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Confidences pour un sourire [FINI]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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Angélique M. Dewis
Admin | Prof. d'Histoire
Dir. de Poufsouffle & Sous-Directrice
Connaître le passé pour préparer l'avenir avatar
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Age : 37
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Amour : l'histoire <3

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Orientation Sexuelle: Bisexuel
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Caractère: Autoritaire, passionnée, gentille, intéressante, intelligente, drôle, sarcastique, fêtarde, maternelle, protectrice, généreux, attentive, patiente, motivée

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MessageSujet: Confidences pour un sourire [FINI] Jeu 28 Juil 2011 - 15:58

Prio Baël


    Lorsque ce matin-là, Angélique Dewis partit reposer sa tête sur son oreille, ce n’était pas le cœur léger. C’était plutôt l’âme lourde, avec l’esprit d’un coupable qu’elle regagna son lit, sans un regard un arrière. Ce ne fut pourtant pas l’envie qui lui manquait, de faire demi-tour et d’aller s’excuser mais une raison inconnu la maintint sur sa route et l’empêcha de faire tout autre mouvement rotatoire. Elle avait besoin d’être seule, en fin de compte. Il lui devenait nécessaire de se retrouver avec elle-même afin de faire le point, de réfléchir et d’analyser la situation. C’est alors sans avoir l’intention de réellement dormir qu’elle se recoucha, couvrant son corps de femme de la douce chaleur de sa couette. Epuisée par son travail, par ses responsabilité et par la discussion qu’elle avait eu avec son fils quelques instants plus tôt, elle fut quand même d’abord tentée, une fois bien installée dans le moelleux de son plumard de rejoindre Morphée à nouveau et de s’envoler pour le pays des rêves, le pays du bonheur et de l’absence de soucis. Mais après s’être retournée et retournée dans son lit une bonne centaine de fois, elle capitula, comprenant que le sommeil ne viendrait bien et c’était bien fait pour elle. Elle l’avait mérité et elle se doutait bien que cette nuit, une autre personne n’allait pas dormir beaucoup : Baël Owned et après ce qu’elle lui avait dit, ce n’était pas étonnant. Un dernière fois, dans un ultime espoir, Angélique essaya de ne pas y penser et de ne pas se laisser envahir par la culpabilité mais c’était plus fort qu’elle. Elle n’était pas une méchante personne. Elle n’était pas de nature à se comporter ainsi et elle n’arriverait certainement jamais à trouver le sommeil si elle ne faisait pas un effort maintenant pour y penser et pour trouver une solution qui l’aiderait à arranger les choses ou tout du moins à rattraper l’air triste qu’elle avait créé sur le visage de son étudiant…

    Se retournant une dernière fois afin de se mettre sur le dos parce que, d’après elle, on n’était jamais mieux installé pour réfléchir que face à son plafond, elle se prit donc à ressasser tous les évènements de la soirée. Elle commença pour bien faire les choses à Dylan. Dylan qui lui avait parlé de Sacha, son père. Dylan qui lui avait demandé si un jour il le reverrait et qui lui avait annoncé que son papa lui manquait. Dylan qui avait fait renaître en elle de douloureux souvenirs. Avait-elle bien fait de lui répondre ainsi, en courte phrase, ne laissant entrapercevoir que son ignorance. Et même si elle avait avoué que Sacha lui manquait aussi, n’aurait-elle pas pu se montrer un peu plus sentimentale pour Dylan. Elle s’inquiétait pour lui. Angélique avait toujours crû que son enfant avait passé le cap du départ de son père comme il avait fait le deuil de sa mère génétique longtemps avant. Elle n’aurait jamais pensé qu’il ressentait encore un vide aujourd’hui. Cela l’inquiétait d’autant plus que Dylan était déjà un adolescent fragile de par son intelligence et son incapacité à s’adapter à la société et à vivre avec ses condisciples. Heureusement que ses nièces, Emma et Wendy étaient là pour s’occuper du petit cousin, Dylan. Cependant, elle se sentait bien perdue face à toutes les souffrances qu’enduraient son enfant et elle n’avait pas trouvé de réponse satisfaisante à lui donner. Peut-être aurait-il du lui proposer de partir à sa recherche si Dylan en avait besoin. Après tout avec tous les contacts qu’elle possédait, retrouver un homme ne devait pas être bien compliqué et Caleigh lui avait dit que Maximilien Middle possédait pas mal de bonnes adresses en matière de détective privé et si cela pouvait aider Dylan, elle était prête à mettre le prix. Peut-être aurait-elle dû faire cela. Mais en même temps, quand elle y réfléchissait…Elle n’était pas certaine que revoir son père était la meilleure solution. Et si celui-ci ne voulait pas le revoir, ne voulait pas de lui, Dylan en serait encore plus malheureux. Et le petit de serdaigle souffrait déjà suffisamment ainsi pour ne pas avoir besoin d’en rajouter une couche. Retrouver Sacha n’était pas une bonne idée…Mais l’adolescent avait peut-être besoin de savoir. Dylan préférerait une réponse claire à pas de réponse du tout…Angélique se sentait perdue et elle se promit d’essayer d’engager la conversation le plus vite possible avec son enfant afin de lui poser directement la question. Il était, après tout, le mieux placé pour savoir ce qu’il voulait et ce dont il avait besoin. Et c’est seulement après cette discussion, qu’elle pourrait réfléchir à trouver une solution au problème Sacha/Dylan…

    Ensuite elle était allée se coucher. Rien d’extraordinaire mais c’est à une heure du matin, lorsqu’elle fut forcée de se relever que les choses se gâchèrent et pas qu’un peu. Déjà, alors qu’on venait de toquer, Angélique se sentit d’humeur maussade. Elle détestait être réveillée en pleine nuit surtout quand elle avait passé une soirée aussi fatigante et n’était pas des plus agréable au milieu de la nuit. Mais parce qu’elle avait des responsabilités, elle prit sur elle pour aller voir qui se trouvait derrière cette porte. Premièrement parce que si c’était un imbécile qui s’acharnait, cela pourrait réveiller Dylan mais ensuite parce que c’était peut-être important. Un professeur ou un préfet en chef pouvait venir l’avertir d’un problème ou alors un poufsouffle puisqu’elle était également la directrice de cette maison. Même si le château était redevenu calme ces derniers temps, avec tous les incidents précédents, on était jamais à l’abri de rien. Et consentant à faire face à ses responsabilités, elle s’était levée. Jusque là, toujours rien de bien grave. Même lorsqu’elle ouvrit la porte et qu’elle aperçu Baël Owned, les choses ne dégénèrent pas immédiatement. Baël était apprenti et peut-être rencontrait-il un immense souci. Serviable et prenant sur elle, elle s’était apprêtée à le faire entrer chez elle pour l’écouter et c’est alors qu’il lui avait tendu un bouquet de roses et que tout était parti en roustons de Merlin ! Elle avait pris les fleurs pour les lui jeter à la figure quelques instants plus tard avec des paroles horribles avant de lui claquer la porte au nez pour retourner se coucher !

    C’était là que résidait tout le problème : dans la remise des fleurs. Pourquoi s’était-elle tant énervée. Ok. Cela n’avait pas dû joué en la faveur de l’ancien serpentard de se présenter chez son ancien professeur à une heure du matin mais jamais Angélique n’aurait été aussi cruelle, aussi horrible malgré qu’il l’ait réveillé pour ce qu’elle jugeait être des futilités à une heure pareille. Elle l’aurait remis à sa place et puis serait partie mais n’aurait certainement jamais eu ce comportement de salope…Alors pourquoi ? Et c’étai-là que toute la subtilité du vocabulaire employé à l’intérieur de la tête de l’historienne serait utile. Peut-être que justement, ce n’étaient pas des futilités. Offrir un bouquet de Roses ! Owned qui offrait un bouquet de roses ! Cela voudrait dire qu’elle avait des sentiments, qu’il l’aimait ! Ce n’était pas qu’elle ne s’en doutait pas ! Loin de là ! Voilà un bon moment qu’elle avait compris les intentions de l’apprenti en défense contre les forces du mal et si elle en avait été un instant mal à l’aise, elle ne s’en était pas formalisée plus que cela. Après tout, il n’était qu’un gamin et elle pourrait s’en sentir flattée. Cette petite période d’amour lui passera assez rapidement et rien ne l’avait dérangé, jusqu’à ce soir… Ce soir, premièrement, elle avait compris que les sentiments du l’étudiant était sérieux et cela l’avait mis face à ses propres sentiments. Elle n’était pas amoureuse d’Owned. Il était bien trop jeune et puis elle l’avait trop connu horrible et insupportable mais elle l’appréciait, aujourd’hui ou tout du moins, elle appréciait ce qu’il devenait en sa présence et elle devait admettre qu’elle aimait passer du temps en sa compagnie, qu’elle aimait bien coucher avec lui aussi parce que c’était un bon coup et parce qu’il était toujours disponible, elle aimait son humour et la manière qu’il avait de prendre toujours des gants avec elle. Cela la faisait rire intérieurement même si elle n’en n’avait jamais rien montré de peur de perdre son autorité. Elle appréciait Baël alors pourquoi avoir été si monstrueuse avec lui ? Elle aurait pu le faire entré à l’intérieur de chez elle pour en discuter, pour lui expliquer simplement pourquoi cela n’était pas possible entre eux plus que d’avoir été aussi sèche, aussi…Salope ! Elle ne trouvait pas d’autres mots. Il fallait qu’elle aille le voir pour s’excuser et pour régler le problème et c’est ce qu’elle ferait le lendemain matin, à la première heure…

    Ah…On était déjà demain matin à la première heure ? Elle se leva alors, samedi huit heures venaient de sonner. Elle était pressée d’aller arranger les choses. Le souvenir du visage de Baël défait la hantait tellement. Elle voulait réparer son erreur. Déjà, elle n’avait pas été professionnelle mais au nom de ce qu’ils avaient bâti de bien ensemble ces derniers jours, elle ne pouvait pas laisser les choses ainsi. Même si ce serait certainement plus facile parce qu’au moins, elle n’aurait pas à se démêler avec les sentiments de son étudiant, elle se devait de fixer les choses. Pressée, elle resta en pyjama mais prit la peine d’enfiler sa robe de sorcière et de ferme le bouton du milieu afin de ne pas avoir froid et glissant ses pieds dans ses pantoufles, elle sortit de l’appartement après avoir vérifié que Dylan dormait encore. Elle devait avoir une bien drôle d’allure ainsi en shorty dans le couloir, les jambes nues, et les épaules vêtues que par sa cape de sorcière mais là n’était pas la question. Tout en marchant, elle se maudît d’avoir laissé les choses aller si loin avec Baël. Au moment où elle s’apprêta à toquer à la porte des appartements des apprentis, Smith en sortit. Il la salua poliment avant de baragouiner quelques mots sur l’était d’Owned. Angélique acquiesça et il la laissa pénétrer dans l’appartement avant de s’en aller. La directrice du château pénétra dans ce lieu qu’elle avait elle-même meublé quelques années plut tôt et se dirigea vers le salon. Elle y trouva l’ancien serpentard, assis dans un fauteuil, les yeux dans le vague, la mine défaite. Il avait vraiment l’air effrayant et la culpabilité d’Angélique redoubla. Elle s’avança alors au milieu de la pièce mais le pauvre Owned ne semblait même pas la remarquer. Elle s’approcha alors de lui et doucement, pour ne pas le brusquer, posa la main sur son épaule et marmonna ce simple mot : « Baël… »


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BAEL - "Ni me escondo ni me atrevo, ni me escapo ni te espero, hago todo lo que puedo pa' que estemos juntos. Cada vez me importan menos los que piensan que no es bueno que haga todo lo que puedo pa' que estemos juntos."
ANGIE - "Ni me miras ni te quiero, ni te escucho ni te creo, pero siento que me muero cuando os veo juntos. Cada vez me importas menos Pues lo digo cuando debo aunque sienta que me muero cuando os veo juntos."




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Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Jeu 28 Juil 2011 - 17:52

    Durant quelques jours, Baël s’était pris à douter. A douter de ce que Voldemort avait toujours clamé haut et fort, de ce qu’il avait toujours porté tel un étendard sanglant. Baël avait presque cru qu’au final, le vieux fou qu’était Dumbledore avait peut-être eut raison. Qu’Harry Potter et toute sa bande de guignols étaient peut-être dans le vrai. En fin de compte, l’amour était un sentiment puissant, qui donnait des ailes. L’amour donnait ses chances à l’impossible. L’amour permettait de soulever des montagnes, de traverser des océans. Et, surtout, il semblait offrir un horizon infini de ciel bleu, loin de tout orage de problème. Amoureux, même si cela ne semblait pas réciproque, Baël était heureux. Mais cela n’avait pas duré. Au final, c’était bel et bien le Seigneur des Ténèbres qui avait raison. L’amour était un sentiment dont on pouvait, et dont on devait même totalement se passer : il n’apportait que faiblesse et douleur. Doute et appréhension. Illusions et faux espoirs. A quoi ça sert l’amour ? On raconte toujours des histoires insensées ! A quoi ça sert d’aimer ? Aujourd’hui, Baël pouvait en témoigner : l’amour fait pleurer, l’amour fait souffrir. L’amour crée des rêves pour mieux les démolir. L’amour est un fin tacticien, un fourbe. Il calcule tout, il analyse. Il cherche à faire le plus de dommages possible avant de disparaître. L’amour est un guérillero, les hommes ses victimes. Innocentes et naïves victimes. Il a plus simple à les tromper qu’un loup à croquer un agneau. Parce que les hommes se laissent abuser par ses paroles, son allure, ses promesses. Il se présente à eux, sans prévenir. Il leur tombe dessus sans qu’ils n’aient rien demandé. Et il s’accroche à eux, il leur parle. Il est vêtu d’un manteau d’or et de tendresse. Il perverti leur vue, pourri leurs sens. Il plante ses graines profondément dans leur cerveau et les regarde succomber lentement. Plus ils tentent de résister, plus son emprise sur eux sera grande. Il prend plaisir à les regarder céder… Et puis, une fois qu’il les a conquis, une fois que toute résistance a été éradiquée, il lève le camp, les abandonne avec leurs sentiments. L’amour est un sadique, plus sadique encore que tous les Mangemorts réunis. Car les intentions du Seigneur des Ténèbres étaient claires dès le début. L’Amour lui, vous charme, vous trompe. Il vous fait miroiter. Pour mieux vous assassiner. Le Mage Noir avait raison : l’Amour est une plaie, une purge. Un sentiment minable qui nous retient vers le bas. Qui nous empêche d’accéder au sommet. Qui nous empêche de poser les choix les plus rationnels aux moments les plus opportuns. L’amour offre des faiblesses exploitables : attaquer l’être aimé devient un bon moyen de faire souffrir l’adversaire. Cela, le Lord l’avait compris. C’était comme cela qu’il avait attiré Harry Potter au Ministère, en lui faisant croire que son parrain, Sirius Black, y était torturé. L’amour n’était qu’une faiblesse… Tomber amoureux, c’était tendre à son bourreau la hache qui nous décapiterait.

    Et Baël venait d’en recevoir la preuve. Il s’était laissé aller. Il avait baissé sa garde. Cédé au charme d’Angélique Dewis. Lui avait offert un parfait moyen de l’anéantir. Et elle n’avait pas tardé à s’en servir. Consciemment ou pas, cela ne faisait aucune différence. Pour l’instant, le jeune apprenti ne se sentait plus la force de faire quoi que ce soit. Il était assis sur un fauteuil, le regard vide, fixant intensément le mur qui lui faisait face. Il attendait que le temps passe. A ce qu’on dit, le temps est un guérisseur, qui vient à bout de presque toutes les blessures. Sauf les plus profondes. Alors, s’il ne fallait que du temps, Baël le prendrait. Il resterait là, dans ce fauteuil. Quitte à y vieillir. Quitte à y mourir. Bien sûr, ce n’était en aucun cas une réaction mature et rationnelle. Mais que voulez-vous, il était amoureux ! Encore toujours, malgré l’affront outrageux qu’il venait de subir. Malgré le fait que la belle avait arraché son cœur, l’avait lacéré, piétiné, pour finalement le lui jeter à la figure. Sans ménagement. L’Amour avait lancé son ultime offensive. Et Baël n’avait pas su se défendre… Quelle honte. Quelle honte pour le corps qui abritait Lord Voldemort d’avoir ainsi succombé à ce sentiment ridicule ! Quelle honte de se voir ainsi détruit par… une femme ?! Une femme certes belle, intelligente et pas totalement dénué de talents magiques, mais une femme tout de même ! Il faudrait que le gamin se reprenne et vite, car le Lord ne tolérerait pas cet état léthargique bien longtemps. Il fallait retrouver Severus, le Traître. Le tuer, le broyer, le lyncher. Alors les soucis de cœur d’un adolescent dégénéré… Raah, que ne lui était-il possible de retrouver son propre corps, son corps et toute sa puissance, son corps et ses infinies possibilités…

    Le jour se levait, petit à petit. Baël n’avait pas fermé l’œil une seule seconde. Il était resté assis, toute la nuit, dans ce fauteuil, fixant le mur, comme s’il s’attendait à en voir surgir quelqu’un ou quelque chose. Mais le mur restait obstinément immobile. En même temps, quoi de plus normal, ce n’était qu’un mur. Oui, mais quoi de plus normal, alors, qu’elle t’ait rejeté ? Ce n’était qu’une femme réveillée à une heure du matin… Oui, c’est vrai, c’est une réaction compréhensible… D’accord, mais pas à ce point-là. Y’a être de mauvais poil, et… faire ça ! Y’a repousser un prétendant, et… le lapider à coup de mots ! Y’a… Un mouvement, dans le salon, attira l’attention de l’apprenti. Il ne lâcha pas le mur du regard pour autant, mais reporta son attention sur son colocataire qui venait de faire irruption dans la pièce. Timothé Smith, encore en pyjama, passa devant Baël sans même lui accorder un regard et entra dans la salle de bain. Puis le calme revint, exception faite d’un léger bruit d’eau qui coule. Un quart d’heure plus tard, l’autre apprenti ressortait, propre comme un sous neuf. Cette fois, il gratifia Baël d’un regard moqueur. « Bah alors, Monsieur Gargouille, on fait déjà la gueule ? » Il s’attendait à recevoir une réplique de retour. Virulente, mordante. Il attendit un peu. Mais rien ne vint. Baël restait là, dans son fauteuil, sans même esquisser un geste qui signifierait qu’il avait conscience du monde qui vivait autour de lui. Haussant les épaules, Smith se détourna. Il quitta l’appartement, s’interrogeant peut-être sur les raisons du comportement amorphe de Baël. Visiblement, il croisa quelqu’un car l’ancien Serpentard l’entendit baragouiner quelques mots. D’autres pas se firent entendre. Puis la porte se ferma. Quelqu’un était entré dans l’appartement. Qui pouvait-ce bien être ? Qui Timothé aurait-il laissé entrer ? Eloïse, peut-être. Ou Laura. Autre option : un professeur. Voire plus, comme…
    La Sous-directrice. Angélique Dewis se tenait là, comme dans les rêves que Baël avait déjà pu faire. Il sentit son cœur s’accélérer et son sang se glacer, mais il ne bougea pas. Ah, la diablesse ! Non contente de l’avoir humilié et détruit, elle venait le tourmenter ? Ne serait-elle, au final, qu’une harpie vengeresse ? Ne serait-elle qu’un aigle, envoyé par les dieux pour lui dévorer le foie, le mettant au supplice ? Mais quelle faute avait-il donc commis pour être ainsi puni, sinon celle de tomber amoureux (avoir rappelé Voldemort ne compte pas, on est d’accord) ?

    Il ne tourna même pas les yeux vers elle quand elle s’approcha. Il devait l’oublier, elle avait été suffisamment claire. Se jeter sur elle pour l’embrasser n’arrangerait en rien les choses. Et pourtant, par Merlin, il en avait envie ! La belle s’approcha de lui. Encore, et encore. Il pouvait sentir sa présence, son aura divine. Il sentit également la main qu’elle posa sur son épaule. « Baël… » Il dut retenir un frisson. Par tous les dieux, qu’adorait-il la manière dont elle prononçait son prénom ! Enfin, il daigna bouger, planter son regard dans le sien, si beau mais si cruel. Il voulut parler. Mais il ne dit rien. C’était elle qui était revenue, non ? C’était à elle de… oh, et puis merde. « Je pense que Monsieur Owned est plus adapté, professeur. » Il avait tenté de ne rien laisser paraître, mais rien n’y avait fait : sa voix avait tremblé et trahi la présence de larmes qui s’accumulaient dans ses yeux. Bientôt, il ne saurait plus les retenir et en laisserait perler une. Ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Il ne voulait pas pleurer. Pas devant elle.


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Ven 29 Juil 2011 - 14:08

    Tout en partant à la recherche aveugle de sa cape de sorcier, Angélique ne pouvait empêcher son cerveau de tourner à plein régime, encore. Il y avait d’autres choses qu’elle avait besoin d’expliquer et de justifier à ses propres yeux pour ne pas se laisser entièrement ronger par la culpabilité qui, soyons honnêtes, lui tiraillait de plus en plus le cœur. Elle avait beau tourné en boucle la scène de cette nuit dans sa tête, elle ne comprenait pas cette réaction, cette haine, ces mots aussi durs et terribles qu’elle avait prononcé face à son étudiant. Pourquoi s’être tant énervée pour un bouquet de roses, ce n’était rien d’autre qu’un bouquet de roses. Des étudiants amoureux d’elle, elle en avait déjà eu quelques uns –sauf que d’habitude, elle ne couchait pas avec eux à côté- et elle avait toujours su régler le problème assez facilement mais là…C’était comme si elle avait perdu tout contrôle d’elle-même, toute capacité de prendre du recule et de se comporter en tant que professeur et non pas en tant que femme. Elle doutait sérieusement que ce soit la fatigue parce qu’elle avait déjà été dans un pire état que cela sans pour autant perdre le contrôle de ses paroles, de ses gestes, d’elle-même tout simplement. Tout en enfilant son vêtement fétiche, Angélique se força à visualiser à nouveau son souvenir. Quelques cours qu’elle avait eu, plus jeune, sur la legimencie l’aidèrent assez mais alors qu’elle se revoyait ouvrir cette fameuse porte à Baël Owned, en pyjama, épuisée, tenant à peine de bout, ce ne fut pas son élève qui lui apparut sous les yeux. Ce n’était pas le visage angélique de l’apprenti professeur de défense contre les forces du mal. Ce n’était pas sa bouche, ses yeux, son corps. C’était une toute autre personne qui la fixait, droit dans les yeux, un large sourire rassurant sur le visage, un air amoureux lisible dans les yeux. Angélique sentit son cœur battre à cent à l’heure tandis qu’elle identifiait cette personne intruse sans le moindre problème car l’homme qui venait de suppléer à Baël n’était autre que l’ex mari de la directrice des poufsouffles, le père de Dylan, j’ai nommé Sacha.

    Tout en attrapant sa baguette magique pour la glisser dans la poche intérieure –parce qu’une sorcière avertie ne sortait jamais sans sa baguette, Angélique comprit enfin pourquoi elle avait eu cette réaction excessive, pourquoi elle s’était montrée aussi monstrueuse, aussi abominable, invivable, horrible, aussi méchante. Oui, maintenant elle avait le fin mot de l’histoire. Tout cela à cause de quelques souvenirs heureux et d’autres moins qu’elle avait refoulé tout au fond de sa mémoire, espérant ne plus jamais devoir y penser mais ils avaient refait surface cette nuit, sans crier gare, ils s’étaient présentés devant la porte de son inconscient, l’empêchant de réfléchir rationnellement et c’était eux qui l’avaient poussée à agir de cette manière. Sacha ! Maudit Sacha ! Quand donc la laisserait-il enfin tranquille. La vérité, c’était que durant des années, Sacha avait été le seul homme à lui offrir des roses ce que, en tant que gentleman, il avait d’ailleurs fait assez régulièrement. Il savait depuis toujours que la fleur préférée d’Angélique était le Lys mais il avait toujours préféré lui offrir des roses rouges. Premièrement parce que c’était le symbole de l’amour éternel mais également parce qu’elle avait un chat et que les Lys étaient un véritable poison mais là n’était pas la question. Souvent, une fois par semaine au moins, à l’époque où ils étaient ensembles, Sacha se présentait à l’appartement qu’ils partageaient avec un bouquet de roses pour lui prouver sans cesse son amour car elle ne pouvait en douter : il l’avait aimée à la folie jusqu’à…C’était à lui que, durant des années, elle était venue ouvrir la porte pour se retrouver face à son homme romantique avec un gros bouquet dans les mains. C’était Sacha qui lui avait tant de fois fait cet honneur. Mais si cela n’avait été que des souvenirs heureux, elle aurait pu mieux se comporter, malgré la douleur de la nostalgie mais il y avait autre chose. Il y avait cette fameuse dernière fois où il s’était présenté à elle avec un bouquet de roses. C’était la nuit où il s’était enfui, comme un voleur. La nuit où il les avait abandonnés…Oh, elle s’en souvenait comme si c’était hier…

    Tout en ressassant ces vieilles histoires, elle se dirigea à pas de loup vers la chambre de son fils afin de vérifier qu’il dormait. En effet, si l’enfant avait été réveillé, elle aurait dû lui expliquer où elle allait et elle préférait éviter cela…Enfin même si elle se retrouverait confrontée à Dylan à son retour et qu’elle devrait trouver une explication à son départ, elle préférait ne pas avoir à le faire tout de suite et d’abord régler l’histoire avec Owned. Soulagée, elle quitta la chambre du petit, non sans l’avoir embrassé et se dirigea prestement vers les appartements de son étudiant. Elle n’était pas très rassurée à l’idée de devoir faire face à la souffrance qu’elle avait causée mais elle n’avait pas le choix, elle le savait bien. Il fallait qu’elle répare ses erreurs. Respirant un bon coup pour s’armer de courage, elle leva le poing pour toquer à la porte des appartements des apprentis lorsque cette porte en question s’ouvrit sur le jeune Timothé Smith qui devait certainement sortir de la douche au vu des cheveux dégoulinant d’eau qu’il avait sur le crâne. « Oh. Bonjour Madame Dewis, vous tombez relativement bien. Je comptais venir vous prévenir qu’il y a un problème avec Ow’ Heu Baël. Il semble vraiment mal en point. Non pas que je m’inquiète pour lui mais je me devais de prévenir quelqu’un. » Angélique accusa le coup. Si Timothé Smith prenait la peine de venir la voir pour lui parler de Baël, c’était que le problème était plus grave que prévu car chacun savait qu’après le jeune Middle, l’apprenti Smith était l’un des pires ennemis de Baël Owned et ils ne savaient pas se voir en peinture malgré un respect mutuel qu’ils semblaient se montrer. Si même Timothé avait prévu de faire un crochet par chez elle…Angélique ne savait que penser mais n’afficha rien. Elle se contenta de sourire d’un air rassurant au jeune homme, alors qu’elle n’en menait pas large et lui répondit doucement : « Bonjour Timothé, Je sais bien. Ne t’en fais pas, c’est pour cela que je suis là. Allez vaque à tes occupations et te préoccupe pas de cela, tout va bien se passer. Baël n’a pas grand-chose ! » Elle vit dans les yeux de son vis-à-vis qu’il s’apprêtait à lui répondre qu’il s’en fichait pas mal de ce qui pouvait arriver à cet arrogant prétentieux et qu’il faisait juste son devoir mais il se retint de tout commentaire et elle en fut très reconnaissante alors qu’il s’effaça pour la laisser entrer dans ses quartiers. Angélique le remercia et le congédia définitivement d’un simple sourire.

    Elle connaissait cet endroit par cœur pour l’avoir à de nombreuses reprises meublé et remeublé, arrangé et réarrangé. En tant que sous directrice du château, cela faisait malheureusement parti de ses responsabilités même si cela ne l’enchantait guerre. Elle se dirigea alors vers le salon, soulagée de constater que l’appartement était calme et qu’en conséquence Owned devait être le seul apprenti encore présent et s’avança dans la pièce. Elle le trouva prostré dans un fauteuil, les yeux dans le vague, complètement perdu. Il lui faisait l’effet d’un petit enfant abandonné et la culpabilité qu’elle ressentait ne s’en fit que plus forte. Quel monstre avait-elle été pour mettre un de ses anciens élèves dans un tel état ! Elle s’approcha alors de lui, consciente qu’elle marchait sur des œufs et vint délicatement poser sa main sur son épaule, espérant le faire réagir mais aussi afin de lui signaler sa présence qu’il ne semblait pas avoir remarqué et d’une voix douce, elle prononça son prénom, espérant ainsi lui faire sentir qu’elle était venue pour lui, pour arranger les choses. Malheureusement la réaction de l’ancien serpentard ne fut pas exactement ce qu’il espérait. Baël n’avait plus l’intention de s’ouvrir aussi facilement ni de se laisser aller, sans doute par peur de souffrir… « Je pense que Monsieur Owned est plus adapté, professeur. » Cependant, même si elle l’avait un peu méritée, Angélique se sentit bien agacée par cette réplique. Infernal personnage ! Elle était venue pour lui, pour l’aider alors qu’elle n’en était nullement obligée. Après tout, il n’était qu’un étudiant parmi tant d’autres et il n’avait pas le droit d’être insolent envers elle. Elle possédait encore l’autorité, par Merlin et si elle était là, c’était par pur gentillesse. Il ferait bien de s’en souvenir : « Si c’est pour vous montrer aussi désagréable, Owned, je peux tout aussi bien repartir sur le champs ! » Le voilà averti. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait de continuer à lancer ses remarques acerbes, elle aimait tant cela ni l’envie qui lui manquait de le remettre encore à sa place et de lui balancer quelques sarcasmes mais ce n’était pas le moment et les quelques larmes qu’elle vit perler, malgré lui, dans les yeux de Baël la retinrent bien plus que sa propre conscience !

    Décidée à arranger les choses définitivement, elle alla se placer devant son étudiant. Elle sortit sa baguette magique et d’un sortilège informulé fit apparaître une rose dans sa main. Elle tendit alors la rose à son élève puis alla s’installer sur le canapé en face de l’étudiant. Ce n’était pas comme cela qu’elle allait lui enlever tous faux espoirs de la tête, elle en avait bien conscience mais elle devait d’abord faire quelques signes de paix. Baël parut surpris par le geste et Angélique profita de silence pour se mettre à l’aise. Une fois confortablement assise dans le canapé face au fauteuil, elle plongea ses yeux dans le regard du vert et argent : « Ecoute Baël, je suis sincèrement désolée pour cette nuit. Je…Profite bien de ces excuse, tenta-elle d’ajouter dans une piètre tentative d’humour, je n’en fais pas souvent mais voilà…Le fait est que j’ai conscience d’avoir été horrible et de ne pas avoir été correcte avec toi. Je t’ai fait beaucoup de peine et…Je m’en excuse sincèrement. Crois-moi, ce n’était pas mon intention, loin de là. » Elle termina sa petite tirade mais préféra ne rien ajouter, choisissant de laisser d’abord Baël réagir. Peut-être voulait-il lui poser une question, l’incendier –ce qu’il n’avait pas intérêt à faire-. Il fallait qu’elle attende de voir si ses paroles avaient un quelconque effet sur l’étudiant.


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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Ven 29 Juil 2011 - 16:20

    C’était comme si le rêve se réalisait. Mais pas au bon moment, pas dans les bonnes circonstances. Comme si, en réalité, le rêve était fils d’un cauchemar. Comme s’ils avaient tous deux comploté contre le jeune homme. Comme s’ils avaient décidé, sur les conseils de l’Amour, de le poursuivre encore, de ne lui laisser aucun répits. De jouer avec lui, avec ce qu’il ressentait. De le faire se poser mille questions. De le perdre tout à fait dans l’océan tumultueux de sa relation avec Angélique. Mais était-ce seulement réel ? Ne serait-ce pas son imagination qui lui jouait un bien mauvais tour ? Peut-être tout cela n’était qu’une illusion que s’imposait son esprit. Après tout, pourquoi Angélique Dewis serait-elle entrée dans cet appartement maintenant ? Pourquoi l’aurait-elle fait vêtue à peine d’une cape de sorcier sur les épaules et du pyjama dans lequel Baël l’avait vue hier soir ? La seule explication possible était très simple : épuisé, il s’était endormi et il était à nouveau plongé dans un rêve. Serait-il doux, comme tous les précédents, ou serait-il un dur rappel des évènements de la nuit ? L’Angélique du rêve allait-elle être conciliante et aimable, ou dure et cassante ? En tout cas, elle était belle. Ses traits étaient marqués par une nuit tourmentée, mais cela n’enlevait rien à sa grâce. Sa démarche, toujours aussi féline, respirait l’incertitude et le doute. S’il avait été dans une meilleure position, Baël aurait sans doute affiché un air moqueur en songeant « chacun son tour. » Mais voilà, il était là, amorphe, dans le fauteuil, incapable de dire s’il était éveillé ou endormi, mort ou vivant, et il s’en fichait pas mal. Il ne leva pas les yeux vers elle. Il la voyait sans la regarder, et c’était suffisant. Même s’il se sentait tiraillé entre une détermination puérile d’attendre dans ce fauteuil que son amour blessé guérisse et un désir pressant de l’embrasser, il ne laissa rien paraître. Il était juste une coquille vide dans un fauteuil. Un homme vide dans un appartement vide. A cause d’une femme.

    Il sentit un contact qui aurait dû le faire frissonner. Angélique venait de poser sa main sur son épaule. Baël était resté stoïque, mais il avait au moins acquis la certitude qu’il ne rêvait pas. Elle était bel et bien revenue vers lui. Pourquoi ? Pour s’excuser, pour lui parler ? Pour le tourmenter, le narguer ? Serait-elle douce nymphe ou rapace fondant sur un cadavre encore chaud ? Serait-elle harpie assoiffée de sang, ou colombe portant laurier ? Serait-elle Angélique, la femme formidable avec qui Baël avait eu l’honneur de dîner, ou Miss Dewis, la vipère qui avait enfoncé des poignards de mots glacés dans le cœur de son apprenti ? Le premier mot qu’elle prononça plaida en faveur d’Angélique. Elle l’avait appelé Baël. Encore. Si cela ne signifiait rien, le jeune homme l’avait bien compris, au moins était-ce un signe engageant. Elle venait en paix. Mais Baël était-il prêt à faire la paix ? Pas sans qu’elle ait parlé. Pas sans qu’elle ait expliqué. Pas tant que les derniers mots qu’elle lui avait adressés n’avaient été que poison virulent. Pas tant qu’elle ne l’avait pas regardé dans les yeux. Pas tant qu’il n’avait pas croisé son regard, et su que, malgré tous ses efforts, il ne cesserait jamais de l’aimer. Alors, il rassembla ce qui lui restait de détermination, et rétorqua à la sous-directrice que l’appeler par son nom de famille était plus adapté à leur situation. Visiblement, ce n’était pas exactement le genre de réaction à laquelle l’historienne s’attendait. Elle fit la moue, son regard se durcit quelque peu, et, à nouveau, des mots lapidaires franchirent la barrière de ses lèvres. Un avertissement. Le premier. « Si c’est pour vous montrer aussi désagréable, Owned, je peux tout aussi bien repartir sur le champs ! » Le jeune homme ne réagit pas. Il se retint de répliquer, cela n’arrangerait en rien la situation. Lui dire que ce n’était qu’un juste retour des choses et qu’elle l’avait mérité n’allait pas l’amener à expliquer le pourquoi de sa visite. Il jugea plus sage de se taire et d’écouter ce qu’elle avait à lui dire. Car si elle partait maintenant, tout serait mort et enterré : leur histoire, les petits balbutiements de sentiments qu’elle aurait pu ressentir pour lui. Et cela, Baël ne se le pardonnerait jamais. Rien que de l’imaginer tourner sèchement les talons, il sentit une larme couler le long de sa joue. Une seule. Une de trop.

    Ce fut peut-être le signal que la belle attendait. Elle se mit en mouvement et se plaça en face de lui. Son doux visage était si proche du sien… Il n’avait qu’à se pencher un peu, imperceptiblement, et il pourrait goûter à ces lèvres… Mais il n’en fit rien. Parce que l’historienne avait sorti sa baguette. Parce que, d’un mouvement élégant, elle en avait fait jaillir une rose qu’elle lui tendit. Surpris, Baël observa la fleur quelques instants. Qu’est-ce que cela voulait dire, à la fin ? A quoi jouait-elle, exactement ? Essayait-elle encore de le tromper ? … Non. Son regard était plein de tendresse. Alors, lentement, il saisit la rose, effleurant ses doigts au passage. Il ne leva pas les yeux vers elle. Il se contenta de fixer la fleur, comme passionné par elle. Il la fit tourner délicatement entre ses doigts, comme s’il jouait avec sa baguette. La belle se leva alors et, voyant que l’étudiant avait au moins accepté ce signe de paix, alla s’installer dans le canapé face au fauteuil. Elle semblait vouloir mettre un minimum de distance entre eux. Encore une fois, Baël s’interrogea sur la signification de cet acte. Pourquoi lui offrir une rose ? Pourquoi s’installer face à lui maintenant ? Elle commença à parler. « Ecoute Baël, je suis sincèrement désolée pour cette nuit. Je…Profite bien de ces excuses, je n’en fais pas souvent mais voilà…Le fait est que j’ai conscience d’avoir été horrible et de ne pas avoir été correcte avec toi. Je t’ai fait beaucoup de peine et…Je m’en excuse sincèrement. Crois-moi, ce n’était pas mon intention, loin de là. » Il leva enfin les yeux vers elle. Il y avait tant à dire. Par où commencer ? De quoi parler en premier ? Parce que oui, Baël avait bien senti qu’elle s’attendait à ce qu’il réagisse. Qu’il lui dise ce qu’il ressentait, ce qu’il pensait, ce qu’il voulait. Mais que ressentait-il ? Que pensait-il, que voulait-il ? Ce fut d’abord un long silence qui répondit à l’historienne. Puis l’apprenti prit la parole. « Les fleurs ont un langage. Pour l’âme avertie, chaque fleur porte son message. Offrir des fleurs ne sera plus un geste anodin dès que vous comprendrez ce que les fleurs ont à vous dire. En recevoir n’aura plus la même signification. Apprenez à vous pencher sur elles et à les écouter. Les fleurs, contrairement aux mots, ne mentent pas. » Il marqua une pause. Brève. « C’étaient les premiers mots que nous avait adressé le professeur de botanique. Les fleurs ont un langage. Ce n’était qu’un truc, une astuce pour nous intéresser à son cours. Mais il avait raison. Les fleurs nous parlent. A nous de savoir les écouter. » Autre pause. Plus longue. « Mais les fleurs ne font pas tout, n’est-ce pas ? Il ne suffit pas d’offrir des fleurs pour que le monde tourne. Non, il y a aussi des règles, des lois. Qu’il faut respecter. Et c’est au nom de ces règles, je suppose, que vous m’avez rejeté. » Il lui adressa un sourire. Jamais un sourire n’avait été si triste. « Pas seulement les règles de l’école. Il y a aussi la bienséance. Je suppose qu’on ne frappe pas à une porte à une heure du matin. » Il hésita. Pourquoi avait-il parlé de tout cela ? Pourquoi comme cela ? « Mais qu’importe, maintenant ? Il n’y a plus rien. Rien qu’un professeur et son ancien élève. Pas plus, pas moins. Pas d’histoire. Pas de complication. Je vais me taire, je vais vous laisser en paix. C’est ce que vous voulez, non ? Je vais disparaître. Redevenir celui que j’ai toujours été. Celui que vous pourrez détester sans regrets. Tout ira pour le mieux. » Il planta sauvagement son regard dans le sien. « Mais avant cela, je veux juste pouvoir vous demander une chose. Une dernière chose. » Il se jeta dans un énorme précipice, sans rien pour ralentir sa chute. « Pourquoi, Angélique ? Si tu ne voulais pas me blesser, pourquoi avoir choisi des mots aussi durs ? » Pas de colère dans sa voix. Pas d’amertume. Juste une sérénité anormale.


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Ven 29 Juil 2011 - 20:57

    C’était ce fameux soir, cet horrible fameux soir qui avait conditionné tout le reste de sa vie. Elle ne l’avait jamais oublié et n’oublierait jamais non plus cette horrible nuit, la pire, la plus abominable qu’elle n’ait jamais vécu et qu’elle ne vivrait jamais. C’était cette fameuse nuit qui l’avait détruite, réduite à néant. Pourtant Nyx était son amie, avant. Elle qui avait toujours apprécié la voute céleste étoilée. Comme elle l’avait haï, à ce moment-là. Comme tous les soirs depuis bientôt plusieurs mois, elle avait passé la soirée seule avec son fils adoptif. Mais alors qu’elle savait pertinemment son mari dans les bras d’une autre, elle faisait bonne figure devant son petit, devant l’enfant qui la fixait avec des yeux ronds, attendant impatiemment le retour de son père. Il souffrait sans doute plus qu’elle de cette situation mais elle ne pouvait s’empêcher d’avoir intérieurement le cœur en miette alors qu’il imaginait l’amour de sa vie penché sur le corps d’une autre femme. Elle en avait marre de trouver des excuses pour Dylan, de lui cacher l’infidélité de son paternel mais que pouvait-elle faire ? Il fallait le laisser en dehors de cela. Il n’avait rien à voir avec leurs histoires d’adultes mais elle n’avait pas encore idée à quel point ce qui se passait allait l’affecter car si elle ne souhaitait pas l’y mêler, ce n’était pas le cas de Sacha qui associait son fils à sa femme. Elle mit ensuite Dylan au lit, l’embrassant, lui lisant une histoire, le rassurant, tentant par tous les moyens de lui faire croire que son papa leur reviendrait mais elle n’y croyait elle-même plus et pourtant l’espoir revint lorsqu’on toqua à sa porte. Déjà en pyjama, prête à aller se coucher parce qu’elle n’en pouvait plus de l’attendre à minuit passé sur le canapé, parce qu’elle ne voulait plus être cette femme. Elle vint ouvrir la porte et y trouva Sacha, un bouquet de rose à la main, un grand sourire sur les lèvres. Elle sentait l’odeur de cette femme sur lui mais n’y fit pas attention, se contentant de lui sauter dans les bras, pensant qu’il serait sien pour toujours à nouveau, qu’il revenait vers sa familles après de longues semaines d’égarement et c’est ce qu’il lui fit croire lorsqu’il l’embrassa, lorsqu’il l’aida à arranger les fleurs sur la table du salon, lorsqu’il se coucha à ses côtés, la tenant dans ses bras et lorsqu’il lui fit l’amour. Angélique n’avait alors aucune idée qu’elle goûtait ses derniers instants de bonheur. Elle le sût très vite, cependant, la nuit-même, quelques heures plus tard lorsqu’elle entendit son homme qu’elle croyait à elle se lever et s’activer dans la chambre. Il préparait sa valise. Elle fit longtemps semblant de dormir, préférant ignorer cet état de fait, espérant être plongé dans un immense cauchemar mais ce n’en n’était pas un. C’était la réalité et elle comprit qu’il n’y avait plus rien à faire lorsqu’il s’installa à ses côtés et lui parla d’une voix douce avant de disparaître définitivement de sa vie et de la vie de son fils. Elle était restée, des heures, prostrée, sans bouger, fixant le mur d’un regard vide, respirant l’absence et le chagrin et puis la voix de son enfant l’avait sorti de sa léthargie. Dylan n’avait plus qu’elle, elle devait être forte et lui annoncer la terrible nouvelle : son père ne reviendrait jamais plus. Il en avait versé des larmes mais bizarrement, moins qu’elle-même. Le petit garçon avait été courageux. Peut-être s’y était-il attendu mais elle pas. Elle n’arrivait pas à s’en remettre. Durant des semaines, elle avait gardé les fleurs fanées de Sacha, les fixant de ses yeux vitreux durant des heures et des heures. Jusqu’à ce qu’elles tombent définitivement en miette et que, les larmes aux yeux, elle les fit disparaître d’un simple sort. Ce fut les dernières fleurs qu’un homme lui avait offertes, la dernière fois qu’elle avait accepté un bouquet de roses, synonymes de malheur et de douleur. Elle avait, depuis ce jour, tenté de tout oublié mais en vain. Le bouquet fané, symbole de son amour fini, continuait de la faire souffrir, encore et encore et l’empêchait de vivre heureuse, de vivre sa vie et de profiter pleinement de ce qu’elle était et de ce qu’elle avait à offrir. Elle était prisonnière de son histoire !

    Maintenant alors qu’elle se tenait derrière son élève, elle comprenait parfaitement sa propre réaction, elle arrivait à l’expliquer, à la justifier et peut-être même à l’excuser. Elle savait que ces mots horribles qu’elle avait prononcés n’avaient été qu’une manière pour son inconscient de se défendre, de ne pas se souvenir de cette affreuse nuit, de ne pas faire face à son histoire. En rejetant en bloc Baël et son bouquet de roses, elle avait sauvé le peu de bonheur qu’elle avait réussi à construire depuis que son mari était parti mais elle avait, pour cela, causé beaucoup de tort et elle n’était définitivement pas prête à payer ce prix. Le prix des larmes d’un autre pour son propre soulagement. Elle n’était pas comme cela et ne le serait jamais. Elle ne faisait pas souffrir les gens sans culpabilité, sans problème avec sa conscience. Des hommes éconduits par elle, il y en avait eu plein mais jamais elle n’en n’avait rencontré un avec un tel regard de souffrance. Elle ignorait si Baël était triste parce qu’elle l’avait rejeté ou à cause de la manière dont elle s’y tait prise mais elle penchait pour la deuxième solution. C’est pour cette raison qu’elle vint poser délicatement sa main sur l’épaule de l’apprenti immobile et terré dans le silence. C’est pour le sauver de son monde d’ombres qu’elle prononça doucement son nom, avec de la tendresse dans la voix. C’est pour cela qu’elle ne fit pas non plus un plat de sa réaction lorsqu’elle la rejeta, lui demandant de l’appeler par son nom de famille. Bien que vexée et exaspérée par ce comportement, elle lui avait fait une simple remarque avant de quand même donner suite à sa remarque. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait de fuir, de ne pas faire face mais il le fallait cependant, elle espérait que Baël comprendrait qu’elle ne ferait pas cela tous les jours et qu’il ferait mieux de s’ouvrir parce que ce qu’elle accomplissait là, elle n’en n’avait nullement l’obligation, c’était par choix et par bonté de cœur après tout, il était celui qui par-dessus tout avait dépassé les limites en portant des sentiments à sa supérieur et en la réveillant pour cela à une heure indécente. Il fallait passer au dessus de son comportement et Angélique avait bien l’intention de se faire pardonner, de montrer à Baël qu’elle venait en signe de paix pour l’aider, pour qu’ils discutent ensemble et elle fit apparaître d’un geste magique une rose qu’elle lui tendit. L’adolescent la prit, l’air agar et perdu. Pourtant il n’était pas aussi idiot pour ne pas comprendre son geste pourtant il semblait abasourdi, plongé dans l’incompréhension la plus totale. Angélique soupira avant de s’installer sur le canapé en face de l’adolescent et de se lancer dans une longue diatribe visant à s’excuser et à lui expliquer qu’elle n’avait jamais voulu lui faire de mal. Seul le silence lui répondit.

    Elle prit son mal en patience tandis qu’elle observait la larme silencieuse couler sur la joue de l’étudiant tandis qu’il fixait cette rose. Il devait rassembler ses esprits et elle était prête à lui donner le temps nécessaire pour cela mais il se mit rapidement à parler : « Les fleurs ont un langage. Pour l’âme avertie, chaque fleur porte son message. Offrir des fleurs ne sera plus un geste anodin dès que vous comprendrez ce que les fleurs ont à vous dire. En recevoir n’aura plus la même signification. Apprenez à vous pencher sur elles et à les écouter. Les fleurs, contrairement aux mots, ne mentent pas. » C’était très beau ce que Baël venait de dire mais elle y repéra rapidement la petite marque du professeur de botanique avec lequel elle entretenait des rapports sexuels depuis plusieurs mois déjà. Cet homme lui avait sorti le même discours lorsqu’elle lui avait annoncé de but en blanc qu’elle n’appréciait guerre cette matière et cela l’avait conquis. Même si c’était du baratin. Seul un passionné pouvait parler ainsi. Mais elle ne fit pas remarquer à son élève que ce discours ne lui appartenait pas. Peut-être le fera-t-il. Après tout, il semblait simplement reprendre sa respiration et elle observa alors le silence, souhaitant respecter les désirs de l’épave que se tenait face à elle. En effet, Baël acheva son discours : « C’étaient les premiers mots que nous avait adressé le professeur de botanique. Les fleurs ont un langage. Ce n’était qu’un truc, une astuce pour nous intéresser à son cours. Mais il avait raison. Les fleurs nous parlent. A nous de savoir les écouter. » Il fit une pause plus longue et Angélique en profita pour se demander où son élève voulait-il bien en venir. Heureuse qu’il ait restitué à son propriétaire cette phrase, elle ne pouvait s’empêcher de se questionner sur les intentions du vert et argent. Que voulait-il ? Ou la menait-il ? Pourquoi un tel discours ? Elle était professeur d’histoire de la magie, ne pensait-il pas qu’elle savait tout cela et qu’elle avait dû étudier le langage des fleurs à travers les siècles. Mais elle continua à se taire, laissant Owned faire son œuvre. C’était plutôt comme s’il pensait à haute voix et s’adressait ces réflexions à lui-même mais c’était intéressant : « Mais les fleurs ne font pas tout, n’est-ce pas ? Il ne suffit pas d’offrir des fleurs pour que le monde tourne. Non, il y a aussi des règles, des lois. Qu’il faut respecter. Et c’est au nom de ces règles, je suppose, que vous m’avez rejeté. » Il avait raison. Même si elle l’avait voulu, elle n’aurait normalement pas vraiment eu le droit d’accepter ces avances. Même si leur relation n’était pas vraiment interdite puisqu’il n’était plus son étudiant, cela restait délicat. Mais il n’y avait pas que cela et Baël l’avait bien compris : « Pas seulement les règles de l’école. Il y a aussi la bienséance. Je suppose qu’on ne frappe pas à une porte à une heure du matin. » Angélique se retint de sourire face à la naïveté de l’étudiant. Même si, effectivement, cette impolitesse l’avait fortement agacée, était-il si bête pour penser que ce n’était que pour cette raison qu’elle avait été si dur avec lui ? Pourquoi ne réfléchissait-il pas plus loin que le bout de son nez. Elle aurait voulu parler, lui couper la parole pour lui expliquer mais c’était peine perdue…Baël avait bien d’autres plans en tête…

    « Mais qu’importe, maintenant ? Il n’y a plus rien. Rien qu’un professeur et son ancien élève. Pas plus, pas moins. Pas d’histoire. Pas de complication. Je vais me taire, je vais vous laisser en paix. C’est ce que vous voulez, non ? Je vais disparaître. Redevenir celui que j’ai toujours été. Celui que vous pourrez détester sans regrets. Tout ira pour le mieux. » Au fut et à mesure qu’il parlait, Angélique sentit, cette fois-ci, la colère lui monter au nez. Quel crotte d’Hippogriffe ce gamin. Aussi fier que l’animal mais loin d’en avoir toute la classe. Elle était venue, d’elle-même, pour s’ouvrir, se confier, lui parler alors que rien ne l’obligeait à le faire. Elle avait choisi de se montrer pour l’aider à traverser cela. Elle lui offrait une chance immense de la connaître, de discuter avec elle, de se faire pardonner et surtout de se rapprocher à nouveau d’elle, de ne pas voir cette porte qu’elle lui avait refusée un peu plus tôt obstinément clause. Elle venait pour lui. Elle lui faisait le plus beau des cadeaux en venant simplement. Elle avait baissé sa garde, le mur qu’elle s’était construite autour d’elle, abandonnant ses airs d’autorité, allant jusqu’à se présenter à lui en pyjama, en position de faiblesse. Elle lui avait même offert une rose et ce crétin, cette nouille…Ce…Ce…Elle ne trouvait pas de mot la rejetait. Pourquoi ? Parce qu’il avait été blessé dans sa fierté car non. Là ce n’était pas le discours d’un homme amoureux blessé car l’homme amoureux aurait été ravi de revoir la femme qu’il aimait venir se présenter à lui en signe de paix, c’était l’égo surdimensionné de ce scrout à pétard qui venait de s’exprimer. L’envie lui prit de se lever, de le gifler et partir mais elle se retint, ouvrant simplement la bouche pour lui répondre. Elle savait déjà ce qu’elle allait dire. Elle lui avait offert une ouverture, il l’avait refermé bien celle-ci resterait à tout jamais close et close et close. Mais alors qu’elle ouvrit la bouche pour parler, Baël, le sans gêne, lui coupa la parole : « Mais avant cela, je veux juste pouvoir vous demander une chose. Une dernière chose…Pourquoi, Angélique ? Si tu ne voulais pas me blesser, pourquoi avoir choisi des mots aussi durs ? » Alors là, il ne manquait pas d’air, ce gamin ! Il était vraiment gonflé. D’abord elle redevenait son professeur et uniquement son professeur et puis il se permettait de lui demander des explications sur son comportement ? Pire il alla jusqu’à la tutoyer ! Quel…Gougea ! Rien d’autre ne lui venait à l’esprit. Ce sale gamin avait un culot sans égal ! Et elle se sentait bien capable de lancer un sortilège impardonnable, là, maintenant, tout de suite mais elle se maîtrisa et entreprit d’abord de respirer lentement pour se calmer…Elle allait en avoir des choses à dire !

    Lorsqu’elle se fut un minimum maîtrisée, elle releva les yeux vers Owned. Ces derniers lançaient des éclairs. Elle s’enfonça plus profondément dans le canapé, croisa ses jambes comme pour se donner plus de poids et elle s’adressa alors à lui d’une voix sèche et froide : « Premièrement, pour vous, Monsieur Owned, ce serai Madame Dewis et je vous prierais donc de vous montrer respectueux en me vouvoyant. » Les choses étaient maintenant mises au point. Il voulait un professeur et bien, elle allait se plier à ses désirs mais qu’il ne vienne pas pleurnicher après. « Vous avez raison, Monsieur Owned ! Tout ceci a été vraiment trop loin. A partir de maintenant, notre relation se bornera au cadre ci-établi. Vous serez étudiant et je redeviendrai votre supérieur hiérarchique, rien de plus ! Ne vous avisez donc plus de m’envoyer du courrier, de m’inviter au restaurant. Il n’y aura plus de baiser, plus de dîner, plus de sourire et plus de compliment. A partir de maintenant, je vous interdis même de ne fuse que poser les yeux sur moi. Suis-je bien claire, Monsieur Owned. Et rappelez-vous bien que cette relation, c’est vous qui l’avez choisi mais vous aviez eu raison. » Elle décroisa alors ses jambes, à la fin de sa tirade, ses yeux toujours enflammés de colère. Pour qui se prenait-il se gosse alors qu’elle était venue ici pour se donner à lui, pour se livrer complètement, pour se faire pardonner. Elle n’était pas blessée dans son égo, n’allez pas croire cela. Baël n’était encore qu’un étudiant pour elle mais elle l’appréciait cet étudiant et elle n’avait pas voulu lui faire de peine. Angélique reconnaissait ses torts même lorsqu’elle n’avait pas besoin de le faire mais elle attendait de l’autre personne et particulièrement lorsqu’il s’agissait de quelqu’un sur lequel elle avait autorité de l’écouter. Elle le regarda avec un air assassin avant de lui lancer : « Et je ne vois pas de quel droit, Monsieur Owned, vous me demandez des comptes. Je suis votre professeur. Vous êtes mon élève. Vous l’avez dit ! Dès lors je n’ai à vous fournir aucune explication sur ce que je fais ou sur ce que je dis. Vous n’avez rien à comprendre, rien à exiger. Vous devez vous contenter d’écouter et d’obéir, sagement parce que vous n’êtes rien de plus qu’un étudiant arrogant ! » Voilà, elle avait fini ! Elle se releva finalement, rabattant les pans de sa robe de sorcier afin de ne plus laisser apercevoir la moindre trace de peau de son corps et lança un regard dédaigneux à son élève. C’est alors qu’elle s’aperçu qu’il tenait toujours entre ses gros doigts, la rose qu’elle avait fait apparaître. Elle sortit alors sa baguette et la pointa vers la rose : « Evanesco ». La rose disparut aussi rapidement de la main de Baël qu’elle était apparut dans la main d’Angélique. Il ne restait rien entre les mains de l’adolescent. Elle se permit de lui lancer un dernier regard triste et une dernière réplique : « Les fleurs parlent, Baël ? Peut-être auriez-vous du alors écouter ce que la rose que je vous ai offerte avait à vous dire. » Voilà, la réflexion était lancée. Maintenant, elle n’avait plus à culpabiliser, elle avait fait son possible. C’était lui le fautif, lui qui à cause de sa stupide fierté n’avait même pas pris le temps d’écouter ce qu’Angélique avait à dire, lui qui s’était muré dans son imbécilité pour la rejeter. Il l’avait perdu, définitivement et si avant, il n’avait déjà pas eu beaucoup de chance, aujourd’hui, tout était fini et c’était de sa faute à lui et uniquement de sa faute à lui. Peut-être avait-il crû la faire souffrir en agissant ainsi, lui retournant l’appareil…Mais ce n’était pas le cas. Elle, elle n’était pas amoureuse de lui. Elle l’appréciait mais s’il ne voulait pas de cela…Tant pis ! Sans un regard pour son désormais uniquement étudiant, elle se dirigea vers la sortie, bien déterminée à ne plus jamais lui adresser un seul mot ou lui offrir un seul regard…


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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Ven 29 Juil 2011 - 23:50

    Il venait de terminer sa tirade. Il posa un regard calme sur Angélique. A qui s’était-il adressé ? Il ne saurait le dire, tant il lui sembla avoir pensé à haute voix. Était-ce vraiment ce qu’il voulait lui dire ? Oui et non. Il avait pensé tout haut, mais il voulait que la belle entende cela. Il ne savait pas dire pourquoi, mais il voulait qu’elle puisse lire en lui. Qu’elle comprenne ce qu’il ressentait vraiment. Car il n’y avait pas de mots pour exprimer pareils sentiments. Pas de mots suffisamment puissants, profonds pour contenir ce que l’apprenti pensait. Comment emprisonner l’infini dans quelques lettres ? Il essaya, maladroitement, de lui faire comprendre que, désormais, il exauçait ses souhaits : elle ne voulait pas de lui, alors il consentait à faire un pas de recul, à retourner dans l’ombre dont il venait. Il n’était qu’un gobelin empoisonné, qui frappait aux portes à une heure du matin. Il ne comprenait rien à la femme qu’il aimait. Et ne pas la comprendre le rendait plus fou d’elle encore. Il avait le sentiment, là, en cet instant, de jouer aux funambules au-dessus d’un gouffre donnant droit sur l’Hadès. Le moindre faux pas, la moindre erreur le verrait immanquablement tomber dans les flammes gourmandes du Tartare. Il y cohabiterait avec Cronos, qui lui offrirait tout le temps du monde pour repenser à sa vie, à ses erreurs. Il pourrait y ressasser pour l’éternité tous ses pêchés, il pourrait y nourrir des regrets éternels, des remords immortels. Mais la première question à se poser était sans doute celle-ci : allait-il tomber ?

    La réponse était clairement oui. Il allait tomber. Le regard d’Angélique était éloquent. Si elle avait été un basilic, Baël ne serait pas mort : il aurait été atomisé. Toute trace que son existence aurait été réduite en cendre. C’aurait été comme s’il n’avait jamais existé. Le regard de la prof n’était pas noir : il était abyssal. Il n’était pas assassin : il était génocidaire. Si le Baël avait été un peuple, il ne resterait aucun survivant. Le discours que Baël lui avait tenu ne l’avait pas convaincue. Ne lui avait pas plu. Pas plu du tout. En même temps, il ne pouvait que la comprendre : il l’envoyait balader. Certes, pas aussi sèchement qu’elle l’avait fait, mais il le faisait tout de même. A sa décharge, il pensait bien faire. Il pensait précéder ses désirs et lui offrir le calme dont elle rêvait. Même si elle semblait apprécier sa compagnie, elle lui avait clairement fait comprendre, en le rejetant de la sorte, qu’elle ne voulait pas l’aimer. Et lui, il le savait, ne pourrait pas se contenter d’une amitié innocente. Dans chacun de ses gestes, il verrait une ouverture. Dans chacune des ses paroles, il trouverait une déclaration. Il ne pourrait l’observer qu’avec des yeux plein de passion, dirait amen à tout ce qu’elle proposerait. Pas par amitié, mais par amour. Elle ne s’en rendrait peut-être pas compte. Elle mettrait peut-être cela sur le compte d’une parfaite amitié. Ils seraient les meilleurs amis, sur la même longueur d’ondes. Mais il l’aimerait. Il supporterait chacune de ses frasques avec un nouvel amant, souffrant chaque fois un peu plus de cet amour non-partagé. Était-ce donc cela à quoi il devait se soumettre ? Était-ce le destin auquel il devait consentir pour ne pas froisser l’élue de son cœur ? Bien sûr, si c’était une fatalité, il s’y plierait. Mais pas sans un dernier sursaut de sa fierté déplacée. Qui avait pu s’échapper dans les paroles lancées à Angélique. Et maintenant qu’il avait semé le vent, il s’apprêtait à récolter des tempêtes. « Premièrement, pour vous, Monsieur Owned, ce sera Madame Dewis et je vous prierais donc de vous montrer respectueux en me vouvoyant. » Un juste retour des choses. Surement. Un ton sec et cassant. Comme pendant la nuit, songea-t-il, et cela ne fit que le faire souffrir, mais d’une douleur qui se jumelait à de la colère. De la colère non pas contre elle, la magnifique, mais contre lui. Il avait encore tout gâché. Que n’aurait-il donné par mettre la main sur un Inverseur de Temps et s’empêcher de prononcer les mots qu’il avait laissé échapper il y avait quelques minutes ! « Vous avez raison, Monsieur Owned ! Tout ceci a été vraiment trop loin. A partir de maintenant, notre relation se bornera au cadre ci-établi. Vous serez étudiant et je redeviendrai votre supérieur hiérarchique, rien de plus ! Ne vous avisez donc plus de m’envoyer du courrier, de m’inviter au restaurant. Il n’y aura plus de baiser, plus de dîner, plus de sourire et plus de compliment. A partir de maintenant, je vous interdis même de ne fuse que poser les yeux sur moi. Suis-je bien claire, Monsieur Owned. Et rappelez-vous bien que cette relation, c’est vous qui l’avez choisi mais vous aviez eu raison. » Il baissa la tête. Il lui avait tendu le bâton pour se faire battre. Il n’avait pas à se plaindre qu’elle frappait trop fort. « Et je ne vois pas de quel droit, Monsieur Owned, vous me demandez des comptes. Je suis votre professeur. Vous êtes mon élève. Vous l’avez dit ! Dès lors je n’ai à vous fournir aucune explication sur ce que je fais ou sur ce que je dis. Vous n’avez rien à comprendre, rien à exiger. Vous devez vous contenter d’écouter et d’obéir, sagement parce que vous n’êtes rien de plus qu’un étudiant arrogant ! » Les larmes lui montaient aux yeux. Mais Angélique ne pouvait pas le voir, il gardait la tête basse. Quel imbécile. Il était un étudiant arrogant. Un gamin capricieux. Il avait été vexé dans son amour-propre. Il avait décidé de jouer avec le feu. Et maintenant, il se brûlait tout entier. Il aurait tout donné pour écouter ce qu’Angélique avait à lui dire. Pourtant, par fierté, pour lui montrer qu’il ne se laissait pas faire sans réagir, il l’avait repoussée. Il avait voulu lui faire comprendre qu’il était quelqu’un. Le problème, c’était qu’Angélique était quelqu’un aussi. Il serrait dans sa main la rose qu’elle avait fait apparaître quelques minutes plus tôt. Les fleurs ont tant à nous dire… Et cette rose était loin d’être muette. Elle avait un sens bien plus profond que ce que cet imbécile de prof de botanique aurait pu l’expliquer. Parce qu’il fallait avoir vécu tout ce que ces deux êtres avaient vécu pour le comprendre. Pour comprendre pourquoi Baël releva la tête, bien décidé à tenter l’impossible pour ne pas laisser filer cette femme. Même si cela allait être compliqué.

    En effet, elle venait de se lever d’un geste sec. D’un air méprisant, elle le toisa de toute sa hauteur. Elle posa son regard sur la rose qu’elle avait fait apparaître, puis, d’un geste de la baguette, la fit se volatiliser. La conversation silencieuse de la fleur s’évanouit en même temps qu’elle. Mais ce qui acheva complètement la fierté de Baël, ce fut ce dernier regard qu’elle lui lança. Ce n’était pas le regard de glace qu’elle lui réservait depuis la fin de sa tirade. C’était un regard d’une immense tristesse. « Les fleurs parlent, Baël ? Peut-être auriez-vous du alors écouter ce que la rose que je vous ai offerte avait à vous dire. » Sur ce, elle tourna les talons et se dirigea vers la porte. Une petite voix, bien au fond de la conscience de Baël et qui s’était tue jusque-là, se mit à hurler : « Crétin, fais quelque chose ! Bouge, parle, crie ! Ne la laisse pas franchir cette porte, ou se sera foutu ! Adresse un énorme doigt d’honneur à ton ego et bouge-toi le cul ! » Ni une, ni deux, Baël se leva d’un bond. Lui qui n’avait pas bougé de tout la nuit se retrouva soudain plein d’énergie. Il eut la sensation de renaître. De revenir à la vie. Avec une mission : retenir Angélique. Son cerveau se mit à tourner à une cadence infernale. Mais rien à faire : aucune idée de génie ne lui vint. Alors, il fonctionna comme il avait toujours fonctionné : à l’impulsion. Il fit quelques grands pas souples pour rattraper la sous-directrice. Avec la plus grande délicatesse, comme s’il avait peur de la déchirer, il lui attrapa le poignet et la força à se retourner. Elle se débattit, mais il tint bon. Il se fit assassiner une bonne douzaine de fois par son regard, mais il le soutint bravement. Les mots n’eurent même pas à forcer pour sortir. « Vous avez en face de vous votre étudiant le plus arrogant. Le plus capricieux. Le plus stupide. » Il ne savait absolument pas ce qu’il allait dire ensuite. Mais l’improvisation avait quelque chose d’excitant. « Votre étudiant le plus désolé, aussi. Ne partez pas, je vous en supplie. J’ai encore tant de chose à vous dire. » Lentement, il posa un genou à terre. Puis le second. Sa voix était cassée. Son ton, implorant. « Je vous demande pardon à genoux. Je ne suis qu’un imbécile. Un crétin à la fierté déplacée. Je… » Sanglot. Reprends-toi, imbécile. « La fleur n’était pas muette. Elle en a dit beaucoup. Je n’ai pas su l’écouter. Je n’ai pas su vous écouter. » Il lui lâcha la main. « Je ne vous empêcherai pas de partir. Mais sachez juste que je donnerais n’importe quoi, même ma vie, pour vous voir me sourire encore. Parce que… » Vas-y, dis-le. Ce n’est pas compliqué. Au bout de quelques secondes, il ajouta, dans un murmure à peine audible : « Parce que je vous aime. » Était-ce vraiment le moment ? Était-ce vraiment le lieu ? Et puis, d’abord, Angélique avait-elle entendu ? Comment réagirait-elle ?


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Sam 30 Juil 2011 - 11:03

    Comment avait-elle pu laisser les choses déraper à ce point là ? C’était la question qu’elle se posait tandis qu’elle fixait le corps sans vie de son étudiant qui restait prostré dans le silence le plus dantesque. N’avait-elle donc rien vu venir ? Était-elle donc si naïve pour ne rien avoir remarqué. Le pire, c’était que la réponse était non. Elle n’était pas naïve et oui, elle avait tout vu venir. Elle aurait pu prédire ce qui allait se passer des mois à l’avance si elle avait pris la peine de s’y intéresser mais elle devait bien admettre qu’il avait été beaucoup plus facile de tourner la tête et de fermer les yeux, de ne pas s’interroger sur ce qui se passait afin de ne pas avoir à y trouver des solutions. Il fallait aussi bien reconnaître que la situation avait été agréable et ne l’avait pas dérangé outre mesure. En fait elle avait pris du plaisir à voir cet étudiant se comporter autrement que l’imbécile qu’il était avec elle, elle avait apprécié le voir prendre des gants, faire des efforts et, disons le, être à ses pieds. Elle avait aimé le voir tomber petit à petit amoureux d’elle et c’était bien la première fois que cela lui arrivait. Mais comment n’avait-elle rien fait pour empêcher cela, pour prévenir la catastrophe qui se profilait à l’horizon, pour éviter cette souffrance qu’elle allait lui infliger. La vérité, c’était que peut-être elle n’avait pas pris les sentiments de l’adolescent au sérieux. Baël n’était pas le premier étudiant à lui déclarer un amour enflammé et à vouloir l’inviter au restaurant. Simplement, cela n’avait été régulièrement que des fantasmes physiques et les choses étaient rentrées dans l’ordre après quelques refus et quelques menaces. Baël n’était pas non plus le premier homme avec lequel elle couchait à lui offrir des fleurs, à vouloir une relation avec elle mais tous ces hommes avaient été faciles à remettre à leur place tout simplement parce que ce qu’ils croyaient être de l’amour n’était que passion physique encore et qu’ils n’avaient pas besoin d’elle pour vivre. Ainsi Angélique avait toujours su régler ses histoires de cœurs sans autres complications parce que justement ce n’étaient pas des histoires de cœurs mais des histoires de cul. Mais pourquoi tout lui avait-il échapper ? Pourquoi n’avait-elle pas, encore une fois, contrôlé tout ce qui se passait autour d’elle ? C’était ce qu’elle se posait comme question alors que Baël commençait sa longue tirade qu’elle écouta attentivement. Peut-être que cela avait du bon se de laisser aller de temps en temps, peut-être qu’elle avait voulu savoir, inconsciemment, si elle restait une femme aimable et non uniquement baisable. Peut-être qu’elle en avait eu besoin. Mais avait-elle pensé à Baël durant tout ce temps ? Oui, moins que ce qu’elle aurait dû mais oui simplement elle n’avait pas pensé que cela lui ferait autant de mal et que les sentiments qu’il lui portait iraient si loin. Elle n’avait pas prévu qu’il tombe vraiment amoureux d’elle et que tout s’envenime en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ce qu’elle n’avait pas vu venir non plus, c’était le comportement de l’étudiant. Elle n’avait pas prévu le bouquet de fleur pas plus que sa propre réaction de rejet. L’idiot ! Pourquoi ne s’était-il pas contenté de venir lui décaler sa flamme ? Pourquoi lui faire des avances ainsi, de cette manière en faisait rejaillir tout son passé ? Pourquoi ? Et pourquoi maintenant qu’elle était venue en gage de paix, pour s’expliquer, pour comprendre et arranger les choses, réagissait-il ainsi ? De manière aussi brusque, de manière aussi catégorique ? Pourquoi la rejetait-il ?

    Elle n’avait pu s’empêcher de s’énerver à nouveau et elle jugeait que le gamin l’avait amplement mérité. Il s’était montré culoté voire même un peu méchant et ce malgré le ton triste qui n’avait pas quitté sa voix. Le petit s’était laissé emporté par sa fierté et n’avait pas vu que ce qu’elle faisait, c’était pour lui. Il n’avait pas remarqué, pas compris le pas qu’elle faisait vers lui et s’était contenté de la rejeter. Mauvais choix ! Angélique n’était pas femme à se laisser rejeter ou tout du moins ne l’était plus. Une fois, une seule fois un homme l’avait abandonné et pas deux. C’était elle qui abandonnait désormais. Dès lors, lorsque Baël alla même jusqu’à refuser de l’écouter, d’être patient et d’entendre ce qu’elle avait à dire, une colère sourde l’envahie. Colère contre elle-même d’avoir été si faible, de s’être laissée avoir part sa propre culpabilité mais contre le gosse aussi et son égo surdimensionné. Peut-être voulait-il simplement lui montrer qu’il était quelqu’un, que lui aussi pouvait blesser, que lui aussi…mais cela ne marchait pas si Angélique. Elle avait passé l’âge de ce comportement d’enfant. Elle était venue pour une discussion d’adulte et s’il n’était pas capable de la lui donner alors elle partirait mais pas avant de lui avoir craché à la figure tout ce qu’elle pensait et tout ce qu’elle voulait lui dire. Peut-être exagérait-elle un peu, peut-être poussait-elle le bouchon mais il l’avait bien cherché. Il n’avait pas à lui parler ainsi déjà parce qu’effectivement elle était sa supérieure hiérarchique mais en plus parce qu’elle était venue vers lui ? De quel droit la rejetait-elle ? Au nom de quoi ? Certainement pas au nom de son amour mais simplement au nom de son égo blessé. Angélique décida alors de mettre un terme à tout cela, à ces jeux stupides et elle approuva son étudiant sur les désormais tenants et aboutissants de leur relation. Mais avant de partir, avant de le quitter définitivement, de lui dire au revoir pour l’éternité, elle avait besoin de lui faire comprendre qu’il était celui qui avait tout gâché et celui qui, maintenant, l’avait blessé aussi. Elle se permit donc une dernière remarque sur les fleurs. Parce que oui, Baël aurait mieux fait d’écouter cette petite fleur qu’elle avait fait apparaître dans ses mains et que, maintenant, elle faisait disparaître d’un coup de baguette. Ensuite après ce geste symbolique, elle tourna les talons et quitta la pièce.

    Sur ces quelques pas, son cerveau tournait à plein régime et elle alla même jusqu’à se demander si elle n’avait pas extrapolé. Après tout, peut-être l’avait-elle mal compris ? Peut-être voulait-il simplement lui rendre la vie plus facile. Mais elle n’avait pas le temps de s’arrêter sur ces considérations. Elle balaya ses doutes d’un coup de tête et persévéra sur son chemin jusqu’à ce que…Une main se pausa soudainement sur son poignet et l’agrippa avec force en la retournant. Elle n’avait pas entendu Baël se lever ni même bouger ni même courir dans sa direction mais elle se retrouvait en face de lui à présent. Il la surplombait de toute sa hauteur, maintenant mais cela ne l’effraya pas pour autant. Elle lui lança un regard noir. Comment osait-il la toucher, la retenir ? Elle se débattu un peu mais il tint bon, serrant son avant bras dans sa grand main d’homme. Elle sentait des petits picotements sur sa peau. Il lui faisait mal. Elle fut un instant tentée d’utiliser de la magie sans baguette. Un geste et l’étudiant se serait retrouvé à l’autre bout de l’appartement mais cela n’arrangerait pas la situation et puis…Baël avait commencé à parler : « Vous avez en face de vous votre étudiant le plus arrogant. Le plus capricieux. Le plus stupide. » Elle avait arrêté de gesticuler, elle le fixait maintenant avec des yeux étonnés. IL n’avait pas vraiment dit cela ? Baël Owned ne venait pas de reconnaître qu’il était un crétin. Elle devait rêver mais pourtant la douleur à son poignet témoignait de la réalité des faits. Elle le fixait, les yeux ronds, l’encourageant d’un regard à continuer : « Votre étudiant le plus désolé, aussi. Ne partez pas, je vous en supplie. J’ai encore tant de chose à vous dire. » Si elle le trouva un peu gonflé de lui demander de ne pas partir, elle n’en montra rien, continuant à la fixer d’un air brumeux. Jamais encore elle n’avait entendu Baël supplier qui que ce soit, sauf sa sœur peut-être… Mais elle n’était pas au bout de ses surprises…L’étudiant venait de se mettre à genoux.

    Angélique observait la scène comme si elle se trouvait à l’extérieur. Elle avait l’impression d’être dans une salle de cinéma moldue à observer un mauvais film mais c’était pourtant bien devant elle que l’adolescent à la fierté d’hippogriffe venait de s’agenouiller, elle qu’il regardait d’un air suppliant. Que ? Elle voulu réagir, crier que cela ne changerait rien, qu’il ferait mieux d’épargner son égo et sa salive mais l’étudiant fut plus rapide, encore une fois et il continua son discours : « Je vous demande pardon à genoux. Je ne suis qu’un imbécile. Un crétin à la fierté déplacée. Je… » C’en était trop ! Elle n’aimait pas cela, elle détestait cette situation. Elle ne voulait pas d’homme à ses pieds. Elle ne voulait pas Baël à ses genoux. Elle voulu tendre le bras pour le poser sur l’épaule de l’étudiant, elle voulu ouvrir la bouche pour exiger de lui qu’il se relève, elle voulait arrêter tout ce cirque mais encore une fois, Owned n’avait pas fini…Owned qui reprenait sa respiration alors qu’il se donnait à elle entièrement voulait encore parler : « La fleur n’était pas muette. Elle en a dit beaucoup. Je n’ai pas su l’écouter. Je n’ai pas su vous écouter. » Il lui lâcha enfin la main mais elle fut bien incapable de bouger, essayant d’enregistrer toutes les informations. Il était indéniable qu’il aurait dû écouter et la fleur et Angélique mais jamais elle n’aurait crû qu’il le reconnaîtrait. En fait, même dans son imagination la plus folle, elle n’aurait jamais su improviser une image avec un Baël Owned à genoux, jamais ! Mais il fallait que cette mascarade cesse, qu’il se relève pour qu’elle puisse partir…La vérité, c’était que maintenant…Elle n’avait pas le cœur à partir, sa colère avait disparu pour faire place à de la tendresse. Ce garçon souffrait. C’était ce qu’elle voyait et il était prêt à tout donner pour ne pas avoir mal. Il était prêt à tout faire pour réparer ce qu’il avait cassé… « Je ne vous empêcherai pas de partir. Mais sachez juste que je donnerais n’importe quoi, même ma vie, pour vous voir me sourire encore. Parce que… » Oh non ! Ne le dis pas, idiot ! Ne fais pas cela ! Ne prononce pas ces mots ! Non, Baël ! Non ! Angélique voulu tourner le dos à l’étudiant et partir en courant, tout pour ne pas écouter ce qu’il s’apprêtait à murmurer mais trop tard…Les mots venaient d’arriver à ses oreilles : « Parce que je vous aime. » Et tout explosa !

    Angélique ne se contrôlait plus. En entendant ces quelques mots, une tristesse abyssale l’envahit entièrement, prit possession de son corps et de son âme. Une larme, unique, coula sur sa joue tandis qu’elle se mit à parler d’abord d’une voix calme mais petit à petit, le ton montait pour finir en cris : « Ne dîtes pas cela, Owned ! Ne prononcez pas ces mots sans savoir ce qu’ils veulent dire ! Vous ! NON ! Vous ne m’aimez pas ! C’est faux ! Et même si c’était le cas, cela ne durerait pas ! NE DÎTES PAS CELA ! » Elle hurlait à présent. Peut-être avait-elle l’air d’une hystérique mais elle était bien placée pour savoir que l’amour ne durait pas. Tous les hommes qui l’avaient aimé s’étaient remis rapidement de son rejet et l’homme qu’elle avait aimé, avait, lui, cessé de l’aimer. L’amour était éphémère. Elle mieux que quiconque le savait : « L’amour, Owned, n’est qu’une illusion de votre part, un passage ! Aujourd’hui peut-être que votre cœur bat pour moi mais demain ce sera pour une autre. Je…L’amour est traître alors ne dîtes pas cela ! Ne prononcez pas des mots qui ne dureront pas ! Ne les fanez pas, ne les abîmez pas. Ces trois mots-là, vous me les avez offerts maintenant mais bientôt une autre les recevra ! Je…Vous pouvez toujours promettre, Owned, encore et encore. Vous pouvez toujours jurer l’éternité. Mais RIEN NE DURE et surtout pas l’amour ! Et quand tout sera fini, vous partirez ! Sans sentiments ! VOUS PARTIREZ, OWNED, comme tout le monde, C...Co...COMME LUI ! » En fait, elle avait vraiment pété un chaudron. Elle pleurait maintenant à torrent. Les larmes coulaient sur ses joues sans qu’elle ne puisse les arrêter. Epuisée, elle se laissa entièrement tombée par terre, ne trouvant la force que de s’appuyer contre le mur. Elle s’était entièrement laissée aller, sans retenue, elle n’avait rien pu avaler, rien pu garder pour elle. Tout était sorti : la colère, la tristesse et maintenant, elle pleurait devant son élève encore à genoux, assise contre un mur, les jambes repliées contre elle, le visage dans les mains, elle sanglotait sans pouvoir s’arrêter…Quel triste sort !


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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Sam 30 Juil 2011 - 23:29

    Angélique Dewis avait toujours été, de tous les professeurs, la plus solide, la plus forte. Elle était un véritable pilier pour l’école, et certains n’hésitaient pas à dire que, si Poudlard conservait ses portes ouvertes malgré les trois élèves retrouvés morts, c’était grâce à elle. Grâce à elle aussi que le chaos qui régnait au château s’était peu à peu calmé. Que les professeurs avaient retrouvé un semblant d’autorité. Angélique portait aujourd’hui Poudlard sur ses épaules tel Atlas portant la voûte : elle était un pic, un cap, un roc qui se dressait contre vents et marées. Tout un chacun pouvait aller la voir et trouver auprès d’elle un soutien, une aide. C’était un bon professeur, une bonne mère. Une femme forte. Qui affrontait sans vaciller chacun des coups violents portés par l’océan déchaîné de la vie. Rares étaient ceux qui pouvait se vanter de l’avoir vue faire un pas de recul : toujours elle était en première ligne pour affronter méthodiquement chaque problème qui se présentait à elle. Et elle était une battante : elle pourfendait tel problème, atomisait telle embûche, martyrisait les mauvaises surprises. Bien sûr, elle était parfois prise au dépourvu. Mais son intelligence vive et son sens pratique lui permettait de trouver une solution. Poudlard était géré pour le mieux, les crises dues aux trois morts avaient été encadrées et tout semblait redevenu normal. Grâce au Directeur mais aussi (et surtout ?) grâce à Angélique Dewis. Elle était un peu le pendant féminin de Dumbledore, la longue barbe grise en moins. Toujours (ou presque) calme, posée. Ce n’était pas pour rien que le Choixpeau avait voulu l’envoyer à Serdaigle : c’était une femme sage et réfléchie. Ses décisions étaient toutes fruit d’une mûre réflexion. Et cela se voyait : le château était une mécanique bien huilée où chaque pièce trouvait sa place. Voilà l’image que chacun avait de la belle historienne. Voilà l’image qu’elle offrait au monde. Mais Baël savait qu’au fond, la belle dame était tout aussi humaine que quiconque. Elle avait ses forces, ses faiblesses. Il le savait pour l’avoir vue, totalement déboussolée, alors qu’il lui ramenait son fils malmené. Il le savait pour l’avoir vue mal à l’aise, pour l’avoir vue rougir. Mais il ignorait tout de ses plus grandes peurs, de ses plus grands secrets. Il ignorait aussi totalement que quelques mots pouvaient provoquer une réaction plus qu’inattendue. Parce que Baël aurait pensé à tout, à absolument à tout, sauf à ça. Il s’attendait à se faire rejeter. Se faire insulter. A ce qu’elle tourne les talons et s’enfuie. A ce qu’elle le gifle. A ce qu’elle lui tombe dans les bras. A ce qu’elle l’embrasse. A ce qu’elle se mette à danser un sirtaki, même, à la rigueur…

    Mais pas qu’elle hurle ainsi. Pas que la déclaration, certes mal venue, qu’il venait de lui faire (il s’était quand même copieusement assis sur son ego, pour une fois…) lui fasse cet effet-là. Pas qu’elle prononce ces mots, et pas sur ce ton-là. « Ne dîtes pas cela, Owned ! Ne prononcez pas ces mots sans savoir ce qu’ils veulent dire ! Vous ! NON ! Vous ne m’aimez pas ! C’est faux ! Et même si c’était le cas, cela ne durerait pas ! NE DÎTES PAS CELA ! » Il ne comprenait pas. Que pouvait-elle savoir de ce qu’il ressentait ? Que pouvait-elle savoir des papillons qui grouillaient dans son ventre dès qu’il la voyait ? Que pouvait-elle savoir de la fanfare que jouait son cœur dès qu’il l’approchait ? De la chaleur agréable qui l’envahissait tout entier quand elle lui souriait ? Elle ne savait pas. Et pourtant elle hurlait que cet amour était factice. Qu’il ne durerait pas. Elle n’était pas du genre à parler sans savoir : elle subissait juste le contrecoup d’une émotion vive. La déclaration de Baël, et peut-être même son entrée chez elle avec des roses, n’avaient-elles été que des Madeleines de Proust ? Se pourrait-il que sa réaction violente ne soit due qu’à un souvenir douloureux qu’elle avait tenté de refouler ? Ses cris, car le ton était monté progressivement, étaient un appel au secours, des cris de détresse. Elle était aux prises avec un sentiment trop puissant pour qu’elle puisse lutter. Elle sombra totalement. L’apprenti, surpris, impressionné, aussi, ne sut comment réagir. « L’amour, Owned, n’est qu’une illusion de votre part, un passage ! Aujourd’hui peut-être que votre cœur bat pour moi mais demain ce sera pour une autre. Je…L’amour est traître alors ne dîtes pas cela ! Ne prononcez pas des mots qui ne dureront pas ! Ne les fanez pas, ne les abîmez pas. Ces trois mots-là, vous me les avez offerts maintenant mais bientôt une autre les recevra ! Je…Vous pouvez toujours promettre, Owned, encore et encore. Vous pouvez toujours jurer l’éternité. Mais RIEN NE DURE et surtout pas l’amour ! Et quand tout sera fini, vous partirez ! Sans sentiments ! VOUS PARTIREZ, OWNED, comme tout le monde, C...Co...COMME LUI ! » Baël ne sut pas ce qui lui fit le plus mal : les mots de la sous-directrice, ou le fait de la voir ainsi se laisser aller, se retrouver assise sur le sol. En définitive, ce n’était ni l’un ni l’autre ; c’étaient les larmes. Les perles argentées qui s’échappaient des yeux pourtant si beaux de la belle. Jamais de l’eau ne devrait perler de pareils yeux : ils semblaient n’avoir déjà que trop pleuré. Bouleversé jusqu’au plus profond de son âme, à tel point que Voldemort dut le sentir aussi, Baël n’analysa pas tout de suite les mots qu’elle avait employé. Certes, il les avait compris, mais pas encore totalement enregistrés. Il était là, à genoux, près d’elle, à terre, faible, en larmes. Recroquevillée sur elle-même, elle semblait vouloir échapper au poids du monde qui s’accumulait sur ses épaules. Baël avait involontairement ouvert une petite brèche dans un barrage d’émotions. Si insignifiante soit-elle, cette brèche fut largement suffisante pour permettre à des émotions refoulées depuis trop longtemps de jaillir sous forme de larmes. Chacune portait un message. L’une était colérique, l’autre profondément triste. L’une respirait l’incertitude, l’autre pleurait de dormir seule. L’abandon était sans doute celle qui tirait la part du lion. Il y avait plus de solitude en Angélique que Baël ne l’avait jamais soupçonné. Elle était, au final, un mélange de force et de fragilité. Une large muraille, mais une muraille de verre. Qu’il venait d’émietter. Il se devait de faire quelque chose pour elle, mais quoi ? Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ?

    Lentement, il sortit de sa torpeur. Il s’approcha alors d’elle, à quatre pattes, puis s’assit à ses côtés. Elle ne lui jeta pas un regard. Doucement, il passa un bras autour de ses épaules et l’attira à lui dans une étreinte protectrice. Angélique n’était plus dans l’appartement : elle était dans les bras de Baël. Une sorte de monde parallèle qui devait la couper de la réalité. L’enceinte des bras du jeune homme se voulait réconfortante et consolatrice. Il espérait qu’elle comprenne que, maintenant, il ne pouvait rien lui arriver. Que ce qu’elle avait vécu et qui l’avait autant traumatisée était définitivement terminé. Il voulait juste qu’elle se sente mieux. Qu’elle redevienne l’Angélique forte qu’elle avait toujours voulu montrer à la face du monde. Alors, délicatement, il posa ses lèvres sur ses cheveux. Il ne l’embrassa pas. Il se comportait comme un père, ou un grand-frère, qui consolait la cadette. Lentement, il entama un petit mouvement vers l’avant, puis vers l’arrière, comme s’il cherchait à la border. « Chht, Angélique… C’est fini, tout va bien. Je suis là, et je ne compte pas partir. Pas comme lui. Je serai là, toujours. Juste en face de ta porte. Près à accourir au moindre de tes signes. Tout le monde ne part pas, Angélique. Il y a ceux qui restent. » Il marqua une pause, continuant à tenter de la calmer. Jamais il ne l’avait vue dans un pareil état, et cela lui fit instantanément oublier tout ce qui n’allait pas dans sa vie. Sa possession ? Oubliée. Les morts au château ? Oubliés. La présence envahissante de Timothé dans le même appartement que lui ? Broutille ! Elle l’avait rejeté ? Ce n’était qu’un lointain souvenir. Tout ce qui comptait, c’était qu’il l’avait dans les bras, là, maintenant, et qu’il devait s’arranger pour qu’elle aille mieux. Comment les choses avaient-elles pu déraper à ce point ? « Calme-toi. Je suis là. Respire profondément. » Il respira lui aussi un grand coup. S’il avait su, hier soir, qu’en lui apportant des fleurs, ils en arriveraient là, il… l’aurait fait quand même ? Allez savoir. En tout cas, il espérait qu’elle parviendrait à retrouver ses esprits et qu’ils puissent avoir une discussion sérieuse. Parce qu’il en avait envie plus que jamais. « Il ne faut jamais cesser de croire en l’amour. Parce qu’une vie sans amour est une vie perdue. C’est une vie sans lumière, une vie sans soleil. Regarde Tom Jedusor… » En lui, Voldemort hurla. Mais, en cet instant, en cette seconde, Baël se rendit compte que le Seigneur des Ténèbres s’était trompé sur l’Amour.


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Dim 31 Juil 2011 - 12:53

    Angélique ne flanchait pas. Angélique ne flanchait jamais. Cela ne voulait pas dire qu’elle était coincée ou qu’elle avait un balai dans le cul. Non, au contraire. Elle savait se laisser aller, rire et parfois même ce montrer grivoise car le flanchement dont nous parlons, n’est pas celui qui consiste à ne pas être à l’aise mais c’est celui qui consiste à ne pas être faible. Angélique n’était jamais faible, n’était jamais effrayé et ne se laissait en aucun cas dépasser par les évènements. Angélique était solide, forte, un vrai rock. C’était un professeur dynamique et présent sur lequel tous les élèves pouvaient compter, sur lequel tous les professeurs pouvaient compter et sur lequel le directeur, lui-même, se reposait bien trop souvent. C’était une femme responsable, digne de ses attributions, toujours prête à agir. Angélique avait la tête froide et était capable de la conserver dans n’importe quelle situation peu importe le danger, la gravité, la difficulté de celle-ci, Angélique ne flanchait pas ! Elle savait réfléchir vite et trouver des solutions efficaces aux problèmes qui se présentaient à elle allant même jusqu’à les anticipé et les prévenir avant qu’ils ne pointent le bout de leur nez. Angélique était présente et tous le savait. Angélique était un bon professeur, une bonne directrice de maison, une bonne sous-directrice du château. Elle avait l’intelligence, le courage, la ruse, la fidélité et l’humour pour faire face aux embûches qui se dressaient sur son chemin et sur celui des personnes qui lui demandaient de l’aide. Elle était capable de tout régler, de tout affronter. C’était une battante. Une mère exceptionnelle, une femme incroyable. Angélique ne flanchait pas. Et même face aux récents évènements du château, pas une fois, elle ne s’était laissée aller, pas une fois elle avait baissé les bras. Lorsqu’en début d’année, trois ans plus tôt, on avait retrouvé le corps mort et déchiqueté de Tristan Cohen, c’était elle qui avait prévenu les parents, qui avait géré les problèmes avec le ministères qui se présentait déjà, qui avait fait l’annonce aux étudiants, les informant ainsi qu’en cas de crainte son bureau leur serait toujours ouvert. Lorsque Poudlard avait commencé à devenir fou sans qu’on ne trouve jamais la cause du bordel, c’était elle qui s’était amusée à courir par tour, à jeter sort sur sort, sortilège sur sortilège pour gérer du mieux qu’elle pouvait la folie qui régnait en ces lieux. Le directeur n’en n’avait plus la force et les professeurs étaient tous bien trop occupé à perdre leur autorité et à eux-mêmes se questionner. C’était elle qui avait fixé des limites à ses élèves, encore et encore, qui avait trouvé des solutions pour qu’il y ait le moins de blessés possible. Elle avait rendu visite tous les jours aux étudiants qui avaient atterri à l’infirmerie pour obtenir des informations, pour les aider, les soutenir. Elle avait elle-même tout organisé pour leur guérison, ordonnant à Loréana de préparer potion sur potion à l’aide ses meilleurs élèves, forçant le professeur de botanique à utiliser ses meilleurs engrais pour produire les plantes médicaments le plus vite possible. Lorsqu’ensuite Keiko était morte, assassinée, c’était elle qui avait mené l’enquête, qui l’avait annoncé à Jack et Marylee et si Jack n’avait rien voulu entendre, c’était à elle qu’aujourd’hui Marylee se confiait. Elle avait organisé le départ du frère jumeau de la jeune poufsouffle. ET lorsque le fantôme de Keiko errait seule dans les toilettes, c’était elle qui avait eu le courage d’aller le voir, lui parler. C’était à elle que Keiko avait dit en premier qu’elle ne pourrait rien dire et que si elle restait sur terre c’est parce qu’elle avait une mission concernant Jack et Marylee. Lorsque Travis Cohen avait été retrouvé mort, c’était elle qui avait consolé le directeur qui s’était maudit lui-même, que se croyait incapable et qui s’effrayait de ce qu’allaient penser les élèves et parents, elle qui avait tenté de l’empêcher de faire passer cette mort pour un suicide même si son supérieur n’avait rien voulu entendre. Angélique était celle qui avait fait face au ministère pour garder Poudlard ouvert pendant les vacances, elle qui tenait les rennes et qui se battait avec les finances. Et si le calme était revenu, aujourd’hui, elle se plaisait un peu à croire que c’était grâce à elle. Parce qu’Angélique Dewis ne flanchait jamais, elle n’était pas du genre. Elle affrontait courageusement les maux les plus durs, les situations les plus coriaces. Angélique ne flanchait pas !

    Mais cette femme forme, cette femme extraordinaire avait un point faible. Un unique point faible, hormis l’inquiétude qu’elle nourrissait pour son fils. Ce point faible, elle avait pris soin au fil des années de le dissimuler, de l’enfouir au plus profond d’elle-même et de ne plus jamais y penser. Pour une fois, elle avait préféré fuir plutôt que d’affronter sa souffrance. Ce point faible, c’était Sacha. Si depuis enfant, elle avait pu surmonter chaque coup dur y compris lorsqu’elle avait découvert son adoption, le départ de l’homme de sa vie signa longuement son arrêt de mort. Lorsque Sacha les eut abandonné elle et le petit, elle avait perdu lez gout de vivre qu’elle avait, heureusement, retrouvé petit à petit grâce à son éditeur, principalement et grâce à Dylan mais le blessure restait grande ouverte et n’avait jamais cicatrisé. Elle souffrait toujours de ce départ, de cet abandon. Jour après Jour, elle continuait à se demander ce qu’elle avait fait de mal, pourquoi elle n’avait pas été à la hauteur. Mois après mois, elle s’était décidée à vivre sans amour, sans compagnon et à finir seule pour ne plus jamais avoir à regarder un être aimé fermer la porte. Année après année, elle avait oublié ce que signifiait ce mot et s’était contenté d’assouvir ses besoins physiques, propulsant bien au loin tout ce qui avait attrait aux sentiments. Mais cette blessure était condamnée à recommencer à saigner tant qu’elle ne l’avait pas pansée et lorsque son étudiant qui se tenait maintenant à ses genoux prononça ces petits mots, ces petits mots qu’elle s’était évertuée à interdire à ses amants, tout se chamboula à l’intérieur d’elle-même. Elle ne voulait plus entendre parler d’amour, pas de « je t’aime », rien qui vienne du cœur. Elle ne pouvait plus parce que tout cela sonnait faux à ses oreilles comme une promesse condamnée à ne jamais être respectée. Une chanson absurde qui ne naissait que pour le mal. Et tout se retourna à l’intérieur d’elle-même. Lorsque Baël prononça ces trois petits mots, elle revit Sacha avec ses roses, Sacha l’embrassant, Sacha lui offrant ces quelques mots, Sacha à ses genoux, Sacha en costume au mariage, Sacha rigolant, Sacha travaillant, Sacha avec Dylan, Sacha triste, Sacha absent, Sacha partir… Et ce fut trop. Tous les sentiments qu’elle avait accumulés au cours de ces derniers mois explosèrent en même temps que sa souffrance et elle devint, le temps de quelques minutes, complètement folle.

    Elle hurlait, elle criait, elle pleurait. Plus rien n’avait d’importance. Elle se laissait submerger par ses émotions, par ce trop plein, par cette douleur cuisante. Elle se laissait aller. Angélique Dewis flanchait. Pour la première fois depuis des années, elle pétait un chaudron. Elle vociférait, elle donnait des ordres à son élève, elle le suppliait de ne pas parler de ce qu’il ne connaissait pas et puis vint le discours sur l’amour, elle ne pouvait retenir ses paroles. Elle devait hurler qu’elle ne croyait plus à l’amour, que ce dernier n’était que mensonge et puis enfin, virent les derniers mots, les dernières lettres. Elle évoqua Sacha. Elle n’eut même pas la force de prononcer son prénom juste un pronom qui le désignait et là, après la colère, après l’adrénaline déchaîné, vint la faiblesse, la fatigue. Elle était à bout et lentement elle se laissa glisser le long du mur, en larme et s’installa contre ce dernier, incapable de soutenir son propre corps. Les jambes rabattues, elle pleurait sans retenue. Elle laissait ses larmes couler, couler, couler, oubliant la présence de l’étudiant. Elle avait ce besoin intense de se soulager. Mais Baël ne comptait pas rester sans rien et c’était peut-être mieux ainsi. Elle-même n’aurait pas pu dire le temps qu’elle serait restée là, par terre, à pleurer si l’apprenti professeur de défense contre les forces du mal n’étaient pas venu la prendre dans ses bras. Aussi bizarre que cela puisse paraître, elle se laissa faire, elle se laissa doucement tomber dans les bras rassurant er protecteur de l’homme et se serra contre lui, comme un enfant, laissant toujours couler larme après larme alors que Baël la serrait fort, et lui embrassait le haut du crâne. Elle fut tentée, l’espace d’un instant, d’être en colère, de laisser exploser sa rage contre Sacha, contre le monde, contre l’injustice mais elle était trop faible, elle n’avait pas la force. « Chht, Angélique… C’est fini, tout va bien. Je suis là, et je ne compte pas partir. Pas comme lui. Je serai là, toujours. Juste en face de ta porte. Près à accourir au moindre de tes signes. Tout le monde ne part pas, Angélique. Il y a ceux qui restent. » Il n’y avait rien à dire, rien à répondre. Elle écoutait attentivement les paroles de son élève, tout en continuant de pleurer. Elle ne savait pas si Baël pensait ce qu’il disait mais cela la rassurait et pourtant ce n’était rien de plus que des paroles bateau à une réaction inattendue mais ces quelques mots eurent pour effet de commencer à la calmer même si elle ne les croyait pas. Les gens partaient et Baël partirait aussi… « Calme-toi. Je suis là. Respire profondément. » Elle ne releva pas le tutoiement, se contentant d’essayer de reprendre ses esprits. Sa respiration, toujours haletante, se fit petit à petit plus calme, elle respirait. Les larmes avaient terminé de couler et elle repoussa alors doucement Baël pour s’extirper de ses bras afin d’obtenir le plus d’oxygène possible, de faire face à la réalité. L’étudiant était là, à côté d’elle mais elle ne le regardait pas. Les yeux perdus dans le vide, elle se concentrait sur sa respiration : « Il ne faut jamais cesser de croire en l’amour. Parce qu’une vie sans amour est une vie perdue. C’est une vie sans lumière, une vie sans soleil. Regarde Tom Jedusor… »

    La dernière phrase de Baël fut comme une claque pour Angélique. Non pas qu’elle avait cessé de croire que l’amour ne durait pas mais surtout parce qu’elle se rendit enfin compte de la situation. Par Merlin, elle avait pété un chaudron devant son élève, elle s’était mise à hurler, à pleurer et elle s’était laissée aller dans ses bras. Elle lui avait permis de la consoler, de…Non ! Rien n’allait ! C’était elle qui était venue pour l’aider et non l’inverse ! Qu’avait-elle fait ? Ne lui avait-elle pas, en plus, donné de faux espoirs ? La malheureuse ! Tout en calmant toujours sa respiration, elle sortit sa baguette magique et la pointa sur son propre visage, faisant disparaître toute trace de larme et de pleure. Comme si rien ne s’était passé. Elle se releva alors, dignement, avec l’intention de retrouver sa force, de faire bonne figure et de redevenir solide. Hors de question que les choses continuent ainsi. Elle avait flanché, oui, une fois mais pas deux. En se relevant, elle jeta un regard à son étudiant et marmonna d’une voix à la fois gênée et autoritaire : « Hum…Merci Baël…Il va de soit que rien de ce que vient de se passer ne sortira de cette pièce ! Pas un mot ! » Elle soupira. Elle se retrouvait enfin, maîtresse d’elle-même, prête à régler les problèmes. Elle s’était laissée aller, oui mais Sacha devait sortir de sa tête, maintenant et ce n’était certainement pas au jeune Owned de le faire à sa place. Elle règlerait ce problème seule ou l’enfouirait à nouveau, tel était sa décision. Bien décidée à néanmoins accorder une seconde chance à Baël, elle tourna les tallons et se dirigea vers le salon, se contentant de lancer un vague : « Venez, Owned, nous avons encore beaucoup de choses à nous dire et une discussion s’impose. » Angélique Dewis était définitivement de retour mais Merlin seul savait que cette matinée lui réservait encore bien des surprises. Elle s’installa confortablement sur le canapé, attendant qu’il la rejoigne. Du regard, elle lui intima de s’installer sur le fauteuil d’en face, elle avait besoin d’espace. Elle avait chaud à cause de ses pleurs et de l’étreinte et de l’air serait la bienvenue à la fois pour son corps mais aussi pour son moral. Baël obéit sagement et Angélique entreprit donc de se mettre à l’aise. Souriant d’un air rassurant, même si cela sonnait faux, elle s’installa confortablement dans le canapé et entama la conversation : « je…Baël, il va falloir qu’on parle de toi, de ces sentiments que tu nourris pour moi. Je suis consciente de les avoir encouragés et c’était une erreur mais je suis la sous-directrice de ce château… »


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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Dim 31 Juil 2011 - 20:02

    Que vouliez-vous qu’il fasse d’autre ? Il était totalement pris au dépourvu. N’importe qui l’aurait été. C’était comme si Baël se trouvait face à une haute falaise qui le dominait de toute sa hauteur. Une énorme falaise, puissante, de celles qui vous écrasent de leur masse et vous rendent aveugle à toute autre chose. Une falaise qui avait l’air tellement solide qu’elle semblait porter la voûte céleste à elle seule, offrant à Atlas quelques moments de répits. Une falaise qu’on aurait dit inébranlable. Imaginez un peu la réaction que vous auriez face à pareille falaise. Et imaginez maintenant votre réaction si, tout à coup, sans que rien ne l’annonce, cette falaise commençait à s’effondrer dans un énorme fracas. Si toute la terre autour de vous se mettait à trembler et que vous assistiez, impuissant, à l’écroulement total de cette falaise qui semblait pourtant se trouver là depuis des siècles et pour des siècles encore. Vous auriez un étrange sentiment, n’est-ce pas ? D’abord, sans doute, de la surprise. Votre raison tenterait de vous convaincre que vous êtes en train de rêver : une falaise ne s’effondre pas comme cela, sans raison apparente. Ensuite, vous accepteriez petit à petit l’idée que la falaise a faibli. Mais vous tenteriez de comprendre pourquoi. Il y avait-il, en son centre, une faille secrète et invisible ? Cette falaise n’était-elle, finalement, qu’une sorte de colosse aux pieds d’argile ? Sa puissance et sa confiance n’étaient-elle en définitive qu’un voile, qu’un masque ? Vous aimeriez avoir une réponse à ces questions, n’est-ce pas ? Vous pouvez imaginez ce que vous ressentiriez dans pareille situation ? Bien, c’était exactement ce que Baël ressentait face à Angélique Dewis. La jeune femme, pourtant d’ordinaire si sûre d’elle et déterminée, avait vacillé. Ses jambes avaient cessé de soutenir son propre poids et elle s’était laissé choir sans même se débattre. Peut-être était-ce le poids des larmes qui coulaient à flot qui l’attirait vers le sol ? Toujours est-il que, ses hurlements terminés, la belle se retrouva tapie contre le mur, les jambes repliées, le visage enfoui dans ses mains. Comme une fillette effrayée. Comme une jeune enfant. Comme une adolescente qui connaissait son premier chagrin d’amour. Comme une femme forte qui avait refoulé des souvenirs bien trop longtemps. Indécis, Baël mit quelques secondes avant d’enfin prendre une décision et d’agir. Il s’approcha d’elle lentement, comme un animal fasciné par un spectacle inédit, puis, délicatement, passa ses bras autour de la sous-directrice comme les boucliers des professeurs s’étaient jadis déployés autour de l’école. Il espéra que, si modeste soit-il, son geste pu lui offrir un minimum de réconfort. Après tout, c’était un peu de sa faute si Angélique Dewis se retrouvait dans cet état-là. Même s’il n’aurait jamais pu prévoir que sa déclaration aurait ce genre d’effets… Il la serra contre lui. Comme un grand-frère serre sa frangine terrorisée par un cauchemar. Il l’embrassa délicatement sur les cheveux, et, sans même y réfléchir, entama un léger mouvement d’avant en arrière, comme pour la border. L’espace d’une seconde, mais une seconde furtive, il se demanda d’où il sortait ce réflexe stupide et s’il ferait un bon père. Puis il revint totalement à la réalité : ce n’était ni le moment ni le lieu pour penser à ces hypothétiques futurs enfants. Pour l’instant, la femme qui faisait battre son cœur était dans ses bras, pleurant à chaudes larmes pour une raison inconnue mais liée à ce fameux Lui. Alors, il avait raison ? Alors, la réaction, non, les réactions d’Angélique s’expliquaient par un chapitre de son histoire ? Elle n’avait jamais écrit d’autobiographie, mais Baël commençait, petit à petit, à voir un peu plus clair dans le grimoire poussiéreux du passé d’Angélique. Ce grimoire, elle n’y avait plus touché depuis longtemps, comme si elle espérait oublier jusqu’à son existence. Mais, en sonnant chez elle avec des roses puis en lui avouant son amour, il semblerait que Baël ait secoué la bibliothèque et fait tomber le livre refoulé. Et Angélique n’avait alors eu d’autre choix que d’y faire attention…

    Baël commença à parler. Il ne savait pas ce qu’il devait dire, ni ce qu’il voulait dire, mais il savait qu’il ne pouvait pas se contenter de se taire. Alors, il lui parla. Lui expliqua que tout le monde ne partait pas. Qu’il y avait toujours des gens pour rester. Des gens qui n’avaient pas peur, des gens prêts à sombrer avec le navire s’il le fallait. Et il était de ces gens. Pour elle, il serait resté éveillé un mois entier. Il se serait jeté du haut de la tour d’astronomie déguisé en Dumbledore juste pour qu’elle puisse en voir une reconstitution. Il aurait suivi un concert de Mandragores. Il se serait mis du vernis à ongles rose bonbon avec des têtes d’ours (mais elle aurait quand même dû insister un peu pour cela…). Elle n’avait qu’un mot à dire pour qu’il accoure. Parce qu’il était amoureux, vraiment amoureux. D’un amour sincère, d’un amour cristallin. Cet amour qu’il éprouvait pour elle était sans doute la partie la plus pure de son cœur perverti. Elle ne pouvait pas lui tourner le dos, car cela signifierait la mort du Baël bon. Mais, en ce moment, il ne pensait pas à l’éventuel rejet dont il pourrait faire l’objet. Il pensait à elle, rien qu’à elle, et aux mots qu’il devait prononcer pour qu’elle aille mieux. Il n’était pas très doué pour consoler les gens. Il fallait dire, à sa décharge, qu’il ne le faisait pas souvent. Peu de gens venaient spontanément se confier à lui. Peut-être parce qu’il avait déjà frappé sur la majorité des élèves du château, qu’il en avait terrorisé une bonne moitié et que tous ceux qui lui tenaient tête le détestaient trop pour lui confier le moindre secret. Ce serait lui tendre une mitrailleuse chargée en disant « donne-t-en à cœur joie ! ». Mais pas elle. D’une part parce que la haine qui les avait longtemps séparés n’était pas réciproque : Baël n’avait jamais détesté la prof d’Histoire. Ce qui ne fonctionnait pas dans l’autre sens, puisqu’Angélique n’avait jamais caché son animosité à l’égard du Serpentard. D’autre part parce que, maintenant, Baël aimait. Et il ne comptait pas faire le moindre mal à Angélique. Ni physiquement, ni mentalement. Il savait également que maintenant, Angélique venait de rentrer dans la catégorie des personnes qui ne courraient aucun risque à Poudlard. Du moins, dans l’immédiat. Parce que Voldemort avait bien senti l’amour que Baël éprouvait pour elle et, tant qu’il n’aurait pas trouvé le moyen de demeurer seul maître de ce corps, il avait besoin du soutien inconditionnel de Baël. Petit à petit, la belle se tranquillisa. Bientôt, elle ne fut plus agitée des spasmes intempestifs de la tristesse et ses sanglots se turent. Elle demeura cependant lovée dans les bras de l’apprenti, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, le moment où Angélique se rendit compte de la situation arrivait bien trop vite. Elle était là, dans les bras de son apprenti, après avoir littéralement pété une durite. Ce n’était pas normal, et elle le savait. Elle n’était pas comme cela.

    Chassez le naturel, il revient au galop. Elle se dégagea délicatement de l’étreinte de Baël qui ne fit rien pour la retenir. Il la vit sortir sa baguette et la pointer sur son propre visage. D’un sort informulé, elle fit disparaître toute trace d’eau sur ses joues, rendit à ses yeux leur pureté habituelle. Plus rien dans le regard d’Angélique Dewis ne témoignait de la crise qu’elle venait de vivre. Alors, lentement, elle se releva. Petit à petit, elle redevenait celle qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : la sous-directrice du château, maîtresse d’elle-même et de ses sentiments. Au placard, les doutes et les passés trop lourds. Vous vous souvenez de la falaise effondrée ? Eh bien, la voilà qui, après vous avoir surpris par sa chute, vous surprend à nouveau : comment réagiriez-vous si, alors qu’elle vous semble réduite en miettes, d’un coup, elle se redressait de toute sa hauteur, elle réapparaissait sous vos yeux ébahis, elle reprenait la place qui était la sienne au sommet du monde pour supporter à nouveau la voûte ? Comment réagiriez-vous si elle se trouvait à nouveau là où elle s’était toujours trouvée et que rien ne subsistait de son effondrement ? Comment réagiriez-vous si elle vous faisait à nouveau face, recommençant à vous écraser de sa hauteur, à vous rendre aveugle au paysage alentours ? Je pense qu’une fois encore, votre raison tenterait d’expliquer le phénomène. Elle parviendrait sans doute à la conclusion suivante : puisqu’elle était là avant et qu’elle est toujours là maintenant, elle ne s’est jamais effondrée. Vous croirez avoir rêvé, n’est-ce pas ? Vous croirez que votre imagination vous a joué un bien mauvais tour. Votre esprit n’accepterait de croire qu’il a vu une falaise s’effondrer puis se relever que s’il en trouve la preuve. Encore une fois, conservez ce sentiment étrange en mémoire : c’est celui que Baël ressentait. Il se demanda, en la voyant ainsi dressée de toute sa hauteur, s’il n’avait pas rêvé. Venait-elle vraiment de quitter ses bras, alors que, quelques secondes plus tôt, elle pleurait toute les larmes de son corps ? Il l’observa un instant, ne trouvant de toute façon rien d’autre à faire : c’était à elle maintenant de décider ce qu’elle ferait. Elle était belle. Le jeune homme songea, non sans se réprimander lui-même de pareille pensée, qu’il lui ôterait bien sa cape de sorcier, là, maintenant, juste pour avoir le plaisir de la caresser des yeux. Ce n’était pas vraiment le moment de penser à cela, il semblait. Après un bref silence, empli de gêne des deux côtés, Angélique prit la parole. « Hum…Merci Baël…Il va de soit que rien de ce que vient de se passer ne sortira de cette pièce ! Pas un mot ! » Le jeune homme ne put s’empêcher de sourire tant le contraste entre les deux Angélique était saisissant. Sans prononcer un mot, il plaça son index sur ses lèvres. Il lui adressa un très léger sourire, signe qu’il avait bien enregistré l’ordre (car oui, c’en était un) qu’elle venait de lui donner. Elle soupira de soulagement, comme libérée d’un poids à l’entente de sa propre voix, de sa propre détermination, puis commença à marcher. Baël avait craint qu’elle ne quitte l’appartement là, maintenant, mais elle n’en fit rien : elle retourna vers le salon, de sa démarche habituellement chaloupée, et s’installa dans le canapé, l’enjoignant d’une voix inintentionnelement suave de la suivre : « Venez, Owned, nous avons encore beaucoup de choses à nous dire et une discussion s’impose. » Qui dirait des choses à l’autre ? qui parlerait, qui écouterait ? Qui sa confierait ? Lequel des deux pauserait les questions, lequel y répondrait ? Baël avait déjà sa petite idée, mais il comptait bien, d’une manière ou d’une autre, l’amener à parler d’elle, de ce mystérieux Il, de sa réaction. Même si elle tenterait sûrement de le faire parler, lui. Doucement, il se leva et, faisant quelques pas, vint s’installer sur le fauteuil en face d’elle. Il la toisa un instant, comme un suspect toise l’enquêteur qui allait poser sa première question : on sait que la question va bientôt venir, mais on ne sait pas exactement quand, et on ne sait pas sur quoi elle portera. En réalité, c’était assez facile à deviner. « je…Baël, il va falloir qu’on parle de toi, de ces sentiments que tu nourris pour moi. Je suis consciente de les avoir encouragés et c’était une erreur mais je suis la sous-directrice de ce château… » Baël planta son regard dans le sien. Il ne détournerait pas les yeux. Qu’espérait-il ? Il ne savait pas. Peut-être y lire l’exact opposé du discours qu’elle venait de tenir. C’était une erreur ? Une erreur de lui avoir souri, d’avoir accepté son invitation au restaurant ? Un erreur de lui avoir permis de devenir quelqu’un de meilleur (pas beaucoup, d’accord, mais c’était déjà ça…) ? Il garda un instant le silence. L’espace de quelques secondes, il se prit à rêver d’avoir les pouvoirs de Legilimens de Voldemort. Cela aurait pu lui servir à sonder l’âme de la prof, à comprendre ses réactions, à déceler sa sincérité. Mais il ne les avait pas. Alors, il devait s’en tenir aux bonnes vieilles méthodes. « A mon tour de vous dire que j’en suis parfaitement conscient, madame. Mais le fruit ne choisi pas dans quel carré d’herbe il va tomber. Il ne peut que constater et faire avec. » S’il n’avait pas été aussi sérieux, il aurait pu rire de sa métaphore. Mais il ne voulait pas rire avec l’Amour. Car, d’une certaine manière, tout se jouait là. « Si vous me le demandez, madame, je pourrai faire semblant. Mais je ne pourrai pas tuer mes sentiments. » N’était-il pas en train de tout gâcher, à nouveau ? Pour une fois qu’il parlait avec son cœur… Il l’observa un instant. D’un regard profond, comme s’il la passait aux rayons X. « La situation me met aussi mal à l’aise que vous. Que ce soit vis-à-vis du château, du directeur, de Dylan, ou même de votre passé. Mais, encore une fois, je n’en suis pas plus responsable que vous. Il serait tellement simple de claquer des doigts et de faire disparaître ce que je ressens… »


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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Lun 1 Aoû 2011 - 20:15

La femme a une puissance singulière qui se compose
de la réalité de la force et de l'apparence de la faiblesse.
[V. Hugo]

    L’effondrement la menaçait depuis un certain temps. Peut-être pas depuis le départ de Sacha puisqu’elle s’était déjà effondrée à ce moment-là, puis qu’elle avait déjà souffert, puisqu’elle s’était déjà laissée aller et relever pour son enfant et grâce à son éditeur mais depuis toute la souffrance s’était accumulée sans qu’elle ne la travaille et ne la surmonte, se contentant de l’enfouir et cela ne peut jamais marcher indéfiniment. Tout fini toujours par exploser que ce soit sous forme de colère comme la veille, lorsqu’elle avait rejeté Baël ou sous forme de larme comme à cet instant alors qu’elle se trouvait encore contre le mur, essayant de reprendre et de retrouver ses esprits. Tout tombe toujours ! Tous les roches s’effritent, aussi grands et forts soient-ils, toutes les falaises s’affaissent. Et il en allait de même pour l’être humain. Il ne pouvait tout garder en lui. C’était impossible de ne pas se confier, de ne jamais se reposer sur quelqu’un d’autre, de toujours tout prendre sur soi, de porter le monde sur ses épaules, de porte seul et toujours seul ses responsabilités. C’était impossible. Et les évènements de ces derniers temps n’avaient pas aidé. Toujours sous pression à cause de la folie du château, toujours responsable des étudiants morts, devant affronter leur famille, elle devait aussi, tout en consolant ses élèves et son fils, consoler sa propre tristesse et sa propre culpabilité. Toujours devoir aidé les professeurs, toujours devoir conseillé, faire régner l’ordre et aucune minute pour elle. Elle s’était partagée ces derniers temps entre ses élèves, les professeurs, le directeur, les parents, le ministère, ses cours et son enfant. Jamais elle n’avait pu prendre soin d’elle-même sauf durant quelques soirées où elle s’était évertuée à sortir en quête d’un coup à tirer, d’un homme à sauter pour oublier, pour se détendre mais rien de plus. Elle ne s’était pas retrouvée seule, n’avait même plus pu écrire depuis longtemps et tout cela l’avait débordée à force de s’occuper de tout sans se confier, sans déléguer, à force de faire face à chacun de ses responsabilités, à force d’avoir porter tout le château sur son pauvre dos, elle était fatiguée. Elle était devenue fragile et s’était effondrée. Oh pas longtemps, évidemment. N’imaginez pas Angélique garder le lit pendant des mois, déprimer pendant des semaines. Non le temps de quelques longues minutes, elle avait explosé, exprimant sa colère et sa souffrance et s’était laissé tomber contre le mur. Tout était sorti…Enfin presque tout…Non en fait, pas grand-chose mais suffisamment pour qu’elle soit capable de se reprendre, de se relever, d’affronter à nouveau la vie et de faire face au nouveau problème : l’amour que ressentait son nouvel étudiant, Baël Owned pour elle.

    Voilà pourquoi après avoir effacé toute trace de larme de son visage, elle s’était dirigée dans le salon, enjoignant à son ancien élève de la suivre immédiatement. Elle s’était confortablement installée, attendant que l’apprenti en face de même. Mieux valait être à l’aise pour entamer des discussions houleuse. Ella avait simplement commencé par lui dire qu’ils étaient à présent obligé de parler, qu’ils ne pouvaient plus l’éviter et ensuite avait lancé le sujet de la conversation : Baël et ses sentiments. Elle ne voulait pas être brusque et lui expliqua avec douceur qu’elle s’était mal comporté envers lui et qu’elle avait fait l’erreur d’encourager ses sentiments. Elle était consciente d’avoir un peu mal choisi ses mots. L’erreur ne résidait pas dans leur relation ni même dans tout ce qu’ils avaient accomplis depuis lors à savoir le restaurant, les discussions mais dans le fait qu’elle n’avait jamais été claire, qu’elle n’avait pas imposé de limites et qu’elle s’était laissée déborder par les évènements. Mais les limites, elle allait devoir les poser et maintenant ! C’est pourquoi, elle commença phrase qu’elle n’achèvera jamais. Elle lui annonça qu’elle était directrice du château. Il le savait bien entendu, mais pour elle, cela signifiait qu’aucune relation n’était possible entre eux et ce même si elle-même nourrissait ces sentiments. C’était illégal, interdit et pire que cela, elle se serait fait l’effet d’une vieille qui s’enamoure d’un jeune garçonnet pour ne pas faire face à son âge. Et elle ne voulait pas devenir ce genre de personne, elle ne voulait pas être cela mais en plus de son âge et de sa position, d’autres facteurs entraient en compte et le plus important restait sans contexte Dylan…Elle ne pouvait pas se mettre avec un homme qui risquerait de mettre en péril l’équilibre fragile de l’enfant. Et il était sans conteste que la relation de Baël et d’Angélique risquait de faire perdre ses moyens à Dylan une fois que la surprise serait passée et son fils était le plus important pour elle. Tandis qu’elle réfléchissait à commencer expliquer tout cela à son étudiant, elle ne s’était pas douté que Baël avait réfléchi aussi de son côté et comptait bien avoir son mot à dire, ici et aujourd’hui !

    « A mon tour de vous dire que j’en suis parfaitement conscient, madame. Mais le fruit ne choisi pas dans quel carré d’herbe il va tomber. Il ne peut que constater et faire avec. » Elle eut d’abord un petit sourire pour la métaphore de son élève qui, bien qu’un peu banal, était particulièrement bizarre dans la bouche de cet homme qu’elle avait toujours connu froid, terre à terre, violent, agressif mais elle reprit bien vite contenance parce que l’heure n’était pas au rire mais au sérieux et la discussion qu’ils allaient devoir tenir n’avait strictement rien d’amusant. Baël l’avait bien compris aussi et c’est pourquoi il prolongea sa pensée : « Si vous me le demandez, madame, je pourrai faire semblant. Mais je ne pourrai pas tuer mes sentiments. » Mieux que quiconque elle comprenait ce que Baël essayait de lui faire entendre. Elle savait qu’il ne pourrait pas taire ce qu’il ressentait, pas tuer cet amour et elle ne le lui demandait pas, elle ne lui demandait pas non plus de faire semblant. Après tout elle avait déjà vu sur elle-même les conséquences que cela pouvait avoir et puis, faire semblant n’était pas la solution pour guérir. Elle comprenait parfaitement tout ce qu’il disait parce qu’elle l’avait vécu et le vivait encore. Combien de fois avait-elle tenté de tuer son amour pour Sacha mais rien n’y faisait ! Elle n’avait pas la possibilité de décider. « La situation me met aussi mal à l’aise que vous. Que ce soit vis-à-vis du château, du directeur, de Dylan, ou même de votre passé. Mais, encore une fois, je n’en suis pas plus responsable que vous. Il serait tellement simple de claquer des doigts et de faire disparaître ce que je ressens… » Jamais elle n’avait entendu un Baël aussi responsable ni même vu un Baël aussi ouvert. Il se livrait corps et âme et elle se sentit bien soulagée de voir qu’il avait conscience de la délicatesse de la situation et qu’il avait déjà lui-même pris à la fois le château et Dylan en ligne de compte, c’était en soi une bonne chose mais malheureusement cela ne changeait rien aux faits. Ils pouvaient bien savoir tous les deux mais les choses ne s’arrangeraient pas d’elle-même. Angélique se mura dans le silence quelques temps…

    « Je sais tout cela Baël et d’ailleurs je ne te demande pas de faire semblant, je ne te demande pas non plus de tuer tes sentiments parce que je suis bien placée pour savoir que cela est impossible et que nier ce que tu ressens te ferait plus de tort que de bien. Ce que je te demande, c’est de savoir que c’est sans espoir. Tout ce dont tu rêves, tout ce que tu veux…Je ne pourrai pas te le donner. Pas seulement parce que je ne suis pas amoureuse de toi mais parce que cette relation sera toujours interdite et même si je t’aimais, il y aurait toujours cet illégalité, toujours Dylan. Et puis sois lucide. Quel âge as-tu et quel âge ai-je ? On ne sera jamais sur la même longueur d’onde, cela causera problème sur problème. Tu as des projets qui sont à l’opposé des miens, j’en suis certaine. Tu dois te construire alors que moi, je suis déjà construite. Tu as tout a commencé alors que moi, j’ai tout à finir ! Et même…Baël…Même si je commençais à tomber amoureuse de toi, même si cela arrivait dans une des hypothèses des plus absurdes. Non pas que tu ne sois pas aimable, hein, je suis sûre que beaucoup de filles seraient folles du Baël que j’ai la chance de connaître. Et bien, cela ne fonctionnerait jamais parce qu’au fond de moi, j’aurai toujours cette crainte que tu partes. Il me restera à vie en mémoire le souvenir de Sacha. Je sais que cela peut te sembler abusif et catégorique mais voilà plus de dix ans que le divorce a été prononcé, dix ans que je n’ai jamais pu oublier et jamais pu m’en remettre. J’ai déjà fait mon deuil, Baël. J’ai enterré l’amour, il y a bien longtemps et il n’est pas venu le temps de le déterrer, il ne viendra jamais. J’aime ma façon de vivre avec les hommes, sans complications, sans lendemain, sans sentiments, sans espoirs et sans risque. » Il n’y avait rien à dire de plus. Elle avait décidé de s’ouvrir également. Sans raconter tous les détails de sa vie, elle en avait dit assez pour que Baël comprenne pourquoi elle ne voulait pas d’amour. Hormis le côté théorique de leur relation, hormis tout ce qui pouvait leur interdire d’être ensemble, voilà pourquoi elle ne pouvait pas l’aimer et voilà pourquoi elle était persuadée qu’elle ne l’aimerait jamais ! A la fin de sa tirade, prise par la chaleur de la pièce, elle ôta délicatement sa robe de sorcier, inconsciente de l’effet sensuel que pouvait dégager une femme peu réveillée et en tenue de nuit…


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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Lun 1 Aoû 2011 - 23:44

    Le sujet était clairement défini. Angélique avait balisé le sentier dès l’instant où le jeune apprenti posa ses fesses sur le fauteuil : ils parleraient de Baël et de ses sentiments. Pour s’attaquer au problème, même si le jeune homme était loin de considérer son amour comme un problème, pour en parler sérieusement, pour mettre les choses au point. Mais peut-être que, par là, Angélique se protégeait d’éventuelles dérives, d’une déviation dont elle ne voulait pas : peut-être qu’en obligeant Baël à parler de lui, elle espérait ne pas devoir parler d’elle. Après tout, peut-être considérait-elle (et elle était en droit de le faire) qu’elle s’était déjà suffisamment ouverte à lui, bien involontairement, d’ailleurs, en s’effondrant devant lui et en pleurant des larmes qui attendaient de voir la lumière du jour depuis de longues années. Après tout, personne ne pouvait se vanter d’avoir déjà vu Angélique Dewis dans un tel moment de faiblesse et de détresse. Elle avait déjà beaucoup donné, ce matin : d’une part, elle était venue s’excuser de l’avoir jeté si brutalement pendant la nuit, d’autre part elle avait éclaté en sanglots devant lui pour, enfin, se laisser enlacer. Pour une femme qui ne voulait donner que le strict nécessaire, elle avait déjà dépassé les limites. Alors oui, il était normal qu’elle cherche à esquiver la conversation sur elle et son passé. Même si Baël ne l’entendait pas de cette oreille et comptait bien, à un moment ou à un autre, lui poser toutes les questions qui lui brûlaient les lèvres. Prendre des gants serait une bonne idée, d’ailleurs : foncer vers elle avec des gros souliers serait le meilleur moyen de la braquer. Elle commença donc cette fameuse discussion par lui dire qu’elle avait encouragé ses sentiments, et que c’était une erreur. Premier point de désaccord. Premièrement, Baël, avec sa fierté d’hippogriffe, n’avait pas besoin qu’on encourage ses sentiments : il le faisait lui-même. Même s’il devait reconnaître que, et c’était là la seule erreur (à condition que le mot erreur puisse être utilisé), Angélique ne s’était jamais montrée claire avec lui. Elle avait joué à la girouette depuis le début, lui disant une fois oui, l’autre non, une troisième fois peut-être… Elle avait alterné les parties de jambes en l’air, les regards froids et agacés. Elle avait hésité (et semblait encore hésiter) entre appeler Baël par son nom, ou Owned par son prénom… Le tutoyant une fois sur deux, lui disant ‘vous’ la fois d’après, refusant de lui adresser la parole le reste du temps… Angélique avait valsé avec ses sentiments, tourné avec le vent. Elle-même ne semblait pas savoir exactement ce qu’elle ressentait. Comment Baël pourrait-il y voir le moindre signe d’encouragement ou de rejet ? Il n’y avait aucune cohérence dans son comportement ! Deuxièmement, Baël ne pensait pas qu’encourager ses sentiments eût été une erreur. Mais c’était bien entendu son point de vue, le point de vue de l’amant et non de l’aimé. Ensuite, la belle commença, sans la finir, une phrase en disant qu’elle était sous-directrice du château. Baël comprit bien entendu où elle voulait en venir, mais il nota, au passage, que, jusqu’à présent, elle ne lui avait jamais dit qu’elle ne l’aimait pas. Bien sûr, c’était implicite, cela émanait de chacun de ses mots, mais elle ne le disait pas. Était-ce là un signe ?

    Peut-être, peut-être pas. Toujours est-il que le jeune homme prit la parole à son tour. Lui aussi avait des choses à dire. Peut-être même, sur ce sujet, plus qu’Angélique. Il commença par lui dire qu’il savait les problèmes que cet amour pourrait poser. Mais il lui présenta aussi une métaphore, certes pas la plus poétique ou la plus travaillée, mais la seule qui lui passait par l’esprit : son amour était un fruit, qu’il avait cultivé, faire croître. Maintenant, ce fruit allait tomber de l’arbre, mais il n’avait pas la moindre influence sur l’endroit où il tomberait : c’est ce qui c’était passé : il n’avait pas choisi de tomber amoureux d’Angélique. Il marqua une courte pause, puis repris sa réflexion : il lui dit que, si c’était ce qu’elle voulait, il pourrait feindre le désintérêt, faire comme si de rien n’était. Il pourrait, et il était bon comédien, tromper tout le monde. Tout le monde, sauf lui-même, et c’était peut-être là le plus gros problème. Il ne parviendrait pas à se mentir, à se convaincre qu’il n’aimait plus Angélique. Il ne parviendrait pas à, comme il le lui avait dit, tuer ses sentiments. Il marqua une autre pause, plantant son regard dans celui de l’historienne. Il tenta d’y déceler une information quelconque sur ce qu’elle pensait, sur la manière dont elle allait réagir. Mais il ne trouva rien, alors il continua ce qui était en passe de devenir un monologue. Il parla de Dylan, du château, du passé d’Angélique : autant d’éléments qui compliqueraient une hypothétique relation. Sa tirade terminée, il se tut. Que pouvait-il rajouter, d’ailleurs ? Il avait dit ce qu’il avait sur le cœur. Il lui avait ouvert en grand une porte sur son âme, il lui avait livré ses sentiments. Il n’avait plus qu’à attendre la réaction de la belle. Celle-ci demeura un long moment silencieuse, perdue dans ses réflexions. Baël ne brisa pas le silence qui s’installa. « Je sais tout cela Baël et d’ailleurs je ne te demande pas de faire semblant, je ne te demande pas non plus de tuer tes sentiments parce que je suis bien placée pour savoir que cela est impossible et que nier ce que tu ressens te ferait plus de tort que de bien. Ce que je te demande, c’est de savoir que c’est sans espoir. Tout ce dont tu rêves, tout ce que tu veux…Je ne pourrai pas te le donner. Pas seulement parce que je ne suis pas amoureuse de toi mais parce que cette relation sera toujours interdite et même si je t’aimais, il y aurait toujours cet illégalité, toujours Dylan. Et puis sois lucide. Quel âge as-tu et quel âge ai-je ? On ne sera jamais sur la même longueur d’onde, cela causera problème sur problème. Tu as des projets qui sont à l’opposé des miens, j’en suis certaine. Tu dois te construire alors que moi, je suis déjà construite. Tu as tout a commencé alors que moi, j’ai tout à finir ! Et même…Baël…Même si je commençais à tomber amoureuse de toi, même si cela arrivait dans une des hypothèses des plus absurdes. Non pas que tu ne sois pas aimable, hein, je suis sûre que beaucoup de filles seraient folles du Baël que j’ai la chance de connaître. Et bien, cela ne fonctionnerait jamais parce qu’au fond de moi, j’aurai toujours cette crainte que tu partes. Il me restera à vie en mémoire le souvenir de Sacha. Je sais que cela peut te sembler abusif et catégorique mais voilà plus de dix ans que le divorce a été prononcé, dix ans que je n’ai jamais pu oublier et jamais pu m’en remettre. J’ai déjà fait mon deuil, Baël. J’ai enterré l’amour, il y a bien longtemps et il n’est pas venu le temps de le déterrer, il ne viendra jamais. J’aime ma façon de vivre avec les hommes, sans complications, sans lendemain, sans sentiments, sans espoirs et sans risque. »

    Il ne perdit pas un mot de ce discours. Il écouta plus attentivement qu’il n’avait jamais écouté, tentant de le garder en mémoire pour pouvoir l’analyser sous tous les angles par après. Il en décortiquerait chaque phrase, s’interrogerait sur les mots employés, sur les temps des verbes, sur la structure des phrases. Aucun mot n’avait été choisi au hasard, il le savait bien. Il devrait réagir à froid, après y avoir mûrement réfléchi. Le problème, s’était qu’il n’avait pas de temps. C’était une discussion, et Angélique attendait déjà une réponse. Réponse qu’il s’apprêtait à lui fournir quand… Elle bougea. Lentement, avec une sensualité involontaire, elle se débarrassa de sa cape de sorcier. Incapable de détourner le regard, Baël l’observa faire, subjugué. Il savait pertinemment que l’historienne était belle. Il le savait pour l’avoir découvert et redécouvert. Mais, même armé de ce savoir, il ne pouvait s’empêcher de s’émerveiller à chaque fois qu’il la voyait. En cet instant, il aurait pu découvrir Angélique pour la première fois, l’effet aurait été le même. De toutes les reines de beauté, Angélique était l’impératrice. Elle alliait la beauté d’une Aphrodite à une grâce qui semblait innée et qui tintait d’élégance le moindre de ses gestes. Le jeune se sentit soudain indigne de poser son regard sur elle et voulut détourner la tête. Mais elle était si belle. Plus belle qu’un ange, plus belle que les étoiles… Un morceau de Lune tombé entre ses mains. Elle rayonnait. Elle était magnifique… Les mots ne suffisaient pas. A côté d’elle, il se sentait terne, fade. Mais il n’en était pas jaloux, au contraire. Sa lumière jaillissait sur lui et, grâce à elle, il se sentait plus beau qu’il ne l’avait jamais été. Comment un tel corps pouvait abriter autant de simplicité sublime ? Comment une femme pouvait-elle à se point se faire jalouser des déesses sans être d’ascendance divine ? Bien des vélanes auraient blêmit et semblé faire partie du décor à côté d’Angélique Dewis en ce moment. Mais le plus beau était sans doute son innocence. Elle était sublime, et le fait qu’elle ne semble pas s’en rendre compte ne faisait que la sublimer. Baël croisa son regard l’espace d’une seconde. Mais cette seconde fut largement suffisante pour qu’il tombe encore plus amoureux.
    Mais puisqu’il lui faudrait bien s’arracher à sa contemplation un jour, puisqu’il faudrait bien lui répondre, lui parler, l’écouter, il rassembla ce qu’il lui restait de pensées cohérentes. « Je… Je ne sais pas ce que je suis censé vous répondre, madame. Je voudrais d’abord vous remercier de la confiance que vous m’accordez. Je suis bien placé pour savoir que parler de certaines choses peut être délicat. Alors, que vous preniez la peine de me parler de Sacha me touche énormément. » Il baissa la tête. Que lui arrivait-il ? L’amour le faisait-il vraiment fondre comme cela ? « Ensuite… Je ne crois pas que l’amour se laisse enterrer définitivement. Un temps viendra où vous voudrez le déterrer. Peut-être pas grâce à moi. Mais je suis persuadé que vous le ferez un jour. Parce qu’une femme telle que vous mérite de trouver l’homme de sa vie. Tant pis si ce ne sera pas moi. » Il sourit dans un soupir. Serait-il en train de devenir sentimental ? « Mais en attendant, si vous êtes heureuse avec la manière dont vous gérez vos relations, je le suis aussi. Parce que je ne veux, en définitive, que votre bonheur. Vous aurez au moins eu le mérite de me rendre moins égoïste. » Piètre tentative d’humour. « Mais… Et maintenant ? Qu’allons-nous faire, hein ? Recommencer à vivre normalement, se voir, se sourire, se parler en oubliant tout ce que nous avons vécu ? Vous ne me verrez sans doute plus jamais de la même manière. Et moi non plus. »


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Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Mer 3 Aoû 2011 - 19:32

    Les limites, Angélique les affectionnait particulièrement et ce pour une myriade de raisons. Elles offraient beaucoup de possibilités et avaient la faculté de clarifier toute situation. Les limites étaient nécessaires dans une société, dans l’éducation, dans une relation, partout ! Tout était défini par ces bornes fixées au préalable. Tout dépendait d’elles. Dans une société, les limites étaient représentées par les lois et c’est elle qui s’assurait qu’aucun dérapage n’était commis et qui évitait de trop empiéter sur la liberté d’autrui. Elles définissaient exactement ce que chacun avait le droit ou pas de faire. Dans une éducation, les limites servaient à enseigner aux enfants les notions de bien et de mal, à comprendre comment fonctionne le monde qui les entoure et à apprendre à respecter le reste de l’univers. C’était essentiel dans le développement d’un enfant et Angélique avait toujours pris soin de fixer des limites très claires et limpides à Dylan parce que sans ce repère, l’enfant se sent toujours perdu. Il a besoin de ce repère pour grandir, il a besoin d’un cadre. Dans le château, il en allait de même. Chacun avait des règles à respecter et des limites à ne pas franchir pour la bonne marche de l’école. Professeurs comme élèves s’évertuaient à obéir et à suivre le règlement et c’était tant mieux même si les récents évènements montraient clairement que quelque chose n’allait pas…Quant aux relations humaines…Elles étaient là, les limites les plus difficile à fixer, dans les relations. Comment savoir où s’arrêter. Comment ne pas blesser l’autre tout en étant honnête ? Ou s’arrêtait le partage ? Cette limite n’est jamais simple même entre un professeur et son élève alors qu’elle est défini par loi comment savoir quand est-ce qu’on outrepasse ses attributions en consolant celui-ci ou en punissant celui-là ? Angélique, pourtant, s’évertuait à poser des limites elle-même et à savoir ce qu’elle voulait et ce qu’elle considérait comme « trop » et cela avait toujours bien fonctionné dans toutes ses relations y compris personnelles. Elle ne voulait pas d’amis trop proches pour ne pas se sentir envahie et trop oppressée et depuis Sacha plus d’amour, juste des parties de jambes en l’air et cela était parfait. Elle maintenait la distance avec précision. Mais comme tout être humain, il arrive qu’on se laisse dépasser et c’était ce qui était arrivé avec Baël Mathias Owned. Elle s’était laissé avoir, elle n’avait pas vu le coup venir ou peut-être n’avait-elle pas voulu le voir. ET maintenant, c’était trop tard…Il fallait réparer les dégâts…Tout cela parce qu’elle n’avait pas été capable de fixer des limites à Baël Owned…Qui l’aurait crû mais il était maintenant largement temps de le faire !

    Angélique soupira. Tout cela ne finira donc jamais. C’était un cercle vicieux assez infernal quand elle y pensait de plus près : elle n’allait pas très bien, elle rejetait Baël puis Baël n’allait pas bien, elle venait le consoler, il la rejetait, elle n’allait pas bien, il venait la consoler. Tout ceci n’avait pas de fin, c’était une boucle sans sortie et pourtant d’échappatoire, il fallait bien en trouver un parce que la situation ne pouvait pas rester figée ainsi indéfiniment. Elle ne pouvait pas continue à donner trop d’espoir à son étudiant et ne supporterait pas de porter, en plus, sur ses épaules la culpabilité d’être responsable du malheur de l’ancien serpentard. Il fallait qu’ils règlent le problème ensemble et pour ce faire quoi de mieux qu’une discussion d’adulte ? Pour la première fois depuis bien longtemps, Angélique avait accepté de s’ouvrir à quelqu’un d’autre, de se rapprocher, de faire confiance et même si ce n’était pas dans le but de se soulager mais plutôt de venir en aide à son interlocuteur, cela lui serait inévitablement bénéfique. La discussion avait d’abord commencé de manière un peu simplette et banale mais en même temps on ne pouvait se plonger de but en blanc dans les méandres sinueux de sa propre vie alors mieux valait d’abord tenter la méthode facile à savoir le pur raisonnement logique : ils ne pouvaient pas être ensembles parce qu’elle était la sous-directrice, point à la ligne. Cependant, Baël était bien trop intelligent et bien trop têtu pour s’arrêter à cette simple explication, à cette unique raison, à cet absurde commandement. Il était d’ailleurs bien conscient que la position d’Angélique était loin d’être idéale tout comme la sienne, d’ailleurs et il ne se gêna pas pour lui expliquer qu’il n’avait malheureusement ou bien heureusement pas pu choisir la personne dont il était tombé amoureux et que pour lui aussi, ce serait plus simple de pouvoir effacer ses sentiments d’un coup de baguette magique. Il voulait lui faire comprendre qu’il pourrait bien danser sur sa tête pour prétendre ne pas l’aimer mais qu’au fond de lui, l’affreuse et âpre vérité le poursuivrait toujours : il l’aimait et ne pouvait pas détruire ce qu’il ressentait parce qu’il ne l’avait pas choisi. Pour Baël, c’était l’amitié de Montagne et de La Boetie transformé en amour : parce que c’était lui, parce que c’était elle.

    Angélique comprit alors qu’elle n’arriverait à rien de cette manière, qu’elle ne lui ferait pas entendre raison de manière pragmatique justement parce que ce qu’il ressentait n’avait rien de logique ou de sensé, c’était une horde de sentiments à l’état brute et il était condamné à les vivre et elle à le voir les vivre…Sauf si, par les sentiments, elle arrivait à encercler le problème. Elle n’avait rien à perdre et n’était de toute façon pas obligée de dévoiler sa vie entière, bien heureusement, d’ailleurs. Elle commença alors par lui expliquer qu’elle ne pourrait jamais le rendre heureux parce qu’ils n’avaient pas le même âge mais parce qu’elle n’était pas non plus capable de lui donner ce qu’elle attendait. Et puis, elle n’était pas amoureuse de lui, il fallait qu’il le sache et même si c’était le cas, elle, elle pourrait tuer son amour dans l’œuf par peur de trop souffrir ou par amour maternel envers son fils. Il fallait faire comprendre à Baël qu’elle avait bien trop souffert de son unique relation sérieuse pour ne fuse qu’envisager remettre le couvert un jour. C’était peut-être dommage mais c’était sa décision, la sienne et personne n’avait le droit de la juger et cela, Baël le savait. Seulement, ne pas juger ne voulait pas dire se taire et puis un homme amoureux était bien incapable de voir la femme aimée renoncer définitivement à l’amour alors comme tout un chacun sur terre, il eut quelque chose à ajouter et il n’eut pas l’intention de se taire. « Je… Je ne sais pas ce que je suis censé vous répondre, madame. Je voudrais d’abord vous remercier de la confiance que vous m’accordez. Je suis bien placé pour savoir que parler de certaines choses peut être délicat. Alors, que vous preniez la peine de me parler de Sacha me touche énormément. » Angélique détourna le regard également. Elle n’aimait pas entendre le prénom de Sacha. Elle-même évitait de le prononcer parce qu’il était toujours synonyme de souffrance et son cœur saignait rien qu’à l’évocation de ces souvenirs communs cependant elle fut reconnaissante à Baël d’avoir noté qu’elle n’aurait pas parlé ainsi avec tout le monde et de prendre la peine de la remercier pour cela. Sans savoir pourquoi, ce geste la mit encore plus en confiance. Mais il n’avait pas encore parlé d’amour…

    « Ensuite… Je ne crois pas que l’amour se laisse enterrer définitivement. Un temps viendra où vous voudrez le déterrer. Peut-être pas grâce à moi. Mais je suis persuadé que vous le ferez un jour. Parce qu’une femme telle que vous mérite de trouver l’homme de sa vie. Tant pis si ce ne sera pas moi. » Elle eut un petit sourire ironique. La naïveté de son étudiant était presque touchante, maintenant. Il croyait dur comme fer à ce qu’il disait comme si toutes les blessures causées par l’histoire pouvaient être réparée. En tant qu’historienne, elle était bien placée pour savoir que ce n’était pas le cas et que chaque ouverture, chaque plaie, chaque enfer était marqué d’une pierre rouge et laissait une cicatrice qui ne partirait jamais complètement…Elle était persuadée que c’était son cas également… « Mais en attendant, si vous êtes heureuse avec la manière dont vous gérez vos relations, je le suis aussi. Parce que je ne veux, en définitive, que votre bonheur. Vous aurez au moins eu le mérite de me rendre moins égoïste. » Angélique, cette fois-ci, eut un sourire franc en entendant les paroles de son étudiant. Ou était le Baël insolent, ambitieux, méchant, vaniteux, égoïste, prétentieux, mesquin qu’elle avait toujours connu ? Ou était cet homme sombre et prêt à tout pour son bonheur personnel quitte à écraser celui des autres ? Le Baël qu’elle avait en face d’elle était prêt à se sacrifier et ce geste la toucha énormément mais elle était trop blessée pour le remercier, trop effrayée pour rebondir dessus, trop gênée pour le complimenter ou le noter à voix haute…De toute façon, elle voyait bien que l’étudiant avait encore une chose à dire : « Mais… Et maintenant ? Qu’allons-nous faire, hein ? Recommencer à vivre normalement, se voir, se sourire, se parler en oubliant tout ce que nous avons vécu ? Vous ne me verrez sans doute plus jamais de la même manière. Et moi non plus. » La fameuse question.

    Angélique ne réagit pas tout de suite, prenant le temps d’enregistrer chaque information, chaque partie de la question : qu’allaient-ils faire maintenant, qu’allaient-ils devenir, comment allaient-il se comporter ? Toutes ces interrogations étaient légitimes et c’était comme si Baël demandait à Angélique de lui fixer des limites pour savoir ce qu’il pouvait faire dire et à quoi consistait ses attributions, à quoi ressemblerait le cadre qui allait l’entourer et plus elle réfléchissait à la question, plus Angélique se rendait compte que le seul à réellement pouvoir répondre à cette question était Baël, le seul à savoir ce dont il avait besoin, ce qu’il était capable d’endurer, c’était Baël. Elle n’était pas amoureuse, elle ne souffrirait pas dans leur relation tant qu’elle ne s’attachait pas trop à lui, c’était lui. La solution était simple et peut-être même trop facile, peut-être qu’elle n’était pas juste et un peu lâche mais c’était la seule qu’elle entrevoyait pour l’instant : « Ecoute, Baël. Ce qui va se passer, maintenant, je l’ignore. Mais la tournure que va prendre notre relation ne dépend que de toi. Moi, je respecterai ta décision parce que je ne suis pas celle qui risque de souffrir. Je veux bien continuer à te voir hors des cours pour discuter, pour aller au restaurant d’autant que Dylan avait bien apprécié t’avoir à dîner. Je veux bien même que notre relation aille plus loin et qu’on conserve aussi le côté sexuel qui n’est plus illégal. Mais il n’y aurait jamais plus alors je veux bien également même si cela me fera un peu de peine te voir redevenir un simple étudiant. Il va de soi qu’il est hors de question, dans cette alternative, de te voir redevenir le salle gosse que tu étais…Mais voilà, je te laisse choisir parce que c’est à toi de voir ce que tu peux gérer, ce que tu peux prendre en charge, ce que tu peux affronter. A toi de savoir si tu peux borner tes espoirs, te contenter de peu tout en continuant à construire ta vie. Alors cette décision, Baël, elle t’appartient et je vais te laisser la prendre à tête reposée me la donner tout de suite ne servirait à rien. Je vais donc m’en aller et te laisser réfléchir. Viens me voir quand tu sauras ce que tu veux ! » Sur ces quelques mots, la sous-directrice du château se leva, attrapa sa cape de sorcier qu’elle enfila et quitta la pièce non sans avoir au passage fait apparaître une rose blanche dans les mains du jeune sorcier…


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MessageSujet: Re: Confidences pour un sourire [FINI] Mer 3 Aoû 2011 - 22:29

    Le choix. Le sacro-saint choix. Angélique l’offrait sur un plateau d’argent à son étudiant. Mais Baël voulait-il vraiment de ce choix ? Le plus simple, le plus lâche, aussi, aurait été de lui laisser prendre la décision. Et s’y plier. Au moins, il aurait eu quelqu’un sur qui râler, quelqu’un à qui reprocher sa souffrance. Là, il serait l’unique preneur de décisions. Il serait celui à qui toutes les responsabilités incomberaient. Il serait le seul et l’unique responsable. Il serait celui à qui on reprocherait les erreurs, les douleurs. Il ne pourrait même pas passer sa rage sur un autre : il était seul face à son choix. A la décharge de la belle, elle lui laissait le choix, au moins, d’une bien belle façon : « Ecoute, Baël. Ce qui va se passer, maintenant, je l’ignore. Mais la tournure que va prendre notre relation ne dépend que de toi. Moi, je respecterai ta décision parce que je ne suis pas celle qui risque de souffrir. Je veux bien continuer à te voir hors des cours pour discuter, pour aller au restaurant d’autant que Dylan avait bien apprécié t’avoir à dîner. Je veux bien même que notre relation aille plus loin et qu’on conserve aussi le côté sexuel qui n’est plus illégal. Mais il n’y aurait jamais plus alors je veux bien également même si cela me fera un peu de peine te voir redevenir un simple étudiant. Il va de soi qu’il est hors de question, dans cette alternative, de te voir redevenir le salle gosse que tu étais…Mais voilà, je te laisse choisir parce que c’est à toi de voir ce que tu peux gérer, ce que tu peux prendre en charge, ce que tu peux affronter. A toi de savoir si tu peux borner tes espoirs, te contenter de peu tout en continuant à construire ta vie. Alors cette décision, Baël, elle t’appartient et je vais te laisser la prendre à tête reposée me la donner tout de suite ne servirait à rien. Je vais donc m’en aller et te laisser réfléchir. Viens me voir quand tu sauras ce que tu veux ! » Baël leva les yeux vers elle. Elle ne lui fermait aucune porte. A la réflexion, si, elle lui en fermait une : celle d’une relation sérieuse, celle d’une mise en couple, celle des sentiments réciproques. C’était précisément la porte que le jeune homme tentait d’enfoncer depuis quelques jours. Celle qui leur avait valu de se retrouver dans pareille situation. Celle qui leur avait valu de devoir se questionner sur leur relation. Enfin, surtout lui. La seule chose qu’il voulait, elle le lui refusait. Sur quel autre choix se rabattre ? Avant même d’avoir pu réfléchir un minimum à cette épineuse question, il vit la prof couvrir ses épaules de sa cape de sorcier. Il n’eut plus qu’une furtive seconde pour observer une dernière fois sa beauté étincelante avant qu’un voile d’une pâleur sombre ne vienne obscurcir sa vision. D’un geste élégant, elle se leva et Baël ne put qu’observer sa gracile silhouette quitter l’appartement d’un pas aérien. Il voulut lui dire un dernier mot, ne fut capable que de bredouiller un petit « Mais… », puis il se tut, sachant parfaitement qu’elle était sortie de la pièce. Perplexe, songeur, il observa le canapé où elle se trouvait encore la seconde d’avant. Comme s’il espérait que, s’il le fixait suffisamment longtemps, elle réapparaîtrait par magie… En parlant de magie, il ne remarqua que maintenant la rose blanche qu’elle avait subtilement fait apparaître entre ses doigts. Il l’observa un moment, comme s’il s’agissait du dernier artefact témoignant du passage d’une déesse sur terre, puis, lentement, la porta à son nez. Il en respira une bouffée de parfum. Aussi pur que le parfum de sa peau, songea-t-il. Riant de son propre sentimentalisme, il se leva et, sous une impulsion étrange, plaça la rose en lévitation sous une cloche de verre (il dut, pour la faire apparaître, sacrifier un verre à vin et user de ses talents en métamorphose, mais un verre à vin valait bien cela). Il lança également un sort un peu plus complexe, en marmonnant. La rose jamais ne fanerait, et, chaque jour, se teinterait de rose, puis de rouge. Chaque jour, elle serait plus rouge que la veille, mais moins que le lendemain. Comme l’amour qu’éprouvait le jeune homme pour l’historienne. Son œuvre achevée, il lui jeta un sort de Désillusion, histoire d’être sûr que personne d’autre que lui-même ne connaisse l’existence de cette Rose. Oui, avec une majuscule.

    Puis il se détourna. Angélique lui avait donné de quoi penser. Que voulait-il, maintenant ? Première réponse, celle du cœur : il la voulait elle, pas seulement sexuellement : il la voulait pour son sourire, il la voulait pour sa force apparente, pour sa faiblesse cachée. Pour ses sarcasmes, pour son humour. Pour son ultime beauté. Pour ses yeux, deux perles divines, cadeaux d’Aphrodite. Pour son visage, sculpté par le plus grand des artistes dans le marbre le plus pur. Pour son intelligence, pour son esprit plus affuté que les dents d’un dragon. Pour son rire, la plus douce des rapsodies, pour ses larmes, la plus bouleversante des cascades. Pour son éloquence et sa voix, opéra des plus agréables. Il la voulait pour ce qu’elle était, une déesse dans un corps de femme. Mais cette réponse-là, il devait la repousser au loin. L’envoyer balader, parce que c’était ce qu’Angélique voulait. Alors, il dut écouter les autres réponses, celles qui étaient plus discrètes et moins directes. D’abord, forcément, il y avait celle de sa libido, qui lui hurlait, à peu de choses près : « Mais vas-y, mon grand. Elle ne veut pas de sentiment ? Pas grave, donne-lui du sexe ! Si elle te le propose, moi je te le dis : tu assure comme un dieu au lit ! Alors, qu’est-ce que t’attends, fonce dans son appartement et prends-la ! Fais la crier ! » Ce n’était, cependant, pas la seule voix qui se faisait entendre. Il y avait aussi Fierté, voire Fierté Déplacée : « Tu as la mémoire courte, mon petit. Je te rappelle qu’il y a moins de vingt-quatre heures, tu venais lui offrir ton cœur. Et elle, elle le piétinait allègrement. Tu vas retourner la voir, alors qu’elle t’a marché dessus ? Tu vas vraiment devenir une guimauve ? ». A Fierté Déplacée, Baël répondit sans aucune hésitation : « Ta gueule. » Mais elle ne se taisait pas, et le débat qui faisait rage à l’intérieur de lui laissait présager de longues nuits de réflexion. Viens me voir que tu sauras ce que tu veux. Cela avait été ses mots exacts. Cela signifiait qu’elle comprenait la difficulté d’une telle décision, et qu’elle lui laissait le temps dont il aurait besoin. Il pourrait donc, des nuits durant, peser le pour et le contre de chaque alternative, réfléchir, penser, analyser… « Mais la nuit, c’est fait pour dormir au moins un peu, quand même », fit remarquer Bon Sens. Mais tous les autres sentiments, en chœur, lui répondirent : « La ferme ! ». De toute façon, la nuit venait de s’achever, et un jour encore timide prenait lentement possession du monde. Baël décida de trouver de quoi s’occuper, histoire de ne pas penser à ce choix qu’il devait faire. Y penser maintenant ne serait pas productif. Il devait d’abord digérer toutes les émotions que la nuit lui avait apportées, pour ensuite pouvoir se souvenir de chaque détail et analyser à tête froide les mots qu’ils avaient tout deux employés.

    Il quitta l’appartement, fit un crochet par la volière, envoyant une missive à un ami parti depuis quelques années, puis décida d’aller voler un peu. Cela faisait longtemps qu’il n’avait plus utilisé son balai, et la sensation de liberté totale que le vol lui conférait lui manquait un peu. En passant dans un couloir, il put s’amuser à toiser son reflet qui le filait dans un miroir. Il se prit alors à penser que, si cela avait été le Miroir du Risèd, Angélique y marcherait à ses côtés…


FIN

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