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Les Fleurs de la Nuit [FINI]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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Baël M. Owned
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MessageSujet: Les Fleurs de la Nuit [FINI] Dim 24 Juil 2011 - 19:26

Prio Angie

    Le jeune homme hésita. Il avait le poing levé, à quelques centimètres de la porte de bois. Il n’aurait qu’à abattre sa main contre la porte à quelques reprises. C’était tout. Pas vraiment de quoi hésiter. Sauf que… Il suspendit son geste. Se retourna lentement. La fenêtre n’offrait d’autre vue que l’obscurité noire de la nuit. Une obscurité très noire : celle de la nuit la plus profonde, celle de la nuit déjà entamée depuis quelques heures. Il baissa les yeux sur le bouquet de fleurs qu’il portait dans la main droite. Puis, lentement, son regard monta vers la porte. Allait-il vraiment le faire ? Et le faire maintenant ? Les questions qui l’avaient tenu éveillé refaisaient surface… pourquoi ne pouvait-il pas prendre une décision une bonne fois pour toute ? Décider d’aller frapper à cette porte, et le faire, sans hésiter ? Pourquoi était-ce si dur ? Jamais il n’avait rencontré de telles difficultés à parler à quelqu’un. A l’accoutumée, s’il avait quelque chose à dire, il le disait. Peu importait l’heure. Mais là, c’était… Différent. Il ne pouvait pas être le Baël ordinaire. Il ne voulait pas être le Baël ordinaire. C’était une question de… De sentiments. Et l’ancien Serpentard parlait rarement de sentiments. Alors, à une heure du matin, vous pensez bien… Il fixa longuement la porte. Plusieurs fois, il eut envie de se retourner et de partir en courant. Plusieurs fois, il se retint. Il devait le faire. Ne plus attendre. Frapper à cette porte. Allez, ouvre-toi, saleté. Ouvre-toi avant que j’aie eu à frapper. Ne me laisse pas le choix. Laisse-la apparaître. Comment en était-il arrivé là ? Il se revoyait encore, quelques heures plus tôt…

    Il se retourna. Fixa le mur. Soupira. Bougea une nouvelle fois. Il cherchait la bonne position. La position confortable, la position idéale qui lui permettrait d’enfin trouver le sommeil. Ce soir, Morphée jouait à cache-cache. Mais Baël était las et ne voulait pas jouer. Dans la chambre noire, il se retourna à nouveau et se retrouva sur le dos. Fixa le plafond. Et pensa. Trop. Il avait tellement de sujet de réflexion ! Voldemort, pour commencer. Depuis que le Mage Noir avait installé ses quartiers dans sa tête, Baël y songeait : était-ce vraiment ce qu’il voulait ? Certes, il s’assurait une place de choix dans l’Histoire, peu importait la manière dont la Guerre –car il y aurait une guerre, c’était inévitable- allait tourner. Que Voldemort soit vainqueur ou qu’il soit vaincu, on parlerait encore dans des siècles de Baël Owned, celui qui ramena le Seigneur des Ténèbres. Mais, lorsqu’il avait décidé d’invoquer Voldemort, ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Pas tout à fait. Oui, il voulait prendre une revanche sur le monde, et le Lord le lui permettrait. Mais il ne voulait pas l’accueillir dans son corps ! Il n’était censé que lui transmettre la magie noire la plus puissante pour que Baël Mathias Owned, un enfant pauvre et sans histoire, puisse marcher sur le monde. Et maintenant, le voilà traîné de force dans des affaires de meurtres qui conduisaient inéluctablement vers la Guerre. Oh, cela ne lui déplaisait pas, au contraire ! Mais ce n’était pas ce qu’il avait en tête le jour où il rappela Voldemort. Il se retourna. Encore. Et Voldemort disparut de son esprit. Par on ne sait quel fil de pensée, les idées se succédaient. Et, à présent, toutes les pensées du jeune homme avaient dérivé vers Angélique Dewis. Qui dormait à quelques dizaines de mètres seulement. Rien que de l’imaginer, assoupie, enroulée dans ses couvertures, Baël se sentit mourir de chaud. Elle le rendait dingue. Plus une journée ne passait sans que l’historienne n’envahisse les pensées de l’ancien Serpentard. Plus un jour sans qu’il ne cherche à la croiser, à capter son regard. Elle était partout avec lui, en toute circonstance. S’il lui arrivait encore, parfois, de prendre une femme, c’était toujours le nom d’Angélique qu’il voulait crier. La divine, la superbe. Elle qui avait réussi, Merlin seul savait comment, à faire fondre les barrières de glaces qui englobaient le cœur de l’apprenti. Il revoyait la soirée au restaurant. Il revoyait son sourire, son regard. Il la revoyait, elle. Surtout, il revoyait le moment où, à peine hors du restaurant, elle lui avait fait face. Les regards s’étaient croisés. Les lèvres aussi. Dieu qu’il faisait chaud, dans cette chambre. Était-ce vraiment ce chaste baiser qui lui faisait un tel effet ? Était-ce vraiment son seul regard ? Comment pouvait-elle détenir un pareil pouvoir sur lui ?

    Il faisait décidément trop chaud. Baël s’assit sur son lit. En douceur, il posa un pied par terre, et ne grimaça même pas en sentant la froideur de la pierre. Il quitta la chambre des apprentis et s’installa dans un fauteuil. Il ne parviendrait pas à dormir cette nuit. Angélique lui rendait visite… Elle ouvrit la porte. Elle était magnifique. Vêtue d’une simple robe blanche qui lui laissait les épaules dénudées, elle avait le regard rayonnant. Lorsqu’elle aperçut Baël, un énorme sourire vint illuminer son visage. Elle se précipita vers lui d’une démarche aérienne et vint s’asseoir sur ses genoux, passant délicatement ses bras autour de la nuque du jeune homme. Machinalement, il posa une main sur sa cuisse. La belle plongea dans son regard avant de s’approcher et de l’embrasser avec passion. Lentement, ses bras quittèrent sa nuque et vinrent prendre possession de son torse. Baël sourit et passa ses mains dans les cheveux soyeux de son amour. Il l’attira plus près de lui encore et elle lui murmura à l’oreille : « Je t’aime. » Baël ne répondit pas. C’était inutile. Il la regarda droit dans les yeux, se noya volontiers dans ces deux pupilles qui valaient tout l’or du monde. Puis il l’embrassa comme si sa vie en dépendait. Puis, à bout de souffle, il la contempla. Elle le fixait, se mordant la lèvre inférieure. Son regard se fit bientôt coquin. Lentement, elle fit descendre sa robe le long de son corps, découvrant peu à peu sa peau fraîche. Baël s’approcha et lui embrassa le cou. La respiration de la belle s’accéléra. Celle du jeune homme aussi. Les mains avides de l’apprenti se délectèrent du corps si parfait de l’historienne. Il la saisit par les hanches. Avec une douceur infinie, comme si elle n’était que nuage et porcelaine, il la posa sur le canapé. Il put alors contempler ses courbes fines et attirantes, ses épaules qui semblaient si frêles mais si fortes, sa poitrine galbée qui constituait un appel perpétuel, son ventre quasiment plat, ses hanches qui semblaient avoir été taillées dans l’argile le plus pur par le meilleur sculpteur que la Terre ait porté, ses jambes, longues et fines, qui remuaient faiblement tant son désir était ardent. Elle était tellement belle, tellement parfaite… Il s’approcha lentement, se mettant lui-même au supplice : voir ce corps mais ne pas pouvoir le posséder tout entier… Il fit un pas, se pencha au-dessus d’elle…

    Et se réveilla. En sueur. Il faisait bien trop chaud. Son cœur battait la chamade, le sang tambourinait contre ses tempes… Et dans son entrejambe. Il tenta de se calmer. Il inspira longuement l’air frais de la nuit. Progressivement, son cœur se remit à battre d’un rythme lent et régulier. Il se leva. Il l’avait entendue dire je t’aime. Il savait ce qu’il voulait faire. Il ne prit même pas la peine de mettre des chaussures, attrapa au hasard une chemise et un pantalon, puis quitta la pièce. Il était décidé, plus que décidé. Une fois hors de l’enceinte du château, il transplana. Il avait besoin de roses. Et il savait où en trouver. Le fait qu’il soit déjà minuit n’était qu’un détail insignifiant qui ne méritait même pas d’être souligné. Un détail qui ne pourrait pas entraver sa décision. Ce soir, il irait frapper à la porte d’Angélique Dewis. Ce soir, il lui tendrait un bouquet de rose. Ce soir, il lui dirait ce qu’il ressent réellement pour elle. Il lui dirait qu’il ne voulait, au début, que la séduire. Mais que, petit à petit, il s’était laissé prendre au jeu. Que l’arroseur s’était retrouvé arrosé. Qu’il avait adoré toutes les parties de jambes en l’air qu’ils avaient pu avoir, mais qu’il en voulait plus. Qu’il ne voulait plus coucher avec elle. Qu’il ne voulait plus baiser. Qu’il voulait lui faire l’amour. Qu’il voulait l’embrasser, lui prendre la main. Qu’il voulait pouvoir lui caresser les cheveux, pouvoir la masser, pouvoir la regarder travailler des heures durant. Qu’il voulait lui apporter son café le matin. Qu’il voulait l’aimer. Dingue comme la nuit pouvait forger les plus grandes déterminations.

    Et les mettre en pièces. Devant cette porte, il n’était plus sûr de rien. Son bouquet toujours dans la main droite, la main gauche levée, il se sentait tout petit. Insignifiant. Et pourtant, aurait une brève respiration, il frappa à la porte. Puis le regretta aussitôt. Il était une heure. On était au beau milieu de la nuit : la belle ne serait surement pas ravie d’avoir été réveillée. De plus, rien ne lui assurait un accueil chaleureux et une réponse qui ne mettrait pas son cœur en miettes. Imbécile, se dit-il. Tu n’aurais jamais dû faire ça. Il n’est pas trop tard pour faire demi-tour et disparaître… La porte s’ouvrit. Maintenant, si.


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Dernière édition par Baël M. Owned le Mer 27 Juil 2011 - 21:11, édité 1 fois
Angélique M. Dewis
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MessageSujet: Re: Les Fleurs de la Nuit [FINI] Lun 25 Juil 2011 - 21:07

    « Maman…Tu crois qu’un jour Papa reviendra. » Il y avait beaucoup de chose qu’Angélique aimait faire sur cette terre : enseigner, lire, apprendre, écrire, discuter, débattre, une bonne nuit d’amour, boire un apéritif avec des amies, cuisiner mais ce qu’elle aimait par-dessus tous, c’était être avec son fils, passer des moments avec son fils, lui parler, le prendre dans ses bras, profiter de sa présence. Dylan était tout pour elle. Elle s’était reconstruite autour de lui, avait fondé sa vie entière sur la présence de cet enfant devenu adolescent et même si elle ne l’avait pas porté pendant neuf mois, elle l’avait vu grandir, l’avait fait grandir, l’avait aidé à grandir. Il était son enfant à elle, son fils et rien ne lui plaisait plus que de lui faire la cuisine, de le voir manger avec appétit pour ensuite passer une agréable soirée en sa compagnie et c’était ce qui s’était profilé à l’horizon en cette fin d’après-midi. Dylan s’était montré à l’appartement après ses cours de la journée et avait demandé à passer la nuit là. Angélique n’avait jamais refusé une telle chose à son enfant d’autant qu’il était chez lui dans cet appartement…Alors elle l’avait accueilli avec plaisir, le serrant dans ses bras, l’étouffant de bisou, le câlinant et après le repas, ils s’étaient installés confortablement pour discuter. Tout avait pourtant bien commencé ce soir, tout s’était bien passé jusqu’à cette fameuse question. « Je ne sais pas mon ange. » Tout s’était si bien passé. Il lui avait raconté sa semaine, ses camarades, ses discussions avec ses cousines Emma & Wendy dans la tour des serdaigles, ses cours, ses relations avec ses professeurs, la gentillesse étonnante de Baël et de Laura, ses entraînements de quidditch mais ce fut dans un silence que le garçonnet avait réussi à demander à sa mère une chose qui semblait lui trotter dans la tête depuis très longtemps : le retour de son père. Qu’aurait-elle pu répondre d’autre. Elle ne savait réellement pas si Sacha allait un jour se montrer. Pas forcément pour recommencer une histoire avec elle mais au moins pour prendre des nouvelles de son fils mais elle en doutait sérieusement. Sacha ne reviendrait pas. Après tant d’année d’absence, il n’en n’avait cure de son fils sinon il se serait manifesté bien plus tôt. « Tu sais, Maman…Il me manque. » Comment avait-il pu partir ? Comment pouvait-il se regarder dans la glace, Angélique se le demandait tous les jours. Abandonner sa femme, c’était une chose mais abandonner son enfant…Inacceptable, incompréhensible ! Il les avait blessé tous les deux et sans même se retourner, s’en était allé dans les bras d’une autre. Angélique s’approcha alors de son fils et le serra contre elle : « Moi aussi, mon cœur, il me manque ! »

    Voilà une chose qu’elle ne s’était plus avoué depuis des mois voire peut-être quelques années. Qui d’autre que son fils aurait pu obtenir un tel aveu. Car oui, Sacha lui manquait encore. Dire qu’elle l’aimait toujours serait mentir. Le temps avait fait son œuvre sur cet amour, aidé par la colère et la rancune mais dans sa vie de tous les jours, il y avait toujours un manque. Parfois encore elle se levait et s’attendait à trouver Sacha dans la cuisine, préparant le petit déjeuné mais c’était chaque fois la même chose : elle était seule et quand Dylan n’était pas là, c’était encore pire. Les manies de son mari lui manquait, sa manière de parler, de rire, de réagir, toutes les surprises qu’il organisait pour sa famille, sa joie de vivre, sa manière de la regarder, de la toucher, de lui faire l’amour. En partant, il avait emmené une partie d’elle et elle était persuadée qu’elle ne la récupérerait jamais. Il avait pris sa confiance et lui avait volé tout l’espoir d’avenir joyeux qu’elle avait. Depuis Sacha, elle ne croyait plus en l’amour, plus à la fidélité, plus à l’engagement, plus aux promesses. « Tout le monde ment ». Depuis Sacha, elle s’était promise de ne plus se laisser aller, de ne plus se laisser corrompre et d’être son propre maître. Jamais elle ne retomberait dans la gueule du serpent. L’homme vil qui promet monts et merveilles pour ensuite se retourner et partir sans un regard en arrière. Elle l’avait subi, Dylan l’avait subi et elle n’infligerait pas un second abandon à son fils…Ni à elle-même d’ailleurs. C’était hors de question…En ce sens aussi, Sacha lui manquait parce qu’elle savait que c’était lui son avenir. Lui et personne d’autre et qu’aujourd’hui, elle était condamnée à vivre seule. Du moins, elle en était persuadée. « On se fait une partie d’échec version sorcier ? » Et la bonne humeur fut de retour, merci Dylan.

    Lorsqu’après trois parties, Angélique dût accepter sa défaite à deux victoires contre une, elle se décida à mettre son adolescent au lit et à suivre le mouvement également. Vingt-trois heures venaient de sonner et il était bien temps de rejoindre Morphée. Dylan avait des cours demain matin et elle des corrections à effectuer. Elle accompagna donc son petit dans sa chambre, l’embrassa sur la joue et lui souhaita une bonne nuit, profitant de l’occasion pour lui recommander de ne pas lire jusqu’aux petites heures du matin sinon il serait trop fatigué en se réveillant et elle quitta la chambre non sans un dernier baiser. Une fois dans la salle de bain, elle prit une douche rapide et se mit en pyjama. Un pyjama d’été constitué d’un shorty et d’un débardeur afin de ne pas mourir de chaud durant la nuit et elle fila se mettre au lit. Elle avait bien mérité une nuit de sommeil après sa journée avec les cornichons et cette soirée, mine de rien, lourde en émotion. Elle lut alors quelques chapitres de son livre de chevet, un Hugo comme elle les aimait pour se détendre et puis s’endormit, à la fois heureuse de sa vie mais nostalgique et surtout inquiète pour Dylan parce que lui ne s’était pas encore remis du tout du départ de son père et elle pouvait bien le comprendre. Peut-être que Wendy saurait aider le petit. Elle se promit d’en parler à sa nièce dès demain et s’endormit finalement définitivement sur cette pensée assez positive.

    C’est une heure et demie plus tard, déjà, qu’elle fut réveillée par un bruit répété. Quelqu’un frappait à la porte. Exaspérée plus qu’intriguée par ce dérangement, Angélique sortit de son lit assez rapidement. Elle n’avait pas envie que l’idiot qui venait la déranger réveille son fils également. L’adolescent n’était pas en pleine forme et n’avait vraiment pas besoin d’être troublé dans son sommeil. C’est avec les yeux fermés, bataillant ferme avec son chemin, qu’Angélique réussit finalement à ouvrir la porte. Baël Owned se trouvait derrière celle-ci, le regard vitreux, empli de doutes. Il avait l’air bien agité et Angélique se prit à penser qu’il y avait un problème dans le château et qu’en tant qu’apprenti, il venait la prévenir. Elle se sentit tout d’un coup bien réveillé, son instinct de sous-directrice reprenant le dessus. Elle s’apprêta à lui demander ce qui se passait, quel élève avait été agressé ou tué encore une fois mais elle se stoppa net dans son mouvement lorsqu’elle vit Baël bougé. Il lui présentait des fleurs. Un bouquet de roses pour être plus précis. Un joli bouquet, certes, mais un bouquet présenté à une heure du matin devant sa porte. Ce qui exaspéra plus qu’autre chose, la directrice des poufsouffle, fut le silence qu’observa le jeune homme. Il pourrait au moins s’excuser, s’expliquer même si ses intentions étaient assez claires. Angélique soupira, un peu perdue et lui arracha les roses des mains. Elle fit alterner son regard entre les roses et lui avant de finalement lui lancer un regard noir, et lui fourgué à nouveau violement les roses dans les mains. « Espèce gobelin empoisonné, vous auriez pu réveiller Dylan. Se présenter chez…A une heure pareille ! Avez-vous été ensorcelé, Owned ! Remballez-moi ce bazar et déguerpissez. Une dernière chose ! Faîtes-moi plaisir, ne vous montrez PAS aujourd’hui devant moi ou je risque de vous égorger sur le champ. Bonne nuit, Owned ! Car oui, les gens normaux dorment la nuit ! Sachez également que mes appartements vous sont désormais clos ! Au revoir ! » Et sur ces quelques mots, elle lui claqua violemment la porte au nez et retourna se coucher, le cœur plein de doute, d’appréhension, d’incompréhension et…De culpabilité !


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BAEL - "Ni me escondo ni me atrevo, ni me escapo ni te espero, hago todo lo que puedo pa' que estemos juntos. Cada vez me importan menos los que piensan que no es bueno que haga todo lo que puedo pa' que estemos juntos."
ANGIE - "Ni me miras ni te quiero, ni te escucho ni te creo, pero siento que me muero cuando os veo juntos. Cada vez me importas menos Pues lo digo cuando debo aunque sienta que me muero cuando os veo juntos."




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Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Les Fleurs de la Nuit [FINI] Mer 27 Juil 2011 - 21:10

    Que faire ? Rester là ou prendre ses jambes à son cou ? Tenter ou ne pas tenter ? Et, en admettant qu’elle ouvre, que lui dire ? Que faire ? Il y avait tant de questions sans réponse. Tant de questions auxquelles il aurait dû réfléchir. Il aurait dû répéter la scène à plusieurs reprises. Prévoir une réplique pour chaque situation. Savoir à quel moment sourire, à quel moment hésiter. Ecrire son texte et l’apprendre par cœur. Prévoir même les didascalies. Il aurait dû écrire sa vie comme on écrit une pièce de théâtre. Baël : « Pardonnez ma hardiesse de frapper si tôt à votre porte. Je ne suis qu’un messager. Désignant son cœur. Le messager d’icelui. » Angélique : « Entrez donc, mon bon ami. Ces fleurs me font grand bonheur. » Ah, si c’était aussi simple que cela ! Mais rien n’est aussi simple, rien ne se passe aussi bien. L’Homme doute. Et le doute est le plus virulent des poisons. Il affaiblit les déterminations les plus insurmontables, enhardit les obstacles, détruit les hommes les plus orgueilleux. Dans le doute, une colline devient montagne, un chien devient loup. Et une porte de bois devient forteresse inexpugnable. Pourtant, rien ne semble plus simple que de frapper trois coups brefs sur un panneau de bois. Pourtant, rien n’était plus difficile que de frapper trois coups. Parce qu’il était une heure, parce qu’il avait des fleurs. Parce qu’il ne savait pas quoi dire. Parce que c’était lui, parce que c’était elle1. Parce qu’il y avait leur histoire qui n’avait pas encore commencé, mais qui était déjà tellement présente. Parce qu’il était amoureux. Le doute serait-il le jumeau caché de l’Amour ? Cela ne serait pas très étonnant. En tout cas, Baël Owned, devant la porte de l’appartement d’Angélique Dewis, ressentait les deux. Un amour qui semblait sans limite, si bien que l’apprenti se demandait si son cœur n’était pas un tonneau des Danaïdes, mais également un doute puissant, écrasant, qui levait très haut une énorme épée. Les deux sentiments se livraient une lutte acharnée. Nul ne prenait l’avantage, si bien que Baël restait bêtement planté devant la porte de la sous-directrice. Il ne sut se résoudre ni à frapper, ni à faire volte-face.

    Si on le lui demandait, plus tard, il serait bien incapable de dire ce qui le décida enfin à lever et le poing et à l’abattre à trois reprises sur la porte. Peut-être était dû au regard furtif qu’il jeta au bouquet de roses. Il s’était levé au beau milieu de la nuit. Avait quitté le château. Avait transplané jusqu’à un pays étranger qu’il avait visité au cours de son exil pour lui acheter un bouquet. Juste pour lui acheter un bouquet. Alors, s’il avait fait tout cela, pourquoi n’arriverait-il pas à frapper à une porte ? Il n’y avait, après tout, pas beaucoup d’efforts à fournir : frapper quelques coups, tendre le bouquet. Même s’il ne disait rien, Angélique comprendrait… Brève respiration. Comme s’il était un plongeur qui s’apprêtait à passer un long moment en apnée. Puis il frappa. Quelques coups. Assez fort pour qu’elle les entende, mais assez faibles pour ne pas réveiller tout le couloir. La situation était déjà assez compliquée pour qu’en plus d’autres professeurs ne viennent s’en mêler. Les quelques secondes qui suffirent furent longues. Et très lourdes. Nerveusement très difficiles. Puis, enfin, délivrance : la porte s’ouvrit. Lentement, découvrant peu à peu une Angélique à peine sortie du lit, encore à moitié dans les bras de Morphée. Il ne put s’empêcher de la détailler du regard. Même prise au dépourvu à une heure du matin, elle était magnifique. Son pyjama laissait libre accès à beaucoup de peau, si bien que Baël la trouva incroyablement sexy. Incapable de prononcer le moindre mot, le souffle court, il se contenta de lui tendre le bouquet en baissant les yeux. Il ne s’était jamais senti aussi ridicule. Angélique le dévisagea longuement, puis finit par soupirer… Mauvais signe. Elle lui arracha le bouquet des mains, puis son regard devint un cognard. Baël et le bouquet étaient les batteurs qui se le faisaient passer. Plusieurs fois. Mais le Cognard finit par échapper au jeune apprenti qui, même la tête baissée, sentit le regard assassin de la prof. Il lui sembla même sentir un souffle de vent dans la nuque, comme si le couperet de la guillotine avait commencé sa chute. Et c’était effectivement le cas : le bouquet se retrouva à nouveau entre les mains de l’ancien Serpentard. Accompagné d’un mot doux. Ou pas. « Espèce gobelin empoisonné, vous auriez pu réveiller Dylan. Se présenter chez…A une heure pareille ! Avez-vous été ensorcelé, Owned ! Remballez-moi ce bazar et déguerpissez. Une dernière chose ! Faîtes-moi plaisir, ne vous montrez PAS aujourd’hui devant moi ou je risque de vous égorger sur le champ. Bonne nuit, Owned ! Car oui, les gens normaux dorment la nuit ! Sachez également que mes appartements vous sont désormais clos ! Au revoir ! » En moins de temps qu’il n’en fallait pour dire Quidditch, la porte était à nouveau close. Et, si les mots d’Angélique avaient dit « au revoir », son ton avait hurlé « adieu ». Baël n’était plus un homme : il n’était plus qu’une coquille vide, qu’un réceptacle de larmes. Qui ne parvenaient pas à couler. Rejeté. En bloc, sans ménagement. Rabroué. Sans délicatesse aucune. Lentement, il baissa les yeux sur le bouquet, qui avait souffert de la violence d’Angélique. Sans prononcer un mot, il y mit le feu. Il l’observa brûler un instant avant de le lâcher. Lorsqu’il tomba sur le sol, Baël le piétina pour éteindre la flamme puis, ramassant ce qu’il en restait, tourna les talons et rentra dans le dortoir des apprentis.

    Il ne prit même pas la peine de se changer. Il s’installa dans un fauteuil, celui dans lequel, quelques minutes auparavant, il rêvait d’Angélique, et planta son regard dans le mur face à lui. Il ne bougea plus jusqu’au lendemain : il était parfaitement calme. En apparence, seulement. A l’intérieur de lui, une tempête faisait rage. Doute et Amour avaient cessé de se battre. Ils se regardaient maintenant en chiens de faïence, lancés dans un débat houleux et stérile. « Je te l’avais dit ! hurlait Doute. Je t’avais prévenu ! Tu n’étais pas sûr de sa réaction, il valait mieux attendre ! J’avais raison ! » « N’importe quoi, répliquait Amour. Elle était énervée, c’est tout. Tu la connais un minimum, non ? Elle s’emporte parfois. Et là, elle ne pensait pas ce qu’elle a dit… C’est juste qu’il est une heure du matin, c’est tout. » « Blablabla, écoutez-le. Arrête d’essayer de te convaincre et vois la réalité en face ! Elle t’a jeté comme un malpropre ! » « Et qu’est-ce que tu fais du restaurant ? » « Quoi, le restaurant ? s’emporta Doute. Une soirée au restaurant, ça ne veut rien dire ! » « Alors, répondit Amour, tu ne l’as pas bien regardée. Ses yeux, tu as vu ses yeux ? On y lisait… » « Quoi ? l’interrompit le premier. On y lisait de l’amour, c’est ça ? » « Oui, confirma le second. Et en amour, je m’y connais. » Et Doute répliqua. Amour aussi. La discussion s’annonçait sans fin, longue, inutile. Baël finit par ne même plus s’entendre penser. Tant mieux. Il avait vraiment besoin de faire le vide. Ne plus penser à rien. Ne pas essayer de comprendre. Doute et Amour avaient raison tous les deux : d’une part, elle l’avait jeté comme sa première carte Chocogrenouille, mais, d’autre part, le regard qu’elle lui avait lancé au restaurant, et, surtout, le baiser qu’elle lui avait accordé devaient avoir une signification.

    Baël vit chaque minute de la nuit passer. Il pu voir les ombre apparaître puis se déplacer lentement dans le salon. Il ne ferma pas les yeux une seconde. Il bougeait moins qu’une statue. Si on ne pouvait pas apercevoir, en regardant bien, son torse se soulever imperceptiblement au rythme de sa respiration régulière, on aurait pu le croire mort. Mais en était-il loin ?


1Oui, oui, comme Montaigne et La Boétie.

FIN


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