel plus beau tableau que celui-là ? Un père, aimant, qui nourrissait son enfant sous le regard attendri – bien qu’elle prétendît le contraire – de la mère ? Quelle plus belle tranche de vie pour tenir éloignées toutes ces sordides considérations ? Comment faire entrer plus de soleil dans la vie de Baël qu’en voyant Angélique et Mathias ? En réalité, ces deux-là avaient réussi un exploit dont peu de gens pouvaient se vanter : ils avaient apprivoisé Baël Owned. Et, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... Point question ici de vent dans le blé, mais le seul bruit du rire cristallin du bambin suffisait à meubler de soleil la laideur de la vie que Baël menait désormais, seul et loin de ceux qu’il aimait. Lorsqu’il réalisait qu’Angélique le regardait avec un regard qu’il devinait plein de questions et de tourments, il se décida à la soulager en prétextant des difficultés à faire manger le petit – ce qui était clairement un mensonge – et en lui demandant de prendre le relais, pour le laisser se servir à boire. Le fin sourire qui apparut un instant sur les lèvres de la sous-directrice démontra qu’elle avait compris la manœuvre de son ex (?), voire qu’elle lui en était reconnaissante. Le jeune homme se leva donc, non sans embrasser son fils au passage, et se dirigea dans la cuisine. La facilité avec laquelle il retrouva ses automatismes lui fit très mal : elle lui rappelait que, désormais, sa vie aurait dû être ici, dans les bras de sa femme, à s’occuper de son fils. Ces gestes qu’il posait, là, maintenant, auraient dû faire partie de son quotidien. Ils auraient dû être posés à sept heures du matin, alors que, dans un effort surhumain, il aurait quitté le lit conjugal pour préparer à sa compagne et à lui-même une tasse de café. Mais ce n’était pas le cas : ces gestes étaient exceptionnels et n’arrivaient, tout au plus, que le samedi après-midi. Il prit un soin méticuleux à tourner le dos à Angélique pour réprimer une larme qui commençait à humidifier ses yeux, puis, lorsqu’il fut assuré que son émoi ne serait pas visible, il revint s’installer auprès de la mère et du fiston. Il n’osa briser le silence que de manière hésitante : « Comment va Dylan ? Je ne donnes plus cours pour l’instant, cela fait quelques temps que je ne l’ai pas vu… » Puis il hésita plus encore, l’espace d’un instant, avant d’ajouter : « Et toi ? Comment vas-tu ? » Les réponses ne se firent pas attendre. La première fut neutre, et relativement encourageante : « Dylan va bien. Il s’investit toujours autant dans le quidditch. Cela lui fait du bien. Il sort de sa coquille et prend confiance en lui. Dommage que tu ne donnes plus cours. Dylan m’a dit qu’il aimait bien ta façon d’enseigner.» Il sentit toutefois que la belle s’était abstenue d’ajouter quelque chose, et il faillit lui faire remarquer qu’elle savait très bien pourquoi il n’enseignait plus : il avait choisi de ne plus le faire, parce que, lors d’un cours, Voldemort avait pris possession de lui. Bien sûr, la leçon avait été magistrale, mais… Qui sait ce que le Lord pouvait avoir prévu ? Il ne voulait pas faire courir de risque aux étudiants de Poudlard, aussi avait-il prétexté un besoin impérieux de travailler sur sa thèse pour se tenir à l’écart des salles de classe. Encore un sacrifice auquel il avait dû consentir… Et la belle lui rappela cette terrible réalité, sans la moindre once de délicatesse, dans sa seconde réponse : « Quant à moi, Baël… Je suis désolée mais tu as perdu le droit de me demander comment je vais, le jour où tu as pris cette décision stupide.» L’espace d’un instant, le jeune homme sentit une profonde colère monter en lui. Il dut se retenir de se lever pour lui crier qu’elle n’avait pas besoin de le châtier ainsi, qu’il avait déjà largement assez souffert. Qu’il était la première victime de cette « décision stupide » et que, depuis qu’il était tombé amoureux, pas un jour ne passait sans qu’il ne regrette d’avoir été aussi arrogant. Que s’il existait un moyen de se débarrasser de son hôte encombrant, il le ferait, mais qu’il ne pouvait pas même chercher un moyen : la dernière fois qu’il l’avait fait, Voldemort l’avait appris et avait entrepris de faire du mal à Laura. Qu’il était coincé, qu’il ne pouvait rien faire, sous peine de voir ceux qu’il aimait souffrir à cause de lui. Qu’elle n’avait pas le droit de le rejeter ainsi, qu’elle n’avait pas le droit de lui refuser son amour et ses bras, qu’il… Qu’il était complètement, totalement et irrémédiablement perdu, qu’il ne nourrissait plus aucun espoir. Qu’il était à deux doigts d’abandonner la lutte et de se laisser consumer en entier par le mal, qu’ils étaient, elle et Mathias, les deux dernières lueurs d’espoir auxquelles il s’accrochait opiniâtrement pour ne pas sombrer. Qu’elle ne pouvait pas lui tourner le dos ainsi…

    Mais il n’en fit rien. La colère s’évanouit instantanément pour laisser place à une profonde tristesse. Il méritait son mépris. Il méritait qu’elle lui fasse payer. Après tout, il n’était parvenu qu’à lui faire du mal à un moment où elle recommençait à peine à croire en l’amour. Il n’avait fait qu’agiter devant elle la perspective de la famille heureuse dont elle avait toujours rêvé, avant de la lui subtiliser d’une des manières les plus horribles qu’il soit. Il s’emmura un instant dans un silence blessé, baissa la tête et tenta de retenir une larme. Il n’entendit pas Angélique congratuler l’appétit de leur fils et fut soudainement rappelé à la réalité par une interpellation inhabituelle : « Bien. Je te laisse jouer avec lui ? Tous ses jeux, cubes, légos, petits balais, κτλ.* sont dans le salon près du tapis de jeu. Je vais rester là mais j’ai du travail. Il faut le coucher dans une heure. Tu veux t’en occuper ? » Il ne répondit pas tout de suite, abasourdi. Il fallut le temps que l’information parvienne au cerveau : elle lui proposait de rester une heure, toute une heure entière, à jouer avec son fils et à pouvoir se rassasier de leur présence, mais en plus, elle lui demandait de le coucher… « Tout seul ? Tu veux que je le couche seul ? » Il hésita. Bien sûr, la perspective de partager un moment seul avec son fils l’enchantait à un point qu’il n’imaginait même pas – non pas que la présence d’Angélique soit pesante, mais il n’avait jamais été seul avec son fils ne serait-ce qu’une seconde. Mais il ne pouvait se résigner à faire courir le moindre risque au petit être de lumière : et si Voldemort resurgissait alors qu’il était dans la pièce à côté ? « Je ne sais pas si c’est une bonne idée, tu sais, il y a… » Le regard qu’elle lui lança fut éloquent. La discussion n’était pas permise : elle voulait se plonger dans son travail maintenant en essayant de l’oublier. C’est pourquoi il devait le coucher seul. Elle n’était peut-être elle-même pas tout à fait consciente de cela, mais Baël n’osa pas discuter, de peur de se faire mettre dehors maintenant, et de perdre une heure de jeu avec son fils. Le temps fila plus vite qu’un vif d’or et après un peu plus d’une heure de course-poursuite – à quatre pattes –, de câlins, de constructions étranges, d’onomatopées joyeuses, de lancer de petits balais, le petit d’homme commença à fatiguer et à bailler à s’en décrocher la mâchoire (ce qui était extrêmement attendrissant). Peu assuré, mais en l’absence totale de réaction de la part d’Angélique, Baël se leva, le petit dans les bras, et s’approcha de la mère pour qu’elle puisse embrasser son enfant. Il s’attendit presque à le voir se raviser et se lever pour l’accompagner, mais elle n’en fit rien, et Baël fut bientôt, seul, dans la chambre du bambin. Il fit tout ce qu’il avait à faire – mais, sans Angélique à ses côtés, il fut soudain peu assuré d’avoir respecté la routine de Mathias – puis déposa un baiser sur le front de l’enfant somnolent qui s’était endormi dans ses bras. « Dors bien, petite chose. Je ne serai plus là quand tu te réveilleras, j’en suis désolé. Tu vas me manquer. » Il jeta un dernier regard à son fils, une larme à l’œil, puis quitta la pièce en regardant une dernière fois par-dessus son épaule, soulagé : Voldemort n’avait pas fait des siennes.

    Il s’attendait à trouver Angélique attablée. Elle lui jetterait surement à peine un regard en lui disant que Mathias avait été content de le voir et en le remerciant rapidement pour le body, puis en lui indiquant la sortie du menton. Quelle ne fut pas sa surprise de la trouver dans le canapé, en pleurs. D’un geste instinctif, il s’assit à ses côtés, ne sachant pas réellement s’il avait le droit de la toucher. « Angélique ? Qu’est-ce que… »


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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Dim 15 Mai 2016 - 19:34


    Angélique avait beaucoup hésité avant de choisir le prénom de son fils cadet. Elle avait retourné les différentes possibilités dans tous les sens, en avait discuté avec Loréana, avec Caleigh, avec Léon. Entre directrices de maison, Loréana et elle avaient passés de nombreuses soirées à discuter, comparer, regarder les étymologies, analyser les attestations littéraires des uns et des autres prénoms. C’est finalement aux alentours du huitième mois de grossesse que l’historienne s’était décidée : elle allait l’appeler Elouan, qui signifiait lumière en celte. Son fils serait sa petite lumière, sa sauvegarde, son univers, son nouvel espoir. Et elle y avait crû. C’était fixé, décidé, établi, gravé dans la pierre. C’est ainsi que pendant un peu plus d’un mois l’enfant s’était appelé Elouan, pour tous ceux qui le fréquentaient et qui s’adressaient à lui, à travers le ventre de sa mère mais le jour de l’accouchement changea le plan préétabli. Après dix heures de travail et quelques heures de souffrance intenses, lorsqu’Angie avait posé les yeux sur sa petite lumière, sur la chaire de sa chaire, sur son sang, ses entrailles, un seul prénom lui vint aux lèvres. Epuisée, alors qu’on posait cet être si petit, encore attachée à elle sur sa poitrine, elle avait murmuré « Mathias ». Cela avait été plus fort qu’elle, un sentiment qui l’avait dépassé, qu’elle n’avait pu contrôler. Le petit avait les yeux de son père, de Baël Mathias Owned et ce petit était littéralement l’incarnation au monde de son prénom, « Mathias », « don de Dieu ». L’enfant était une bénédiction, un cadeau divin. Baël était peut-être devenu le mal incarné, le sorcier le plus dangereux du monde mais il avait porté sur terre une part d’espoir, un portail d’amour qui ne s’éteindrait jamais et ce bonheur méritait de les lier. Le père diabolique et le fils angélique. L’un et l’autre uni par un prénom qui transmettait l’espoir qu’il restait en l’un dans la toute petite part d’ombre qui aurait pu exister dans cet enfant si pur. Alors l’enfant lumière s’était appelé Mathias. Mathias. Et lorsque quelques minutes plus tard les infermières eurent lavé et habillé le don de Dieu, et qu’elles l’eurent confié aux bras de sa mère, Angélique avait murmuré « Mon ange ». Et ainsi Mathias avait obtenu son second prénom « Angel » comme pour lier la mère solitaire et le fils absolu. Ainsi, l’enfant soleil fut nommé Mathias Angel Dewis, pour toujours et à jamais l’unificateur de ses deux parents.

    Cette petite jonction parentale était en ce moment en train de rire aux éclats. Voilà plus d’un an que le cadeau divin était venu au monde et avait illuminé la terre de ses mouvements de paupières. Le monde était resté laid, malgré la naissance de cet être si pur et la vie de sa mère s’était ternie d’un doux éclat. Baël, le démon, l’avait brisée, jetée plus bas que terre, elle qui avait crû construire une famille, qui lui avait fait confiance, qui avait espéré, espéré tellement et qui l’avait aimé, il l’avait détruite, trahie, malgré lui. Mais le Don de dieu lui avait redonné une raison de se lever le matin, une cause pour laquelle se battre, il avait refait naître l’espoir au cœur de son sein et au sein de son cœur. Un an que les sourires de Mathias aiguayaient son quotidien, que ses rires faisaient couler son sang dans ses veines. Et ce petit être, inconscient du pouvoir qu’il avait entre les mains, de ce qu’il représentait, battait des mains, babillait des onomatopées indistinctes alors que son père réapparaissait dans son champs de vision. La réunion des deux Mathias semblait provoquer un arc-en-ciel de joie qui transcendait Angélique, bien malgré elle. Un brin de nostalgie la saisissait toujours et elle se prenait à rêver de ce qu’elle n’avait pas et de ce qu’elle n’aurait jamais. Baël, lui, semblait mettre en balance deux autres sentiments : le bonheur incommensurable et le malaise. Mathias le rendait heureux et Angélique le mettait mal à l’aise. La belle le savait et, même si elle était parfois tentée de le rassurer, elle n’y arrivait jamais. Sa tristesse et sa déception finissaient toujours par remonter, se matérialisant sous forme de colère, de sarcasme et d’agressivité et Baël subissait tout, sans broncher, pâle et coupable. Gêné, inquiet, il avait osé demander des nouvelles de la femme qu’il aimait mais celle-ci ne s’était pas laissé faire, considérant qu’il n’avait plus ce droit, plus cette chance. Le jeune homme sembla furieux momentanément ; Angélique avait pu voir briller une flamme de colère dans ses yeux mais elle disparut rapidement pour montrer de la douleur et de la résignation. A nouveau, cette envie de le prendre dans ses bras, de le consoler submergea Angélique. Il fallait qu’elle résiste, qu’elle se concentre sur autre chose que sur cette famille détruite qu’elle rêvait de recomposer.

    Elle se releva soudainement : « Bien. Je te laisse jouer avec lui ? Tous ses jeux, cubes, légos, petits balais, κτλ.* sont dans le salon près du tapis de jeu. Je vais rester là mais j’ai du travail. Il faut le coucher dans une heure. Tu veux t’en occuper ? » Elle vit immédiatement le visage de Baël changer de couleur, passer du blanc au vert, du vert au rouge et de là à nouveau au blanc. Toutes les palettes de la peur y étaient passées. Son regard circulait d’Angélique à son fils, de son fils à Angélique. Il finit par répondre, hésitant, bégayant peu sûr de lui : « Tout seul ? Tu veux que je le couche seul ? » La sous-directrice du château se mordit la langue, s’empêchant de lui demander agressivement s’il était devenu idiot depuis qu’ils avaient rompus puisqu’il n’était manifestement pas capable de comprendre sa phrase. Mais elle savait que ce n’était pas de l’incompréhension et jouer cette carte-là aurait été plus que méchant. Baël avait simplement peur, peur d’être seul avec son fils, peur que Voldemort réapparaisse à ce moment-là, peur de faire du mal à l’être qu’il aimait le plus au monde. Angélique se contenta donc de la fixer d’un regard froid, se demandant pourquoi il ne profitait pas de l’occasion qui lui était offerte pour prouver qu’il en était capable. « Je ne sais pas si c’est une bonne idée, tu sais, il y a… » D’un regard, elle le réduisit au silence. Elle avait besoin de travailler, de se tenir loin de lui, de son visage, de son corps, de ses bras et cela devait se faire immédiatement. Pourquoi devait-il toujours compliquer les choses. Il n’arriverait rien à Mathias. Angélique était équipée d’un babyphone et serait prête à agir au moindre soupçon. L’apprenti avait compris qu’elle ne changerait pas d’avis et s’était donc levé pour sortir le fiston de sa chaise. Le bébé gazouillait, s’agitait, pressé de se retrouver dans les bras de son paternel. Angélique quitta également son tabouret et s’apprêta à quitter la cuisine, mais avant de le faire, elle lança : « Au fait… Laura m’a encore envoyé une lettre de menace, m’informant que je devais arrêter de te faire souffrir. Mets y un terme une fois pour toute ou je finirai par tout lui raconter. » Laura Owned était la sœur de Baël. Ils tenaient l’un à l’autre comme jamais aucun couple de frère et sœur ne s’étaient aimés. Pendant des années ils avaient été leur unique raison mutuelle de vivre. Laura avait déjà eu du mal à accepter la relation d’Angélique avec Baël tant elle était jalouse de voir une autre femme dans la vie de son frère mais elle avait fini par s’y faire. Mais depuis leur rupture – et comme elle n’en connaissait pas le fin mot – elle considérait qu’Angélique était responsable des larmes de Baël et s’arrangeait pour le lui faire savoir.

    Sans laisser le temps à son ancien amour de répondre, Angélique quitta la petite cuisine américaine pour se diriger vers l’espace salon, où plutôt l’espace salle à manger dans l’espace salon. Bien qu’elle disposât de son propre bureau – bien rempli – dans ses appartements, l’historienne préférait ces temps-ci, depuis la naissance de Mathias en fait, travailler dans la pièce commune. Ils mangeaient de toute façon tous toujours autour du bar de la cuisine et non à la grande table qui s’était donc retrouvée envahies de livres, parchemins, plumes et encriers. Elle s’attabla, prenant bien soin d’être dos au salon, pour ne pas avoir constamment Baël sous les yeux et commença à travailler. Elle fit surtout semblant de travailler pendant une heure. Elle ne pouvait s’empêcher d’écouter son fils et le père rire et s’amuser. Elle se retournait de temps en temps et observait du coin de l’œil, à la dérobée, les jeux émouvants qui prenaient place dans le salon : Mathias qui tentait de semer Baël à quatre pattes, Baël qui finissait par le rattraper et le chatouillait, Baël qui construisait un tour, Mathias qui la détruisait, se moquant allégrement de son paternel. A plusieurs reprises, Angélique dû faire appel à tout son self-control pour ne pas les rejoindre et agir avec eux comme s’ils étaient une vraie famille. Elle se replongeait dans ses parchemins, ses statistiques et recherches pour mieux en ressortir quelques secondes plus tard en entendant la voix de l’un ou l’autre des protagonistes. C’était exaspérant. Elle en était même arrivée à se mettre les mains sur les oreilles pour lire la page d’un livre, tentant vainement de s’isoler du bruit et de la présence des deux autres. C’est ainsi qu’à un moment donné, Baël surgit dans son champ de vision, Mathias dans les bras. Angélique fronça les sourcils, se demandant ce que ce strangulot lui voulait encore mais elle comprit lorsqu’elle vit les yeux fatigués de leur enfant. Baël se pencha pour donner accès au petit et Angélique dans un sourire attendri embrassa tendrement Mathias : « Bonne sieste mon amour. » Elle clôtura cette émouvante scène en adressant un regard de glace à Baël qui se dirigea, penaud, vers la chambre de bébé.

    Angélique respira un grand coup, allumant d’un coup de baguette le babyphone. Elle put alors entendre le père s’activer pour respecter la routine de son fils, se questionnant même parfois à voix haute sur ce qu’il devait faire, essayant de se souvenir des gestes que posait habituellement la maman. Attendrie, Angélique se laissa aller sur sa chaise et finit par la quitter quelques secondes plus tard pour s’installer dans le canapé. Epuisée, elle s’y affala sans élégance. Le babyphone ne cessait de lui transmettre les rires de bonheur de Mathias et les paroles d’amour que Baël lui adressait. Elle allait craquer. Voilà à peu près un an et neuf mois qu’elle tenait bon, qu’elle faisait face, sans broncher, sans rien montrer mais petit à petit la brèche se fissurait et un trou béant se créait. Elle sentit les larmes monter malgré elle. Angélique n’avait pas pour habitude de se laisser aller et elle ne s’autorisait à pleurer que le soir, seule dans son lit, quand personne ne pouvait la voir, quand le soleil ne pouvait la surprendre. Seule la lune avait le droit de partager l’éclat argenté de ses larmes mais aujourd’hui, elle n’en pouvait plus. Ce début d’après-midi avait été trop chargé d’émotion. Voir Baël avec son fils la retournait au plus profond de son être et faisait remonter ses rêves mort-nées, ses envies de familles, son besoin d’affection. Elle sentait son cœur se déchirer de plus en plus, sur le canapé, en écoutant Baël embrasser son fils, lui souhaiter un bon dodo et lui dire qu’il regrettait de ne pouvoir être là à son réveil, alors sans rien retenir, sans pouvoir se maîtriser, Angélique fondit en larme sur le canapé. Les goûtes d’eaux coulaient sur ses joues et elle n’était plus capable de les arrêter. Elle essayait vainement, pour ne pas que Baël la vît ainsi mais elle n’y arrivait pas, n’y arrivait plus. Aujourd’hui était le jour de trop.

    Ses craintes prirent vie lorsqu’elle entendit la porte de la chambre de Mathias grincer dans un sens et puis dans l’autre, signe qu’elle était fermée. Pas de son dans le babyphone si ce n’est la douce musique du mobile au-dessus du lit ; l’enfant était endormi. Et elle pleurait, elle pleurait toujours. Les sillons de larmes ravageaient son visage, ses sanglots résonnaient dans l’appartement. Baël la vit tout de suite. Elle aurait espéré qu’il s’en aille, qu’il lui laisse au moins encore la fierté de ne pas pleurer devant lui mais c’était trop lui demandé. Il s’était approché, assis à côté d’elle. Malgré ses pleurs, elle percevait son hésitation : « Angélique ? Qu’est-ce que… » Elle se tut un instant, laissant ses larmes couler et finit par murmurer : « je te déteste ! » Et là, une fois ces quelques mots sortis, ce fut l’explosion. D’un bond Angélique se redressa, se leva, entraînant dans son mouvement le pauvre Baël qui n’en menant pas large. Elle pleurait toujours mais ses yeux lançaient des éclairs. La colère se mélangeait à la tristesse et tout allait enfin sortir. « Tu n’es qu’un sombre imbécile ! » Elle hurlait dans l’appartement – heureusement la chambre de Mathias était isolé des bruits extérieurs par un sort – et sa voix sourde comme le tonnerre raisonnait : « Pourquoi ?! Mais pourquoi tu nous as fait ça ? Pourquoi tu n’as pas pu te refreiner à temps ? Et… » Un sanglot la coupa soudainement, l’empêchant de continuer et lui serrant la gorge. Elle toussa pour reprendre sa respiration avant de continuer comme une furie : « Pourquoi tu as gâché tout ce bonheur, notre bonheur, le bonheur de ton fils. On aurait tout eu, TOUT ! Tu nous as détruits, je te hais. Je te hais parce que je t’aimais moi ! » Le mot était lâché ! Sa colère ne diminua point et ses larmes coulaient toujours : « On était bien tous les deux ! J’avais…. J’avais… J’avais confiance en toi, sombre crétin ! » Elle parlait tout en lui assignant quelques coups de points sur le torse, essayant de le frapper pour apaiser rage et souffrance. A bout de force, au bout de quelques seconde, elle arrêta de le meurtrir de coups mais elle continuait de pleurer, pleurer, pleurer et elle restait là debout, à le fixer, le visage ravagée par les larmes, elle avait terriblement envie qu’il parte mais surtout terriblement envie qu’il la prenne dans ses bras et elle murmurait sans fin, abattue, épuisée, lessivée : « je t’aimais moi, Baël, je t’aimais… Je t’aimais… Tu as tout gâché, je t’aimais… »


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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Dim 15 Mai 2016 - 22:47

    Ok, le petit venait de s’endormir contre son épaule. Angélique n’aurait probablement pas apprécié ça, et elle aurait probablement préféré que le petit bonhomme ne s’habitue pas à être dans les bras d’un de ses parents pour rejoindre Morphée, mais, actuellement, Baël n’en avait cure : il savourait ce contact si intime et si intense avec le bambin, car, dans quelques secondes, l’enfant quitterait sa présence pour de longs jours moroses. Comment un être si vulnérable pouvait-il vouer une confiance aveugle à quelqu’un comme lui ? Comment cet enfant, si pur, pouvait-il ne pas ressentir le mal qui rongeait son père de l’intérieur ? Comment pouvait-il parvenir à s’endormir, là, au creux de son épaule, le laissant à la merci de tout ce qu’il pourrait lui arriver ? Comment était-ce possible ? La pureté de ce petit cœur de même pas deux ans était-elle naïve, ou tout simplement extraordinairement puissante ? Assez puissante pour tenir Voldemort à distance, assez puissante pour dissiper les terribles nuages orageux qui assombrissaient la vie de Baël ? Comment un enfant pouvait-il porter tant de lumière en lui ? Mathias était réellement un don du ciel. Un phare, qui guidait le jeune père dans la brume ténébreuse dans laquelle il n’aurait jamais dû s’enfoncer. Une lanterne, qui ramenait un coin de soleil dans un paysage nacré, placide, terne. Comme si le rire de l’enfant colorait un pan de ciel gris. Comme si ses regards laissaient aux oreilles paternelles une douce mélodie qui calmait son âme et faisait s’évanouir ses tourments. Mathias était un ange, Mathias était une bénédiction. Mathias était, surtout, une des raisons pour lesquelles Baël avait décidé, quoi qu’il lui en coûta, de trouver un moyen de se débarrasser du Lord. Si cela passait par lui offrir un nouveau corps, il le ferait. S’il y avait un autre moyen, n’importe lequel, il l’emploierait. Il voulait offrir à son fils l’avenir radieux qu’il n’avait jamais eu comme perspective. Il voulait que sa chair et son sang ne manque jamais de rien, il voulait qu’il grandisse dans une famille aimante qui lui permettrait de se réaliser pleinement. Il voulait lui offrir tout ce que sa vie lui avait refusé. Mathias allait grandir sans manquer de rien. Il n’aurait pas à se contenter de T-shirt déchirés, il n’aurait pas à manger de la soupe (et rien que de la soupe) cinq fois par semaine. Il n’aurait pas à voler les repas des autres enfants, à l’école, pour les offrir à sa sœur. Il n’aurait pas à rougir, en arrivant à Poudlard pour la première fois, de sa robe de sorcier de seconde main et de son chapeau rapiécé. Il n’aurait pas à faire ses débuts dans l’équipe de Quidditch de sa maison sur un vieux Nimbus 2000 de troisième – voire quatrième – main. Il n’aurait pas à se faire offrir des sucreries par ses amis dans le Poudlard Express, faute de pouvoir les acheter lui-même. Mais, surtout, il n’aurait pas à invoquer Lord Voldemort pour avoir enfin l’impression de compter dans un monde qui semblait ne pas vouloir de lui. Le Petit Prince aurait tout ce dont il pourrait rêver, parce qu’il ne devait pas connaître les affres de la pauvreté, de la maladie et de la disette.

    Baël inspira profondément. Il aurait voulu figer ce moment dans le temps. Ne jamais avoir à se séparer de son fils endormir, ne jamais devoir le poser sur ce lit. Il sentait les agrumes. Jamais Baël n’avait eu droit à un savon parfumé. C’était à peine s’il avait eu droit à un savon. Dans un sourire nostalgique mais heureux, il se dit que, même s’il était loin de lui, Mathias était heureux. Angélique s’en occupait à merveille, et il était difficile d’imaginer une mère plus aimante. Cette femme était incroyable. Elle était parvenue à passer outre sa colère, ses peurs, sa rancœur, et à penser avant tout à l’intérêt de leur enfant en permettant à Baël de le voir deux fois par semaine, ou à tout moment s’il le désirait. Jusqu’à présent, l’ancien Vert-et-Argent n’avait jamais fait usage de cette possibilité, se refusant à imposer plus que nécessaire sa présence à son ancienne amante, qui nourrissait clairement à son égard une amertume toute justifiée. Elle devait se sentir trahie, abandonnée, humiliée. Elle devait prendre cela personnellement, et nager dans l’incompréhension. Comment lui en vouloir ? Baël lui-même ne comprenait plus celui qu’il avait été, il y avait quelques années. Comment avait-il pu croire qu’invoquer Lord Voldemort pourrait lui apporter quoi que ce soit, sinon des tourments ? Comment avait-il pu être aveuglé par ses rêves de grandeur au point de ne pas réaliser que la découverte d’Appelo-Mortem était un exploit suffisant pour marquer l’histoire de son empreinte ? Ces questions le tourmentaient jour et nuit, depuis qu’il avait réalisé qu’il aimait Angélique Dewis, et plus encore depuis qu’il n’avait pu assister à la naissance de Mathias Angel Dewis. Dewis, pas Owned. Le fait que son fils, le fruit de son amour et de ses vingt ans, ne porte pas son nom, était une lame de glace qui s’enfonçait dans son cœur meurtri. Il n’avait pas le droit d’être vu avec le bambin. Il n’avait pas le droit de se pavaner, le gamin dans les bras, fier que tout le monde puisse voir la merveille qu’il avait participé à mettre au monde. Pour la terre entière, cet enfant étant celui d’Angélique Dewis et d’un père inconnu, que nombres de rumeurs agaçantes tentaient d’identifier. Smith, peut-être ? Ou bien le professeur de botanique ? Et pourquoi pas Gilleford ? Non, bande de crétins ! Cet enfant était le sien ! Oui, le sien, lui, la brute épaisse, lui le sans-foi-ni-loi, lui l’arrogant et l’égoïste, il était de père de ce bijou. Ça vous en bouche un coin, hein ? Et oui, lui qui n’avait jamais rien accompli, il avait posé l’acte le plus généreux et le plus beau qu’un humain puisse poser : il avait donné la vie, et il avait donné sa vie. Il donnerait tout, même sa vie, pour cet enfant qui grandissait. Ce n’était pas une promesse. Ce n’était pas un serment : c’était une vérité absolue, c’était une évidence. Depuis qu’il avait posé les yeux sur Mathias, Baël savait qu’il ne vivrait plus que par et pour lui. Il était devenu le moteur et le dessein, l’alpha et l’oméga. A chaque instant, le jeune père dirigeait ses pensées vers son fiston, s’inquiétant de sa santé, se demandant ce qu’il faisait, s’il allait bien, si ces nuits n’étaient pas agitées, si ses dents ne le faisaient pas souffrir, s’il n’avait pas trouvé un ingénieux moyen de se blesser. Tant qu’il était là, dans ses bras, rien ne pourrait lui arriver. Mais il fallait bien se résoudre à le déposer, un jour, pour le laisser rêver à ce dont rêvent les bébés. A contrecœur et dans un déchirement profond, il l’installa délicatement dans son lit-cage, s’assura qu’il aurait bien chaud pour la nuit et se pencha une dernière fois sur lui pour déposer sur son front un baiser d’adieux. « Dors bien, petite chose. Je ne serai plus là quand tu te réveilleras, j’en suis désolé. Tu vas me manquer. » Il l’observa dormir un instant, serein, puis se retourna en réprimant une larme qui naissait au coin de son œil. Parvenu à la porte de la chambre, il se retourna une ultime fois, se laissa bercer un instant par la respiration régulière du nourrisson assoupi, puis quitta la pièce sans un bruit. Il respira un instant profondément devant la porte close, puis s’apprêta à affronter les sarcasmes ou l’indifférence – il ne savait pas ce qui était pire – de la belle.

    Son regard se posa en premier lieu vers la table de la salle à manger (qui était devenue une vraie pièce à vivre plutôt qu’à se nourrir), ou l’historienne avait entrepris de travaille. Baël aurait presque pu sourire en employant mentalement le terme « travailler ». Les regards en biais de la sous-directrice ne lui avaient pas échappé, et il lui avait même semblé qu’elle avait été, à plusieurs reprises, à deux doigts d’envoyer balader toutes ses recherches pour se joindre à deux des hommes de sa vie (mais Baël en faisait-il encore partie ?). Mais il ne sourit pas : l’historienne n’était plus attablée, penchée au-dessus de divers parchemins moyenâgeux, voire plus anciens. La dégoûtait-il au point qu’elle ne puisse même plus supporter sa présence, et qu’elle avait profité de son absence pour disparaître afin de ne plus le recroiser ? N’avait-elle vraiment plus aucun sentiment pour lui ? N’était-elle pas…. En train de pleurer, sur le canapé ? Un sortilège de stupéfixion n’aurait pu avoir plus d’effet sur le jeune homme. Comme frappé par la foudre, il lui sembla mourir pendant une seconde. Elle pleurait ? Angélique Dewis pleurait ? Elle qui était le parangon de la force, l’idole de la sagesse, la personnification de la sérénité… Elle qui semblait toujours si puissante, si sûre d’elle ; elle qui semblait avancer dans la vie en traçant un chemin qui se déroulait limpidement à ses pieds ; elle qui cachait en réalité une sensibilité à fleur de peau et un besoin d’affection terrible sous ses airs de rudesse… Elle dont le sourire dégelait les cœurs les plus insensibles et dont les battements de cils provoquaient chez l’ancien Serpentard une tachycardie envoûtante… Elle qui avait été son salut, elle qui l’avait aidé à voir un peu plus clair dans les ténèbres de son existence, elle pleurait ?! Dans un premier temps, le jeune homme eut envie de prendre ses jambes à son coup, de faire comme s’il n’avait jamais assisté à cette scène déchirante. C’était, de plus, ce que la fierté de la belle lui hurlait sans doute : va-t’en, laisse-moi et oublie ça. Mais, parfois, et Baël était bien passé pour le savoir, il fallait envoyer la fierté se faire foutre. Son instinct protecteur (et amoureux ?) refit surface et, bien que peu sûr de l’accueil qu’il allait recevoir, il s’installa à ses côtés, sans toutefois oser la toucher. Il balbutia une question aussi maladroite qu’inutile, puis le temps se figea. Sans le regarder, la belle l’assassina. « Je te déteste. » Il mérita sans doute ce jugement terrible, mais cela n’enleva rien à la douleur qu’il ressentit. Jamais il n’eut autant envie de mourir, de faire cesser cette soudaine souffrance qui avait ouvert son crâne en deux et qui lui tordait les boyaux. D’un coup, d’un seul, il se mit à suffoquer, sentant l’air lui manquer. Il n’eut cependant pas le temps de laisser s’écouler les larmes, qui se contentèrent de lui rougir les yeux. La belle endolorie se leva soudaine, le forçant violemment à faire de même, et l’ouragan se déchaîna. « Tu n’es qu’un sombre imbécile ! Pourquoi ?! Mais pourquoi tu nous as fait ça ? Pourquoi tu n’as pas pu te refreiner à temps ? Et… » Elle s’étrangla dans un sanglot. Prostré, Baël ne songea même pas à essayer de l’aider. Il se contentait d’encaisser, pour l’instant, sans réellement comprendre ce qui était en train de se passer. Pour qu’Angélique tonne ainsi, elle devait être profondément blessée et avoir retenu ses sentiments depuis bien trop longtemps. « Pourquoi tu as gâché tout ce bonheur, notre bonheur, le bonheur de ton fils. On aurait tout eu, TOUT ! Tu nous as détruits, je te hais. Je te hais parce que je t’aimais moi ! » Les mots étaient des éclats chauffés à blancs qui s’enfonçaient sous sa peau et le meurtrissaient de l’intérieur. Surtout lorsqu’elle employa l’imparfait. « Je t’aimais. » « On était bien tous les deux ! J’avais…. J’avais… J’avais confiance en toi, sombre crétin ! » Elle se mit à le frapper, mais il ne sentit rien : un cadavre ne sent rien. « je t’aimais moi, Baël, je t’aimais… Je t’aimais… Tu as tout gâché, je t’aimais… » Soudain, le silence se fit. Les oreilles de Baël continuaient de siffler, comme s’il avait été molesté jusqu’au sang. Complètement sonné, il ne sentit pas les larmes se frayer un chemin le long de ses joues. Il n’osa pas croiser le regard de l’historienne et mit du temps avant de savoir quoi dire, quoi faire. Complètement perdu, il ferma les yeux en se mordant la lèvre jusqu’au sang. Il ne sentit même pas la douleur. Il inspira profondément avant de commencer à parler, très faiblement, comme s’il ne destinait ses mots qu’à lui-même : « Tu penses que tu es la seule à me haïr ? Tu penses que je ne me déteste pas assez ? » Il releva les yeux vers elle. Ils étaient brouillés par les larmes, et on ne pouvait y lire aucune agressivité, aucune haine. Juste une profonde tristesse et un sentiment de résignation désespérée. « Depuis le jour où j’ai pris cette décision stupide, j’ai cessé de vivre. Je ne suis plus rien, Angélique. Plus rien ! Je suis un pantin, je suis une ombre. Je ne vis plus que dans la crainte, je ne vis plus que dans l’attente. Depuis ce jour, mais vie est une apnée, une parenthèse. Je ne suis plus maître de rien ! Je ne comprends plus rien, je ne sais plus rien, je ne suis plus rien. » Il marqua une pause, puis, dans un geste incontrôlé, il s’approcha d’Angélique et posa son front contre le sien. Sa voix se fit murmure. « Mais toi, toi… Toi tu as su m’aimer. Tu as su me voir meilleur que je ne l’étais, tu as su percé la carapace de brusquerie que je m’étais construite. Tu m’as rendu meilleur que je ne l’ai jamais été. Mais, plus encore, tu m’as rendu heureux. Je t’ai aimée, Angie. Non, c’est faux : je t’aime. Je t’aime à la folie, je t’aime plus que je ne m’en sentais capable. Et j’aime Mathias. Vous êtes les seules raisons qui me font m’accrocher à la vie. Vous êtes mes trésors, mes amours. J’abandonnerais tout, pour vous. Mes rêves de grandeurs, mon arrogance et mes accomplissements. Je vous donnerais ma vie s’il le fallait. Je vous aime, et chaque seconde loin de vous est une éternité de torture. Loin de toi, je vais de Charybde en Scylla ; loin de lui, j’envie même Sisyphe. J’étais une coquille vide, une âme creuse. Si je vous avais rencontrés plus tôt, je n’aurais jamais eu à la remplir comme je l’ai fait. » Il posa une main sur sa joue, comme pour essuyer ses larmes, puis il se recula de quelques pas, réfrénant un sanglot. « Mais tu as raison. Je ne suis qu’un sombre crétin, incapable de se contenter de ce qu’il a. Tu mérites mieux que moi, et Mathias mérite également mieux. Je devrais peut-être disparaître de vos vies, mais je n’y arrive pas. Je ne peux m’y résoudre. Parce que je suis définitivement, irrémédiablement et indiscutablement fou de vous. Sans vous, j’étais perdu. Je suis perdu. Vous êtes ma seule certitude. Alors si tu as besoin de temps, si tu as besoin de quoi que ce soit, je t’en accorderai. Si tu veux que je m’en aille, tu n’as qu’un mot à dire. Mais malgré toutes les conneries que j’ai pu faire, jamais je n’ai regretté un seul instant la moindre seconde passée avec toi. Jamais. »


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Mar 17 Mai 2016 - 23:52

    Quand elle n’était qu’une petite fille, Angélique avait des rêves. Des rêves d’enfants diront certains mais ces rêves étaient des souhaits profonds, des envies, des espoirs. Durant toute son enfance, ses parents lui avaient sciemment menti, lui avait caché la vérité et même lorsqu’elle l’eût découverte, ils avaient refusés de parler de son adoption, se murant dans le silence. Sa mère était une gentille femme au foyer qui s’occupait très bien d’elle mais qui était pleine de regrets et son père un homme assez travailleur, très aimant mais rarement là, était renfermé et secret. Leur famille s’était construite sur les non-dits et une rancune rance, tenace mais dissimulée avec habilité. Angélique avait rêvé du contraire. Elle s’était imaginé une belle carrière, qu’elle n’aurait pas eu à sacrifier, elle s’était vue au sommet, travailleuse, passionnée, décidée. Elle avait crû que rien ne pourrait l’arrêter, que son avenir professionnel lui sourirait, qu’elle ne compterait jamais ses heures tant elle aurait aimé son boulot. Depuis petite, elle adorait l’histoire. Elle avait voulu devenir historienne, chercheuse, professeur d’histoire pour transmettre l’importance du passé pour mieux appréhender l’avenir. Elle s’était vue au centre des discussions, admirée, lue, écoutée. L’avenir professionnel qu’elle s’était promis était radieux. Elle avait aussi rêvé d’une famille, une famille parfaite, pleine d’affection, d’honnêteté, de vérité. Elle avait voulu un mari, un mari qui lui aussi aurait une belle carrière, un mari dont elle n’aurait pas entravée la montée et qui n’aurait pas entravé la sienne. Ils se seraient soutenus mutuellement dans leurs épreuves, conseillés et écoutés dans leurs doutes, épaulés dans leurs ascensions. Le mari dont elle avait rêvé était un mari passionné, torride, aimant, caractériel mais délicat, affectueux, attentionné, généreux, honnête. Avec ce mari, elle aurait tout partagé : ses peurs, ses pleurs, ses souffrances, ses rires, ses joies, ses bonheurs. Elle aurait pu se réfugier dans ses bras quand rien n’allait, compter sur lui en cas de fatigue et cela aurait été réciproque. Elle s’était voulue faible et forte à la fois. Avec cet homme parfait, elle aurait eu un enfant ou deux qui seraient devenus le centre de leurs existences mais dont ils se seraient occupés de manière partagée et efficace pour ne pas briser leur carrière. Elle s’était imaginé de nombreuses scènes de famille où régnaient rires, sourires, joies, bonheurs, amours : un repas gracieux et abondant avec des enfants qui leur auraient raconté leur journée, un repas en amoureux au restaurant, un bouquet de fleur pour la Sainte Morgane, des jeux de sociétés, des soirées films. Angélique avait beaucoup rêvé, tout espéré. Seul l’un de ses rêves s’était réalisé. Elle avait fait carrière, sans entrave ; elle était au sommet. Même dans ses rêves les plus osés, elle n’aurait pu espérer mieux. Mais sa vie familiale... Même dans ses cauchemars les plus effrayants, elle n’aurait pu imaginer pire. Elle ne regrettait pas ses deux fils mais entre Sacha et Baël, elle était loin d’avoir obtenu son mari parfait.

    L’image de ses rêves la hantait et ils la hantaient d’autant plus qu’elle y avait crû plus que jamais il y a peu. Après le départ de Sacha, elle avait fait une croix dessus, s’était résigné, avait fait le deuil de ses illusions enfantines. Mais Baël était entré dans sa vie et il avait tout révolutionné. La terre s’était mise à tourner dans l’autre sens, le soleil à se lever à l’occident, la lune à décroître avant de croître. Elle s’était repris à embrasser ses souhaits de petite fille, s’était surprise à aimer si fort qu’elle ne se sentait pleine qu’en sa présence. Baël avait été sa moitié. Elle l’avait conseillé dans ses choix et lui, l'avait épaulée. Elle avait pu des mois durant se réfugier dans ses étreintes, s’endormir dans ses bras, respirer sa peau, son odeur, compter sur lui, sur sa présence. Malgré son caractère, Baël s’était révélé être le mari de ses rêves. Lorsque le test de grossesse était apparu positif, elle y avait crû encore plus fort. Elle avait été tellement certaine, tellement sûre, tellement persuadée d’obtenir enfin tout ce qu’elle avait toujours voulu, tout ce pour quoi elle s’était battu, l’obsession qui la tenait en vie. Elle allait l’avoir son existence parfaite et sans nuage. Mais cruelle déception : tout s’était effondré comme un château de carte. Angélique avait fait face, sans rien montrer. Elle avait agi pendant des mois, plus d’un an, comme si rien ne s’était passé, se montrant juste froide et légèrement colérique. Un roc d’indifférence. Elle avait menti, autant aux autres qu’à elle-même. Elle avait voulu faire croire, voulu croire que tout cela ne la touchait pas, que ce n’était pas grave, qu’elle n’avait rien perdu, que seule sa carrière comptait, que Baël ne signifiait rien, que Mathias et Dylan n’avaient pas besoin de père présent au quotidien. Elle s’était persuadée qu’elle n’avait pas besoin d’un homme à la maison, pas besoin d’amour, qu’elle se suffisait à elle-même, qu’elle n’avait besoin de personne, que son égo suffisait à la combler, que son travail était l’unique but de son existence. Elle avait clamé qu’une femme libérée n’avait pas besoin d’homme, que son lit froid et solitaire ne la gênait pas, qu’elle savait très bien s’occuper d’elle-même, qu’un être de plus chez elle la gênerait plus qu’autre chose, qu’elle ne voulait pas de boulet attaché à ses ailes. Mais tout cela n’était que mensonges, grotesques mensonges. Elle se sentait seule au monde, triste, abandonnée. Elle avait besoin de câlins, besoin de tendres baisers, besoin d’être rassurée, besoin qu’on la prenne dans ses bras. Elle avait besoin de pouvoir se reposer sur un autre, de le sentir près d’elle, de le toucher. Sa solitude la pesait et ses rêves la hantaient comme d’immondes chimères de regrets et d’amertume. Elle était détruite, brisée, éclatée, déchirée. Et à force de prétendre le contraire, sa carapace finirait par se fissurer.

    Et c’était exactement ce qui était en train de se passer. Elle pleurait lamentablement sur son canapé un torrent de larme, une avalanche de peine, un déluge de tristesse, un tourbillon de souffrance, un typhon de solitude, un ouragan de douleur. Tout cela se déchainait en son cœur et elle ne pouvait s’empêcher de pleurer. Même quand Baël était venu s’assoir à côté d’elle, sa dignité n’avait pas pu reprendre le dessus. Alors elle s’était relevée, en colère, au bout du rouleau et elle lui tout craché au visage, tout : la manière dont il avait détruit ses rêves, la façon dont elle avait crû en lui et combien il l’avait déçu. Tout sortait : toute sa rage, toute sa déception, toute sa haine, tout ce qu’il lui avait fait subir mais surtout tout l’amour qu’elle avait ressenti pour lui et qu’en réalité elle ressentait encore. Baël était resté prostré, les yeux fermés, accusant le coup, écoutant patiemment tout ce que la belle avait à cracher, subissant chaque mot comme un poignard. Il l’avait laissé le frapper. Un sanglot avait fait à nouveau taire Angélique dont la colère commençait à s’apaiser, ne laissant de place qu’à son mal-être, à son cœur en miette. Elle releva lentement la tête et elle vit que la lèvre de Baël saignait – se l’était-il mordu ? – et que des larmes involontaires coulaient également le long de ses joues. Et tout d’un coup la voix de Baël résonna dans l’appartement, posée mais anéantie : « Tu penses que tu es la seule à me haïr ? Tu penses que je ne me déteste pas assez ? » Ce fut comme un coup de massue sur la tête d’Angélique. Elle s’était tellement emmurée dans ses certitudes pour ne pas avoir à souffrir d’avantage qu’elle ne s’était jamais vraiment demandé ce que Baël ressentait. Elle se doutait que son fils et son couple lui manquaient mais elle n’avait jamais pensé qu’il regrettait ses actes, qu’il s’en voulait. Elle s’était contenté de le haïr – c’était plus simple – et de considérer qu’il méritait tout ce qui pouvait lui arriver, qu’il avait fait un mauvais choix mais un mauvais choix avec de si lourdes conséquences qu’il ne pouvait être soutenu. Bon… Là encore, c’était un semi-mensonge. Dans les rares moments où elle avait osé s’avouer que Baël lui manquait, elle avait tenté quelques recherches pour essayer de trouver une solution, sans résultat. Il avait été plus simple de tout lui laisser sur le dos. Après tout, c’était sa faute, sa décision… Mais il n’avait été qu’un gamin quand il avait fait cette erreur. Angélique l’observait. Il semblait tellement résigné, tellement au bout du rouleau – peut-être plus qu’elle encore – qu’elle eut envie – encore – de le prendre dans ses bras. Mais Baël recommença à parler : « Depuis le jour où j’ai pris cette décision stupide, j’ai cessé de vivre. Je ne suis plus rien, Angélique. Plus rien ! Je suis un pantin, je suis une ombre. Je ne vis plus que dans la crainte, je ne vis plus que dans l’attente. Depuis ce jour, mais vie est une apnée, une parenthèse. Je ne suis plus maître de rien ! Je ne comprends plus rien, je ne sais plus rien, je ne suis plus rien. » C’était donc cela que de partager son corps avec Lord Voldemort ? N’être plus qu’un immense vide, une marionnette, un vulgaire fantôme, un pathétique reste d’humaine ? Alors, est-ce que la gloire valait le coup Baël ? Est-ce que tes rêves se sont concrétisés ? Est-ce que briser la paix du monde en vaut la chandelle ? Est-ce que tu te sens accompli, empli ? Est-ce que Voldemort a comblé tes espoirs ? Ce n’est clairement pas le cas. Pourquoi n’y as-tu pas pensé plus tôt ? Pourquoi n’as-tu pas réfléchi ? Pourquoi n’as-tu pas été capable de mettre tes aspirations de côté pour penser à Laura, par exemple ? Un mouvement interrompit Angélique dans ses pensées. Baël s’était approché d’elle, il avait posé son front sur le sien. La belle plongea alors ses yeux dans le regard de Baël et ce qu’elle y vit la fit frissonner de tout son être : un mélange de désespoir, de reconnaissance et d’amour – un amour si profond qu’il ne pouvait être que sincère. « Mais toi, toi… Toi tu as su m’aimer. Tu as su me voir meilleur que je ne l’étais, tu as su percé la carapace de brusquerie que je m’étais construite. Tu m’as rendu meilleur que je ne l’ai jamais été. Mais, plus encore, tu m’as rendu heureux. Je t’ai aimée, Angie. Non, c’est faux : je t’aime. Je t’aime à la folie, je t’aime plus que je ne m’en sentais capable. Et j’aime Mathias. Vous êtes les seules raisons qui me font m’accrocher à la vie. Vous êtes mes trésors, mes amours. J’abandonnerais tout, pour vous. Mes rêves de grandeurs, mon arrogance et mes accomplissements. Je vous donnerais ma vie s’il le fallait. Je vous aime, et chaque seconde loin de vous est une éternité de torture. Loin de toi, je vais de Charybde en Scylla ; loin de lui, j’envie même Sisyphe. J’étais une coquille vide, une âme creuse. Si je vous avais rencontrés plus tôt, je n’aurais jamais eu à la remplir comme je l’ai fait. » Ainsi donc il l’aimait toujours ? Ainsi donc il souffre à ce point ? Ainsi donc il s’était compris lui-même, s’était rendu compte de ses fautes. Mais pourquoi n’es-tu pas venu me dire tout cela tout de suite, sombre crétin ! Pourquoi n’as-tu rien dit le jour où je t’ai fichu à la porte ? Pourquoi ne m’as-tu pas ouvert ton cœur une dernière fois. Pourquoi m’as-tu laissé seule ? Pourquoi si je suis ton trésor ne t’es-tu pas battu pour nous ? Pourquoi ne m’as-tu pas aidée ? J’ai percé ta carapace ? Pourquoi n’es-tu pas venu percer la mienne ? Pourquoi ne m’as-tu pas comprise ? Pourquoi n’as-tu pas osé braver mes tempêtes ? Pourquoi ne m’as-tu pas demandé de l’aide ? Était-ce de l’arrogance, encore ? Ou de la culpabilité ? Est-ce vraiment parce que tu as peur pour nous ? Pour Mathias et pour moi ? Est-ce parce que tu m’aimes que tu as accepté ma décision ? Mais pourquoi ? Pourquoi ? Sombre crétin ! Elle restait là, prostrée, son front posée sur celui de l’homme de sa vie, incapable de bouger. Toute sa colère s’était évanouie, avait disparu. Il ne restait que la peine et l’étonnement. Ses larmes continuaient de couler, sans qu’elle ne s’en rende compte. Et malgré l’horreur de la situation, elle savourait pleinement ce doux contact, la peau de Baël contre sa peau, son odeur. Elle prit une grande inspiration pour se remplir de sa présence. Ô combien je t’aime, sombre crétin !. « Mais tu as raison. Je ne suis qu’un sombre crétin, incapable de se contenter de ce qu’il a. Tu mérites mieux que moi, et Mathias mérite également mieux. Je devrais peut-être disparaître de vos vies, mais je n’y arrive pas. Je ne peux m’y résoudre. Parce que je suis définitivement, irrémédiablement et indiscutablement fou de vous. Sans vous, j’étais perdu. Je suis perdu. Vous êtes ma seule certitude. Alors si tu as besoin de temps, si tu as besoin de quoi que ce soit, je t’en accorderai. Si tu veux que je m’en aille, tu n’as qu’un mot à dire. Mais malgré toutes les conneries que j’ai pu faire, jamais je n’ai regretté un seul instant la moindre seconde passée avec toi. Jamais. » Le regard de Baël était criant de vérité et Angélique se contenta de répondre « Sombre crétin ! » Mais cette fois-ci sa voix était douce, affectueuse et un sourire s’était dessiné sur son visage.

    Mais pour éviter que Baël ne prenne cette insulte pour une invitation à partir, à quitter son appartement, elle avait délicatement posé les mains sur son visage, savourant le contact de sa peau, encore une fois. Elle pouvait sentir les muscles des jours de Baël se décontracter sous son toucher. Ses doigts le caressait, dessinait ses traits. Elle le força à relever la tête et à la regarder dans les yeux : « Si tu savais comme…. Comme… Mais comme je t’aime, sombre crétin ! » Un sourire plus grand encore avait éclairé son visage. C’était dit. Elle l’avait admis, avait avoué qu’elle l’aimait toujours. Cela n’avait pas été simple parce que malgré tout l’amour qu’elle lui portait, elle n’avait pas confiance en lui et… elle avait peur, peur de Voldemort, de tout ce que sa présence pourrait impliquer dans sa vie mais elle ne pouvait pas se passer de Baël. Depuis qu’elle l’avait mis dehors, c’était comme un vide énorme en elle, un trou béant dans son âme. « J’aurais préféré te haïr, cela aurait été plus simple mais… Mais me connais-tu si mal pour ne pas avoir compris que j’avais besoin de te voir te battre. Je… je… Tu as brisé tous mes rêves, Baël, tous les espoirs que j’avais mis en toi mais toi seul peux tout reconstruire ? Pourquoi tu ne t’es pas battu pour nous ? Pourquoi ? » Elle se tut et s’approcha un peu de lui, très légèrement, jusqu’à ce que leurs deux corps se frôlent et elle posa délicatement ses lèvres sur les siennes pour un chaste baiser. Ce simple contact l’électrisa si fort qu’elle se recula immédiatement, lentement, comme brûlée par ce manque de lui, étouffée par ce besoin de lui : « Tu me manques, Baël. Tu ne mérites pas que je te dise tout cela mais j’ai besoin de… Oh et merde ! Sombre crétin ! » Sans crier gare, elle se jeta sur lui, se serra contre lui, entoura son corps de ses bras, l’embrassa à pleine bouche. D’un mouvement simple elle glissa sa langue dans la bouche de son amour, se délectant de son goût. Elle avait tellement besoin de lui.


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BAEL - "Ni me escondo ni me atrevo, ni me escapo ni te espero, hago todo lo que puedo pa' que estemos juntos. Cada vez me importan menos los que piensan que no es bueno que haga todo lo que puedo pa' que estemos juntos."
ANGIE - "Ni me miras ni te quiero, ni te escucho ni te creo, pero siento que me muero cuando os veo juntos. Cada vez me importas menos Pues lo digo cuando debo aunque sienta que me muero cuando os veo juntos."




Mathias et Angie
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Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Sam 21 Mai 2016 - 22:45


    Parfois, Baël se demandait ce que devenait Lord Voldemort quand il ne prenait pas totalement possession de son corps. Comment la deuxième âme qu’abritait son corps se comportait-elle lorsqu’elle n’était pas éveillée ? Pouvait-elle voir, sentir ? Penser, réfléchir ? Pour Voldemort, la réponse était claire : oui, il pouvait parfois voir à travers les yeux de Baël, entendre par ses oreilles, goûter par sa bouche. Il pouvait même, puissant Legilimens qu’il était, faire passer des messages à son hôte. Ainsi, par exemple, l’avait-il conseillé sur la marche à suivre pour convaincre le directeur de Poudlard de l’engager comme apprenti professeur de Défense contre les Forces du Mal, bien des années auparavant. Pareillement, le Lord était intervenu, un jour, alors que Baël s’enfonçait dans une colère noire, au point de manquer de tuer une étudiante, pour calmer son hôte et lui intimer l’ordre de cesser tout de suite. Depuis, les manifestations du Lord durant les moments où Baël était conscient s’était faites rares. Peut-être l’opération était-elle particulièrement éprouvante pour l’esprit ? Peut-être le Seigneur des Ténèbres ne voulait-il tout simplement pas effrayer son hôte avec une présence permanente ? Baël l’ignorait, et ce, malgré les recherches qu’il avait déjà pu mener. Il était apparemment, avec tous les autres étudiants qui servaient de réceptacles à l’âme d’un Mangemort, le premier cas de possession réelle par l’esprit d’un mort. Dès lors, il n’existait pas énormément de sources qui avaient pu lui être utiles, et la seule qui pourrait l’informer pleinement sur ce qui lui arrivait était hors de sa portée : il n’avait pas la moindre idée de l’endroit où Voldemort conservait Appelo-Mortem, bien qu’il eût des soupçons. Mais, de toute façon, il n’avait aucun moyen de valider ses hypothèses sans attirer l’attention du Mage Noir, ce dont il voulait se passer à tout prix. Il ne savait donc pas, concrètement, si Voldemort était là, quelque part, en ce moment, ou pas. Il avait tenté, à plusieurs reprises, de se rappeler ce qui lui était arrivé pendant que Voldemort contrôlait son corps : ce fut toujours un échec cuisant. Jamais il n’avait la moindre bribe de souvenir. Comme s’il dormait, tout simplement. Comme si son corps ne pouvait accueillir qu’une conscience à la fois. Et pourtant, pourtant Voldemort pouvait lui parler et, parfois, être « éveillé » pendant que Baël contrôlait. Il y avait donc une possibilité, s’était dit l’ancien Vert-et-Argent, et il avait tenté de trouver une méthode de travail pour s’entraîner à rester conscient même lorsque le Lord avait les commandes. Il espérait ainsi savoir exactement ce que son corps était amené à faire et, pourquoi pas, rassembler des informations que le Seigneur des Ténèbres se refusait à lui transmettre – comme l’emplacement du livre légendaire, par exemple. Le jeune homme ne se satisfaisait plus de sa seule position d’instrument. Il lui arrivait de plus en plus fréquemment de regretter d’avoir rappelé le Mage Noir : non pas parce que son admiration envers lui faiblissait – le plan qui se mettait peu à peu en plus était d’une intelligence machiavélique, et Baël devait bien avouer que voir son influence s’étendre de manière insidieuse avait un côté jubilatoire – mais tout simplement parce qu’il se rendait compte que le rôle qu’il jouait dans cette histoire était plus que mineur. Le jeu n’en valait plus la chandelle. Les sacrifices auxquels il devait consentir dépassaient largement les avantages qu’il tirait de la situation. Il ne voulait plus être acclamé et porté aux nues, il ne voulait plus graver son nom dans les livres d’histoire, il ne voulait plus être craint et respecté par tous. Ou, plus exactement, s’il désirait encore tout ça, il y avait un désir qui avait supplanté tous les autres : celui d’être auprès de sa famille. De pouvoir taquiner Laura sans crainte, de pouvoir répondre aux insultes attentionnées d’Éloïse sans se demander sans cesse si les plans de Voldemort ne passent pas par son élimination, de pouvoir aller boire et faire les quatre cents coups avec Jack et Marylee sans avoir à parler de Lucius et Bellatrix, et, par-dessus tout, de pouvoir serrer Angélique (dans ses bras) et veiller sur Mathias. Il voulait voir ce petit d’homme dormir, rire, manger, pleurer, marcher, grandir, parler, jouer, tomber, se relever, chanceler vers lui, boire un biberon, lui apporter une couche, l’enlacer, lui râler dessus, faire des bêtises… En un mot : vivre. Il désirait ardemment ce qu’il n’avait jamais eu dans sa jeunesse, et parfois il lui semblait que Voldemort était un obstacle. Était-il décidé à se débarrasser du Mage Noir ? Non. Il était perdu, à vrai dire, tiraillé entre ses rêves de toujours et ses rêves de maintenant, entre les blessures du passé et les promesses d’avenir. Il ne voulait plus être l’hôte du Seigneur des Ténèbres, mais il avait consenti à bien trop de sacrifices, accompli biens trop de choses, pour tout abandonner maintenant. Comment concilier ses deux envies contraires ?

    A vrai dire, pour l’instant, il ne se posait pas la question. Cela ne comptait pas. Seules comptaient les perles cristallines qui surgissaient des yeux d’Angélique, qui se frayaient un chemin de chagrin au creux de son visage, pour se suicider depuis ses joues en s’écrasant au sol. La sous-directrice ne s’autorisait que rarement à sembler faible, et Baël avait conscience de ce que cela signifiait. Malgré les airs qu’elle avait toujours tenté de se donner en sa présence, elle ne supportait plus son foyer brisé et sa famille avortée. Ces larmes étaient une déclaration d’amour ; ces larmes étaient une vaine tentative de draper sous une apparence de colère une profonde tristesse. Alors, touché au plus profond des sentiments qu’il nourrissait pour elle, Baël lui répondit par une autre déclaration d’amour. Il lui parla de son mal-être, depuis que Voldemort avait envahi son existence. Il lui parla de ce sentiment abominable tout à la fois d’omniprésence et d’absence. Il était devenu tout, en cessant d’être lui. Mais, par là-même, il n’était plus rien. Il lui parla de ses qualités, à elle. Il lui parla de ses yeux, qui l’avaient toujours vu meilleur qu’il ne se voyait lui-même. Il lui parla de tout ce qu’il avait sur le cœur, mais sembla se résigner à ne vivre qu’une existence à la marge de leur famille. Il avait assassiné leur bonheur bien des années avant qu’il ne puisse même le concevoir. Il avait posé des choix qui lui avaient semblé les meilleurs, mais qui lui paraissaient aujourd’hui d’une absurdité sans nom. Il avait commis des erreurs, beaucoup d’erreurs, et il en payait le prix. Quel serait le tarif de son repentir ? Il ne le saurait probablement jamais : peut-il exister un être capable de lui offrir le pardon ? Angélique, elle, en serait capable. Il en avait la certitude viscérale, l’intuition inconsciente, qui lui procurait, malgré tout ce qu’elle pût lui dire, une sérénité refoulée qui le rassurait malgré tout. Il serait toujours amoureux de cette rouquine à peau si pure, au regard si puissant et à l’intelligence plus aiguisée que le plus tranchant des poignards. Et, tant qu’il l’aimerait, il savait qu’elle trouverait la force de l’absoudre de ses pêchés, tôt ou tard. Il n’y avait qu’à persévérer sur la voie de la rédemption. Ce qu’il fit en terminant sa tirade shakespearienne : « Mais malgré toutes les conneries que j’ai pu faire, jamais je n’ai regretté un seul instant la moindre seconde passée avec toi. Jamais. » Ce n’était que pure vérité, mais peut-être Angélique avait-elle appris, à force de le côtoyer, qu’offrir la vérité, nue et sans artifices, sans remparts et sans défenses, était loin d’être le fort de Baël Owned. A part elle, seule une personne pouvait se vanter de parvenir à désarmer l’apprenti professeur : Mathias Angel Dewis. Visiblement, la mère en était consciente, parce qu’entre deux larmes, un sourire vint éclaircir ses traits et rendre à son doux visage une expression qui ne la rendait que plus belle. Le temps suspendit son vol un instant, un court instant. Dans une respiration synchronisée, les deux amants – ils ne pouvaient être qu’amants, vu les cris d’amour désespérés qu’ils venaient de s’échanger – profitèrent d’une accalmie, d’un moment de paix retrouvée et d’un contact qu’ils n’auraient peut-être plus l’occasion – ou la permission ? – de nouer avant un temps incertain. Puis ils expirèrent et le temps arrêté repris sa route, roulant rapidement vers des rêves plus lointains. « Sombre crétin ! » Jamais une insulte n’avait sonné aussi doux aux oreilles du jeune homme. Ces mots-là n’étaient pas des jurons, ces mots-là n’étaient pas des guerriers. Ils n’étaient pas là pour blesser, pour tailler en pièce ou pour assassiner. Au contraire, ils étaient ronds, doux, chauds, agréables. Ils signifiaient bien plus qu’ils ne le soupçonnaient, et ils ne furent conscients de leur véritable sens que lorsque que, plus tard, les lèvres qui leur avaient donné vie se posèrent sur les lèvres de celui à qui ils étaient destinés. Mais, avant, ils furent rejoints par un autre bataillon, qui, lui, ne cachait pas son affection et son amour : « Si tu savais comme…. Comme… Mais comme je t’aime, sombre crétin !»

    Tambours célestes et trompettes du firmament se joignirent à la folle cavalcade du cœur du jeune homme, qui rata l’un ou l’autre battement au passage. Ces mots-là suffirent à lui arracher dans une douce violence le poids du monde qu’il portait sur les épaules. Il était Atlas, et venait de se soustraire à la condamnation impitoyable de Zeus. Un courant de légèreté s’empara de lui, et il lui sembla retrouver là un calme qu’il avait ressenti un peu plus tôt, en prenant Mathias dans ses bras. Il ne répondit rien – il en fut incapable. La belle lui caressa alors la joue, dans un geste de tendresse dont il rêvait depuis des semaines et qu’il n’osait même plus demander au ciel, de peur qu’on ne le punisse pour son impudence. Il tressaillit, électrisé par ce contact qui lui avait tant manqué, et il sentit, pour la première fois depuis des mois, une agréable chaleur combattre le froid intense qui s’était emparé de son être. « J’aurais préféré te haïr, cela aurait été plus simple mais… Mais me connais-tu si mal pour ne pas avoir compris que j’avais besoin de te voir te battre. Je… je… Tu as brisé tous mes rêves, Baël, tous les espoirs que j’avais mis en toi mais toi seul peux tout reconstruire ? Pourquoi tu ne t’es pas battu pour nous ? Pourquoi ? » Parce qu’il s’était résigné. Parce qu’il avait accepté le verdict sans appel de la femme qu’il aimait. Parce qu’il s’était, probablement, lui-même convaincu qu’il ne méritait pas ce bonheur qui lui tombait dessus, et qu’il n’avait pas le droit de se battre pour le récupérer. Parce qu’un être comme lui ne méritait pas l’amour d’une femme comme elle, ou d’un être aussi pur que leur fils. Parce qu’il était las de se battre sans arrêts. Il rêvait de repos, il rêvait de répits. Chaque jour était une bataille qui grignotait un peu plus son âme et lui ôtait des couleurs. Bientôt, sa vie ne serait que noir et blanc… Sauf si Angélique et Mathias le sortaient de cet enfer. Et, bien qu’il ne sut pas réellement que répondre à la femme de sa vie, il sut qu’elle ne lui en voudrait pas : elle colla son corps divin contre le sien, puis déposa chastement ses lèvres sur les siennes. Il n’espérait même plus pouvoir un jour goûter à nouveau à ce goût sucré, si doux. Il s’était convaincu que, jamais plus, ils ne mordraient au même fruit, ne dormiraient au même lit, ne referaient les mêmes gestes. Il s’était persuadé que, désormais, son cœur vivrait sous les décombres de ce monde qui leur ressemblait tant et qu’il avait, par ses choix passés, totalement dévasté. Mais ces certitudes volèrent en éclats en une fraction de seconde. Il ne tenait qu’à lui – qu’à eux – de retrouver ce bonheur qui fut le leur. « Tu me manques, Baël. Tu ne mérites pas que je te dise tout cela mais j’ai besoin de… Oh et merde ! Sombre crétin ! » Il fut tellement pris au dépourvu qu’il faillait défaillir. Angélique venait se jeter sur lui – presque littéralement – pour capturer ses lèvres dans un baiser passionné qu’elle approfondit bien vite. Lorsqu’il fut remis de ses émotions (enfin, « remis » était un bien grand mot), le jeune homme s’empressa de répondre à ce baiser en entoura la jeune femme de ses bras. Cette proximité lui avait manqué. Il se sembla vide sans Angélique pour se blottir dans ses bras, il se sentait seul sans sa forme sous la couette, il se sentait creux dans cette absence. Cette absence qui n’avait été, en réalité, que l’omniprésence d’une idée, l’omniprésence de celle qui n’était pas là. Il la retrouvait partout, dans chaque geste, dans chaque habitude, tout en sachant qu’elle n’était pas là. Mais, maintenant, cela n’avait plus d’importance : il était là, elle aussi, et ils étaient plus proches qu’ils ne l’avaient jamais été. Il se sentait comme magnétiquement attiré par elle, comme si le manque d’elle avait créé un appel d’air que leur étreinte se devait de combler.

    « Si tu savais comme j’avais besoin de ça. Besoin de toi. Alors, rappelle-toi toujours d’une chose : je suis très probablement un sombre crétin, mais je suis ton sombre crétin. » Et il l’embrassa à nouveau, poussant la hardiesse jusqu’à délicatement poser une main sur ses fesses, et jusqu’à caresser son doux visage de l’autre. Lentement, il fit un pas en la repoussant délicatement vers le canapé. Puis un second. Très vite, Angélique dut s’avouer vaincue et s’installer sur le divan, mais, à sa grande surprise, Baël ne prit pas place sur elle. Au contraire, il s’installa, appuyé sur un accoudoir, de manière à permettre à la belle de se blottir contre lui. Il l’invita à se coucher sur lui et il l’emprisonna entre ses bras. Il respira son odeur à plein poumons, comme s’il voulait s’assurer que, s’il était en train de rêver, son parfum lui chatouillerait encore les narines à son réveil. Confortablement lové dans ce canapé qui avait connu certains de leurs ébats, sa belle dans les bras, son fils en train de dormir paisiblement à l’étage, il lui semblait enfiler un instant la vie qu’il avait perdue. Et, par le godemichet de McGonagall, qu’est-ce que cette vie lui plaisait ! Il soupira de contentement, puis vint embrasser délicatement Angélique sur le front. La sentir si proche provoquait en lui une certaine excitation, dont la belle devait être consciente, mais il ne voulait en aucun cas la brusquer ou lui faire penser que seul le sexe l’intéressait. A vrai dire, il avait déjà eu droit, aujourd’hui, à beaucoup plus qu’il n’avait pu l’espérer, et pourrait se contenter de passer les heures à venir dans cette position, à juste caresser lentement un bras de sa belle et à respirer son odeur. Bien sûr, si Angélique avait d’autres propositions plus pimentées, il ne dirait pas non. Sentant soudainement l’excitation monter, il embrassa la belle, puis la força délicatement à le regarder dans les yeux. « Le sombre crétin est à ton entière disposition. Fais de moi ce que tu voudras. Je suis à toi, complètement à toi… » Et il lui sourit, incapable de dire si, dans un sursaut d’orgueil, Angélique ne le foutrait pas à la porte, ou si, au contraire, elle se laisserait aller dans ses bras…


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Dim 29 Mai 2016 - 21:56

 
Je traîne sans but mes vieux os fourbus
Je me languis de l’inconnu...
Pouvoir et gloire sont bien dérisoires
Face au néant de mon désespoir !
[La complainte de Jack]
 

    A force de mentir au monde entier, on finit par se mentir à soi-même. Angélique portait en permanence un masque. Pas le même masque que Baël : pas un masque d’indifférence et de colère, pas un masque d’agressivité et de violence mais un masque de douceur et de sourire, un masque de force et de puissance. Angélique donnait toujours l’impression d’aller bien, où qu’elle allât, quoiqu’elle pensât, quoiqu’elle fît, quoiqu’elle dît, elle portait le masque du bonheur. Elle affichait un sourire permanent – même si elle pouvait feindre une moue boudeuse – elle se tenait droite, fière. Aussi détruite qu’elle fût, elle était capable de rire à tout blague, de répondre à tout humour et même de faire le clown pour amuser gallérie, classes et amis. Aussi fatiguée qu’elle pût être, elle tenait bon, acceptant toujours plus de responsabilité, ne se défilant jamais, assumant travail, enfant, travail et travail. Le directeur fort de son courage se reposait beaucoup sur elle et jamais elle ne se plaignait. Elle gérait son ménage et acceptait tout colloque qu’on lui proposait. Elle écrivait ses articles et s’occupait de ses fils. Angélique ne s’offrait que peu de temps pour le loisir, peu de temps pour se reposer. Elle donnait l’impression constante, à force de ne jamais se plaindre, ne jamais montrer ses faiblesses, que tout était simple pour elle, que tout lui était tombé tout cuit dans la bouche mais c’était faux : elle avait bossé pour en arriver là et elle travaillait encore plus que quiconque. Si un de ces juges aux idées préconçues entraient dans sa vie, à n’en pas douter, il se dirait qu’Angélique n’était pas un être humain  tant elle était capable de supporter, d’endurer, d’affronter. Qui pourrait se douter que les nuits de la belle était vouées aux larmes ? Qui pourrait imaginer la douleur et le vide dans sans cœur ? A la voir si joyeuse, si puissante, qui pourrait imaginer l’ampleur de son sentiment d’insécurité ? Elle allait donner ses cours, quotidiennement, comme si de rien n’était, comme si sa tête ne lui tournait pas, comme si elle n’avait pas sacrifié quelques perles d’eau à la Lune et ses élèves n’y voyaient rien. Elle allait boire ou manger avec ses collègues, comme si elle n’avait rien d’autre à faire, comme si le loisir était son mot d’ordre, alors qu’elle croulait sous la paperasse et les responsabilités. Angélique avait deux faces mais ce qu’elle était vraiment, elle le cachait tellement, si souvent, de manière à ce point instinctive qu’elle en était arrivée à se surprendre elle-même, à se croire tout ce qu’elle prétendait. Elle n’avait plus besoin de feindre, ce masque protecteur était devenu automatique, inné, au point qu’elle se perdait elle-même. Elle s’était perdue elle-même. Mais Angélique ne pouvait pas faire autrement. Elle avait beaucoup de fierté mais surtout beaucoup de pudeur. Elle était persuadée que ses problèmes ne regardaient personne et que de toute façon personne ne s’y intéresserait, que c’était inconvenant de parler trop d’elle – ou en tout cas d’en parler de manière sincère – qu’on risque de se moquer, de la rejeter, de la trouver faible et pathétique. Alors, lorsqu’elle en arrivait à craquer, c’était que la coupe était véritablement trop pleine, c’était qu’elle en était arrivée à un stade où un autre être humain se serait déjà effondré depuis des lustres, c’était qu’elle ne voyait pas d’issu et que ses automatismes lui faisaient défaut, c’était qu’elle était touchée, qu’elle s’était laissée toucher et qu’elle ne pouvait plus rien retenir, rien feindre. Mais cela signifiait surtout que la personne devant laquelle elle craquait était à ses yeux digne de confiance, cela voulait dire qu’elle l’aimait suffisamment pour lui montrer un aspect d’elle qu’elle se cachait même à elle-même. Baël était cet être là. Oui, elle craignait Voldemort, oui il était un sombre crétin mais elle l’aimait terriblement et il lui avait déjà prouvé qu’il la soutiendrait, qu’il ne fuirait pas ses larmes, qu’il la consolerait, qu’il ne se moquerait pas d’elle, qu’il serait toujours là pour l’aider et la consoler. Baël lui avait montré et démontré qu’elle pouvait se laisser aller devant lui, qu’il ne la jugerait pas et qu’au contraire, il ne l’aimerait que plus fort.
     
    C’était peut-être ce soupçon de confiance qu’il lui restait en l’homme avec lequel elle avait jadis partagé sa vie qui avait permis à Angélique de se laisser aller une fois pour toute. Le trop-plein ne suffisait pas à expliquer ce torrent de larme. Sans doute aurait-elle eu la capacité de tenir encore quelques heures, pour ne pas se montrer vulnérable mais sans doute avait-elle encore plus besoin que Baël sût ce qu’elle ressentait. Voilà plus d’un an et neuf mois qu’elle lui dissimulait tout, qu’elle agissait avec lui comme s’il était un élève lambda de ce château, ni plus ni moins – à la rigueur moins : un élève qu’elle n’appréciait pas des masses. Même quand il venait voir son fils, leur file, elle ne montrait pas plus d’émotions, si ce n’était une pincée de colère dissimulée derrière une avalanche de sarcasme. Quand elle voyait Baël ne pas réagir, ne pas se battre, baisser la tête et tout accepter, elle ignorait si c’était par culpabilité ou par désintérêt. Elle s’était parfois prise à penser qu’il ne l’aimait plus et que peut-être quelque part, il était heureux d’être débarrassé d’elle. Ces impressions disparaissaient aussi vite quand elle voyait les yeux de merlan fris doublés de désir qu’il posait sur elle mais cette idée que s’il l’aimait vraiment, il se serait battu pour elle ne quittait jamais un petit recoin malhonnête de son esprit. Plus cette vision grandissait, plus elle l’agressait verbalement. Son ressentiment ne cessait donc de croître, alimenté par les psychotage de l’historienne. Baël n’avait jamais essayé de la supplier, jamais essayé de lui parler, de s’expliquer. Depuis qu’elle l’avait mis à la porte, c’était le silence radio. Il avait dit Amen à tout ce qu’elle avait décidé pour leur famille. Et bien qu’elle lui eût proposé de venir voir Mathias quand il voulait, à condition de lui écrire pour la prévenir, il n’avait jamais usé de son droit, Jamais ! Angélique avait parfois pensé, surtout la nuit, qu’il n’aimait pas tant son fils que cela, qu’il ne lui manquait pas vraiment, sinon il se serait à de nombreuses reprises jeté sur l’occasion. Oh Bien sûr ! Sa raison savait pertinemment que Baël était gêné et qu’il avait la décence de ne pas s’imposer plus que de raison, qu’il se privait de son fils, se sacrifiait pour ne pas forcer la belle à le voir. Mais son cœur… Son cœur refusait de le croire. Tous ces noms dits d’un côté comme de l’autre méritaient d’être énnoncés et ne tarderaient pas à l’être.
     
    Angélique avait pleuré toutes les larmes de son corps, et elle en trouvait encore qui pussent sortir de ses yeux et tracer un fin sillon sur ses joues. Baël s’était lancé dans des tirades dignes de lui qui s’étaient terminées par quelques insultes et accusation de la part d’Angie mais surtout par un baiser. Un baiser. Angélique avait les lèvres posées sur celle de Baël, elle sentait son odeur, son goût. Son corps était proche du sien, ses mains sur ses joues caressaient la douceur de sa peau. Combien il lui avait manqué ! Combien elle avait besoin de lui ! Ce contact était électrisant. Elle sentit son cerveau s’arrêter brusquement – ce qui, croyez-moi, n’arrivait jamais, son ventre papillonner, son corps se détendre. Tout son esprit était uniquement concentré sur ces lèvres dont elle avait crû oublié la délicatesse. Elle aurait pu à cet instant croire qu’une divinité providentielle avait façonné leurs bouches pour qu’elles s’accordassent et pussent du mieux possible partager le même souffle. Ô bénédiction ! Ô Bien être ! Ô Confort ! Baël venait de l’entourer de ses bras musclés et forts. Aussitôt un sentiment de sécurité et de plénitude l’envahit. Elle se sentit heureuse. Envolé le travail, envolées les responsabilités, envolé le poids du monde sur ses épaules. Seule l’étreinte de Baël comptait, c’était comme une bulle qui les maintenait au-dessus du sol, enveloppés dans un cocon, en sécurités, loin de tout ce qu’ils avaient traversé. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, malheureusement. A regrets, les deux protagonistes se détachèrent l’une de l’autre ; le regard plein d’étoiles, ils se fixèrent momentanément. Angélique affichait son petit air gêné, lorsqu’elle plissait la commissure de ses lèvres, incertaine. Qu’allait-il se passer ?
     
    Baël lui offrit un large sourire : « Si tu savais comme j’avais besoin de ça. Besoin de toi. Alors, rappelle-toi toujours d’une chose : je suis très probablement un sombre crétin, mais je suis ton sombre crétin. » Cette insulte allait finir par devenir plus un quolibet d’amour qu’une injure. C’était l’intonation qui faisait toute la différence. Angélique s’apprêta à riposter mais l’ancien serpentard ne lui en laissa pas l’occasion. Il avait à nouveau fondu sur ses lèvres et voilà que les volontés divines se rejoignaient à nouveaux, que l’univers retrouva son harmonie. Cette fois-ci, le baiser fut plus passionné, plus enflammé. Angélique glissa sa langue dans la bouche de Baël, à la recherche de la sienne pour qu’elles pussent se livrer à un ballet ultra-cinétique. L’historienne vint coller encore plus son corps à celui de son amoureux, comme si elle voulait se fondre en lui. Baël saisit cela comme un signal et vint poser une de ses mains sur ses fesses. Dans la bouche de son homme, Angélique laissa échapper un soupir de bien-être. Cela faisait trop de temps qu’elle n’avait pas été touchée par un homme, qu’elle ne s’était pas sentie désirée. Cette caresse légère mais ferme était tout ce qui lui fallait pour se sentir femme à nouveau. Un pas, deux pas en arrière et ses genoux cognaient le divan. La sous-directrice capitula et s’installa, s’attendant à voir son homme se jeter sur elle mais il n’en fit rien. Leur baiser avait pris fin et il s’était décalé. Angélique le regarda avec des yeux inquiets : allait-il partir ? Après tout cela ? Mais l’apprenti n’avait nullement l’intention de l’abandonner à nouveau. Au contraire. Il s’installa doucement sur le bout de canapé, son bras sur l’accoudoir. Il ouvrit son autre bas et Angélique ne se fit pas prier, elle se décala immédiatement pour venir se blottir contre lui et sentir ce bras se refermer autour d’elle. Cette image était celle du bonheur absolu. Elle pouvait sentir la respiration de Baël dans son cou tandis qu’elle reposait sa tête sur ses pectoraux, les jambes repliées sur le canapé. Que n’aurait-elle pas donné pour avoir droit à de nombreuses soirées dans cette position. Ils avaient l’air d’une véritable famille, comme si le temps s’était arrêté le jour de ces fameux aveux, mais qu’ils avaient continué à vivre. C’était donc à cela qu’ils auraient pu ressembler sans Appelo Mortem ? Ils auraient pu être aussi heureux, tous les soirs, tous les jours ? Combien d’heures de leur vie commune avaient-ils perdus à cause des bêtises du passé de Baël ? Angélique l’ignorait et elle préférait ne pas le savoir, sinon la dépression la gagnerait définitivement. Elle sentit l’apprenti s’agiter légèrement sous elle et il lui dit : « Le sombre crétin est à ton entière disposition. Fais de moi ce que tu voudras. Je suis à toi, complètement à toi… »
     
    Angélique sourit. Elle savait ce que cela voulait dire. Il avait autant envie d’elle qu’elle de lui mais il ne la forcerait pas, ne la brusquerait pas. Elle était maître de tout et c’était à elle de décider. Le sang de la belle ne fit qu’un tour. Ils avaient de nombreuses discussions en attente, de nombreux problèmes à régler et il aurait été certes plus prudent de mettre d’abord ces sujets sur le tapis avant de se témoigner la moindre preuve d’amour mais Angélique se souvint soudainement d’une discussion qu’elle avait eu avec Loréana. Le professeur de potion avait fini par lui avouer que le père de son fils était Maximilien Middle et lui avait raconté toute l’histoire. Elle se souvint que Loréana lui avait dit que lorsque le jeune serdaigle l’avait demandée en mariage, ils avaient fait l’amour presque immédiatement, cela ne les avait pas empêchés de discuter de manière approfondie par la suite et de régler les points restés en suspens. Peut-être que Baël et elle pourraient faire de même, bien que leurs soucis fussent bien plus grands et plus dangereux qu’une tromperie. Sentir le corps de Baël contre le sien fut ce qui décida une fois pour toute la directrice des Poufsouffles à agir. Elle se redressa d’un coup et vint s’installer à califourchon sur son homme. Baël sembla surpris un instant mais ainsi assise, la belle pouvait sentir l’étendue de son désir. Elle eut un petit sourire énigmatique et ils se regardèrent dans le blanc des yeux un moment. Angélique se mit à caresser les cheveux blonds du jeune homme : « Nous avons beaucoup de choses à régler, Baël… Et la discussion est inévitable mais là, je crois qu’il y a plus urgent ! » et sans attendre, ce fut son tour de fondre sur les lèvres de Baël de les capturer avidement, de presser ses seins contre son torse, de sentir son cœur battre contre le sien, de mêler sa salive à la sienne. Après un long baiser essoufflé, Angélique se recula légèrement et commença à déboutonner la chemise de Baël bouton par bouton, elle se penchait pour embrasser chaque morceau de peau qu’elle dévoilait. Dieu qu’il était beau, comme sa peau lui avait manqué. Elle embrassait, titillait de sa langue chaque centimètre carré du torse qui se dessinait sous ses yeux. Lorsqu’elle ne put plus descendre plus bas, elle finit de le déboutonner tranquillement, l’observant sans réserve, les yeux pleins de désir. Une fois la chemise ouverte, elle passa allègrement la main sur ce torse, le caressant de haut en bas, retrouvant le contour des muscles qu’elle avait perdus, la douceur qu’elle avait oubliée. Lorsqu’elle se fut rassasiée – mais pas assez – de Baël, elle estima qu’il avait aussi droit à son quart d’heure de plaisir. Elle planta alors ses yeux dans les yeux du jeune homme et avec un regard provoquant se mit à entamer un mouvement de va et vient de son bassin sur la verge du jeune homme, mouvement qui aurait pu l’emmener directement au paradis tant elle ressentait la nécessité de le sentir contre elle. C’était chaque fois comme une caresse sur son bouton de rose qui se gorgeait de plus en plus. Elle reprit un peu contenance, se focalisant sur sa tâche et commença à déboutonner sa propre chemise. D’un regard, elle dissuada Baël de lui venir en aide, préférant lui offrir le spectacle. Petit à petit, bouton par bouton, elle dévoilait sa peau, son soutien-gorge en dentelle noire, ses seins gonflés plus encore depuis la maternité, la peau de son ventre – qui avait pourtant souffert de l’enfantement mais qui n’en était que plus beau. Baël semblait se régaler du spectacle mais avant qu’il ne puisse la toucher, Angélique s’était levé, d’un bond. Pour ne pas que l’apprenti pensât qu’elle avait changé d’avis, elle lui sourit et lui tendit la main : « Allons dans la chambre. On y sera plus à l’aise… Et il y a moins de risque de se faire surprendre par Dylan… » La belle se dirigea vers la pièce sacrée, pièce dont elle avait tenue à l’écart Baël depuis si longtemps. A peine avait-elle fermée la porte, qu’elle sentit l’apprenti se jeter sur elle.


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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Mar 31 Mai 2016 - 22:22


    Elle était là, dans ses bras. Elle était réellement là. Il le svait, il en avait la certitude absolue. Il la sentait, tout contre son corps, il sentait leurs cœurs enlacés, il sentait son odeur enivrante et sa douce chaleur. Il entendait sa respiration qui se hâtait tantôt pour se calmer aussitôt. Il entendait ses soupirs de bien-être. Et surtout, il avait pu, l’espace d’un instant, plonger dans ses yeux. Ses yeux qui lui avaient tant manqué, ces yeux dont la courbe faisaient le tour de son cœur. Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu, c’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu. Aaaah, ces yeux. Ces yeux si purs, ces yeux si profonds, ces yeux si puissants. Ces yeux dans lesquels il avait appris à lire, à déchiffrer les émotions et à chercher tout le réconfort, l’amour et la tendresse qu’il n’avait jamais cru mériter. Ces yeux qui, parfois, lui avaient fait mal en l’assassinant de jugement, de désapprobation ou de tristesse. Ces yeux qu’ils n’avait plus, ces derniers temps, vu que fragiles, au bord des larmes, même s’ils se refusaient à le laisser paraître. Mais Baël le savait : toute bonne comédienne qu’elle fût, Angélique ne pouvait pas faire mentir ses yeux. Alors, il avait vu. Il avait vu sa haine, dirigé plus contre celui qu’il avait été lorsqu’il avait commis cette « erreur stupide » que contre celui qu’il était maintenant. Il avait vu sa solitude mordante, dissimulée derrière des airs de froideur. Il avait vu, aussi, ces regards attendris qu’elle lui jetait parfois, alors qu’il s’occupait de Mathias, et qu’elle prétendait ignorer sa présence. Mais, ce qui lui avait vraiment manqué, c’était de voir cet amour assumé, ces regards tremblants que seule elle savait lui lancer. Alors oui, rien qu’à croiser ces yeux, Baël savait qu’il ne délirait pas, et qu’il avait bien Angélique Dewis, son Angélique, dans les bras. Il n’était pas perdu dans un songe presqu’éveillé comme il en vivait tant, il n’était pas non plus égaré dans un fantasme solitaire. Elle était là, lovée au creux de ses bras, plus près de son cœur qu’elle ne l’avait jamais été. Et, bon dieu, cela faisait un bien fou. Comme si, soudainement, le monde avait repris des couleurs. Comme si la terrible palette délavée du peintre de sa vie avait été remplacée par les couleurs guillerettes d’un artiste nouveau. Comme si chaque recoin du monde s’était paré d’un jour nouveau et plus joyeux. Comme si les couleurs n’étaient plus les mêmes… Comme si le monde entier dépendait de ces yeux, et que tout le sang du jeune homme coulait dans leurs regards. Pour la première fois depuis les lustres, Baël se sentait vivre sans avoir besoin de se projeter auprès de son fils. Il lui sembla redécouvrir des sensations qu’il avait oubliées : le sang qui battait ses tempes, ses muscles qui se détendaient en raffermissant leur prise délicate sur le corps de la belle, voire (mais c’était probablement fruit de son imagination) la caresse attendrie du vent dans ses cheveux. Et puis, d’une manière peut-être moins romantique, mais tout aussi pressante, un désir trop longtemps insatisfait qui s’emparait violemment de son bas-ventre. Positionnée comme elle l’était, la sous-directrice devait bien sentir l’excitation de son jeune amant, et ce dernier se décida enfin à briser le silence serein qui avait conquis leur étreinte. « Le sombre crétin est à ton entière disposition. Fais de moi ce que tu voudras. Je suis à toi, complètement à toi… » Il lui adressa un sourire radieux, dont seul Mathias pouvait également s’honorer, et plongea à nouveau avec gourmandise dans ses yeux si délicieux.

    Il la sentit presqu’hésiter alors que sa peau se fit soudainement brûlante. Pas une brûlure désagréable, pas une brûlure douloureuse : c’était la brûlure douce d’une flamme renaissante, la brûlure voluptueuse d’un désir retrouvé. Pourtant, tout impétueux et impatient qu’il fût, Baël demeura parfaitement immobile, se faisant violence pour ne pas s’emparer de sa belle comme si c’était la dernière chose qu’il ferait jamais. Le désir le consumait déjà tout entier, mais il était prêt à se laisser réduire en cendre si c’était là le souhait de la directrice de Poufsouffle. Elle lui offrait une seconde chance inespérée. Elle lui permettait de lui dire tout ce qu’il avait tu, de lui exprimer tout ce qu’il avait caché, de lui montrer tout ce qu’il avait dissimulé. Il savait bien que ses mots seraient incapables de transmettre tous ses sentiments, aussi ressentait-il le besoin pressant de s’exprimer d’une des seules manières qu’il connaissait : physiquement. Sa réputation de brute épaisse n’avait pas été usurpée, mais il se disait parfois qu’elle était largement exagérée. La réalité était toute autre : aussi peu doué à jongler avec les mots qu’il était, Baël était un des êtres les plus expressifs qui soient. Il suffisait de passer outre ses airs de caïd pour réaliser qu’avec un peu d’habitude, il était possible de décrypter et d’offrir un sens au moindre de ses frémissements. C’était comme ça qu’il communiquait : par ses gestes, ses regards, ses attitudes. Il n’avait réellement jamais su s’exprimer pleinement que comme cela, et c’était précisément comme cela qu’il voulait dire à Angélique combien il l’aimait, combien il était désolé, combien il se battrait pour elle, pour Mathias, et pour leur famille… Et combien il était un sombre crétin. Il ne tenait qu’à elle de lui rendre sa lumière et de l’extirper des ténèbres dans lesquelles il se noyait depuis bien trop longtemps. Elle était sa chance, son salut et sa rédemption. Il ne pouvait se permettre de la perdre. Lorsqu’il était en sa présence, tout avait la saveur de l’évidence, ce caractère d’épiphanie qui lui faisait dire qu’elle était plus que sa moitié : elle était son tout, son soi dont il avait manqué toute sa vie. Elle était la seule à pouvoir étancher sa soif de vie, elle était la seule à savoir apaiser ses craintes et dompter ses colères. Elle était celle qui avait transformé ses « je » en « nous ». Et ce minuscule exploit, cette herculéenne banalité avait eu le goût d’une révolution dans la vie du jeune Owned. Il était possédé, oui, mais plus par Voldemort : il était possédé par elle, par ses absences et ses rires, par ses piques et son ombre. Par ses yeux. Mais comment le lui dire ? Quels mots pitoyables mettre si de si intenses sentiments ? Aucun mot ne serait assez fort, assez rocambolesque. Alors, il n’avait qu’une solution : faire parler ses yeux, faire parler son corps. Il devait s’offrir à elle et la laisser le posséder tout entier. Ce qu’elle sembla se décider à faire d’un mouvement fluide. A califourchon sur l’ancien Serpentard, dont la surprise se mua bien vite en une satisfaction sourde en apercevant le voile de désir qui se déchirait entre leurs corps, la belle planta son regard dans celui de son amant et devint le centre de l’univers. Une seconde éternelle leur fit faire l’amour du regard, puis elle lui caressa sensuellement les cheveux, comme elle avait l’habitude de le faire. Il sembla à Baël que l’année écoulée sans elle n’avait été que songe indistinct, et il se mit soudainement à douter du fait qu’ils se fussent jamais quittés. Leurs caressent étaient teintées d’une évidence naturelle, comme s’ils furent faits pour en arriver là, et le jeune homme entra malgré lui dans une apnée viscérale lorsqu’il entendit la voix de la superbe mère lui susurrer des mots qu’il n’osait même plus espérer entendre. « Nous avons beaucoup de choses à régler, Baël… Et la discussion est inévitable mais là, je crois qu’il y a plus urgent ! »

    Urgent. Le mot était parfait pour décrire le besoin que Baël avait maintenant de la faire sienne. Il se laissa dompter dans un baiser fougueux et se rassasia de sa belle comme s’il ne dût jamais la revoir. Le goût sucré-salé de ses lèvres divines sublimait leur communion qui l’emmenait déjà aux portes du septième ciel. Il avait oublié à quel point leurs ébats étaient intenses. La proximité de leurs corps le rendait d’ores et déjà fou, et il parvint à peine à soutenir le regard enflammé que lui lança sa belle lorsqu’elle se sépara de lui. La caresse des doigts éhontés qui s’étaient attaqués à sa chemise provoquait chez lui une ardente impatience, et il frissonna lorsqu’il sentit, pour la première fois depuis des mois, les doigts fins et lents de la belle se répandre en caresses fiévreuses. Il voulut fusionner avec elle, n’être qu’un et lui hurler qu’il la voulait, elle, pleine et entière. L’agréable torture d’Angélique qui se délectait de ce torse qui lui avait apparemment manqué lui entrait dans la peau et le rendait incapable de dire ou de faire quoi que ce soit. Il ne vivait plus que par ce contact, il n’était rien d’autres qu’un corps en demande d’harmonie, qui hurlait son besoin de se sentir touché plus encore. Cruelle, la belle ne le soulagea pas : après de longs moments d’un plaisir murmuré, elle effleura une dernière fois la vallée musclée des abdominaux du jeune homme avant de se redresser et de lui lancer un regard qui l’aurait assassiné s’il n’était pas déjà mort de plaisir. Elle entreprit alors d’onduler son corps divin, frottant son bassin contre le sien. Un râle rauque échappa à l’apprenti, qui sentit qu’il perdait tout contrôle. Il avait voulu la laisser s’emparer de lui, et elle l’avait fait avec une étonnante simplicité. Malgré l’épaisse couche de vêtements qui rompait le contact entre leurs deux organes de plaisir, il put sentir qu’elle jouait avec lui autant qu’avec elle-même. Il voulut soudain se redresser pour lui faire payer son supplice, mais elle le stoppa net d’un regard et elle commença à déboutonner sa propre chemise, non sans continuer d’onduler de façon hypnotique sur son entrejambe. Avait-elle décidé de l’achever avant même d’avoir commencé ? Jamais le manque n’avait été aussi prenant. Baël se sentit d’un coup extrêmement mal : elle était là, à sa portée, plus belle et plus sensuelle que jamais, mais elle l’interdisait tacitement de la toucher. Cherchait-elle à le faire s’agenouiller ? A lui faire demander grâce ? A ce qu’il la supplie de lui laisser cueillir sa fleur d’amour ? Voulait-elle le briser, faire de lui un être à la soif à jamais insatisfaite ? La frustration devint instantanément sa maîtresse lorsque la belle se leva d’un coup, rompant cruellement ce contact si excitant entre eux. « Allons dans la chambre. On y sera plus à l’aise… Et il y a moins de risque de se faire surprendre par Dylan… » Il défaillit.

    A moitié inconscient, il ne put que constater que son corps n’avait pas hésité une seconde et s’était précipité à l’appel de sa belle. Il se délectait du spectacle de ses fesses rebondies qui dansaient au rythme de ses pas, de ses hanches si désirables qui chaviraient en même temps que son cœur chavirait. Lorsqu’il pénétra dans la chambre, il fut assommé par les souvenirs qui remontèrent à la surface. Il se souvint de la première fois qu’ils avaient fait l’amour, de manière passionnée et brutale, dans cette chambre. Il se souvint de la première fois qu’il avait passé la nuit dans ce lit, exténué après plusieurs étreintes endiablées. Il se souvint des regards coquins, des moments de tendresse, des larmes et des sourires. Il se souvint de la vie qu’il n’avait pu vivre avec elle. Il ne l’en désira que plus. Sans attendre son consentement, il se retourna brusquement et la plaqua contre la porte. Il captura ses lèvres avec une rage passionnée, et il la débarrassa d’un geste de sa chemise, déjà ouverte. D’une main, il effleura son poitrine luxurieuse en remontant vers son visage. Il glissa une jambe entre celle de son amour et fit légèrement pression sur son bouton de rose alors qu’il s’électrisait du contact de leur peau. Lorsque son ardeur conquérante s’essouffla un instant, il se recula et, sans attendre, plaça un bras autour des épaules d’Angélique, tandis que l’autre alla se loger derrière le pli de ses genoux. Il la souleva comme si elle ne pesait rien et la posa délicatement sur son lit, comme le jeune marié amène son épouse au lit conjugal. Debout face à elle, il laissa sa chemise tomber sur le sol et l’observa un long moment en silence. « Tu es encore plus belle que dans mes souvenirs » Puis il entreprit de se placer au-dessus d’elle, se refusant encore – pour l’instant – à laisser leurs corps consumés consommer leur désir. Le temps sembla s’arrêter alors que le pendentif du jeune homme – un yin asiatique que la belle lui avait offert – ondula quelques instants entre eux avant de s’immobiliser. « Quand je t’ai vu, ce jour-là, je suis tombé amoureux. Et toi, tu as souri, car tu savais. » Puis, il fit la moue avec un sourire en coin. « Enfin. Tu as brièvement souri. Puis tu m’as hurlé dessus et tu m’as fermé la porte au nez car il était une heure et demie du matin » Il lui adressa un sourire amusé. Paradoxalement, il n’avait pas du tout envie de lui parler. Il voulait la prendre, là, tout de suite, mais jouer ainsi avec son désir – et, probablement, celui de la belle – n’aboutissait qu’à l’exciter encore plus. Comme s’il s’amusait à tendre la corde au maximum pour savoir à quel moment elle allait se briser… Et lequel des deux allait craquer en premier.« Tu es si belle que je crois mourir… Je vais avoir besoin de bouche-à-bouche… » Dans un petit rire, Angélique se redressa quelque peu pour venir capturer ses lèvres. Alors, il décida de s’abandonner complètement à elle. Enfin, il allait pouvoir lui dire tout ce qu’il ne savait exprimer. Il se baissa lentement pour se coucher complètement sur elle et savourer le contact de sa peau nue contre la sienne. Il pouvait sentir, malgré l’importun soutien-gorge qui leur servait encore de geôlier, que l’excitation avait gagné ses seins, qui s’étaient parés de petites pointes excitantes. Sans plus attendre, il plongea une main dans le cou de la belle et commença à caresser le moindre centimètre de peau qui s’offrait à sa vue. Lentement, il approcha ses lèvres qui joignirent bientôt ses mains dans leur entreprise de conquête. Chaque caresse était une brûlure sensuelle qui marquait son âme au fer rouge. Lorsqu’il n’en pu plus, il s’empara d’un sein d’une main, tandis que l’autre dégrafait d’un geste assuré leur terrible sentinelle. Il se montra tendre et hésitant dans un premier temps, ne voulant pas brusquer Angélique, mais le désir trop longtemps refoulé s’empara tout entier de lui et il s’attaqua aux boules de chair avec plus d’ardeur, tandis que la poitrine de la belle se soulevait de plus en plus fréquemment. Il frissonna tout entier à l’idée qu’il était la cause de cette tachycardie, et se décida à combler sa belle en dirigeant les caresses de sa main libre de plus en plus bas, vers l’intimité de l’historienne. Dans le même temps, il bascula légèrement son poids vers la droite, comme pour inviter la belle à prendre les commandes.


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Dim 30 Juil 2017 - 18:42



    Une femme trahie est une femme qui peut oublier, une femme deux fois trahie est une femme qui peut pardonner, une fois femme trois fois trahie est une femme qui se souvient. Angélique avait été trahie plus de fois encore par tous les êtres qu’elle aimait, à l’exception de ses enfants. Ses parents lui avaient caché son adoption, Sacha l’avait abandonnée et lui avait laissé Dylan, d’autres l’avaient trompée et Baël… Baël avait fait quelque chose d’indéfinissable. Ce n’avait pas été directement dirigé contre elle mais il avait mis le monde entier en danger, il s’était montré tellement égoïste, prétentieux, égocentrique, ambitieux qu’il était à l’origine d’une nouvelle guerre à venir. Et en faisant cela quelques années plutôt, il avait gâché leur bonheur et avait mis en péril la vie de leur fils d’un an à peine. Il avait détruite Angélique de l’intérieure quand elle avait découvert son vrai visage, celui qu’il affichait lorsqu’elle n’était pas là. Elle avait cru le connaître, elle s’était surprise à penser que le Baël entre ses draps était le véritable Baël, qu’il était doux, gentil, aimant, soucieux des autres, qu’il était capable de se sacrifier, de se faire petit pour se rendre plus grand. Mais elle avait eu tort, pour son plus grand malheur. Impossible qu’un homme aussi bon qu’elle l’avait imaginé eut accompli ce méfait, impossible que l’être qu’elle avait choyé, tenu dans ses bras, l’être qui lui avait fait l’amour avant tant de passion et d’abnégation eut pu rappeler à la vie le plus grand mage noir de tous les temps, consciemment, volontairement ! Et pourtant… Alors elle avait compris ou cru comprendre que son Baël n’était pas le vrai Baël mais que c’était l’autre, celui qu’elle avait connu en cours, celui dont elle avait eu le dossier de discipline à de nombreuses reprises sur son bureau. Il n’était pas l’homme qui avait sauvé Dylan d’autres brutes, il était celui qui faisait partie des brutes en d’autres circonstances. Baël était celui qui lui avait déchiré le cœur, qui l’avait piétiné, qui avait renverser tous ses rêves et ses idéaux, tous ses espoirs nouvelles fondés. Baël avait fait pire que tous les autres hommes de sa vie mais Baël était celui qu’Angélique aimait !

    Il y a chez certaines femmes qui aiment une telle capacité d’abnégation qu’aucun homme ne peut imaginer ce qui se passe en son cœur. Forte et puissante, elle est capable de laisser tomber les murs, d’oublier les pires actes, de s’abandonner entièrement pourvu qu’elle sente autour d’elle les bras protecteurs de l’homme qu’elle adore, pourvu qu’elle respire son odeur, qu’elle puisse le toucher à volonté et mieux encore sentir ses mains sur son corps. Pour avoir la sensation de rejoindre le paradis, pour ne faire qu’un avec son double, cette femme même trahie est capable de pardonner l’impardonnable et d’oublier l’inoubliable. Et ce genre de femme devient alors l’être le plus angélique que la terre n’ait jamais connu, un parangon de beauté qui éclate de ce pardon, une lumière de douceur qui se dégage de l’oubli. Elle devient l’incarnation de ce qui fait trembler les hommes parce qu’elle apparait forte et faible à la fois, elle apparait comme dure et clémente, comme le feu et la glace. Elle devient aussi saisissable, qu’insaisissable et l’homme qui a la chance de faire l’objet de son amour ne peut réaliser la chance qu’il a mais il sait et comprend alors que cette chance sera sa dernière, son ultime et que le cadeau qui lui est accordé demande tellement à cette femme que s’il brise ce nouvel espoir né de ses cendres il la tuera. Sans le savoir, Angélique était l’une de ces femmes. Trahie, elle n’était plus cabale de rester éloigner de Baël. Trahie, elle ne pouvait pas se passer de lui. Elle avait fait appel à tout ce que son cœur avait de meilleur pour, dans son torrent de larme, laisser son ancien amant la prendre dans ses bras et soudainement en sentant le cœur de Baël battre contre le sien, tout avait volé en éclat. Les perles d’eau ayant entraîné un long baiser langoureux, le baiser ayant provoqué des insultes et les insultes les ayant conduits à la chambre, Angélique se retrouvait maintenant étendue sur le lit, Baël debout devant elle qui l’admirait comme jamais il ne l’avait admiré. Dans son regard, on pouvait voir qu’il avait compris le genre de femme qu’Angélique Devis était : « Tu es encore plus belle que dans mes souvenirs ! »

    Sans attendre, le jeune homme déboutonna sa propre chemise, comme la femme de sa vie l’avait fait auparavant avec la sienne et Angélique put admirer à loisir les tablettes de chocolat qui se dessinaient sous ses yeux. Lui aussi était encore plus beau que dans ses souvenirs. Baël laissa tomber le vêtement sur le sol et vint immédiatement s’allonger sur Angélique, ne supportant plus la séparation de leurs deux corps. La belle approuva cette décision et vint immédiatement placer ses mains sur les fortes épaules de son homme. Comme la rondeur de ses muscles lui avait manqué, comme sa peau, sa douceur, sa tendresse lui avaient manqué, combien elle avait besoin de le toucher. Elle fit rouler ses mains sur l’arrière de son dos, se délectant de chaque courbe, de chaque mouvement, des sensations qui se répandaient en elle. Baël restait en appui sur ses mains, les yeux à demi fermé en sentant les doigts d’Angélique courir sur sa peau. Le pendentif yin qu’il avait autour du coup se mit soudain à onduler, bercé par les mouvements de va-et-vient que Baël avait entrepris. Angélique put alors sentir l’étendu du désir de l’ancien serpentard. Angélique ferma les yeux à son tour, retrouvant le plaisir de découvrir à nouveau combien on pouvait avoir envie d’elle mais Baël s’arrêta, à nouveau, pour la regarder. Frustrée, elle ouvrit les yeux avec une petite moue mais le regard qu’elle surprit de l’apprenti la fit fondre. Il l’observait comme si elle était la huitième merveille du monde, la première même peut-être, comme si jamais rien de plus beau n’avait existé sur cette terre et, dans un murmure, comme pour ne pas briser la connexion qu’ils essayaient d’établir, il lui dit : « Quand je t’ai vu, ce jour-là, je suis tombé amoureux. Et toi, tu as souri, car tu savais. » Elle s’en souvenait comme si c’était hier. Oui elle avait lu dans ses yeux combien il l’aimait et depuis ce jour, pour être honnête, elle n’avait plus pu se passer de lui, se passer de ses paroles, des mots et gestes si tendres qu’il avait pour elle, de son adoration. « Enfin. Tu as brièvement souri. Puis tu m’as hurlé dessus et tu m’as fermé la porte au nez car il était une heure et demie du matin » Oui bon… Mettons entre parenthèse cette affaire. Angélique lui sourit et déplaça l’une de ses mains de son dos à son visage qu’elle connaissait par cœur : chaque muscle, la structure de ses zygomatiques, quand il souriait, quand il râlait, quand il était triste, la hauteur de son front, la petite ride au bord des yeux, son nez en trompette et le contour de ses yeux dans lesquels elle était en train de se perdre. Tout chez Baël lui semblait merveilleux, tout lui était devenu indispensable. Enfin… Presque tout : « Tu es si belle que je crois mourir… Je vais avoir besoin de bouche-à-bouche… » Son humour laissait parfois à désirer… Elle lui donna une petite tapette sur la joue, prête à lui ordonner de se taire mais Baël avait ce sourire innocent qui la fit se raviser. Elle laissa alors échapper un petit rire et se redressa pour l’embrasser : elle pouvait très bien le faire taire comme cela aussi et puis… Si elle en croyait ce qu’elle sentait entre ses cuisses, l’heure n’était ni aux déclarations verbales ni à l’humour…

    En effet, Baël avait fondu sur elle comme un affamé pour lui arracher un baiser plus langoureux que le précédent. Elle sentit ses mains la caresser, s’agrippant à sa taille et remontant lentement mais surement vers sa volumineuse poitrine. Lorsque les doigts de son amant se refermèrent sur son sein, Angélique laissa échapper un gémissement de bien-être. Elle sentit son téton se durcir sous son soutien-gorge et n’en pouvait plus de ces barrières entre eux. Elle voulait un contact peau à peau, corps à corps. Elle avait l’impression que Baël, qu’elle avait pourtant déjà connu plus brutal, prenait des précautions comme s’il avait peur de la faire fuir, qu’il craignait qu’elle changeât d’avis. Elle lui donna un petit coup de rein pour se coller un peu plus à lui, espérant lui faire comprendre qu’il n’avait rien à redouter, que si elle les avait laissés en arriver là, elle ne retournerait pas sa veste à la dernière minute. L’apprenti comprit le message et dégrafa alors son soutien-gorge qui vola à travers la pièce. Ses mains commencèrent à descendre mais il s’arrêta subitement, comme pour laisser le choix à l’historienne d’agir. Il voulait lui laisser les commandes ? C’était une excellente idée. D’un coup de rein, Angélique inversa leur position et se retrouver au-dessus de lui. Elle avait une idée bien précise de ce qu’elle voulait faire. Elle se redressa pour enlever son propre short, découvrant un magnifique string en dentelle et ôta à Baël son pantalon. Elle se rallongea sur lui, prête à se frotter ainsi, à ne laisser que cette mince barrière et tandis que les corps se retrouvaient et que leurs mains respectives se découvraient comme si c’était la première fois, l’historienne sentit son désir monter et monter encore et elle sut que rapidement il lui en faudrait plus.

    Angélique avait toujours été ouverte sexuellement. Et elle aimait faire l’amour de toutes les manières existantes : parfois elle voulait de la douceur, elle souhaitait prendre son temps, apprivoiser son amant et se faire apprivoiser, elle voulait que tout ne fut qu’amour, calme et tendresse, tantôt elle se voulait plus passive ou plus active. Elle aimait qu’on prît les commandes ou qu’on les lui laissât mais parfois… Parfois elle aimait la brutalité, elle aimait se faire prendre purement et simplement comme si demain n’existerait plus, comme si le monde dépendait de l’union ultime de leurs deux corps. Angélique aimait la dureté qui cachait la douceur, la fermeté qui cachait la tendresse. Elle adorait pouvoir deviner tous ces sentiments à travers une passion aussi dangereuse qu’incontrôlable et après les quelques longues minutes de douceur qu’ils avaient partagées, elle avait besoin de cela, besoin que Baël la fît sienne, une fois, deux fois, trois fois, autant que possible, aussi fort que possible. Elle voulait sentir qu’elle lui appartenait entièrement et que lui n’était qu’à elle. Elle le voulait en elle, elle voulait le sentir bouger, l’entendre grogner. Elle voulait qu’elle s’enfonçât aussi loin que possible, aussi fort que possible, qu’il ne cessât jamais d’être en elle. Elle avait cette lueur dans les yeux et tandis qu’au-dessus de son amant elle s’agitait, faisant grimper leur désir, glissant et remontant le long de cette verge douloureuse, les mains de son amant fermement accrochées à ses fesses, elle s’arrangea pour enlever son string et enlever le boxer de Baël. Elle fit momentanément face à son engin fièrement dressé, levé en son nom, pour elle et que pour elle. Elle lui accorda une petite caresse avant de s’allonger à nouveau sur son lit, sur le dos. Elle agrippa son amant par les épaules pour le placer au-dessus d’elle. Il la dominait clairement et elle pouvait sentir le pénis de son homme pulser à l’entrée de son intimité dont l’humidité due à son excitation n’avait fait que s’accroître. Elle était définitivement prête à la recevoir. Il ne suffirait que d’un coup de rein pour qu’il fût en elle. Baël, bien qu’aveuglé par le désir, semblait hésiter encore un peu alors Angélique lui prit le visage dans les mains et l’attira vers elle pour l’embrasser : leurs langues se mêlaient, se mélangeaient et le membre de Baël pulsait de plus en plus. Angélique se sentait trembler. A bout de souffle, elle arrêta le baiser et plongea ses yeux dans ceux de Baël, prête à prononcer les paroles qui pousseraient à agir enfin : « Prends-moi, Mon Amour ! Prends-moi comme jamais ! »


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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Mar 1 Aoû 2017 - 23:14

    Les étreintes passionnées que le jeune apprenti avait vécues avec plus de filles qu’il ne l’avouait à Laura n’avaient jamais eu de saveur particulière, sinon celle du désir, de la brutalité et du plaisir purement corporel. Dans sa vie quotidienne comme entre les draps, Baël avait toujours été du genre à prendre sans rien donner. Né dans la misère, destiné à n’être personne, le jeune homme avait appris qu’il ne devait rien attendre du monde et des gens, en particulier de ses parents. Shootés à un bonheur factice reposant sur l’illusion ridicule et artificielle d’une famille qui les comblait, les géniteurs de l’ancien Serpentard n’avaient jamais rien tenté pour s’extirper de l’indigence crasse dans laquelle ils s’embourbaient. Ils avaient toujours prétendu que leurs enfants leur suffisaient, et qu’ils ne sauraient que faire des milliers de galions que gagnaient d’autres gens. Très vite, le jeune garçon avait nourri un goût de trop peu, un goût d’une profonde injustice qui se matérialisait par des vêtements rapiécés et un ventre trop peu rempli. Il avait décidé, un jour que ses parents tentaient de lui inculquer le goût des choses simples et de louer la chance qu’il avait d’être bien entouré, qu’il n’avait plus rien à attendre d’eux. Très vite, il s’était aperçu que, dans ce monde, rien ne lui serait donné, et qu’il aurait à se servir s’il voulait sa part du gâteau. Ainsi se jura-t-il de toujours prendre, jamais donner. Il avait clamé cette maxime bien haut et en avait fait ses armoiries ; c’était devenu son credo, les mots qui guidaient sa vie. Les filles qui le désiraient le voulaient pour cela : pour être prises, sans considération, sans sentiment : juste pour se sentir possédées, utilisées dans un ballet incessant de coups de reins décomplexés qui ne visaient que son bon plaisir. Il n’y avait dans les corps enlacés ni complicité ni alchimie : Baël prenait, et cela satisfaisait bien ces dames. Certaines en redemandaient, alors que d’autres, tout en admettant avoir passé une nuit torride, ne voulaient pas réitérer l’expérience. Dans ces moments de domination intense, Baël s’était toujours senti vivre. C’était là, dans les moments où il ne pensait qu’à lui, qu’à son plaisir et son bien-être, qu’il avait toujours cru être vivant. C’était un bien lourd fardeau que d’exister sans vivre, et Baël ne vivait que lorsqu’il prenait.

    Et puis tout avait changé. Avec elle, c’était différent. Il ne sut dire pourquoi, dans un premier temps. Leurs premiers ébats avaient été tels que Baël les avaient toujours connus : violents, presqu’animaux, la rencontre de deux corps qui se servaient l’un de l’autre pour se soulager. Mais, le temps passant, Baël avait appris qu’il existait un plaisir plus intense encore que celui de prendre sans rien laisser espérer en retour. Angélique lui avait appris, par on-ne-sait quelle magie, qu’il était beaucoup plus jouissif et agréable de donner et d’échanger. Que le sexe mêlé de sentiments rendait la chose encore meilleure ; que se préoccuper des moindres réactions de la brunette à chacune de ses caresses le rendait dingue. Il avait appris à l’écouter, à ajuster sa respiration à la sienne. Il avait appris à déchiffrer le moindre soubresaut de son corps et avait trouvé une joie insoupçonnée à l’idée de chercher les frôlements qui lui faisaient le plus d’effet. Il avait appris à être tendre, à parler sans ouvrir la bouche, à dialoguer du regard. La courbe de ses yeux fit le tour de son cœur, et Baël fut à jamais marqué. Jamais plus il ne prendrait sans retenue, jamais plus il ne songerait qu’à son propre plaisir. La joie de donner, alors qu’il n’avait rien, l’avait consumé tout entier et il sut alors qu’il était amoureux. Profondément, invariablement et incurablement amoureux. Il n’avait rien à offrir à l’historienne, qui avait déjà tout. Il n’avait ni nom de famille célèbre ni compte en banque prolixe. Il n’avait ni empire financier ni carrière toute bâtie. Il n’avait ni destinée toute tracée, ni passé glorieux. Il n’avait que lui-même, lui et celui qu’il était réellement. Il avait lui-même et l’enfant terrorisé et perdu qu’il avait toujours dissimulé aux yeux de tous. Il n’avait que son âme à offrir, et c’était sans la moindre hésitation qu’il en faisait cadeau à l’historienne. Pour la première fois de sa vie, Baël avait daigné sortir de sa froide et noire armure qu’il portait devant le monde entier. Il s’était livré, nu, et avait laissé briller ce qu’il avait de meilleur. Sa lueur n’était peut-être pas forte, et surement elle vacillait. Mais elle existait, et, toute misérable qu’elle ait pu sembler, il avait espéré que la rousse électrique mesurerait l’état d’absolu dénuement qu’elle représentait pour lui. Ce jour-là, le jour où il lui avait entièrement ouvert son cœur, il avait fait le bon choix. La certitude l’avait frappé avec une douce violence, et son amour grandissant l’avait, jour après jour, rapproché d’elle et éloigné de Voldemort. Définitivement, il avait fait le bon choix.

    Il en était persuadé, maintenant plus que jamais. Si dans ses yeux brûlait la flamme d’un désir trop peu nourrie, on pouvait voir dans son regard danser une onde de tendresse. Un observateur attentif aurait même pu, durant quelques instants furtifs, voir naître une larme au coin de ses yeux alors qu’il dévorait Angélique du regard. Jamais elle n’avait aussi bien porté son nom. Le temps sembla s’étendre puis ralentir. La coiffure de la belle, d’habitude si soignée, avait jeté les armes et s’était libérée dans un feu d’artifice rouge-orangé, qui soulignait la sensualité inégalée des traits de l’historienne. Une mèche rebelle avait eu, l’effrontée, le culot de venir se loger entre les lèvres de la sous-directrice, et cela lui donnait un air sauvage qui ne pouvait laisser indifférent. Mais, surtout, c’était le contraste entre la rousseur aguicheuse de ses cheveux et le marron-émeraude de ses yeux qui faisait perdre au jeune homme tout sens des réalités. Elle était là, seins nus, en train de le chevaucher et de la torturer, telle une muse d’un peintre de la renaissance. Elle était tout à la fois Mona Lisa et Vénus anadyomène ; Mathilde de La Mole et Pénélope d’Ithaque. Elle était synthèse de tous les arts, Idée platonicienne de la Femme ; elle était unique mais elle était toutes les femmes en même temps. Elle rayonnait d’un désir tendrement bestial qui sublimait la moindre parcelle de son être et Baël parvenait à peine à réaliser que c’était à cette femme magnifique qu’il allait bientôt s’offrir sans retenue. Il n’eut pas le temps de pleinement prendre conscience de ce qui arrivait que, déjà, Angélique s’était étalée sur lui, après l’avoir débarrassé de son pantalon. Ils étaient désormais plus proches qu’ils ne l’avaient été depuis un certain temps, et cette proximité soulagea Baël autant qu’elle le blessa. Si proches, et pourtant si loin… Il pouvait sentir les mains de l’historienne, rendues moites par l’excitation, chercher les siennes et les épouser dans un mouvement instinctivement naturel. Il pouvait ressentir la douce brûlure de sa peau échaudée partout sur son corps. Il pouvait frémir de la caresse discrète mais obsédante des tétons durcis de la belle sur son torse. Il pouvait sentir son excitation grimper alors que seuls de fins morceaux de tissus séparaient des deux amants de la fusion qu’ils attendaient tous deux. La tortionnaire entama un lent mouvement de va-et-vient, dansant sur sa virilité tendue, se délectant d’un contact trop peu intense et trop peu intime. Baël l’encouragea dans ses ondulations en s’emparant de ses fesses et en guidant ses mouvements. Ce simulacre d’ébats lui arracha déjà un léger grognement, désir mêlé de frustration, d’autant plus lorsque la belle s’écarta d’un infini millimètre pour enfin libérer les corps avides de communion de leur prison de tissu. En ne s’attardant sur le membre dressé qu’avec une impatiente légèreté, Angélique fit perdre l’esprit à son amant, qui ne le retrouva qu’en l’observant s’allonger face à lui, prête à l’accueillir et quémandant un dialogue que leurs lèvres seules ne sauraient transcrire. Lorsqu’elle l’attira à lui, son âme fut absorbée par ses yeux, deux pierres précieuses qui luisaient d’un éclat polysème où dansaient impétuosité, désir ardent et, surtout, un amour tendre pudiquement dissimulé derrière un extravagant appétit sexuel. Plus proche d’elle que jamais, dans un contact bouillant avec ce qu’elle avait de plus intime, Baël se sentait immolé d’une envie incontrôlable de lui donner ce qu’elle espérait. Et pourtant, alors même qu’il n’avait qu’à opérer un léger mouvement du bassin, il demeura là, le dos déjà en sueur, sentant le sang agiter sa virilité aux portes de l’Eden, comme pétrifié par les sentiments qu’il partageait avec la sous-directrice du château.

    L’amazone, dans un sourire presqu’agacé, captura ses lèvres dans une langoureuse déclaration qui exigea du jeune homme un effort sublime pour ne pas déjà atteindre l’extase. Il crut mourir lorsque, séparé de ses lèvres, elle l’invita à pénétrer les autres : « Prends-moi, Mon Amour ! Prends-moi comme jamais ! » Il obéit. D’un geste plus brusque qu’il ne l’avait souhaité, il avait enfin réuni leurs deux corps. Enfin, il regoûtait à cette peau si brûlante, à ce contact qui le transportait bien loin de Poudlard et de Voldemort. Enfin, il se donnait et, tout en la possédant, était possédé par elle. Le premier mouvement de reins, puissant et brusque, qui l’avait fait pénétré en elle le fit grogner de satisfaction et fut suivi d’une seconde millénaire d’immobilité. Demeurant en son sein, il se perdit dans ses yeux et chercha ses mains qu’il enlaça sans ménagement. Avec un sourire probablement plus nias que coquin, il entreprit de se retirer d’elle avec une extrême lenteur qui lui procurait une sensation indescriptible. Au creux de son bas ventre naissaient des impulsions glaciales qui le traversaient tout entier, le faisant frissonner de bien-être et créant avec l’amoureuse brûlure du corps d’Angie un contraste divin. Il voulut exprimer ce sentiment qui l’envahissait tout entier, mais il n’eut la force que de laisser échapper un vague gémissement. Il s’effondra sur la belle, sentant ses bras le trahir, mais profitant de sa chute pour réinvestir le jardin secret de son amante. Ainsi couché sur elle, il ne vivait plus que dans sa respiration haletante et dans les cris rauques qu’elle laissait échapper. Il lui fit honneur comme jamais il ne l’avait fait et, lorsqu’il fut rassasié de la fusion de leur torse, se redressa, agrippa la jeune mère par le bassin pour approfondir leur étreinte. Enhardi par un agréable sentiment de toute puissance, il accéléra ses mouvements jusqu’à ce qu’il se sente partir ; après quoi il plongea sur les lèvres d’Angie pour les capturer alors qu’il s’enfonçait en elle aussi loin que possible et aussi fort que possible. Insatiable, incapable de se satisfaire de ces étreintes pourtant intenses – sans doute les plus intenses qu’il ait jamais vécues –, l’ancien Serpentard plaça ses deux mains sur la tête du lit qu’il agrippa fermement et concentra toutes ses forces dans ses coups de reins. Si leur rythme s’étaient ralentis, chacun d’entre eux étaient maintenant synonyme d’une profonde communion et, doit-on être franc, empreints d’une tendre bestialité. Baël n’avait plus qu’une obsession en tête, et elle faisait tambouriner le sang dans ses tempes : il voulait offrir l’extase à sa partenaire, et il savait combien elle adorait parfois être prise avec brutalité. Martelant de ses reins son désir de la combler, il s’évadait peu à peu de son corps, accédant à un état second qu’elle seule savait provoquer. Entendre ses gémissements, puis ses cris fit disparaître tout autre chose que la sublime créature à qui il faisait fermement l’amour. Ses ongles glissèrent légèrement sur le tissu recouvrant la tête de lit, laissant peut-être derrière eux une marque discrète. Quand il sentit qu’il ne pourrait plus tenir longtemps, Baël, trop fier pour jouir avant elle, ralentit encore le rythme mais s’enfonça plus loin qu’il ne l’avait jamais fait. Puis, soudain, alors qu’il crut sentir Angélique partir, il l’embrassa dans une respiration âpre pour accompagner son extase. Il ne lui laissa cependant guère de répit et, sans mot dire, la gratifiant d’un regard plus que coquin, il s’éloigna quelque peu pour l’observer. « Je crois que tu n’existes pas réellement. Une femme si parfaite, ça n’existe pas. » Avant de lui laisser le temps de réagir, il l’agrippa par les chevilles et l’attira à lui pour se saisir de ses lèvres à nouveau. Puis, posant ses mains sur ses hanches, il entreprit de la retourner pour qu’elle lui présente le galbe envoûtant de ses fessiers. En guise de provocation, il gratifia d’un coup de langue l’intimité de l’historienne la plus célèbre de l’époque, puis se plaça de manière à peine pénétrer en elle.

    Il envisagea, l’espace d’un instant, de lui adresser une petite phrase narquoise, ou de lui demander de le supplier de la prendre. Mais cette seule pensée suffit à faire naître en lui un désir irrésistible et, sans plus de cérémonie, encadra les hanches de la belle rouquine et s’enfonça en elle. A mesure qu’il accélérait le rythme de ses coups de reins, il exerçait une pression croissante contre les courbes d’Angie, de manière à rendre leur étreinte plus intense et plus profonde. Soudain, quand l’envie de parcourir le corps entier de l’historienne se fit trop dévorante, il se laissa tomber sur elle en s’emparant avec avidité de ses seins. Alors qu’il eut faim de ses lèvres, il la força à se coucher, sans sortir d’elle, et, pour avoir accès à sa bouche, agrippa ses cheveux pour lui faire lever la tête. Il l’embrassa ainsi comme s’il n’allait plus jamais la revoir et crut bien qu’il allait jouir. Pourtant, toujours trop fier – ou, selon le point de vue, dans un excès de générosité –, il se refusa à déjà céder et se concentra sur les mouvements divins de la langue d’Angie dans sa bouche afin d’oublier l’espace d’un instant le rythme effréné et la puissance amoureuse qu’il mettait dans leurs ébats. Si le contrôle total que le jeune homme avait sur la femme de sa vie en ce moment était plus que jouissif, il senti, du fond de ses entrailles, venir le besoin d’être possédé à son tour, de lui appartenir totalement et de se soumettre au moindre de ses désirs. Avant d’abandonner complètement le contrôle, l’ancien Serpentard prit le temps de s’emparer du cou de l’historienne et de marquer son territoire en l’embrassant fougueusement, en mordillant parfois et en laissant la marque forte peu discrète d’un suçon passionné. Puis, il donna un ultime coup de rein, plus puissant et plus profond que les autres, qui lui arracha un cri rauque et, sans prévenir, se laissa tomber sur le dos, emportant l’historienne avec lui dans sa chute. Cette dernière se trouva donc empalée sur la virilité du jeune homme, qui avait une vue rêvée sur le dos sublime de la belle, qui retenait prisonniers ses cheveux, collés à lui par la sueur. Désormais, c’était elle la maîtresse, et le jeune homme sut qu’il ne mettrait plus très longtemps à jouir lorsqu’Angélique se retourna pour lui faire face et qu’il aperçut ses yeux.


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Une décomposition de famille Dim 20 Aoû 2017 - 19:03


    Angélique était une personnalité complexe. Elle était à la fois femme et sauvage, douce et masculine. Elle aimait les beaux vêtements, un peur chers avec des paillettes ou des couleurs vives mais elle adorait se traîner dans la boue, dans les bois, bravant monts et marées pour découvrir les secrets de l’histoire. Elle aimait les vêtements confortables, un peu larges qui malgré elle la rendaient jolie mais elle adorait aussi les réceptions, les soirées mondaines où les courbettes – envers elle– étaient de mises. Angélique était précieuse, elle aimait les beaux meubles, les extraordinaires tableaux des grands peintres, le raffiné mais elle ne se contrôlait plus devant l’odeur d’un vieux livre poussiéreux, elle en avait plein ses bibliothèques. C’était une dame, une grande dame qui marchait la tête haute avec classe et pouvoir mais elle donnait cours la main dans la poche, imitant les plus grands personnages de l’histoire. Elle n’avait pas peur du ridicule parce que son autorité émanait d’elle, de son être intérieur, de sa prestance naturelle. Elle appréciait les mots surannés, un peu littéraires mais elle pouvait faire le clown et se montrer vulgaire si quelque chose l’énervait. Elle aimait la lecture et le sport, le calme et l’aventure. Pleine de paradoxe, cela ne s’arrêtait pas là. Elle se voulait sure d’elle mais avait besoin d’être rassurée, elle était forte et faible à la fois. Elle était femme et mère, mère et femme. Mère sévère mais attentive, attentionnée et exigeante. Mère sure, toujours présente mais qui cherchait à responsabiliser ses fils – ou pour l’instant l’unique fils capable de l’être. Elle se suffisait à elle-même mais ne pouvait pas se passer de lui... Au lit, elle appréciait un coup vite fait, entre deux portes, sans attache, sans amour, sans sentiment, parfois anonyme mais elle n’était jamais aussi heureuse que dans le bras du même homme, lui, le seul. Son plaisir atteignait avec lui son paroxysme, le summum de l’extase, le paradis pharamineux. Avec lui, elle savourait la douceur, la tendresse, les caresses, les câlins, la lenteur mais elle explosait lorsqu’il se montrait animal, vorace, agressif, sexuel. En Baël, convergeaient tous ses paradoxes, chacune de ses personnalités duelles, il savait toutes les combler, répondre à chacune d’elles. Il était aussi contraire qu’elle était paradoxale.

    Ils avaient eu besoin de se retrouver dans les larmes, patiemment, dans le sucre et le velours, bordés de tendres caresses, d’ échanges lents et suaves pour se réapprivoiser, se redécouvrir. Le début de leurs ébats avait marqué le manque et l’étonnement. La joie de se toucher, de s’appartenir alors que tout était perdu. Des déclarations d’amour entre deux baisers langoureux. Mais maintenant ils avaient besoin d’exprimer le manque surtout et de se compléter définitivement, de marquer leur possession mutuelle, de s’étreindre jusqu’à plus d’air, de s’emplir, se construire dans la destruction, besoin si vif d’être l’un en l’autre, laisser éclater la passion au milieu d’étreintes puissantes, intenses, sans fin. Angélique d’abord plus que Baël qui semblait craindre de la perdre à nouveau. Mais elle avait senti dans ses tremblements, dans sa façon de la toucher, de l’embrasser qu’il était aussi pressé qu’elle, que ses besoins étaient les mêmes même s’il se contenait. Le lit était l’endroit où ils ne s’étaient jamais retenus, jamais rien cachés, même quand Angélique cherchait à dissimuler ses sentiments, quand ils faisaient l’amour, qu’ils s’envoyaient en l’air, elle n’était plus capable de mentir. C’était l’endroit où leurs gestes disaient tout, avouaient tout, où leur histoire était devenue pleine et limpide. Il n’était pas question que cela changeât. Alors l’historienne s’était remise sur le dos, amenant son amant tout en sueur contre son corps. Elle sentait son cœur battre contre ses seins qui pointaient douloureusement contre son torse. Son membre pulsait à son entrée et elle put lire dans les yeux de Baël qu’il n’en pouvait plus mais qu’il n’attendait qu’un signe d’elle pour tout déclencher, pour laisser leurs danses s’emballer à l’infini. Elle aussi, ne demandant que cela, lui donna d’un souffle ce qu’il attendait, l’ordre d’entrer en elle, de la prendre et de lui faire l’amour comme jamais encore il ne lui avait fait l’amour. D’un geste aussi brusque que rapide, Baël était en elle.

    Tous deux soupirèrent, savourant le bienêtre mutuel. Elle d’être emplie de lui, lui de la faire sienne à nouveau. C’était comme retrouver son meilleur partenaire de danse, celui qui vous faisait valser des nuits entières, sans s’essouffler, celui qui vous faisait trembler, qui menait vos pas sans défaut, sans accro, celui qui vous faisait tourner et tourner encore. La respiration à l’arrêt, le temps de se retrouver, de se compléter. Et puis lentement, Baël entama les premiers mouvements, d’avant en arrière, laissant le temps à sa partenaire de s’habituer à sa présence, de s’élargir pour le prendre tout entier. Angélique aimait cette douceur, cette façon qu’il avait de penser à elle, de prendre en compte son corps avant le sien. Une fois qu’il la sentit prête, il accéléra, vivement, fortement, brutalement. Il allait de plus en plus loin, à chaque coup, il touchait les points sensibles de sa partenaire. Angélique se sentait bouger au rythme des coups de reins imposés par Baël et elle se laissait faire, les mains accrochées à son dos, tout son corps s’agitait. Elle ressentait sa présence, elle tremblait. Petit à petit elle se mit à haleter, à bout de souffle, tandis que Baël accélérait encore, allant de plus en plus loin de plus en plus fort comme si leur vie dépendait de ces mouvements, comme si plus jamais ils ne pourraient s’aimer. C’étaient les retrouvailles de la belle et de la bête, du beau et de l’animale. Emporté par son enthousiasme, il arrivait que Baël sortît d’elle, quelques millièmes de secondes, la laissant vide de lui, pas assez pour qu’elle ne s’en lassât mais assez pour qu’elle en ressentît le manque et il rentrait alors, de façon obsessionnelle, comme à l’assaut d’un château. C’était sans fin, un paso doble qu’ils partageaient ensemble suivi d’un tango qui devenait de plus en plus violent. Baël s’agrippa à ses hanches et Angélique le sentit vriller légèrement. Il ralentit le rythme, trop fier pour partir avant elle, il voulait lui offrir le ciel, lui faire gagner le paradis. La belle ferma finalement les yeux, savourant cette nouvelle danse plus lente mais qui lui permettait de savourer chaque millimètre de sa présence en elle, de sa possession et puis enfin, sans crier gare, Baël atteignit le bon endroit, le point culminant. Angélique rejeta sa tête en arrière, les cheveux collés à son crâne de transpiration tandis que des vagues de plaisir l’envahissaient. Tout son corps était aux prises avec la jouissance et elle se mit à gémir légèrement, savourant les sensations qui prenaient possession de son corps. Comme cela lui avait manqué ! Jamais personne ne l’avait fait jouir comme Baël. Elle l’entendit vaguement lui murmurer des compliments mais elle était tellement loin qu’elle les comprit à peine.

    Sans crier gare, l’apprenti sortit du corps de son amante mais ne lui laissa aucun temps de répits : Il lui attrapa les chevilles et la retourna sauvagement. Le peu de douceur qu’il restait encore dans leurs ébats étaient terminés. Il la provoqua légèrement en gratifiant son intimité rougie de leurs précédents ébats d’un coup de langue, la laissant se mettre à quatre pattes comme le suggérait la position dans laquelle il l’avait mise. En un clin d’œil, Baël était à nouveau entré en elle et entamait à vitesse croissante les mêmes mouvements. Il agrippa soudainement son sein, tandis que son autre main était toujours sur sa hanche pour prendre appui et se diriger en elle. Angélique se laissait faire, savourant l’aspect bestial de leur relation, leur besoin de se faire à la fois du mal et du bien. Baël savait comme faire pour qu’elle se sentît et reine et chienne. Il avait l’art de la prendre, dans tous les sens, de la malmener et de la combler. Toutes les courbes d’Angélique se remuaient, conduites par les décisions de son homme. Pris d’une envie soudaine de gouter à ses lèvres, il la força à s’allonger, sans pour autant la lâcher, s’agrippant à ses cheveux, il lui fit tourner la tête. Angélique gémit de plaisir et de douleur tandis qu’il emplissait sa bouche de sa langue et qu’un balai de salive commençait. La baiser fut de courte de durée, incapable de tenir le rythme dans cette position, Baël la relâcha et ils retrouvèrent leur effervescence. La sentant sur le point de craquer, l’ancien serpentard se pencha en avant et vint apposer ses lèvres sur la nuque de sa douce, suçant, mordant, léchant jusqu’à la marquer comme au fer rouge, la faire sienne de cette signature rosâtre. Sentant la salive dans son cou, la hargne avec laquelle Baël voulait la posséder et son pénis aller et venir à l’intérieur de ses entrailles, Angélique ferma les yeux une seconde fois et se laissa aller, porter par les vagues du plaisir pour rejoindre son nirvana. Ayant atteint son objectif, Baël se relâcha et put se laisser aller, à tomber sur le lit à côté d’elle, entraînant l’historienne dans sa chute, Angélique assise de dos sur la verge du jeune homme. Elle reprit son souffle avant de le faire sortir d’elle. Elle se retourna alors, pour lui faire face, assise sur les cuisses de son amant. Elle voulut offrir quelques câlineries manuelles à son amant mais à voir la verge gonflée, rouge, tendue, il était à bout, il avait tenu comme un dieu. Il avait droit au relâchement lui aussi et puis… La belle avait encore comme un goût de trop peu ; il lui fallait un nouveau round.

    Angélique s’avança et plaça délicatement sa main au bout du pénis de son homme, pour le maintenir tandis qu’elle venait s’empaler doucement sur lui. Elle commença d’abord un léger mouvement de va et vient, lent, sensuel, laissant Baël profiter de sensations dont il n’avait pas le contrôle, de la vue de ses seins qui se mouvaient également, de son visage perdu dans la jouissance. Elle savait combien Baël aimait la regarder après qu’elle eut joui. Les cheveux en bataille, telle une lionne, elle abandonna rapidement les va et viens pour le chevaucher de haut en bas, comme on monte à cheval, d’abord lentement et puis vivement, vélocement, cherchant la même cadence que celle que Baël avait imposée tout au long de leurs ébats. Comme elle aimait aussi être au pouvoir, voir son amant se contenir, essayer de toutes ses forces de se maîtriser, sans y arriver. Elle aimait voir le teint de Baël changer, ses yeux se fermer, son torse se soulever, sa respiration s’accélérer, celui lui faisait un effet indescriptible. Elle pressa encore son rythme, brusquant ses mouvements, tandis qu’elle sentait des picotements à l’intérieur d’elle. A la foi la verge de Baël qui pulsait en accord avec ses battements de cors, à la fois parce que tous ces frottements rendaient son entre-jambe douloureux mais comme elle appréciait cette douleur. Baël tremblait de plus en plus, c’était bientôt le moment. Elle se pencha pour l’embrasser mais ne lui permit pas de savourer ce baiser, voulant le voir partir, ce qu’il fit rapidement. Tout d’un coup, elle le sentit se contracter en elle, déversant sa semence, ce qui eut pour effet de la faire suivre immédiatement. Pour la troisième fois de la soirée, sa tête tomba en arrière, plus vivement encore que les fois précédentes, son périnée se contracta autour de la verge en jouissance de Baël et ils atteignirent ensemble cette fois le paradis promis. Angélique s’effondra ensuite dans les bras de son amant.

    Tandis que d’à la verticale, elle passait à l’horizontale pour poser sa tête sur les bras de son homme, Angélique sentit la semence de Baël s’écouler le long de ses jambes. Elle la laissa faire, ne se souciant pour rien au monde ni d’elle, ni de ses draps, voulant simplement profiter de ce moment durant lequel ils se câlinaient et s’aimaient plus fort encore après l’amour. Elle le sera contre elle tandis que ses bras à lui se refermaient aussi autour de son corps nu. Il lui imprima un baiser sur ses cheveux en sueur et elle fit de même avec son épaule. Ils récupéraient lentement mais surement, leurs respirations s’apaisaient aussi et le silence se faisait petit à petit dans la pièce tandis qu’ils réalisaient ce qu’ils avaient fait. Cela avait probablement été une de leur meilleure performance, leur séparation, le manque y étaient probablement pour quelque chose, l’amour qu’ils se portaient aussi. Mais tandis que le brouillard du désir se dissipaient, Angélique réalisait surtout que leur acte d’amour ne résolvait pas tous les problèmes. Certes, elle se sentait comblée, heureuse comme elle ne l’avait plus été depuis des mois mais Voldemort était toujours là. Il pouvait toujours prendre le contrôle à tout moment, maintenant par exemple et la tuer elle et Mathias aussi. Un frisson d’appréhension la parcourut tandis qu’elle réouvrit les yeux. La parenthèse était terminée, malheureusement : un véritable danger les guettait. Ses doigts se mirent alors à nerveusement le torse de Baël, ne sachant pas comment s’y prendre mais elle savait que le blond devait penser exactement à la même chose qu’elle : « Baël… Comment allons-nous nous en sortir ? » Au moins, il y avait un « nous » maintenant et elle lui laissait une porte ouverte pour régler le problème, avec elle et plus seul…


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BAEL - "Ni me escondo ni me atrevo, ni me escapo ni te espero, hago todo lo que puedo pa' que estemos juntos. Cada vez me importan menos los que piensan que no es bueno que haga todo lo que puedo pa' que estemos juntos."
ANGIE - "Ni me miras ni te quiero, ni te escucho ni te creo, pero siento que me muero cuando os veo juntos. Cada vez me importas menos Pues lo digo cuando debo aunque sienta que me muero cuando os veo juntos."




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