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Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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Baël M. Owned
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Age : 26
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Amour : Mais quel est ce mot ?

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Année d'étude: 2ème année de Thèse
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MessageSujet: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Dim 19 Déc 2010 - 17:27

    Baël Mathias Owned
    Feat Chad M. Murray

    I. Vous

    PRÉNOM : J'en ai pas Smile Alors, les gens m'appellent Thibault.
    ÂGE : 18 ans
    ANCIENNETÉ DANS LE RP : Entre 6 et 8 ans, je sais plus exactement
    COMMENT AVEZ VOUS DÉCOUVERT LE FORUM ? : J'y suis déjà Very Happy
    QUE PENSEZ VOUS DU FORUM: Excellentissime

    II. Formalités

    AVATAR : Chad M. Murray
    CODE :
    PROFIL : complété par un admin

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Dernière édition par Baël M. Owned le Jeu 30 Déc 2010 - 20:13, édité 2 fois
Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Dim 19 Déc 2010 - 17:30


ϟ Baël Mathias Owned ϟ
« Le pouvoir doit se définir par la possibilité d'en abuser. »

      ✩ CARTE D’IDENTITÉ ✩


    ● NOM : Owned.
    Un nom pourri, que Baël a presque honte de porter. Quels sont donc les actes remarquables de la famille Owned ? Qui connait ce nom, d’une banalité à faire vomir ? Non, Baël n’aime pas son nom. Il le juge fade, morne, sans consistance. Les Owned ne sont rien, et ne seront jamais rien. Alors que Baël, lui, veut entrer dans l’histoire. Assez de l’anonymat écrasant. Assez de la banalité écœurante d’une vie sans intérêt. Assez de ce nom sans valeur. Le seul point positif que Baël voit dans ce nom, c’est le fait de le partager avec Laura.
    ● PRENOMS : Baël.
    Merlin seul sait pourquoi les vieux Owned ont choisi ce prénom pour leur fils. En faisant quelques recherches, le jeune homme s’est aperçu que Baël est le nom d’un démon selon une croyance moldue. Ce démon serait roi d’une partie des Enfers, et commanderait à 66 légions infernales. Voilà de quoi plaire à Baël, dans son désir de gloire et de reconnaissance. Comme quoi, ses parents n’ont pas fait que de mauvaises choses…
    Mathias.
    Là, par contre, ça coince. Durant ses recherches, Baël a appris que Mathias remonterait à un prénom plus ancien dont la signification serait « don de Dieu ». D’accord, c’est valorisant de se considérer comme un don de Dieu, mais Baël n’aime pas le côté « saint homme » que lui confère son deuxième prénom. Baël n’est pas un saint, et n’en sera jamais un. Qu’on se le dise.
    ● AGE : 18 ans.
    ● DATE DE NAISSANCE : 6 février 2192.
    ● STATUT DU SANG : Mêlé.
    Quelle horreur. Le sang pur, ça le fait tellement plus. Surtout qu’il fut un temps où les Sangs Purs formaient l’élite de la société sorcière. Il fut un temps où on les respectait et on les craignait. Baël aurait rêvé d’être un Sang Pur. Mais encore une fois, ses imbéciles de parents avaient des moldus dans leurs ancêtres… Par contre, le Grand Lord était aussi un Sang mêlé… Baël ne peut que se réjouir de cette similitude entre eux, même si, de nos jours, tous les sorciers l’étaient plus ou moins…
    ● ANCIENNE MAISON : Serpentard.
    En y repensant, Baël ne peut que sourire. Serpentard, la maison des rusés et des ambitieux. Serpentard, la maison de ceux qui veulent s’élever au-dessus du commun des mortels. Serpentard, la maison où le Grand Lord lui-même a fait ces études. Serpentard, la seule vraie maison à Poudlard. Baël n’aurait même pas pu imaginer faire sa scolarité dans une autre maison… Vous vous imaginez, s’il avait été à Gryffondor, comme ses parents ? Il préfère ne pas y penser…
    ● TRAVAIL : Apprenti professeur de Défense contre les Forces du Mal.
    Encore quelque chose qui fait sourire le jeune homme. Bientôt, il sera professeur de DCFM. Bientôt, il aura réussi là où le Lord lui-même avait échoué ! Si ce n’est pas une bonne raison de s’enorgueillir de cette place durement acquise !




      ✩ LES DÉTAILS MAGIQUES✩


    ● BAGUETTE : If, ventricule de cœur de dragon, 31 cm.
    La baguette qui a choisi Baël l’a tout de suite enthousiasmé et déçu. D’une part, parce qu’elle était composée du même bois que celle du Grand Lord. D’autre part, parce qu’elle ne contenait qu’un « vulgaire » ventricule de dragon. Mais bien vite, Baël a appris à apprécier les qualités de sa baguette. Puissante, bien que manquant un peu de souplesse, elle donne des résultats plus que satisfaisants. Surtout lorsqu’il s’agit d’expérimenter des sorts plutôt désagréables sur d’autres élèves, ou de se battre en duel (ce qu’il a déjà eu l’occasion de faire une fois, avec un certain Maximilien Middle, qui lui doit toujours une revanche, d’ailleurs). Depuis sa première année, Baël prend grand soin de sa baguette, et l’emmène partout où il va. Quand on nourrit le souhait secret de marcher sur les traces de Tom Jedusor, on ne peut se permettre de se rendre vulnérable…

    ● BALAI : Nimbus 2000
    Les parents de Baël étant d’une pauvreté affligeante, ils n’ont jamais pu offrir à leur fils plus qu’un Nimbus 2000. D’abord vert de rage, Baël a bien vite appris à s’en accommoder. Il s’est très vite montré très habile sur son balai, qui répondait au moindre de ses mouvements, et semblait parfois devancer sa pensée. Avec le temps, Baël s’est satisfait de ce vieux balai, réussissant avec des exploits durant ses matchs de Quidditch, impressionnant beaucoup de monde. Mais il rêve toujours d’un jour pouvoir s’offrir une Plume d’Argent.

    ● ANIMAUX : Ben&Nuts, hibou.
    Baël n’aime pas les animaux. Avec peut-être l’exception notable des serpents, auxquels il voue une fascination sans limite. Il a d’ailleurs un jour, comme tous les Serpentard, tenté de communiquer avec un de ces reptiles. Peine perdue, bien sûr, puisque le dernier Fourchelang connu était le nabot Harry Potter. Il en conserve, comme souvenir, des traces presqu’invisibles d’une morsure à la cheville… Mais à part les serpents, Baël déteste les animaux, et ce n’est que par pur besoin qu’il possède un hibou.
    Ce hibou, qu’il a appelé Ben&Nuts (une idée de Laura…), possède un caractère aussi brutal et violent que son maître : il cherche toujours la bagarre avec les autres hiboux de la volière, et certains ont déjà laissé des plumes dans une confrontation avec lui. Il cherche toujours à se positionner en dominant et résout tous ses problèmes à coups de bec et de serres. Ben&Nuts supporte difficilement la présence des humains, sauf celle de Baël. Lorsqu’il le voit, il vole souvent vers lui et se pose sur son épaule d’un air majestueux, jetant un regard mauvais aux autres volatiles. Malgré son caractère de cochon, Ben&Nuts accomplira toujours la mission que lui confie son maître, bien qu’il soit plus réticent à se faire obéir de Laura. Car oui, pauvreté oblige, Baël et Laura se partagent le même hibou…

    ● PATRONUS : Basilic.
    Ah, question idiote. Quelle autre forme le Patronus de Baël pourrait-il prendre que celle d’un serpent argenté? Bon, Ok, pour un Serpentard, ce n’est peut-être pas très original. Mais méfiez-vous, il ne s’agit pas de n’importe quel serpent. En réalité, il s’agit d’un basilic, mais en modèle réduit. Baël n’en a jamais vu de vrai, évidemment (sinon il ne serait plus là pour en parler…), mais il en a trouvé des représentations dans divers livres, et le pouvoir mortel du reptile l’a tout de suite fasciné. Il aurait bien aimé pouvoir tuer les gens d’un seul regard, lui aussi…

    ● EPOUVENTARD : Sa soeur morte.
    L’épouvantard, cette créature extraordinaire qui a l'enviable capacité d’exploiter les faiblesses de ses adversaires, prend, devant Baël, la forme d’un corps livide, cadavérique, baignant dans son sang. Oui, face à l’épouvantard, Baël voit sa sœur mutilée, torturée… Morte. Comment pourrait-il survivre à une pareille perte ? Laura a longtemps été une des seules raisons pour laquelle Baël aimait porter le nom Owned. Laura qu’il aime, Laura qu’il hait, autant qu’il s’aime et qu’il se hait…
    Mais récemment, une autre image se superpose à celle-là. Une image qui ne vient pas de Baël, mais de son hôte : Voldemort se voit lui-même, mort… A nouveau. La mort est, comme elle l’avait toujours été, sa plus grande frayeur, et sa plus grande honte…

    ● AUTRE : APPELO MORTEM.
    Appelo Mortem, ou le livre qui a tout changé. Pendant bien longtemps, Baël ignorait totalement qu’il possédait le livre. Il ignorait qu’il l’avait utilisé. Il ignorait ce qui lui arrivait. Puis, un jour, il a compris. Depuis, il sait qu’il est en possession du Livre des Morts, mais il ignore tout de l’endroit où son hôte l’a caché.
    Voldemort, quant à lui, se sent, le livre entre les mains, plus puissant que jamais. Il avait trouvé –involontairement, c’est vrai- un moyen de vaincre la mort. Voilà plus de 200 ans que Potter était mort, et maintenant que le Seigneur des Ténèbres foulait à nouveau cette terre, rien ne pourrait plus l’arrêter. Grâce à la maladresse de son réceptacle, le Lord avait pu reprendre vie, dans un corps qui n’était pas le sien. Après avoir rappelé ses plus fidèles serviteurs, il cacha le livre là ou plus personne ne saurait aller : la Chambre des Secrets. Il serait intolérable que quelqu’un d’autre puisse se servir du livre…


      ✩ LES TOUT PETITS PLUS ✩


    ● MUSICIEN : Bah, la musique. Quelle perte de temps. A quoi bon savoir jouer d’un instrument, hein ? A quoi bon faire le guignol, un morceau de bois avec des cordes à la main. Non, Baël n’est pas musicien, et n’espère même pas le devenir. A vrai dire, ses parents n’ont pas eu les moyens de lui offrir des cours de solfège, et il ne s’est jamais intéressé à la musique. Dès lors, comment pouvait-il être musicien ?
    ● QUIDDITCH : Ah, le Quidditch. Voilà qui avait été une passion pour le Serpentard qu’il était et ce, pendant les sept ans de sa scolarité. D’ailleurs, malgré le blai qui était le sien, Baël avait réussi à se tailler une place comme poursuiveur dans l’équipe de Serpentard, dont il avait même, durant ses deux dernières années, été le capitaine. Il ne comptait même plus le nombre de buts qu’il avait marqué, et les stratégies ingénieuses qu’il avait mis au point pour assurer à Serpentard de remporter le championnat.
    ● LECTEUR : Lecteur ? Oui, Baël lit beaucoup. Depuis qu’il occupe une place d’apprenti, il a d’ailleurs l’occasion de dévorer –légalement, cette fois-ci- la plupart des bouquins de la réserve. Il lit aussi énormément d’ouvrages moldus. Il considère qu’il doit en savoir le maximum sur eux pour pouvoir les soumettre, quand son heure sera venue… Moui, toujours les mêmes rêves de gloire et de domination. A part ça, Baël s’intéresse à beaucoup d’ouvrages et considère la connaissance comme une variable indispensable du pouvoir.
    ● ÉCRIVAIN : Baël est intelligent. Baël a l’esprit vif et le sens de la formule. Des qualités qui font de lui un bon écrivain, même s’il n’aime pas que ça se sache. Pour lui, démontrer un talent d’écrivain, c’est comme faire montre de sensibilité. Et Baël aurait horreur qu’on le considère comme quelqu’un de sensible. Alors, il ne fait lire ses écrits à personne, se réservant son génie à lui-même. Et peut-être à sa sœur.
    ● AUTRE SPORT : Baël a pratiqué le football avec des moldus, dans sa jeunesse. Il était assez doué, peut-être aidé en partie par ses talents magiques. Mais depuis qu’il a découvert le Quidditch, le foot lui a paru bien fade et sans action. Cela dit, il ne rechigne pas à y rejouer de temps en temps, et il n’est pas rare de le voir jongler du pied avec un Souaffle.
    ● STYLE DE MUSIQUE ÉCOUTÉE : Baël n’écoute pas beaucoup de musique. Non pas qu’il n’aime pas la musique, mais tout simplement qu’il n’en voit pas l’intérêt. Pour lui, la musique est une perte de temps. Temps qu’il pourrait consacrer, par exemple, à faire des recherches sur d’anciens mangemorts, ou à préparer son prochain cours…
    ● COULEUR PRÉFÉRÉE : Le Vert, couleur de Serpentard. Le noir, couleur de l’absolu, de la mort, du destin… Couleur du tout et couleur du rien. Couleur des ténèbres…
    ● PLAT PRÉFÉRÉE : Depuis sa possession, Baël n’éprouve plus aucun plaisir à manger. Il mange car c’est indispensable à sa survie, point final. Il ne s’embarrasse pas de considérations gastronomiques sur le mets le plus agréable.
    ● FÉRU DE MODE : Pas du tout. D’une part parce que sa famille a toujours été trop pauvre pour lui payer des vêtements convenables, et d’autre part parce qu’entrer dans la mode, s’était entrer dans la masse grouillante des suiveurs. Et Baël ne veut pas être un suiveur. Baël veut mener la danse.
    ● AUTRE : Je vois rien pour l’instant, mais si j'ai une idée brillante...

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Dernière édition par Baël M. Owned le Dim 26 Déc 2010 - 21:14, édité 1 fois
Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Dim 19 Déc 2010 - 17:30


ϟ Prologue ϟ
Une légende enthousiasmante

    Ce que les gens pouvaient être bêtes. Ils marchaient droit devant eux, sans prêter la moindre attention à ce qui les entourait. Ce gros monsieur, par exemple. Il avançait d’un pas lent, le regard fixé sur l’énorme cornet de glace à six boules qu’il léchait avec avidité. Cette dame, là. Elle tirait une jeune fille de onze ans par la main, sans lui accorder un regard. Sinon, elle aurait vu que la fillette venait de perdre une de ses chaussures. Baël, marchant aux côtés de sa mère, observait, lui. Du haut de ses dix ans, il se sentait déjà supérieur au commun des mortels. Tous des imbéciles qui ne comprenaient pas et ne voyaient pas ce qui crevait les yeux. Comment pouvaient-ils passer sans s’émerveiller devant la boutique de Quidditch qui exhibait fièrement une plume d’argent ? Comment pouvaient-ils ne pas s’arrêter, un sourire béat sur les lèvres, devant Fleury et Bott, et rêver de pouvoir lire chaque ouvrage de la librairie ? Comment pouvaient-ils ne pas accorder une minute à la contemplation innocente des couleurs chatoyantes des glaces que proposait la Crème Brûlée ? Pourquoi marchaient-ils en ligne droite, feignant de ne pas apercevoir les autres êtres humains qu’ils croisaient. Et pourquoi ne le remarquaient-ils pas, lui, Baël Mathias Owned ? Pourquoi était-ce à lui de zigzaguer entre les gens, de s’effacer pour ne pas être bousculé ? Parce qu’il n’était pas vêtu d’une robe de sorcier d’un noir de jais, d’une couture impeccable ? Parce qu’il ne portait qu’une vieille veste trop grande pour lui et qu’il ne se sentait pas à l’aise dans ses chaussures dans lesquelles il flottait ? Pourquoi la pauvreté de ses parents le rendrait-elle insignifiant ? C’était pas juste ! Pourtant, il était intelligent. Il aimait beaucoup lire. Il aimait beaucoup sa sœur, aussi. Mais il aimait aussi voir les autres pleurer. Il était une personne intéressante. Il ne permettait à personne d’en douter. Alors pourquoi les gens ne le voyaient-ils pas ? Pourquoi lui passaient-ils à côté, comme s’il n’existait pas ? Pourquoi ne le regardaient-ils pas, ces imbéciles ? Ne voyaient-ils pas l’incroyable potentiel qu’il possédait ? Bientôt, il entrerait à Poudlard. Alors, il leur montrerait, à tous ces idiots. Il serait le meilleur élève que l’école n’ait jamais formé ! Il lirait des livres par centaines, par milliers ! Il serait le plus intelligent, le plus cultivé. Il serait aussi le plus fort. Et le plus beau. Il serait aussi le meilleur joueur de Quidditch. Il aurait toute l’école à ses pieds. Et alors, tout le monde serait obligé de reconnaître sa valeur, tout le monde serait obligé de le regarder, de l’admirer. Il rendrait sa sœur très fière, et il montrerait à ses parents la voie qu’ils auraient du prendre. Il leur montrerait que l’ambition et le désir toujours insatisfait d’en avoir plus était payant. Il leur montrerait qu’en savoir plus était toujours utile. Il leur montrerait que… Hé, une minute. C’était quoi, ça ? Là, un peu plus loin… Dans une flaque de boue que les adultes évitaient soigneusement, le petit garçon de dix ans avait repéré quelque chose… Il ne savait pas vraiment ce que c’était, mais il faussa compagnie à sa mère et s’approcha de la flaque de boue, manquant de se faire percuter par une femme pressée, qui l’évita en jurant. Baël ne s’en soucia pas le monde du monde et s’approcha encore de la flaque. Maintenant, il voyait ce qu’était cet objet étrange. C’était un vieux livre, aux pages jaunies et très sale. Baël s’en empara, sans se soucier du fait qu’il était couvert de boue, et en lut le titre : « Contes et légendes de la Magie ». Il feuilleta rapidement l’ouvrage et y découvrit, en plus des traditionnels contes de Beedle le Barde une série d’autres contes, dont un attira particulièrement son attention, pour une raison qu’il ne saisit pas lui-même. Ce conte s’appelait « Le Livre des Morts ou l’erreur de Merlin ». Le jeune homme cacha le bouquin dans la doublure de sa veste trop grande pour lui et rattrapa sa mère qui n’avait même pas remarqué son absence, en se jurant de lire cet étrange conte le soir même.

    Avec pour seule source de lumière l’éclat généreux de la Lune, Baël pesta en silence contre le fait de ne pas encore avoir de baguette. Une baguette lui aurait permis de lancer le sort Lumos, et de pouvoir lire l’ouvrage qu’il avait sur les genoux sans devoir être collé à la fenêtre. Surtout que la fenêtre en question était glaciale. Faisant fi de tout ce qui le poussait à ranger le livre et à aller retrouver la chaleur bienveillante de ses couvertures, le petit garçon ouvrit le recueil de contes à la page qu’il avait marqué plus tôt dans la journée. Il tourna bien vite des pages rendues collantes par la boue, et commença à lire la fabuleuse histoire d’Appelo Mortem…


    Il était une fois, il y a fort longtemps, un sorcier très puissant qu’on appelait Merlin. Ce sorcier, reconnaissable de tous grâce à sa longue barbe blanche et à ses lunettes en demi-lune, était considéré par beaucoup de ses contemporains comme le plus grand sorcier que la Terre aie jamais porté. Il pouvait, disait-on, faire des miracles avec sa baguette, il avait le don de créer de la matière et de donner vie à des objets. Sa puissance lui créa beaucoup d’ennemis, mais aucun ne parvint à la vaincre. Merlin était toujours meilleur que ses adversaires. Alors, les jaloux cessèrent de l’attaquer et cherchèrent des moyens détournés pour l’atteindre. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que se serait Merlin lui-même qui leur offrirait une occasion en or.
    En effet, le vieux sorcier, sachant qu’un jour ou l’autre, le mort viendrait le prendre, réfléchit bien longtemps et s’enferma des jours et des jours entiers. Les gens pensaient que la vieillesse avait réduit ses capacités et qu’il était devenu fou. Pendant des semaines, Merlin ne quitta pas sa demeure. Certains le croyaient disparu. Mais un jour, Merlin sortit précipitamment de chez lui, un gros grimoire à la main. Il hurla partout qu’il avait trouvé le moyen de vaincre la mort. Ses déclarations firent grand émoi parmi les sorciers et sorcières. A nouveau, on le crut devenu fou. Ses adversaire lui reprochèrent d’avoir écrit dans un livre un savoir dont il ignorait même jusqu’à l’origine.
    Mais les sorciers et sorcières s’arrachèrent cet ouvrage, poussés par la crainte de la mort et amusés par la prétendue folie du vieux sorcier. Tant et si bien que le livre fut un succès insoupçonné. Tous les sorciers découvrirent en même temps la formule mise au point par Merlin pour ressusciter les morts. Certains voulurent faire emprisonner Merlin, mais personne ne les écouta. Qui voudrait faire emprisonner l’homme qui avait amené le bonheur sur Terre ?
    Car le Livre des Morts avait permis à de nombreuses familles de retrouver un grand-père, une grand-mère. Dans certains cas, le Livre permit même à des enfants de revoir leur mère partie trop tôt. Certains rappelaient les morts pour s’en faire des esclaves, réduisant leur peine au travail et leur permettant d’être plus heureux. En contrepartie, ils leur avaient rendu la vie, ce qui créa beaucoup d’amitiés entre les morts et les vivants. La Mort n’effrayait plus personne, désormais. Car son baiser n’était plus définitif, et les gens l’accueillaient plutôt comme une amie qui n’était que de passage.
    Bien sûr, tous les sorciers n’exécutèrent pas les rites correctement. Plusieurs trouvèrent la mort en tentant de ramener ceux qu’ils aimaient, certains étaient blessés dans des explosions qui ravageaient leur maison. Mais rien ne semblait plus grave. Les morts étaient ressuscités, les maisons réparées.
    Pourtant, un beau jour, tout bascula. Un jeune adolescent, qui venait de perdre sa fiancée, tenta de la ramener à ses côtés, le cœur rempli de chagrin. Nul ne sut jamais l’erreur qu’il commit, mais son cœur meurtri cessa de battre à l’instant même où il commençait à réciter la formule. Son corps tomba, inanimé, sur le sol. Mais sa mort ne fut pas la seule conséquence de son échec. La formule, mal utilisée, avait déchiré le tissu du temps qui séparait la vie de la mort. Une brèche invisible s’ouvrit dans les frontières de la nature.
    Alors, les morts quittèrent leurs tombes. Les esprits se multiplièrent. Personne, pas même Merlin, ne parvint à limiter leur invasion. Les morts retournaient à la vie, tantôt sous une forme corporelle, tantôt sous une forme fantomatique. Le monde des vivants ploya bientôt sous leur poids. Les assassinés se vengeaient de leurs assassins. Les trahis retrouvaient les traîtres. Les jaloux se débarrassaient des amants. Le monde sombrait dans le chaos.
    Merlin décida alors de réagir. Avec d’autres sorciers, il travailla jour et nuit à réparer les erreurs que son sort avait commises. Il ordonna avec sérénité aux morts de s’en retourner dans leurs tombeaux. Il se mit à la tâche, aidé de plusieurs dizaines de sorciers, et parvint enfin à remettre de l’ordre dans le monde. Merlin décida alors de récupérer chaque exemplaire de son livre et de le détruire. Les Hommes n’étaient pas assez sages pour détenir un tel savoir. La chasse fut longue, mais Merlin parvint à détruire tous les exemplaires de son livre de malheur.
    Quant à son exemplaire, l’originel, il écrivit quelques mots sur sa première page, puis lui infligea mille et un sortilèges, avant de le cacher dans un endroit où personne ne le trouverait jamais.
    Malgré tout, la brèche entre les deux mondes ne se referma jamais vraiment, faisant peser sur le monde, tel une épée de Damoclès, un retour éventuel des morts. Certains esprits, dévoués, choisirent de devenir les gardiens de la Brèche, renonçant ainsi au repos éternel pour le bien de tous. Ces êtres, ni vivants ni morts, nous les appelons aujourd’hui encore les fantômes.


    Lorsque Baël termina sa lecture, il frissonnait. Pas parce qu’il était effrayé. Pas à cause du froid qui pénétrait pourtant chaque cellule de son corps. Non, Baël frissonnait d’excitation. Si la légende était vrai, un livre aux pouvoirs extraordinaires était caché quelque part… Lorsque Baël se remit au lit, souriant, il rêva d’Appelo Mortem et de tout ce qu’il pourrait accomplir s’il parvenait à mettre la main dessus…

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Dernière édition par Baël M. Owned le Sam 25 Déc 2010 - 19:00, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Dim 19 Déc 2010 - 17:30


ϟ Chapitre Premier ϟ
Naissance d’un monstre

    La jeune femme relut la lettre avec anxiété. Encore une fois. Puis encore une. Comme si elle espérait que les mots allaient changer. Comme si elle espérait ne pas y lire la même chose que la première fois. Un mélange d’émotions indescriptible l’envahit alors qu’elle relisait les quelques mots. « Les tests ont prouvé que vous attendiez un enfant ». La future mère releva la tête et posa son courrier sur le rebord du lavabo. Elle sécha une larme qui perlait au coin de son œil, incapable de dire si elle voulait pleurer de joie ou de peur. Elle passa sa langue sur ses lèvres pour les humecter, puis fixa son reflet dans le miroir. Qu’y voyait-elle, exactement ? Une jeune femme, blonde comme les blés, encore dans la fleur de l’âge. Elle semblait rayonner de bonheur, mais une lueur morte dans ses yeux voulait indiquer le contraire. Missis Owned rajusta une mèche de ses cheveux, et respira à plein poumon. Elle devait se calmer, avant tout. Réfléchir. Pourquoi devrait-elle pleurer ? Après tout, elle avait toujours voulu avoir un enfant. Un enfant à choyer, un enfant à aimer, un enfant avec qui jouer. Un enfant à qui elle raconterait sa vie. Oui, elle avait toujours désiré donner la vie. Alors pourquoi, maintenant qu’elle savait qu’elle le ferait, ne savait-elle pas tout simplement être heureuse ? Pourquoi cette nouvelle n’avait-elle pas provoqué en elle l’allégresse qu’elle s’était toujours imaginée ressentir ? Peut-être s’empêchait-elle d’être heureuse à cause de la situation précaire dans laquelle elle vivait avec son mari. Peut-être s’empêchait-elle d’être heureuse parce qu’elle savait qu’elle ne pourrait pas combler son enfant de cadeaux. Peut-être s’empêchait-elle d’être heureuse parce qu’elle craignait la réaction de son mari… Ils n’avaient jamais vraiment parlé d’avoir des enfants. Certes, c’était implicite entre eux, mais jamais au grand jamais ils n’en avaient discuté à cœur ouvert. Le fait d’ignorer totalement quelle pouvait être la réaction de l’homme dont elle partageait la vie la terrifiait. Alors elle se trouvait là, à paniquer bêtement devant un miroir. Elle regarda son reflet aborder un sourire amusé par l’idiotie de la situation. Elle respira une grande bouffée d’air, puis se mit à parler. Elle fixait son reflet dans les yeux, comme si c’était à lui qu’elle annonçait la grande nouvelle. Elle s’arrêta au beau milieu d’une phrase. Et reprit sa respiration, puis recommença à parler. Il fallait qu’elle trouve la bonne façon de l’annoncer.
    Elle ne quitta la salle de bain qu’un quart d’heure plus tard. Elle s’était entraînée, avait peaufiné son discours. Elle en connaissait chaque mot. Elle s’approcha de son mari de quelques pas hésitants. La gorge nouée, elle s’assit à côté de lui. Elle ouvrit une première fois la bouche, mais aucun son n’en sortit. Alors elle la referma dans un mouvement idiot qui lui donnait l’air d’un poisson hors de l’eau. De toute façon, son mari ne la regardait pas. Pour attirer son attention, elle se racla la gorge. Il n’en résulta qu’un soupir vague et étranglé, mais qui parvint quand même à intéresser Mister Owned. Alors, sa femme, prenant son courage à deux mains, récita, d’une traite, comme un enfant déclame une récitation :

    Missis Owned - « Chéri je sais que la situation n’est peut-être pas idéale pour ça mais ça ne se contrôle pas. C’est merveilleux ce qui nous arrive j’y ai longtemps réfléchi et maintenant je crois qu’il est temps de te le dire. Tu vas être papa nous allons avoir un enfant. Je sais que ce sera difficile au début mais on va s’en sortir je te le promets. »

    Elle sortit de son apnée lorsqu’elle eut prononcé son dernier mot. Elle mit quelques secondes pour reprendre son souffle, puis elle osa enfin chercher le regard de l’homme qu’elle aimait en se mordant la lèvre inférieure. C’était maintenant que tout allait se jouer. La réaction du futur père allait conditionner toute la vie future de l’enfant. Le temps semblait s’être arrêté, conscient de la gravité de la situation. Les secondes s’écoulaient avec une lenteur horrible qui faisait angoisser la jeune femme. Le destin semblait avoir décidé d’allonger au maximum ses souffrances, pour qu’elle puisse profiter le plus longtemps possible de l’angoisse qui la saisissait tout entière. Il ne se passa que trois secondes avant que l’homme de sa vie de lui réponde, mais ces trois secondes avaient été les plus longues de sa vie. Au début, elle ne vit que les lèvres de son mari remuer, sans comprendre ce qu’il lui disait. Puis son cerveau se remit à fonctionner, et à lui indiquer que le large sourire qui illuminait le visage de son interlocuteur était bon signe. Elle n’écouta même pas ce qu’il lui disait et lui sauta dans les bras. Elle la ressentait enfin, cette allégresse. Enfin, elle était heureuse et irait le crier sur tous les toits : « Je vais avoir un enfant ».


    Baël roulait, amusé, dans son lit-cage. L’enfant, insouciant, ne pouvait pas comprendre la situation précaire de ses parents. L’enfant, innocent, ne savait pas qu’il constituait l’unique rayon de soleil dans la vie de ses parents qui devaient affronter un quotidien de plus en plus dur. L’enfant, amusé, roula une nouvelle fois. Puis il chercha la meilleure position pour dormir. Il sombra dans les bras de Morphée sous le regard tendre de sa mère, qui n’avait déjà plus qu’un hâte : le voir grandir. Le voir atteindre l’âge de cinq ans, le voir sur un mini-balai, rire malgré leur pauvreté. Le voir atteindre dix ans, écouter avec attention l’histoire de Harry Potter et le voir rêver d’aventure dans lesquelles il serait le héros se défendant du mal. Le voir atteindre onze ans et partir pour Poudlard. Le voir atteindre quinze ans et se transformer, peu à peu, en un beau jeune homme. Le voir embrasser sa première copine, le voir réussir ses BUSE. Le voir devenir quelqu’un de bien dont elle serait fière. Pouvoir dire, émue, que ce jeune homme si beau et si vertueux est son fils. Voilà à quoi pensait la jeune mère en voyant ses tripes, sa chair, son sang. Voilà à quoi elle pensait en observant ce petit ange à la tête blonde dont elle ne pouvait déjà plus se passer. Elle ne savait évidemment pas à quel point elle se trompait. Elle ne savait ce que deviendrait Baël. Elle n'avait aucune idée des rêves noirs qui agitaient déjà son sommeil. Pour l’heure, elle était heureuse.

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Dernière édition par Baël M. Owned le Lun 20 Déc 2010 - 17:47, édité 4 fois
Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Lun 20 Déc 2010 - 17:45


ϟ Chapitre Second ϟ
Jamais l’un sans l’autre

    Le petit garçon de deux ans regarda sa mère en souriant. Ses cheveux étaient un vaste champ de blé reflétant la lumière du soleil, dans l’ordre parfait était sans cesse dérangé par le vent. Ses yeux, d’un bleu perçant et profond, luisaient déjà d’une étincelle d’intelligence malsaine. Le jeune Owned avait déjà fait montre d’une violence impulsive et d’une fâcheuse tendance à n’en faire qu’à sa tête. De plus, les gardiennes de la crèche à qui Missis Owned confiait son fils commençaient à en avoir peur. En effet, on disait qu’il arrivait des trucs pas nets autour de ce gamin. Une fois, une fillette qui avait volé un des jouets de Baël avait mystérieusement viré au bleu, incapable de respirer. Ce n’est que lorsque les puéricultrices éloignèrent le jeune sorcier de sa victime que celle-ci recommença à respirer. Oh, bien sûr Baël ne contrôlait pas encore ses pouvoirs. Bien sur, sa Magie était complètement dominée par ses émotions. Mais ça ne l’empêchait pas, du haut de ses deux ans, de comprendre qu’il était plus fort que les autres. Un constat qui arriva très tôt dans sa vie et qui ne le lâcherait plus jamais. Car, même inconsciemment, le tout jeune Baël aimait savoir que les gens le craignaient. C’était dans sa nature. D’ailleurs, deux bambins s’éloignaient à l’instant même, alors que Baël avait une nouvelle fois accompli un prodige. Sans que personne ne puisse expliquer ce qu’il s’était passé, une petite voiture de police s’était envolée pour retomber sèchement sur la tête d’un gosse qui s’approchait du jeune sorcier. Il s’était tout de suite mis à hurler, sous les regards effrayés des puéricultrices qui ne comprenaient pas tous ces phénomènes magiques. Tétanisées par le fils Owned, elles n’osaient presque plus le toucher, à moins que ce ne soit absolument nécessaire. Au lieu de l’éloigner lui, elles éloignaient dorénavant les autres enfants. Toute la journée, elles gardèrent un œil, de loin, sur le petit Baël, et soupirèrent presque en cœur de soulagement lorsqu’elles virent le couple Owned pénétrer dans l’enceinte de la crèche. Le moment où elles pouvaient se débarrasser de Baël demeurait à leurs yeux le meilleur de la journée. Les parents récupérèrent leur fils, qui avait instantanément affiché un air angélique, puis virent saluer les gardiennes en leur demandant si tout c’était bien passé. Une fois encore, elles mentirent en répondant que oui, et que Baël était un enfant adorable. Alors, la mère de l’affreux enfant leur annonça en souriant que le couple leur confierait très probablement son deuxième enfant. Les puéricultrices baissèrent les yeux sur le ventre rond de la jeune mère et lui répondirent avec un sourire hypocrite que c’était une très bonne nouvelle. Puis, lorsque le couple eut quitté la crèche, emportant avec eux leur monstre, elles échangèrent des regards inquiets, se maudissant d’avoir choisi de travailler dans une crèche pour familles démunies…
    Baël regarda sa mère en souriant. Il désigna de sa petite main le ventre gonflé de sa mère.

    Baël - « C’est ma petite sœur. »

    La mère acquiesça tendrement au décret que venait d’édicter son jeune fils. Elle le regarda avec émotion en l’imaginant d’ores et déjà jouer, des heures durant avec la petite sœur qu’il aurait bientôt. Elle les vit mentalement jouer à cache-cache, se courir après. Elle le vit mentalement se disputer pour un rien, mais se réconcilier juste après. Elle les imagina monter une tente dans leur chambre pour dormir comme des aventuriers. Elle les imagina se rendre ensemble à l’école. Puis, ils grandiraient, et leurs liens changeraient. Ils seraient tous deux répartis à Gryffondor, ou à Poufsouffle. Baël protègerait sa sœur, et cette dernière se mêlerait de ses histoires de cœur. Elle laissa son imagination la porter loin très loin, et quitta la chambre de son fils, une larme d’émotion à l’œil. Ce qu’elle ignorait, c’était que, pour le bambin fixant le plafond en attendant le sommeil, c’était une promesse, un serment. C’était sa petite sœur, et rien ni personne ne la lui enlèverait. C’était sa petite sœur, à partir de maintenant, et pour toujours. Il l’aimerait et la protègerait. Il serait toujours là pour elle. Il s’en fit le serment.

    On fait de drôles de serments, quand on a deux ans et qu’on ne sait pas dormir.

    __________________________

    Missis Owned - « Et c’est ainsi que tout finit à Poudlard, dans la Grande Salle, il y a maintenant plus de deux cents ans… »

    Baël buvait les paroles de sa mère. Il buvait toujours ses paroles lorsqu’elle racontait l’histoire du « grand » Harry Potter. La jeune mère en était ravie. Que son fils prenne pour exemple celui qui avait par deux fois vaincu le plus puissant mage noir que la Terre ait porté ne pouvait, naturellement, que la réjouir. Elle l’imaginait bien souvent en train de jouer avec sa sœur à Harry Potter et Hermione Granger, perdu dans une forêt, à la merci des Raffleurs, seuls contre tous. Elle souriait rien qu’à l’idée qu’ils puissent monter une tente avec des draps et se cacher à l’intérieur sans oser prononcer le nom de Voldemort, de peur de voir débarquer un escadron de Mangemorts. Elle discutait souvent avec son mari de ses deux adorables enfants. Ils parlaient ensemble de leur avenir, de leur entrée à Poudlard – car ils iraient à Poudlard, c’était une évidence. Ils riaient en entendant un bruit sourd à l’étage : Harry Potter vainquait finalement son grand adversaire, figuré par l’unique peluche que le couple avait pu offrir à leurs enfants. Car les Owned étaient pauvres. Ils vivaient dans un immeuble moldu miteux, divisés en plusieurs appartements trop petits pour une famille. Ils partageaient avec les autres locataires une petite cour pavée en guise de jardin où les enfants allaient à l’occasion courir. Mais pas les leurs. Baël préférait nettement lire l’histoire de Harry Potter plutôt que d’aller courir avec des Moldus. Laura, quant à elle, jouait avec d’autres fillettes de son âge. Malgré sa pauvreté apparente, le couple était heureux. Ils avaient toujours de quoi nourrir leurs anges, et n’en demandaient pas plus. Ils supposaient que les enfants partageaient ce sentiment, puisqu’ils ne demandaient jamais de cadeaux hors de prix. Ils ne piquaient pas une crise pour avoir de nouveaux vêtements. Ils étaient heureux avec ce qu’ils avaient, les parents en étaient convaincus. Et ils se trompaient lourdement. Baël n’était pas le saint qu’ils croyaient. Si Baël adorait écouter l’histoire de Harry Potter, ce n’était pas pour son héros ridicule et faible. Non, c’était pour qu’on lui parle de Lord Voldemort, le grand, le puissant. C’était pour savoir comment il était parvenu à ne pas mourir lorsqu’il attaqua Harry Potter nourrisson. C’était pour savoir d’où il tirait sa puissance extraordinaire. C’était pour savoir comment un seul homme avait fait trembler le monde des sorciers pendant plus de 40 ans, ralliant à sa cause des créatures comme les Détraqueurs ou les géants. C’était pour tout savoir de cet homme, qui avait failli vaincre la mort, qui s’était élevé au-dessus de sa condition d’orphelin au sang-mêlé, qui s’était enfoncé profondément dans les arcanes les plus noires de la magie obscure, qui avait créé une potion capable de lui rendre un corps, qui avait manipulé et persuadé des centaines d’imbéciles, qui avait mis à mal le Ministère… Ce sorcier exceptionnel aux ambitions démesurées avait fasciné le jeune Baël dès la première fois qu’il avait entendu sa légende. Voldemort était l’être parfait, le sorcier le plus puissant. Il ne s’embarrassait pas de sentiments, ce qui lui permettait de toujours parvenir à ses fins. Il ne traitait personne comme son égal, ce qui lui permettait d’être supérieur à tous. Il ne comptait que sur lui-même, n’avait confiance presque qu’en lui-même, ce qui lui permit de devenir aussi puissant. C’était décidé, le jeune Baël serait le prochain Mage Noir. Il se forgerait aussi un nom qu’un jour tous les sorciers auraient peur de prononcer. Il serait bientôt l’être le plus puissant que cette terre ait porté. Tous le craindraient. Il gouvernerait le monde…

    Laura – « Bonne nuit, crotte de gobelin ! »

    Baël ne réagit pas. Il se contenta de poser un regard faussement agacé sur sa sœur. Tous le craindraient… Sauf elle. Mais elle, elle n’avait rien à craindre. Il la protégerait à jamais.

    __________________________

    La balle semblait réticente à l’idée de quitter le pied de Baël. Le jeune garçon pouvait entreprendre les actions les plus difficiles sans que jamais le ballon ne lui échappe. Il courait, comme absorbé par le match qui se jouait. Plus rien n’avait d’importance, à part ce ballon qu’il maintenait à une courte distance de ses pieds, et le défenseur de l’équipe adverse. C’était un nouveau venu, Baël ne l’avait jamais vu dans l’école. Le garçon, assez corpulent, mesurait au moins trente centimètres de plus que le jeune sorcier. Celui-ci l’observa quelques secondes, avant de feinter sur la droite, reprendre appui sur son pied droit et bondir à gauche. Pendant se temps, la balle passait tranquillement entre les jambes du gros garçon, hébété, qui ne comprenait pas ce que Baël venait de faire. Les coéquipiers de se dernier l’encouragèrent dans son dos. Seul devant les buts, il n’hésita pas une seconde. Il arma son tir, puis envoya la balle vers les buts d’un coup sec et puissant. Le gardien resta cloué sur place, et Baël fut persuadé de marquer. Mais, au dernier moment, il sauta et fut à deux doigts d’attraper le ballon. Parce que Baël, fixant toujours la balle du regard, avait –involontairement… Ou pas- usé de ses facultés magiques pour faire prendre à son tir une nouvelle trajectoire, inattendue et absolument pas naturelle. Le gardien, éberlué, regarda d’un air impuissant le ballon rond qui s’était arrêté dans son goal. Comment voulez-vous qu’il rattrape ce genre de tir ? Il ignorait quel était le secret de Baël pour faire changer ses tirs de direction comme ça, mais c’était très fort. Il se saisit en maugréant de la balle et l’envoya au centre, pour que la partie reprenne. Baël, satisfait, avait fêté son but comme il se devait, et avait même, dans un excès d’enthousiasme, ôté son T-shirt qu’il avait jeté négligemment un peu plus loin. La balle était au centre depuis quelques secondes et le match allait reprendre quand le silence total se fit dans la cour de récréation. Intrigués, les joueurs tournèrent la tête vers un banc un peu plus loin. Baël ne vit que la « meilleure amie » de sa sœur porter une main à sa joue, et il devina tout de suite en souriant ce qu’il venait de se passer, même s’il en ignorait la cause. Toutefois, son sourire se fit plus discret lorsqu’il aperçu sa cadette marcher vers lui comme une furie. Malgré le fait qu’il savait que Laura ne serait pas tendre, il ne put s’empêcher de sourire intérieurement en voyant la petite tornade fondre sur lui, ce qui ne l’empêcha pas de reculer de quelques pas prudents.

    Laura – « Toi ! Baël Owned ! Pour qui tu te prends ? Et qu’est-ce que tu fais dans cette tenue ? »

    Le jeune sorcier baissa alors le regard. Non pas parce qu’il était intimidé, ou parce qu’il s’en voulait. Il cherchait simplement la cause de la furie de sa sœur. Visiblement, ses baskets n’étaient pas en cause : c’était celles qu’il portait habituellement, un peu usées, mais ça n’avait jamais dérangé sa sœur… Son jean, décoloré, était perforé ça et là de grands trous, surtout au niveau des genoux… Mais, encore une fois, Laura était parfaitement au courant puisqu’elle avait elle-même participé à la mutilation du pantalon en y cachant un jour une salamandre qui s’était débattue… Son regard remonta encore, et son galion tomba. Le T-shirt, c’était ça le problème. Ou plutôt son absence. Baël tourna la tête et vit le vêtement en question, négligemment abandonné sur le bord du terrain. Un sourire en coin sur le visage, Baël fixa sa sœur d’un air exagérément désolé. Oui, il se rendait bien compte que Laura était jalouse des regards qu’il pouvait attirer, et oui, il aimait ça. D’une part, il adorait attirer les regards et démontrer par là même qu’il était plus intéressant que le reste du monde, et d’autre part il était ravi que sa sœur en soit jalouse, car cela démontrait bien tout l’intérêt qu’elle lui portait. Sans quitter cet air ironique devant la colère de la petite sœur, Baël esquissa un mouvement vers son T-shirt, mais fut interrompu dans son élan.

    William – « Tu ne vas quand même pas te laisser faire par cette mini-fille ?! »

    Le geste fut rapide et précis. Un horrible craquement se fit entendre. William, totalement surpris, s’écroula vers l’arrière, ne songeant même pas à porter ses mains à son nez tant il était sonné. Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre que Baël venait de le frapper au visage. Lorsqu’il s’en rendit compte, il leva vers le sorcier un regard effrayé tout en constatant avec horreur que le sang s’échappait de son nez. Personne n’osa bouger. Baël avança d’un pas, surplombant William de toute sa hauteur. Par Merlin, qu’est-ce qu’il aimait ce sentiment de puissance ! Qu’est-ce qu’il adorait voir son ex-meilleur ami à sa merci, complètement terrifié… Il aurait pu frapper encore, mais il se contenta de lui adresser une mise en garde un peu tardive.

    Baël - « C’est de ma sœur que tu parles, là. Alors épargne ta salive. »

    Lorsqu’il se tourna vers Laura, il constata que la colère avait abandonné son visage, et qu’elle souriait maintenant de toutes ses dents.

    __________________________

    Baël posa délicatement sa valise sur le sol. Il regarda, émerveillé, la locomotive écarlate du Poudlard Express. Il ne sut pas vraiment ce qu’il ressentit à ce moment-là. En lui se mélangeaient des tonnes de sentiments. En voyant cette locomotive, il prenait, pour la première fois, conscience de ce qu’étudier à Poudlard signifiait. Non. Ce que vivre à Poudlars signifiait. Il n’avait pas l’habitude d’être aussi impatient : il n’avait même pas encore vu ne serait-ce qu’une photo du château, mais il rêvait déjà d’y être. Il rêvait de sortir du train avec sa valise (sur laquelle il jeta un regard inquiet) et prendre place dans une barque. Il rêvait de voir apparaître au détour d’une colline le resplendissant château dans un ciel nocturne dégagé, se découpant tel une ombre chinois sur un ciel d’encre. Il rêvait déjà de pénétrer pour la première fois dans l’enceinte du château millénaire, gardien d’un savoir plus vieux encore. Il rêvait d’entrer dans la Grande Salle et de voir tous les regards se tourner vers lui. Il rêvait d’être réparti à Serpentard, illustre maison du Grand Lord. Il rêvait d’avoir accès à la bibliothèque du château, de pouvoir en apprendre toujours plus. Il rêvait de ses premiers cours de vol, où il écraserait tous les autres. Il rêvait d’apprendre à se servir de sa baguette pour se battre en duel. Il rêvait de préparer de sombres potions ou d’observer le ciel étoilé. Il rêvait de discuter avec les fantômes, de bavarder avec les portraits, d’apprendre à Peeves qui il était. Il rêvait de devenir le meilleur élève, le meilleur joueur de Quidditch, un grand préfet, puis préfet-en-chef, et puis professeur. Il rêvait des banquets préparés par les elfes de maison, il rêvait de se balader la nuit dans un château que ses parents n’imaginaient même pas pouvoir habiter à la place de leur appartement minable et miteux. Il rêvait de tout cela, et de bien plus encore, alors qu’il ne voyait, pour l’instant, que son reflet dans la carrosserie étincelante du Poudlard Express. Comment les Moldus pouvaient-ils ne pas repérer cette ligne de chemin de fer, et une locomotive rouge écarlate ? Ils étaient décidément de parfaits imbéciles ! Heureusement, Baël quittait le monde des crétins sans pouvoirs, il quittait ce monde qui le dégoutait depuis son plus jeune âge, il quittait ce monde où il devait faire croire à ses parents qu’il se plaisait. Par Merlin, qu’est-ce qu’il plaignait Laura de devoir y rester, et sans lui, en plus, encore deux ans ! Alors, ses pensées se dirigeaient vers Laura. Sa petite sœur, sa pupille, son existence. Et lui ? Allait-il supporter d’être séparé d’elle ? Ne se sentirait-il pas… Seul ? Car, il savait bien, au fond de lui, et malgré le plan qu’ils avaient mis en œuvre, que Laura devrait rester sur ce quai lorsque le Poudlard Express s’élancerait, dans une cohue de hurlements et de vapeur. Lâchant enfin la locomotive des yeux, Baël se saisit avec la plus grande délicatesse de sa valise, sous le regard intrigué de sa mère : le petit démon n’avait pas l’habitude de prendre soin de ses affaires ! Baël, l’air innocent d’un enfant en train de faire une bêtise, fit quelques pas en faisant bien attention de manier ses bagages avec délicatesse. Quelle ne fut pas sa fureur lorsqu’un imbécile le bouscula, l’obligeant à lâcher violemment sa valise, qui s’effondra sur le sol en un petit « Aïe ». Il se retourna vivement vers le crétin qui l’avait percuté, et, sans même lui laisser le temps de dire quoique se soit, jura.

    Baël - « Bordel, tu peux pas faire attention ? »
    Timothé – « J’ai pas fait exprès. »
    Baël - « Ben j’espère bien, il manquerait plus que ça ! »
    Timothé – « Et d'abord, t'es pas obligé de me parler sur ce ton ! »
    Baël - « Attends, tu viens de me bousculer alors que j'avais rien demandé à personne et en plus, ça va être de ma faute ? »
    Timothé – « J'ai pas dit cela mais ça t'empêche pas de me parler poliment. »
    Baël - « Tu parles de politesse alors que tu me bouscules et que tu t'excuses même pas ! »
    Timothé – « C'est bon, j't'ai dit que j'avais pas fais exprès ! »
    Baël - « Cela ne t'empêche pas de t'excuser... »
    Timothé – « Je… »

    L’autre garçon fut appelé par sa mère, et il sauta sur l’occasion pour se défiler de cette situation assez gênante. Baël le regarda partir en maugréant un « c’est ça, casse-toi » incompréhensible, puis se tourna vers sa valise. Il la redressa en douceur, puis s’en approcha, faisant mine de vérifier qu’elle n’était pas trouée. Il murmura un petit « ça va ? », et la valise lui répondit « oui ». Soulagé, Baël se releva et fit quelques pas vers l’entrée d’un wagon, sous le regard amusé de sa mère. Elle l’interrompit dans sa marche trop pressée pour être naturelle. Le garçon de onze ans s’arrêta, une mimique qui disait « zut, j’y étais presque » sur le visage, et se retourna vers sa mère, abordant son air le plus angélique.

    Missis Owned - « Baël ? »
    Baël - « Oui, maman ? »
    Missis Owned - « Rappelle-moi pourquoi ta sœur ne voulait pas venir te dire adieu ? »
    Baël - « Elle a dit qu’elle était malade… »
    Missis Owned - « Ouvre ta valise, s’il te plaît. »

    Baël posa en douceur sa valise sur le sol, et son visage trahit une expression gênée. Il devait trouver quelque chose, et vite. Il décida de lui répondre d’une manière insolente. Car leurs échanges étaient toujours froids, depuis que les parents Owned avaient découvert que l’adoration qu’ils voyaient apparaître dans les yeux de leur fils était destinée non pas, comme ils se l’étaient imaginés, à Harry Potter, mais bien aux sorciers les moins respectables. Ils s’étaient inquiétés dans un premier temps, puis avaient décidé d’en parler avec leur garnement. Depuis cette discussion, Baël se montrait froid avec eux, alors que leur amour pour lui n’avait fait qu’augmenter, comme s’il pourrait adoucir le caractère explosif de leur fiston.

    Baël - « Pourquoi ? J’ai oublié quelque chose ? »
    Missis Owned - « Baël ! »

    Voyant qu’il serait vain de discuter les ordres de sa mère, le jeune garçon ouvrit sa valise à contrecœur. La forme humaine qu’on put apercevoir resta immobile, comme si elle nourrissait l’illusion que, sans bouger, on ne la verrait pas. Maix Baël, sachant bien que la supercherie avait échoué, posa délicatement ses mains sur la taille de Laura Owned, et l’extirpa de la valise. Lorsqu’il la posa sur le sol, elle s’agrippa à sa manche, comme si ce geste allait l’empêcher de partir. Il l’embrassa et se mit à sa hauteur, lui souriant alors que les parents soupiraient d’un air désespéré. Il regarda sa sœur dans les yeux, lui caressa tendrement la joue avant de lui faire une promesse.

    Baël - « Je serai de retour à Noël, Laura. Je te le promets. »

    Sur ce, il referma la valise, vide à présent, et rejoignit un peu plus loin l’ami qui avait pris toute ses affaires. Puis il monta dans le train. Lorsqu’il trouva un compartiment libre où s’installer avec ses amis, le train avait déjà quitté la gare. Il n’avait pas pu saluer une dernière fois sa petite sœur qui lui manquerait terriblement.


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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Mer 22 Déc 2010 - 22:42


ϟ Chapitre Troisième ϟ
Poudlard, le château, les gens.

    Baël regarda avec mépris le garçon assis à côté de lui dans la barque. C’était le parfait crétin qui, un peu plus tôt dans la journée, l’avait bousculé et entraîné la chute de la valise dans laquelle Laura s’était cachée. Il avait eu de la chance, cet imbécile, que sa sœur ne soit pas blessée. Parce que si ça avait été le cas, il aurait commencé son année dans la prestigieuse école de sorcellerie avec un œil au beurre noir. Heureusement, Laura n’avait rien eu, et Baël avait presque oublié l’existence de ce petit idiot. Et voilà qu’il s’était retrouvé séparé de son ami, et qu’en plus il se retrouvait assis dans la même barque que ce Timothé –c’était son nom, apparemment, puisqu’un garçon assis à côté de lui l’appelait comme ça. D’ailleurs, ces deux garçons commençaient à taper sur le système du futur Serpentard. Ils ne pouvaient pas la fermer deux secondes ? Ils échangeaient des torrents de paroles inutiles alors que la barque entreprenait un tournant. Alors, ils se turent enfin. La vue qui venait de s’offrir à eux leur avait coupé le souffle. Le haut château de Poudlard, fièrement installé sur une colline, daignait enfin se montrer à leurs yeux éblouis. Baël le découvrit dans sa superbe complexité, et posa un regard admiratif sur cet enchevêtrement de tours, de couloirs, de courbes et de murs. Comme irréel, il dominait de toute se prétentieuse hauteur le lac sur lequel la barque naviguait en ce moment-même et qu’on disait habité par des sirènes et un calamar géant. Le moment de surprise passé, Timothé et son voisin se remirent à parler de plus belle. Pris d’une irrésistible envie de les balancer à la flotte, Baël serra les dents et supporta les bavardages idiots des deux crétins jusqu’à ce que la barque touche terre. Les futurs élèves descendirent en silence, et les premières années se regroupèrent dans le parc qui deviendrait bientôt lieu de détente et de rigolade, et attendirent. Bien vite, les lourdes portes de chêne du château s’ouvrirent toutes seules dans un grincement de bienvenue. Une vieille sorcière à l’air sévère les attendait, un long parchemin dans la main. Son regard perçant transperça le temps d’une seconde chacun des élèves, puis elle leva le menton d’un air hautain. Elle leur intima l’ordre silentieux d’avancer. Tous les élèves se mirent en marche, n’osant plus parler. Ils pénétrèrent dans le château dans un silence religieux. Baël en profita pour s’éloigner des deux crétins et s’approcher de ses amis. Soudain, le groupe s’arrêta devant de grandes portes de bois, et le professeur Wandhander, qui était professeur de potions, leur adressa un discours visiblement bien répété.

    La sorcière – « Bienvenue à Poudlard. Le banquet de début d'année va bientôt commencer mais avant que vous preniez place dans la Grande Salle, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Cette répartition constitue une cérémonie très importante. Vous devez savoir, en effet, que tout au long de votre séjour à l'école, votre maison sera pour vous comme une seconde famille. Vous y suivre les mêmes cours, vous y dormirez dans le même dortoir et vous passerez votre temps livre dans la même salle commune. Les maisons sont au nombre de quatre. Elles ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Chaque maison a sa propre histoire, sa propre noblesse, et chacune d'elles a formé au cours des ans des sorciers et des sorcières de premier plan. Pendant votre année à Poudlard, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison, mais chaque fois que vous enfreindrez les règles communes, votre maison perdra des points. A la fin de l'année scolaire, la maison qui aura obtenu le plus de points gagnera la coupe des Quatre Maisons, ce qui constitue un très grand honneur. J'espère que chacun et chacune d'entre vous aura cœur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. Je vous conseille de profiter du temps qui vous reste avant le début de cette cérémonie pour soigner votre tenue. »

    A l’unisson, tous les élèves se mirent à se recoiffer, à rajuster leur robe de sorcier où à refaire un lacet défait. Baël, lui, n’avait pas bougé. Il observa la sorcière disparaître par une plus petite porte, puis attendit en silence. Si ses parents lui avaient raconté tout ce qu’il voulait savoir sur l’école, ils n’avaient jamais voulu lui dire comment se passait la répartition. Légèrement anxieux, il détailla les autres élèves du regard. Et s’il était réparti dans la même maison que ces deux idiots ? Il préféra ne pas y penser. Il allait chuchoter une remarque cinglante à l’oreille de son ami, mais les portes des la Grande Salle s’ouvrirent sur le professeur Wandhander. Les élèves furent invités à entrer. Les premiers rangs n’osèrent pas le faire, alors Baël poussa ses amis à le suivre et à pénétrer en premier dans la Salle au plafond magique. Il en profita pour bousculer Timothé au passage. Il fit quelques pas dans la salle, bientôt suivis par le reste des premières années. Il sentit tous les regards converger vers la procession d’élèves dont il était le meneur, et s’arrêta là où le professeur le lui demanda. A quelques mètres de lui, devant la table des professeurs, un vieux chapeau misérable trônait sur un tabouret à trois pieds. Le professeur leur expliqua que lorsqu’elle prononcerait leur nom, ils devraient s’avancer et s’asseoir sur le tabouret. Un appel interminable commença alors, jusqu’à ce, qu’enfin…

    Professeur Wandhander – « Baël Owned ! »

    Baël avança d’un pas, sentant instantanément tous les regards se tourner vers lui. Fier d’être au centre de l’attention, il monta les quelques marches qui le séparaient du tabouret et y pris place avec cérémonie. Le professeur posa délicatement le chapeau sur sa tête. Soudain, une voix résonna dans sa tête.

    Choipeau – « Mmh… Oui, je vois… Il y a bien longtemps que je n’avais pas vu de tels rêves de grandeur… Tes pensées sont noires, très noires… Mais tu as soif d’apprendre, tu veux en savoir plus, toujours plus… »
    Baël - « Mettez-moi à Serpentard. »
    Choipeau – « A Serpentard, tu dis ? Moui, tu en as toutes les qualités… Serpentard est ta voie, mais j’ai peur de… »
    Baël - « Serpentard. »
    Choipeau – « Bien, bien… Tu es decidé, alors… Quelque chose me dit que je le regretterai… SERPENTARD ! »

    __________________________
    Le château était immense. Comment s’y retrouver dans tant de tours, couloirs, escaliers ? Comment savoir où se trouvait quel local ? Comment savoir à quelle serre se rendre pour un cours de botanique ? Sans vraiment se l’avouer, Baël avait le vertige devant l’immensité de sa nouvelle demeure. Par moment, il se sentait même seul et insignifiant dans l’enceinte gargantuesque de l’école. Seul, car, même s’il avait des amis, il se sentait incompris et isolé. Nul ne partageait vraiment sa passion pour Voldemort, qu’il avait dû taire pour ne pas attirer l’attention. Personne ne comprenait l’isolement dont il avait été victime dans le monde des moldus. Bizarre. Violent. Perturbé. Agressif. Mais terriblement intelligent. Mais une intelligence malsaine, une intelligence utilisée uniquement pour faire souffrir. Oh, bien sûr, une petite bande s’était formée autour de lui, chez les moldus. Mais elle était plus constituée de froussards qui préfèreraient l’avoir comme ami que comme ennemi. Ils n’étaient pas avec lui parce qu’ils l’aimaient, mais parce qu’ils en avaient peur. Un peu comme Queudver et Voldemort, aimait-il à penser. Mais même si cette position de force lui plaisait, il ne pouvait nier qu’il en avait souffert. Pas de véritable ami. Personne à qui confier d’hypothétiques moments de faiblesse. Personne avec qui rire en imaginant des plans tordus pour faire du mal à ceux qu’il n’aimait pas. Dans les yeux de ses « amis » moldus, pas d’amitié. Juste de la peur. Et dans les yeux de ses amis sorciers aussi. Pas de réelle amitié. Juste une peur de ses réactions impulsives et violentes. Dans le château, certains le voyaient déjà comme un leader, comme un garçon qui imposerait sa vision de choses auprès de nombreux élèves. Baël Owned s’était déjà fait un nom dans l’école. Ce qui le ravissait évidemment, mais pas suffisamment pour mettre à mal son sentiment de solitude. Sa sœur lui manquait énormément. Une présence lui manquait énormément. Ces derniers temps, il passait plus de temps à lire qu’à communiquer avec d’autres élèves. C’est pourquoi il ne savait que penser de sa vie à Poudlard. D’une part, il se sentait enfin chez lui dans cet énorme château à l’histoire millénaire, mais les murs semblaient toujours l’enfermer dans une solitude de velours. Une solitude entourée de gens. Une solitude incompréhensible et pourtant bien réelle. Ce qui ne fit qu’alimenter l’amertume et les rêves de grandeurs de l’élève de première année. Il voulait que tous l’admirent, que tous reconnaissent sa valeur. Que tous se retournent sur son passage, le regard partagé entre l’admiration et la crainte. Comme Voldemort, jadis. Mais, au fond de lui, Baël savait qu’il ne supporterait pas de vivre sans ami. Tant que sa sœur n’était pas à Poudlard, il devrait trouver quelqu’un pour le comprendre, quelqu’un pour l’aimer.

    Timothé – « On est perdu, Owned ? »

    Baël leva la tête. Timothé Smith. Le cretin qui l’avait bousculé à la gare, l’imbécile qui avait parlé Durant le voyage en barque. Il avait atterrit à Serdaigle, et Baël avait discrètement remercié le ciel de ne pas le voir entrer à Serpentard. Il n’aurait pas supporté sa tête de nœud tr ès longtemps, et lui aurait probablement déjà enfoncé son poing dans la figure. Un sourire narquois apparut sur les lèvres du Serpentard. A défaut d’avoir de bons amis, on moins avait-il un bon ennemi. Il n’aurait pas pu expliquer pourquoi il détestait Smith. Mais dès leur premier échange de parole, sur le quai de la voie 9¾, il l’avait haï. Sans raison particulière. Comme si tout en Timothé appelait Baël à le détester. Comme s’ils avaient été faits pour ne pas se comprendre et se haïr. Ce sentiment ne ferait que s’aggraver au fil des années, surtout lorsque, deux ans plus tard, une amitié inconditionnelle lierait Baël à la sœur de son ennemi. Leur haine était visible sur tous les plans : ils s’insultaient fréquemment en public, rivalisaient pour être le meilleur élève en cours. S’ils ne s’étaient pas encore battus, ce ne serait qu’une question de temps. Et Baël entrevoyait déjà un duel de sorciers, qui lui permettrait de vaincre Timothé à la loyale et d’asseoir définitivement sa supériorité sur le Serdaigle. Car il le respectait trop pour le prendre en traître.

    Baël - « Tu feras moins le fier quand je t’aurai mis une raclée… »
    Timothé – « Eh bien, j’attends. »
    Baël - « C’est une invitation ? »
    Professeur Wandhander – « Monsieur Smith, je peux vous parler un instant ? »

    Baël regarda Timothé filer, un sourire narquois sur le visage. Il s’en sortait bien… Pour cette fois.

    __________________________

    Maximilien -« Bah non, qu’est-ce que tu crois ? J’ai l’habitude des longs couloirs… »
    Léo - « Oui, mais quand même, la piscine dans ton aile du manoir va me manquer… Et ton terrain de basket aussi ! »

    Dès le premier regard, Baël se mit à haïr ce Maximilien Middle. Un putain de gosse de riche qui n’avait jamais connu les difficultés d’une vie miséreuse. Un putain de privilégié qui ne se gênait pas pour étaler aux yeux des autres son immense richesse. Quel mérite il y avait-il d’être né dans une société bourgeoise ? Voilà un gamin qui n’aurait pas à se battre pour se faire une place dans ce monde pourri. Voilà un gamin dont le nom servirait toute sa vie. Il suffirait d’un de ses murmures pour que le monde soit à ses pieds. Pour qui se prenait-il, ce connard ? Il pensait peut-être que parce que son portefeuille était bien rempli, il valait mieux que les autres ? Mais qu’avait-il eu à prouver, ce merdeux, pour en arriver là ? Avait-il dû se battre pour faire reconnaître sa valeur ? Non ! Il attirait tous les regards parce qu’il était « le fils de ». Alors, il se pavanait dans les couloirs, parlant ostensiblement de « son manoir », de « sa piscine », de tout cet argent que Baël n’osait même pas imaginer posséder un jour. Un putain de gosse de riches qui n’avait pas eu à se démener pour se faire des amis. Un putain de gosse de riches qui avait toujours l’air heureux. La haine que Baël lui vouait s’autoalimentait et grossissait en même temps que sa jalousie. Lorsque Middle passa devant lui, le Serpantard de deuxième année ne pu s’empêcher de lui faire un croche-pied. Maximilien s’effondra de tout son long. Baël se mit à rire. Voilà une bien belle image : le richard aux pieds de l’enfant miséreux ! Lorsqu’il se redressa, le nez ensanglanté, Maximilien semblait furieux.

    Maximilien -« Mais ça va pas ? Qu’est-ce qui t’as pris ? »
    Baël - « Va te faire foutre, Middle. »

    Baël s’apprêtait à frapper lorsque, à l’autre bout du couloir, le jeune Smith venait de faire son apparition. Il se précipita vers son ami – car oui, les deux ennemis de Baël avaient eu la brillante idée d’être amis. Il jeta un regard noir à Baël, qui s’éloigna en souriant. Il savait bien que jamais Smith ne l’attaquerait dans le dos, et qu’il tiendrait absolument à amener le bourgeois à l’infirmerie, pour s’assurer qu’il n’était rien arrivé à « son excellence ».

    __________________________

    Laura – « Je la hais, je la hais, je la hais ! »

    Baël sourit tendrement. Voir sa sœur s’énerver comme ça, dans la salle commune des Serpentard, le rendait étrangement euphorique. Le Serpentard, qui était maintenant en troisième année, avait vu sa sœur entrer à Poudlard quelques semaines auparavant, et en avait éprouvé une immense joie. La solitude qui l’étreignait depuis sa première année semblait s’être envolée. Oh, bien sûr il s’était fait des amis, des vrais, comme ce cher Jack, mais l’absence de Laura lui avait toujours pesé sur le cœur. Mais maintenant, Poudlard était véritablement son chez lui. Poudlard lui semblait plus grand, plus beau, plus intéressant. Il s’était un peu ouvert aux Serpentard, ou du moins à ceux qui le méritaient, et il en était heureux. Il passait moins dans temps dans les livres, et plus avec ses amis ou sa sœur. Il se rappelait en souriant lui avoir fait visiter le château dès son premier jour. Il se rappelait l’air que sa sœur affichait alors, une admiration sans limite et un intérêt marqué pour tout ce que le Serpentard pouvait lui dire. Depuis ce jour-là, ils se retrouvaient souvent le soir, au coin du feu, pour se raconter leur journée. Aujourd’hui, Laura racontait la trentième dispute qu’elle avait eue avec Eloïse Smith. Le fait que sa sœur déteste la sœur de son pire ennemi avait fait sourire Baël. Et l’avait conforté dans son idée que les Smith et les Owned n’étaient pas faits pour s’entendre. Il ne savait évidemment pas que la deuxième partie de la soirée lui démontrerait le contraire. Baël n’avait pas encore eu le « plaisir » de rencontrer la jeune Smith, mais il ne doutait pas qu’il la détesterait autant que son frère. Embrassant sa sœur sur le front, il quitta la salle commune des serpents pour aller terminer un devoir d’Histoire de la Magie à la Bibliothèque. En théorie, le bibliothécaire ne laissait plus personne entrer à cette heure-ci, mais il s’était pris d’affection pour Baël et pour sa passion des bouquins. Mais Baël n’eut pas l’occasion de terminer son devoir se soir-là : une jeune Gryffondor, plus que probablement une troisième année, lui fonça dedans au détour d’un couloir. La jeune fille s’effondra sur le sol et leva la tête vers le Serpentard.

    Eloïse - « Mais tu peux pas regarder où tu marches ? »
    Baël - « Pardon ? Je te ferai remarquer, petite, que c’est toi qui regardais tes pieds. »
    Eloïse - « Pas étonnant, t’as vu ta tête ? »
    Baël - « Je savais les Gryffondor courageux, mais pas suicidaires… »
    Eloïse - « De toute façon, qu’est-ce que tu vas me faire ? Me frapper ? La bonne affaire, et après ? »

    Baël ne répondit pas tout de suite. Il dévisagea un instant la fillette toujours au sol. Quelque chose dans son regard et dans son air lui rappelait Laura. Le fait qu’elle ose le défier alors qu’il mesurait une bonne vingtaine de centimètres de plus qu’elle le fit sourire. Il lui tendit la main pour l’aider à se relever. Elle la regarda un instant avec méfiance, puis s’en saisit. Une fois debout, Baël ne lui lâcha pas la main tout de suite.

    Baël - « Je dois avouer que tu m’impressionne. Cela dit, j’aurais pu encore te répondre. Mon nom est Baël Owned. »
    Eloïse - « Je doute que tu puisse encore répondre, sinon tu l’aurais déjà fait. Moi, c'est Eloïse Smith. »

    Les regards qu’ils s’échangèrent scellèrent leur amitié. Une amitié extraordinairement solide, une amitié qui ne s’éteindrait jamais. Tous deux étaient bien conscients du fait qu’ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, alors qu’ils haïssaient les autres membres de leur famille. Mais peu leur importait. Eloïse était devenue la personne la plus proche de Baël après Laura et peut-être Jack, et Baël n’imaginait même plus vivre sans elle. Eloïse était devenu comme une drogue pour lui : jamais elle ne l’épargnait de ses remarques sarcastiques, elle était toujours franche avec lui, elle ne ratait jamais une occasion de lui jeter ses quatre vérités à la figure. S’ils se disputaient souvent, cela ne durait jamais bien longtemps et ce n’était qu’une façon détournée de prouver qu’ils s’aimaient. Si Eloïse connaissait les penchants de Baël pour la magie noire, elle ne fit jamais aucun commentaire à se sujet, et conclurent le pacte tacite de ne pas parler de leurs frères et sœurs respectifs. Eloïse défiait Baël en permanence, et Baël adorait ça. Ils seraient amis jusqu’à la fin des temps.

    __________________________

    Professeur – « Bien, pour ce cours, j’ai décidé de réunir les cinquièmes et quatrième. Il s’agit en fait de duels de sorciers. Je couplerai des cinquièmes avec des quatrièmes. Ce sera l’occasion d’apprendre à vous battre en duel. Toutefois, je demanderai aux cinquièmes de ne pas y aller trop fort. Il ne s’agit pas de blesser son adversaire. Le but est simplement de le désarmer avec le sortilège Expelliarmus. Vous avez naturellement de droit d’esquiver ou de dévier les sorts. Je répète que je ne veux pas de blessés. Smith, vous irez avec Sanchez. Vous, Owned, avec Middle, quant à vous, Brown… »

    Baël regarda son professeur de Défense contre les Forces du Mal. Cet imbécile venait-il vraiment de le mettre avec Middle ? De leur permettre de se battre ? Pourtant, la haine qu’ils se vouaient mutuellement n’était un secret pour personne. La preuve, tous les élèves s’étaient tus et regardaient soit Baël, soit Maximilien. Ils s’attendaient à en voir un des deux protester. Mais ce ne serait pas Baël. L’occasion était trop belle pour tailler le Serdaigle en pièces et lui montrer une fois pour toute qui était le maître. De plus, il adresserait un message clair à Smith, lui montrant ce qui risquait bientôt de lui arriver. Souriant d’un sourire sans joie, il adressa un regard plein de moquerie à Maximilien, avant de se tourner vers Jack et de lui adresser un petit signe de la tête. Il ne retiendrait pas ses coups. Jack eut un sourire carnassier avant de se tourner vers son propre adversaire. Baël comptait bien amocher Middle de la part de Jack aussi. Il tourna son regard vers le professeur, attendant avec impatience qu’il donne ses instructions pour pouvoir commencer le pugilat. Ce dernier déambulait entre les binômes, vérifiait que tout le monde avait bien son partenaire, puis reprit la parole.

    Professeur – « Bien, vous allez d’abord vous écarter des uns des autres. Je veux voir au moins trois mettre entre chaque couple, pour éviter que vous ne vous gêniez mutuellement. Voilà, parfait. Maintenant, sortez vos baguettes et regardez votre partenaire. Vous allez le saluer en vous inclinant… Allez-y, inclinez-vous ! Une fois ceci fait, je compterai jusqu’à trois, et vous pourrez commencer… »

    Baël ne s’était pas incliné, pas plus que Maximilien. Ils se fixaient en chien de faïence, attendant la fin du décompte pour pouvoir laisser éclater leur haine. Trois. Baël descendit légèrement sa baguette, ne lâchant pas de son regard haineux le jeune Serdaigle. Deux. Maximilien fit de même. Un. Baël recula légèrement son pied droit et se mit en garde. Un peu plus loin, Maximilien fit pareil. Zéro. Sans perdre une seconde, le Serpentard avait levé sa baguette en hurlant un « Diffindo » sonore. Maximilien, pris par surprise, ne parvint qu’à dévier le sort à la dernière minute, ne pouvant éviter de se voir entailler la joue. Il riposta sans attendre en lançant un sort que Baël n’eut aucune difficulté à dévier. Autour d’eux, on aurait dit qu’une guerre éclatait. Des sortilèges volaient dans tous les sens, des baguettes échappaient à leur propriétaire, certains élèves se retrouvaient à terre. Le professeur et les surveillants supervisaient les duels, et regardaient d’un œil mécontent celui qui opposait Maximilien à Baël, mais ne parvinrent pas à intervenir. Baël était sur la défensive, pour l’instant. Il se contentait de contrer les sortilèges du Serdaigle sans jamais se faire toucher. Il avait plus d’expérience et connaissait plus de sorts, il ne doutait donc pas de remporter ce duel. Il attendait simplement que Maximilien s’énerve et lui laisse une ouverture dans sa garde. Comme ce moment tardait à venir, Baël contrattaqua avec acharnement. Maximilien, s’il se défendait bien pour l’instant, commençait à plier sous les coups de son adversaire. A mesure qu’il attaquait, Baël s’approchait de Maximilien. Celui-ci se retrouva vite confiné contre un mur et tenta de se libérer par une contre-attaque. Baël la vit échouer en riant, et continua de s’approcher. Lorsqu’il ne fut plus qu’à un mètre, il prononça un sort qui atteignit Maximilien de plein fouet et le plaqua violement contre le mur.

    Baël - « Tu vois, Middle, l’argent ne fait pas tout. Tu n’es qu’une merde, Middle, et tu le resteras toujours. Un petit chanceux insolent, un cafard que j’aurai vite fait d’écraser. Je vais t’envoyer à l’infirmerie comme j’ai envoyé ton petit Cohen-le-blasé à l’infirmerie… »

    Parler de Travis aura été l’erreur que Baël n’aurait pas dû commettre. Le regard de Maximilien, qui avait paru inquiet quelques secondes, se transforma immédiatement en une haine féroce. Ce fut cette haine qui permit à Maximilien de se défaire de l’emprise du sortilège de Baël. Il pointa très vivement sa baguette sur lui.

    Maximilien - « Expelliarmus ! Repulso ! »

    Baël assista, impuissant, à la scène. Il vit d’abord, totalement étonné, sa baguette quitter sa main, comme si une force invisible la lui avait arraché de force. Il eut à peine le temps de poser un regard surpris sur Maximilien que celui-ci lançait un deuxième sort. Il se sentit propulsé en arrière avec violence. Ses pieds quittèrent le sol sans qu’il comprenne vraiment ce qui lui arrivait. Il heurta violement le sol quelques mètres plus loin. Il resta étendu là, luttant contre la douleur, surpris du soudain silence qui régnait autour de lui. Il fit l’effort de lever la tête, et constata que tous les duellistes s’étaient arrêtés et concentraient maintenant leurs regards sur les deux ennemis. Baël porta un regard rendu plus haineux par sa défaite sur Maximilien, toujours appuyé contre le mur, essoufflé, qui essuyait le sang qui coulait de la coupure infligée par Baël. Ce dernier chercha sa baguette du regard et vit Jack la lui tendre, un sourire désolé sur le visage. C’était impossible, Baël ne pouvait pas avoir perdu contre Maximilien. Ce n’était qu’un crétin. Il ne pouvait pas l’avoir battu. Pas à la loyale. Baël avait eu le dessus pendant tout le duel ! Comment avait-il pu perdre ? Il se releva rapidement, plus blessé dans son orgueil que dans son corps. Depuis ce jour-là, il cherchait par tous les moyens possibles de se venger de Maximilien, tout en refusant d’admettre sa défaite, prétendant qu’il avait été distrait ou que Maximilien avait triché.



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Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Ven 24 Déc 2010 - 14:40


ϟ Chapitre Quatrième ϟ
Possession, absences...

    Baël abattit violement sa machette sur une branche qui faisait de la résistance. Le premier coup ne suffit pas, c’est pourquoi Baël s’acharna, encore et encore, jusqu’à ce que le végétal cède et soit tranché dans un éclat de bois. Baël repoussa la branche sans aucune considération, et repartit aussitôt à l’assaut de la suivante. Les coups de machette succédaient aux coups de machette. Baël coupait branche, racine, liane, ronce… Tout ce qui tombait à portée de la lame voltigeante et qui empêchait le Serpentard d’avancer et de poursuivre son exploration. En sueur, il s’autorisation une petite pause, s’assoyant sur un rocher qui se trouvait non loin. Il regarda avec satisfaction ce qui ressemblait à un mur couvert de végétation. A y regarder de plus près, on distinguait, ça et là, là où la machette avait fait son œuvre, de petites ouvertures sur un espace vide d’où provenait un léger courant d’air. Le mur n’en était pas vraiment un, et la végétation ne cachait en réalité que l’entrée d’une grotte dissimulée par un rocher. Un symbole étrange avait attiré l’attention de Baël, alors qu’un coup de machette perdu avait entaillé une des plantes sur le rocher. Un cercle, tracé à même la pierre, contenant une tête de mort encadrée d’un grand rectangle. Le temps avait érodé le symbole, et un œil distrait ne l’aurait sans doute jamais remarqué. Sa curiosité piquée au plus haut point, Baël s’était mis à dégager cette pierre, pour découvrir qu’elle masquait l’entrée d’une grotte. Avalant quelques gorgées d’eau, le Serpentard se prit à maudire l’interdiction d’utiliser la magie en dehors de l’école. Sans cette stupide Trace, il aurait fait flamber toutes ces plantes envahissantes d’un Incendio et serait déjà entré dans cette grotte, qui le narguait en lui résistant si vaillamment. Calmant sa respiration haletante, le jeune sorcier leva la tête et tenta d’estimer l’heure qu’il était. Impossible à dire. Le soleil était bas dans le ciel, et le jour touchait à sa fin. Voilà plusieurs heures que Baël avait quitté le camping, ayant enfin obtenu l’autorisation de ses parents, après des années passées à la demander, de partir seul en expédition. Voir le soleil si bas dans le ciel insuffla au jeune homme une énergie nouvelle : il devait avoir pénétré dans la grotte avant la tombée de la nuit. Renforçant sa prise sur la machette, il se remit à taillader les végétaux qui bloquaient encore le rocher. Au bout d’une demi-heure, Baël put rengainer la machette : il était venu à bout de tous ses adversaires de bois. La prochaine étape était de faire glisser ce gros rocher pour dégager l’entrée de la grotte. Poussant de toutes ses forces, le Serpentard parvint à faire bouger le rocher. Ce premier exploit accompli, il ne fallut plus beaucoup d’effort pour s’en débarrasser définitivement. Il resta quelques secondes devant l’entrée de la grotte, contemplant ses parois qui s’enfonçaient dans les ténèbres avec un sourire satisfait. Après quelques instants, il alluma sa lampe de poche et pénétra dans la caverne. Il fit quelques mètres avant de poser son sac et de déplier ses couvertures. Ce serait un endroit idéal pour passer la nuit, d’autant qu’il se sentait envahi par une sensation de bien-être inexpliqué. Comme si une magie ancienne et très puissante était maîtresse des lieux. Enthousiasmé par cette idée, il décida de s’enfoncer un peu plus loin dans la caverne avant d’aller dormir. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, débouchant sur une immense salle au plafond tellement haut qu’il en était invisible, sa lampe de poche éclaira un mur sur lequel se trouvait le même symbole que sur l’entrée de la grotte. Cette fois-ci, le temps l’avait épargné, et il était parfaitement visible. La tête de mort souriait toujours, confinée dans un rectangle lui-même prisonnier d’un cercle. Autour de l’étrange symbole se trouvaient des runes plus anciennes que toutes celles qu’il avait pu étudier à Poudlard. L’une d’elle lui sembla toutefois familière. Celle qui signifiait « creuser ». Sans attendre, le jeune homme revint sur ses pas, s’empara d’une pelle et retourna dans la grande salle.

    Le temps sembla s’arrêter. Le livre était là, fermé, sans aucune inscription nulle part, posé au centre d’une rune protectrice que la terre avait rendue inefficace. Baël n’osa pas le toucher tout de suite. Lorsqu’il osa poser une main sur l’ouvrage, il dut la retirer aussitôt. La température dans la grotte devait avoisiner 0 degré. Le livre, lui, était brûlant.

    __________________________


    Baël quitta le dortoir des Serpentard en prenant soin que personne ne s’en rende compte. Il n’avait pas envie qu’on lui pose des questions sur la raison de sa sortie à une pareille heure de la nuit. Emmitouflé dans sa robe de sorcier, il quitta le couloir de la salle commune des serpents pour s’enfoncer dans les cachots. Il portait sous le bras un paquet apparemment précieux auquel il jetait de fréquents coups d’œil, comme pour s’assurer qu’il l’avait toujours avec lui. Il chercha quelques minutes une salle appropriée, puis opta pour une des vieilles pièces des cachots, visiblement inutilisée depuis plusieurs années. D’un geste de la baguette, et d’un « incendio » murmuré, il alluma les bougies qui, par chance, se trouvaient encore dans les chandeliers. Il respira profondément et posa son mystérieux bagage sur le sol. Il en sortit délicatement le Livre des Morts et l’ouvrit. Il commença à lire, voulant être sûr d’appliquer correctement les instructions de Merlin. Il connaissait la légende, et savait ce qui était arrivé à l’adolescent qui avait perdu le contrôle. C’est pourquoi il redoubla de prudence. Il traça en silence les symboles qui accueilleraient l’invoqué, puis disposa son offrande –un scarabée, symbole de la vie- au centre du cercle, comme le livre le lui indiquait. Il traça son propre cercle de protection, puis hésita. Une seconde. Avant de commencer la litanie, d’une voix tremblante.

    Baël - « Un cercle pour l’esprit,
    Un carré pour la vie,
    Un triangle pour la prison,
    Une ligne pour l’obéissance,
    Le tout dans un pentagramme et tu passeras !
    Poussière pour la terre,
    Plante pour l’air,
    Ecaille pour l’eau,
    Bois pour le feu,
    La vie pour la liaison,
    Un par branche et matière tu redeviendras.
    Je t’appelle, je t’invoque.
    Tom Elvis Jedusor, Voldemort,
    Mage noir, Maitre des Mangemorts,
    Je te somme de venir, ici et maintenant.
    Respecte les deux lois et sois en mon pouvoir.
    Fais ce que je te demande et libre tu seras.
    Au centre du pentagramme,
    Apparais maintenant ! »


    Baël se sentit frissonner. Comme si une énorme vague de fraîcheur avait envahi Poudlard, traversant sans partage fantômes, élèves, professeurs, salles de classe, tableaux et pierres millénaires. Comme si cette vague de froid convergeait au centre de ce pentagramme. Comme si… Le cœur de l’élève de Serpentard s’emballa. Les bougies qu’il avait lui-même allumé s’éteignirent une par une. Paniqué, Baël aperçu alors quelque chose qui n’aurait pas dû être là, d’après le livre. Une petite boule de lumière dorée était apparue près du plafond. Elle descendait lentement vers le scarabée dans une traînée couleur or. Plus la boule descendait, plus sa forme changeait. Lorsqu’elle s’arrêta, au centre du pentagramme, c’était une ombre dorée et translucide. L’esprit, car c’en était un, regarda autour de lui, se demandant sans doute où il était. Il tournait la tête vivement, comme s’il cherchait à comprendre ce qu’il se passait. Son regard se posa un instant sur le jeune homme, puis le quitta pour se concentrer sur le pentagramme au sein duquel il était retenu. Baël, le sang battant ses tempes, ne comprenait pas non plus. Le livre indiquait clairement qu’un corps matériel, de chair et d’os, devait apparaître. A la place, c’était une ombre translucide, moins matérielle encore qu’un fantôme, qui se tenait au centre du pentagramme. Il voulut chercher une explication, car il y en avait forcément une, dans le Livre à ses pieds. Mais, sans la lumière des bougies, il n’y parvint pas, et décida alors de continuer le rituel, trop paniqué qu’il était pour penser à utiliser un Lumos. Il ne voulait surtout pas passer au travers de son cercle de protection.

    Baël - « Lord Voldemort, je te conjure de m’apprendre tout ce que tu sais sur la magie noire, sans opposer aucune résistance ni … »
    Voldemort – « Euh … on est en quelle année ? Je savais qu’on m’appellerait un jour, mais pas si tôt ! »
    Baël - « Ça fait un peu plus de deux cent ans que Harry Pot … »
    Voldemort – « Mais … c’est passé tellement vite ! Enfin bon. Alors t’attends quoi de moi ?»
    Baël - « Je voudrais savoir tout ce que vous pouvez me dire sur la magie noir, et de quelle manière vous avez eu autant de pouvoir.»
    Voldemort – « Ah … tu aurais fait un mangemort pathétique ! C’est à toi de découvrir et pas aux autres de t’apprendre ! Mais comme tu as ce que j’ai toujours désiré... Appelo Mortem, comment as-tu obtenu ce livre ? »
    Baël - « Et bien... »
    Voldemort – « Silence ! »

    Baël s’arrêta net. L’ordre avait claque comme un coup de fouet, sans réplique possible. Le cri de Voldemort trouva écho dans les profondeurs des cachots pendant quelques secondes. Le Serpentard baissa la tête, honteux. Ainsi, il avait cru pouvoir dominer le Grand Lord. Quelle vanité ! Il avait totalement perdu le contrôle des choses, et n’avait aucune idée de la façon dont il pourrait réparer son erreur. Il voulut se pencher vers le livre, cherchant un moyen d’annuler une invocation, mais Voldemort bougea. L’esprit tournait dans le pentagramme comme un lion en cage, observant le symbole qui le maintenait enfermé ainsi le la pâle paroi translucide qu’il projetait. Il semblait chercher un détail, une faille. Alors Baël comprit sa première erreur. Le scarabée avait été une offrande bien insuffisante au vu de la puissance de l’esprit du Lord. Il aurait dû utiliser un animal plus imposant. Peut-être un chat aurait-il pu faire l’affaire… Voilà pourquoi seul l’esprit du Mage Noir avait répondu à l’appel. Il ne comprit sa deuxième erreur que lorsqu’un sourire carnassier fendit le visage du Lord. Le triangle pour la prison était fendu par les arrêtes des dalles qui composaient le sol. La ligne pour l’obéissance avait le même problème. L’esprit franchit sans problème sa prison magique et avança vers l’élève, qui baissa les yeux en priant pour que… Oh, non. Son cercle de protection était fendu, lui aussi. Effrayé comme jamais, Baël fit un pas en arrière, comme si ce geste idiot pourrait le sauver. Dans un sourire, l’esprit, qui avait besoin d’un corps, se servit. La lumière dorée disparut peu à peu. Baël posa un regard différent sur la pièce. Il observa un moment ses mains, faisant jouer ses doigts, comme fasciné par son corps. Voldemort sourit, tant la sensation d’être vivant était agréable. Même s’il devait se contenter d’un corps minable, il était de retour. Et, bientôt, ses plus fidèles mangemorts également.

    __________________________

    Eloïse - « Baël, tu me fais peur. Qu’est-ce qui t’arrive ? »

    Le Serpentard ne sut que répondre. Il ne savait pas ce qui lui arrivait. Et lui aussi avait peur. Tous ses amis lui faisaient les mêmes remarques : il se montrait froid, distant, parfois même cruel envers eux. Lui ne se souvenait pas de ces moments. Il ne se souvenait jamais. Il avait des absences, des périodes où il n’était pas conscient de ses gestes, de ses mots. Lorsqu’il émergeait, il ne savait pas comment il était arrivé là, ce qu’il faisait. Il n’avait qu’une sensation de mal-être, pris d’une nausée inexplicable. Il posa ses yeux sur le doux visage de la sœur Smith. Il ne savait pas quoi dire. Il sentait bien que sa vie lui échappait. Il savait bien qu’il ne contrôlait plus rien. Mais que faire ? Comment lutter contre lui-même ? Comment lutter contre un mal dont il ignorait jusqu’à la nature ? Il avait beau se renseigner, chercher dans tous les ouvrages de la bibliothèque, lire tous ce qui lui tombait sous la main, rien ne lui permettait d’éclairer sa situation. Aucun ouvrage ne faisait référence à de pareilles absences, à une pareille amnésie. Pour la première fois, Baël se sentait insignifiant et impuissant. Il était emporté par un torrent d’évènements qui le dépassaient. Pour la première fois, Baël sentait qu’il n’était plus le protecteur de son amie et de sa sœur. Pour la première fois, c’était lui qui leur faisait du mal. Quoique… Non, pas lui. La Chose. C’était le nom qu’il avait donné à ce qui le contrôlait durant ses absences. C’était le nom qu’il avait donné à ce qui causait tant de souffrance. La Chose. Il la sentait en lui, omniprésente, puissante. Il la sentait habiter chaque cellule de son corps. La Chose était la cause de tous ses malheurs, elle le polluait, elle le rongeait de l’intérieur. C’était un intrus, un assaillant qui se jouait de lui. Lorsqu’il n’était pas Baël, il était La Chose.Et visiblement, elle était désagréable, froide, glaciale même, mais extraordinairement brillante. Lorsqu’il était possédé (il n’aimait pas le mot, mais il trouvait que cela cadrait bien avec la situation), il adressait aux professeurs des réponses étonnamment complètes et brillantes. Il lui arrivait parfois de se réveiller, l’esprit embué, devant un devoir de Défense contre les Forces du Mal rédigé avec un style efficace et plus complet qu’une encyclopédie. Qu’était-ce donc vraiment, cette Chose ?

    Eloïse - « Baël, laisse-moi t’aider, je t’en supplie… »

    Baël se concentra sur le visage de sa meilleure amie. Jamais il ne l’avais vue aussi désespérée et suppliante. L’espace d’une seconde, il pensa « Navrant. Vraiment Navrant. » Puis il réalisa que ces pensées n’étaient pas les siennes. La Chose allait bientôt réapparaître, il la sentait resurgir en lui. Sa première pensée fut de la combattre, mais il savait très bien que ce serait inutile. Il songea plutôt à éloigner cet autre lui de son amie le plus vite possible. Où pourrait-il aller ? Il devait quitter la Grande Salle, c’était une évidence. Mais il ne pouvait pas se réfugier dans la salle commune des Serpentard : il avait peur que la chose s’en prenne à sa sœur ou à Jack. La bibliothèque ne lui sembla pas non plus une bonne idée. La seule solution qu’il envisagea fut de s’isoler dans la vieille cabane d’Hagrid. Peu d’élèves s’y risquaient, et sa qualité de préfet pourrait facilement justifier sa présence en ce lieu. Caressant avec tendresse la joue d’Eloïse, il lui répondit dans un souffle avant de quitter la Grande Salle avec hâte.

    Baël - « Tu ne peux pas m’aider, Eloïse. Personne ne peut. »

    Lorsqu’il fut sorti de la Grande Salle, il accéléra. Il sentait que bientôt, la chose serait là. Il savait qu’il n’aurait aucun souvenir de cette sensation étrange de n’être plus personne, de n’être qu’un corps vide. Il savait qu’il ne se souviendrait d’aucun des mots qu’il venait d’adresser à sa meilleure amie. Il savait qu’il se demanderait encore comment il avait atterri dans la cabane d’Hagrid. Les seuls moments où il était conscient de l’existence de la chose, c’était lorsqu’elle allait lui faire fermer les yeux. Il passa sans s’en rendre compte à côté de sa sœur. Celle-ci le stoppa net en posant une main sur son épaule.

    Laura – « Baël, il faut que… »
    Baël - « Ne me touche pas ! Je t’aime. »

    Il avait rugi, les nerfs à fleur de peau. D’un geste brusque, il avait ôté la main de sa sœur de son épaule et s’était remis à marcher, plantant sur place sa sœur qui ne le comprenait plus. Accélérant encore son allure, il se maudit lui-même de faire souffrir ceux qu’il aimait. Il se maudit lui-même de ne pas comprendre ce qui lui arrivait, ni de pouvoir l’empêcher. Lorsqu’il posa un pied dans le parc, Baël s’était endormi. Il ne se réveillerait que dans un fauteuil de la salle commune des Serpentard, plusieurs heures plus tard, n’ayant aucune idée de la manière dont il y serait arrivé.


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Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Dim 26 Déc 2010 - 21:04


ϟ Chapitre Cinquième ϟ
L’éveil

    Baël ouvrit les yeux. Il fixa longuement le plafond, incapable de trouver le sommeil. Depuis quelques temps, Morphée le jugea indigne de se lover dans ses bras et le repoussait violemment à chaque fois qu’il semblait sombrer dans un sommeil doux et réparateur. Nul repos pour Baël Owned. Ses nuits, il ne les passait pas, comme la plupart de ses camarades, confortablement installé dans son lit, rêvant de jeunes demoiselles consentantes ou de victoire à la coupe de Quidditch. Bien souvent, on le retrouvait, l’air sombre et tourmenté, fixant avec instance le feu incertain qui brûlait dans l’âtre abandonné d’une salle commune désertée. Assis dans un fauteuil, il se repassait alors mentalement le film des évènements. Et, à chaque fois, un même sentiment désagréable et qui le répugnait s’emparait de lui : il n’était plus maître de son existence. Comme ce soir. Il était là, allongé bêtement dans son lit, luttant contre un ennemi plus fort que lui pour trouver le sommeil. Jamais il n’y parvenait, toujours rappelé au monde où le rêve est inaccessible par quelque pensée terrifiante ou déprimante. Et si un jour il faisait du mal à sa sœur durant l’une de ses absences ? Et s’il s’en prenait à Éloïse ? Et s’il se faisait haïr de Jack ou de Marylee ? Ces simples pensées l’obsédaient et l’empêchaient de dormir. Il perdait le contrôle de sa propre existence. Pire, il en perdait parfois la perception. Il ne savait même plus dire ce qu’il avait fait le matin même. Dans la brume épaisse qu’était devenue sa vie, les jours succédaient aux jours. Les heures aux heures, toutes plus longues et à la fois plus courtes que les précédentes. Parfois, des heures entières disparaissaient de sa mémoire. Mais qu’est-ce que ça changeait réellement ? Ses journées lui semblaient longues et monotones. Ses nuits, interminables et stériles en conclusions sensées sur ce qui lui arrivait. Dans ce cadre, que pouvaient bien représenter quelques trous de mémoires ? Bien souvent, il ne se souvenait pas d’avoir croisé un élève et discuté avec lui. La bonne affaire. Qu’est-ce que ça pouvait changer qu’il lui ait dit « bonjour » ou « va te faire foutre » ? Après tout, ça vie à Poudlard n’était pas des plus passionnantes. Bon, c’est vrai, elle n’était pas ennuyeuse non plus, mais tant qu’il se souvenait des bons moments passés avec ses amis, des parties de jambes en l’air avec Marylee et des sales coups qu’il avait joué à Smith et Middle, que représentaient des pertes de mémoires concernant la manière dont il avait écrit un devoir où la façon dont il était arrivé à tel endroit ? Il s’en fichait pas mal ! La lune sortit de sa cachette derrière les nuages, laissant timidement un de ses rayons caresser le visage tourmenté du Serpentard. Tourmenté, parce que malgré ce qu’il se disait pour se rassurer, il savait que ces pertes de mémoires ne signifiaient pas rien. Elles étaient l’illustration flagrante que quelque chose n’allait pas chez lui. Que la Chose se faisait de plus en plus forte. Elle se faisait de plus en plus présente. Il le sentait. Il ignorait s’il devait considérer cela comme une bonne chose ou pas. Il se posait la question. Mais, comme il l’avait lu dans un des contes qu’il dévorait étant enfant, « Ne te poses pas trop de questions, petit. La vie se charge de te répondre. » Sauf que, en l’occurrence, la vie restait désespérément muette, et que seule cette Chose semblait vouloir se ramener à son bon souvenir. Par moments, il avait l’impression qu’elle reviendrait, et prendrait à nouveau possession de son corps. Alors, sa respiration s’emballait, le sang battait ses temps, une douleur suraiguë s’infiltrait dans ses veines… Puis tout s’arrêtait, brusquement. Comme si la chose avait arrêté de lutter, ou qu’elle avait changé d’avis. Et ce fut précisément ce qui se produit ce soir-là. Alors qu’il repensait à sa journée, marquée une fois de plus par un trou total de ce qu’il avait bien pu faire durant une bonne partie de l’après-midi, Baël se mit à respirer plus fort et plus vite, brisant le parfait concerto des respirations de ses camarades endormis. Une douleur insupportable s’empara de ses tripes, comme si un malade avait décidé de les tordre et de les déchirer. Il porta ses mains à son ventre et serra les dents pour ne pas crier. Tout se mit à tourner autour de lui, et il éprouva de plus en plus de difficulté à faire entrer de l’air dans ses poumons. La raison lui criait pourtant que tout allait bien et que rien n’avait vraiment lieu, mais, en ce moment, alors qu’il souffrait, il aurait bien enfoncé son poing dans le ventre de la raison en lui hurlant que la douleur n’existait que dans sa tête. Baël se cramponna à ses draps et donna quelques coups silencieux à son oreiller. Puis la douleur cessa enfin, le laissant, en sueur et plein de question, haleter sur son lit les yeux fermés. Lorsqu’il les rouvrit, il avait pris sa décision : ce soir, comme beaucoup d’autres soirs, il allait errer dans le château, tel un fantôme en perdition. Certes, cela ne ferait pas évoluer sa situation. Certes, cela ne changerait rien. Mais il en avait besoin. Il se leva en silence et attrapa quelques vêtements qui trainaient là, sans se demander si c’étaient les siens ou si son pantalon était assorti avec son T-shirt. Lorsqu’il quitta la salle commune, la baguette allumée, il avait l’air d’un mort-vivant. Faiblement éclairé par la lumière pâle qui jaillissait de sa baguette, le Serpentard erra dans les couloirs, laissant ses pas le mener là où ils le désiraient. Bientôt, il se retrouva devant le bureau du professeur de Défense Contre les Forces du Mal, et il sentait une rage inconnue l’envahir. Une rage qui n’était pas la sienne. Il quitta le couloir sans comprendre, et se laissa de nouveau guider au hasard de ses pas.
    Il ne s’aperçut qu’il venait de quitter le château que lorsqu’un brin d’herbe s’insinua dans sa pantoufle. Alors, il s’aperçut également de la quantité extraordinaire d’eau qui lui tombait dessus. Dans un réflexe aussi humain que ridicule, il leva un bras au-dessus de sa tête et se courba en deux, comme si la pluie allait cesser de lui tomber dessus parce qu’il était plus bas. Il évalua en vitesse ses possibilités. Pour échapper au crachin, il pouvait retourner au château, mais il n’en avait aucune envie. Alors il se mit à courir vers la forêt interdite, pensant que la haute cime des arbres formerait une parade efficace à l’attaque acharnée du ciel. Il se dirigea vers la forêt à grande enjambées, riant intérieurement de cette appellation ridicule de « forêt interdite. La forêt était probablement l’endroit où se risquaient le plus d’élèves, justement parce qu’elle était interdite. Enfin. Au moins, ce soir, Baël était sûr de ne pas y trouver d’élèves. Personne ne serait sorti faire une balade en forêt avec cette pluie. Arrivé sous la voûte protectrice des feuillages épais des arbres, le Serpentard s’autorisa une pause pour reprendre son souffle. D’ici, la terrible averse ne semblait pas avoir ses droits, et ne se faisait connaître que par un lointain clapotement de l’eau contre les feuilles. Tout semblait plus calme, et la fureur du ciel plus supportable. Tendant sa baguette toujours allumée devant lui, Baël commença à déambuler entre les arbres, se maudissant d’avoir mis des pantoufles plutôt que des chaussures. Il ne savait pas où il allait, mais il se sentait étrangement serein. Et anxieux à la fois. La forêt, ainsi penchée sur lui, semblait prendre un malin plaisir à lui rappeler qu’il était seul, perdu dans le labyrinthe de son existence qui lui coulait entre les doigts. Le Préfet pesait de ne pas savoir de quoi son « demain » serait fait, ni même s’il s’en souviendrait. Toute l’hostilité du ciel rendit Baël coléreux, le faisant haïr chaque arbre qu’il rencontrait. Chacun des chênes semblait se moquer de lui, les êtres se rire de ses interrogations, les saules pleurer pour lui… L’odeur du bois humide, couplée au silence feutré de la forêt, parvint toutefois à le calmer un peu.
    Puis soudain, un petit bruit. Comme un petit animal qui se faufile entre les feuilles.
    Un sifflement sonore.
    Baël s’immobilisa avant de faire volte-face avec une extrême lenteur. Devant lui, une vipère d’un noir de jais semblait danser, ses pupilles verticales d’une lueur dorée fixé sur le visage inquiet du jeune homme. Pas la peine de lui rappeler que les vipères étaient des animaux venimeux. En même temps, il savait également que ce genre de serpent n’attaquaient que pour chasser sa proie ou si elle se sentait menacée. Baël ne pouvait concevoir que le serpent se soit imaginé le prendre comme proie, c’est pourquoi il se détendit. De toute façon, il avait sa baguette magique à la main, prêt à lancer un sort en cas de besoin. Il détourna la tête de l’animal, et lui dit, en souriant :

    Baël - « Fiche le camp. Je ne veux pas te faire de mal. »

    Baël pointa sa baguette sur l’animal, qui ne semblait pas prêt à coopérer. Ce n’était peut-être pas très intelligent, car la vipère se sentirait sans doute menacée et risquerait de passer à l’attaque. Mais Baël ne s’en souciait pas. A vrai dire, il cherchait une moyen de ne pas tuer le reptile si celui-ci attaquait. Il connaissait plusieurs sortilèges, mais qui causerait plus que probablement la mort de l’animal. Pauvre de lui. Il n’avait rien fait, rien demander, et allait sans doute mourir car le Serpentard était incapable de réfléchir convenablement ce soir.

    Le serpent - « Puissssque Monsssssieur est de mauvaise humeur… »

    Bien, il n’avait plus le choix, il devait attaquer ce stupide serpent qui… parle ?!
    Baël recula vivement de plusieurs pas, surpris. Non, les serpents ne parlent pas. Était-ce l’imagination du jeune homme perturbé qui lui jouait des tours ? Aux dernières nouvelles, Baël n’était pas Fourchelang, et ne pouvait dès lors pas communiquer avec les serpents. C’était pas faute d’avoir essayé, pourtant. Une légère trace de morsure sur sa cheville droite témoignait encore de sa première – et dernière – tentative. Non, il n’était pas Fourchelang. De toute façon, il avait lu que communiquer avec les serpents ne demandait aucun effort. Or, il avait chaque fois dû se concentrer auparavant, et pour obtenir des résultats… Nuls. En plus, on était Fourchelang, mais on ne le devenait pas. S’il n’était pas né Fourchelang, comment pourrait-il le devenir ? Sonné, Baël resta là à tergiverser, ne lâchant pas l’emblème de sa maison des yeux. Yeux qui lui semblaient rieurs, d’ailleurs.

    Baël - « Attends… Est-ce que… Tu comprends ce que je dis ? »

    Le reptile hocha la tête avec une lenteur sadique. Baël se perdit dans ses pupilles verticales, noires comme la nuit, tentant d’y déceler la moindre trace de mensonge ou de magie. On devait lui faire une blague. Il ne pouvait pas être Fourchelang. C’était tout bonnement impossible. Non pas qu’il n’en avait pas envie, bien au contraire, mais son esprit refusait toujours de croire que pareil prodige puisse être possible.

    Baël - « Tu ne te moques pas de moi, hein ? »

    L’air agacé, le serpent remua frénétiquement la tête de droite à gauche. Baël dut se rendre à l’évidence. Si la première réponse du serpent aurait pu être une coïncidence, deux coïncidences n’étaient pas possible. Alors, le serpent s’approcha de lui, sifflant joyeusement, et passa entre ses jambes.

    Le serpent - « A bientôt, jeune maître ! »

    C’en fut trop. N’ayant pas encore assimilé tout ce qui venait de se passer, Baël s’enfuit en courant. Pour allez où ? Aucune idée. Rien ne comptait plus que les chocs de ses pas sur le sol. Tant de sentiments contradictoires se bousculaient dans sa tête. L’euphorie d’être un Fourchelang se disputait l’hégémonie de son humeur avec la peur panique qui l’envahissait. Un troisième belligérant, le questionnement, fit son apparition lorsque son esprit eut assimilé tout ce qui venait de se produire, et renvoya dos à dos l’euphorie et la peur. Son cerveau exigeait de comprendre. Il n’avait aucune idée de l’endroit où sa course folle contre ses pensées allait l’emmener. Lorsqu’il s’arrêta enfin de courir, ce ne fut pas volontairement. Il venait de pénétrer dans une clairière, dont le toit, formé par des feuillages plus étroits, ne parvenait pas à retenir tous les pleurs du ciel. Dans sa course, Baël avait glissé sur de la mousse humide et s’était retrouvé couché sur le dos, le visage fouetté par la pluie, en face-à-face avec la lune. L’eau de la pluie se mêla avec les larmes qui se mirent à jaillir en cascade des beaux yeux bleus du Serpentard. Il comprenait de moins en moins ce qui lui arrivait. D’abord, la chose s’emparait de lui, lui causant une amnésie sur les choses qu’il avait fait durant la journée, l’éloignant de ses amis et de sa sœur, et maintenant, il découvrait qu’il était Fourchelang… Mais ! Peut-être était-ce lié ? Peut-être était-ce la Chose qui lui transmettait cette capacité extraordinaire… Réfléchir. Il fallait réfléchir. L’esprit trop embué pour ça, Baël se perdit dans la contemplation de la lune. Et, pour la première fois depuis des semaines, ferma les yeux, serein. La pluie le réveilla bien vite. Il n’avait pas dormi longtemps –un quart d’heure tout au plus – mais il se sentait étonnamment reposé. Il avait froid, il frissonnait de tout son corps, étendu là, dans la mousse, sous la pluie. Il serait surement malade. Mais ça n’avait aucune importance, car son esprit s’était éclairci, et il parvenait à créer des connexions entre évènements dont il était incapable encore quelques secondes auparavant. Il sentait qu’il s’approchait de la vérité. Il sentait qu’il brûlait, qu’il était proche de comprendre ce qui avait transformé sa vie et qui le hantait depuis des semaines. Il sentait que la lumière se faisait peu à peu sur ces absences, sur leur cause. Des brides de souvenirs lui revinrent en tête. Il voyait des élèves encapuchonnés. Il voyait des chandelles danser. Il voyait une étrange lumière verte et un corps tomber… Il voyait un robinet sur lequel était gravé un serpent… OUI ! Le robinet ! Le serpent ! Les toilettes du deuxième étage… La légende de la Chambre des Secrets ! Un souvenir lui apparut alors, comme une évidence…

      Baron Sanglant - « Ahah ! Baël Mathias Owned ! Probablement le seul élève à qui j’aime encore parler ! »

      A l'entente de son nom, le vert et argent avait sursauté. Ayant à présent reconnu le fantôme de sa maison, il fut rassuré. Depuis bien longtemps, personne n'osait plus approcher le baron, mais Baël avait un jour décidé que lui, il allait le faire. S'en était suivies de longues discussions sur Poudlard et de bonnes recommandations pour pénétrer illégalement dans la réserve, ainsi que des conseils sur la magie noire. Mais, aux yeux de tous, les conversations n'avaient pas lieux. Sinon, le baron pouvait dire adieux à l'école ...

      Baël - « Cher Baron ! Comment vous portez-vous, aujourd’hui ? »
      Baron Sanglant - « Ah ! Envie de dépecer ces stupides élèves, comme d’habitude ! Mais dites-moi, que faites-vous donc encore dans les couloirs à une heure pareille ? »
      Baël - « Disons des ‘’petites affaires’’. Mais dites-moi… Depuis combien de temps la Chambre des Secrets n’a-t-elle pas été ouverte ? »

      Le Baron ne sut que répondre, cherchant une lueur de moquerie dans le regard du jeune élève. Il se heurta à des yeux glaciaux, à faire blêmir un fantôme qu’il était. Comprenant que son jeune protégé était tout à fait sérieux, et qu’il attendait une réponse sérieuse, le Baron garda longuement le silence, sentant posé sur lui le regard inquisiteur du jeune homme. Il ne se décida à lui répondre qu’un long instant plus tard.

      Baron Sanglant - « Un jour, deux tout au plus. Il se passe des choses bien étranges et terrifiantes, jeune maître Owned. Des choses que ne devraient pas se produite, croyez-moi. Nous avons un Fourchelang dans nos couloirs… Bonne nuit, jeune maître. »

      A ces mots, le fantôme disparut dans un mur, laissant Baël seul avec ses réflexions. Ses impressions se confirmaient : il se passait des choses étranges dans les couloirs du château, même si les autres ne semblaient pas s’en rendre compte. D’après le baron, la Chambre avait été ouverte. Baël aurait bien demandé par qui, et dans quelles circonstances. Il aurait aimé demander ce qui se cachait à l’intérieur… Mais le Baron, qui n’était pas du genre à se laisser impressionner, avait peur. Il était même terrifié. Un doute assaillit Baël durant quelques secondes. De lui ? Le Baron avait peur de lui ? Secouant la tête, il chassa cette idée ridicule de son esprit et retourna à la salle commune.


    Baël - « Par Merlin, oui ! La Chambre des Secrets ! Ouverte ! Fourchelang ! C’est moi qui ai ouvert la chambre ! Le baron avait bien peur de moi ! »

    Il la sentait à portée de main, la vérité. Cette vérité qui est toujours belle et terrible, c’est pourquoi il faut l’aborder avec beaucoup de précautions. La vérité qu’il désirait depuis longtemps… Il n’avait plus qu’à réfléchir, et enfin, tout apparaitrait clairement ! Les derniers Fourchelangs connus étaient Harry Potter et le Grand Lord. Baël était sûr à 100% de n’être le descendant ni de l’un, ni de l’autre. Restait Salazar Serpentard. Mais Baël ne pouvait pas l’avoir pour aïeul : sa famille atterrissait à Gryffondor ou à Poufsouffle depuis des siècles. Dès lors, comment expliquer qu’une capacité magique disparue depuis des siècles refasse surface maintenant ? Ça ne pouvait signifier qu’une chose… Enfin, Baël fut assommé par le poids de l’évidence. Il se demanda comment il avait pu oublier ce souvenir, ce souvenir qui lui aurait permis de comprendre depuis bien longtemps…

      Un symbole étrange avait attiré l’attention de Baël, alors qu’un coup de machette perdu avait entaillé une des plantes sur le rocher. Un cercle, tracé à même la pierre, contenant une tête de mort encadrée d’un grand rectangle. Le temps avait érodé le symbole, et un œil distrait ne l’aurait sans doute jamais remarqué. Sa curiosité piquée au plus haut point, Baël s’était mis à dégager cette pierre, pour découvrir qu’elle masquait l’entrée d’une grotte. Avalant quelques gorgées d’eau, le Serpentard se prit à maudire l’interdiction d’utiliser la magie en dehors de l’école. Sans cette stupide Trace, il aurait fait flamber toutes ces plantes envahissantes d’un Incendio et serait déjà entré dans cette grotte, qui le narguait en lui résistant si vaillamment. Calmant sa respiration haletante, le jeune sorcier leva la tête et tenta d’estimer l’heure qu’il était. Impossible à dire. Le soleil était bas dans le ciel, et le jour touchait à sa fin. Voilà plusieurs heures que Baël avait quitté le camping, ayant enfin obtenu l’autorisation de ses parents, après des années passées à la demander, de partir seul en expédition. Voir le soleil si bas dans le ciel insuffla au jeune homme une énergie nouvelle : il devait avoir pénétré dans la grotte avant la tombée de la nuit. Renforçant sa prise sur la machette, il se remit à taillader les végétaux qui bloquaient encore le rocher. Au bout d’une demi-heure, Baël put rengainer la machette : il était venu à bout de tous ses adversaires de bois. La prochaine étape était de faire glisser ce gros rocher pour dégager l’entrée de la grotte. Poussant de toutes ses forces, le Serpentard parvint à faire bouger le rocher. Ce premier exploit accompli, il ne fallut plus beaucoup d’effort pour s’en débarrasser définitivement. Il resta quelques secondes devant l’entrée de la grotte, contemplant ses parois qui s’enfonçaient dans les ténèbres avec un sourire satisfait. Après quelques instants, il alluma sa lampe de poche et pénétra dans la caverne. Il fit quelques mètres avant de poser son sac et de déplier ses couvertures. Ce serait un endroit idéal pour passer la nuit, d’autant qu’il se sentait envahi par une sensation de bien-être inexpliqué. Comme si une magie ancienne et très puissante était maîtresse des lieux. Enthousiasmé par cette idée, il décida de s’enfoncer un peu plus loin dans la caverne avant d’aller dormir. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, débouchant sur une immense salle au plafond tellement haut qu’il en était invisible, sa lampe de poche éclaira un mur sur lequel se trouvait le même symbole que sur l’entrée de la grotte. Cette fois-ci, le temps l’avait épargné, et il était parfaitement visible. La tête de mort souriait toujours, confinée dans un rectangle lui-même prisonnier d’un cercle. Autour de l’étrange symbole se trouvaient des runes plus anciennes que toutes celles qu’il avait pu étudier à Poudlard. L’une d’elle lui sembla toutefois familière. Celle qui signifiait « creuser ». Sans attendre, le jeune homme revint sur ses pas, s’empara d’une pelle et retourna dans la grande salle.

      Le temps sembla s’arrêter. Le livre était là, fermé, sans aucune inscription nulle part, posé au centre d’une rune protectrice que la terre avait rendue inefficace. Baël n’osa pas le toucher tout de suite. Lorsqu’il osa poser une main sur l’ouvrage, il dut la retirer aussitôt. La température dans la grotte devait avoisiner 0 degré. Le livre, lui, était brûlant.


    Baël - « J’AI TROUVÉ APPELO MORTEM ! ET J’AI… J’ai… »

    D’un coup, la mémoire lui revint comme l’eau pure jaillit d’une fontaine. Son esprit fut libéré d’un grand poids, et il se sentit même euphorique. Il avait compris. Il avait trouvé. Enfin. Un sourire incontrôlable apparut sur les lèvres du Serpentard qui partit dans un fou rire dément. N’importe qui aurait dû être terrifié. Mais pas lui. Il ne craignait pas le Lord. Ou plutôt, si. Il craignait le Lord, mais d’une crainte admirative, d’une peur fanatique. Le Lord représentait tout à ses yeux. La perfection du sorcier puissant qui ne s’embarrassait pas de sentiment. Le sorcier capable de tuer… Baël se redressa soudain. Il vit une ombre passer près de lui. Un petit renard inoffensif s’était avancé dans la clairière. Si Voldemort lui donnait le pouvoir de parler aux serpents, lui permettait-il de …

    Baël - « Avada Kedavra ! »

    Un éclair vert illumina la clairière. Le renard s’effondra, sans vie. Baël regarda sa baguette, fasciné. Il avait tué. Il avait jeté un sort Impardonnable, ce qui n’était pas du niveau d’un sorcier encore en apprentissage. Il aurait dû échouer, il aurait dû ressentir une douleur dans l’avant-bras. Mais rien de tout cela ne se produisit. Baël Owned venait de tuer un être vivant avec l’Avada Kedavra, et il en éprouva un tel plaisir qu’il se jura de recommencer. Peut-être même sur Middle. Mais, pour l’heure, le Serpentard qui partageait le corps du plus grand Mage Noir que la Terre ait jamais porté se redressa et tourna son regard vers la silhouette de nacre qui étincelait sous la Lune. Poudlard serait bientôt à lui. Ou à eux. Devrait-il partager son corps jusqu’à la fin ? Ou devrait-il s’effacer pour laisser libre action au Lord ? Pour l’instant, il n’en savait rien, et la question lui importait peu. Il était conscient que deux esprit pour un seul corps, c’étai trop. A la fin, seul l’un des deux resterait, et l’autre ne vivrait plus que dans l’ombre. Allait-il pour autant disparaître ? Allait-il pour autant être le laquais malheureux d’un maître omnipotent ? Peut-être. Mais si c’était le prix à payer pour devenir le maître du monde, un sorcier dont le nom serait inscrit dans tous les livres d’histoire, il ne lui semblait pas trop élevé. Ce soir, Baël avait décidé d’entamer le grand plongeon. Il n’y avait pas de machine-arrière possible, et il sautait sans filet. Mais, par Merlin, qu’est-ce que c’était excitant ! Lui, un Serpentard plus ambitieux que les autres, allait sans doute devenir la cause d’une Troisième guerre. Une guerre qu’il ne perdrait pas. Les mêmes erreurs ne seraient pas commises une deuxième fois, et Poudlard, qui avait connu son heure de gloire, ne ferait pas le Mage Noir tomber une seconde fois. Une longue guerre difficile s’annonçait. Il faudrait être discret, au début. Puis viendrait l’heure de Baël. Accompagné des autres possédés – car il y en avait d’autres, il le sentait – il défierait le monde et le soumettrait. Tout le monde y laisserait des plumes.

    Mais la gloire et le pouvoir valaient bien quelques plumes. Lorsqu’il parla, sa voix était double.

    Baël/Tom - « Cette fois, nous gagnerons. L’échiquier est en place. Les pions s’avanceront avec une froideur calculée. Qu’ils tremblent tous. Echec et mat. »



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Dernière édition par Baël M. Owned le Mer 29 Déc 2010 - 7:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Mar 28 Déc 2010 - 22:40


ϟ Chapitre Sixième ϟ
Je ne quitterai pas Poudlard

    Baël sortit son jeu de clés de sa poche. Il sélectionna avec soin la clé qu’il devait utiliser et l’introduit dans la serrure. Sans bruit, il lui fit faire deux tours, puis la retira de la serrure. Il vérifia que la porte était bien fermée, puis fit quelques pas dans le couloir. A cette heure de la nuit, l’immeuble était entièrement vide. Baël se saisit de la valise qu’il avait posé sur le sol pour fermer la porte et commença à descendre les escaliers. Il n’avait qu’un seul regret : ne pas avoir pu dire au revoir à Laura. Mais ce n’était pas si grave, puisqu’il la reverrait dès la rentrée prochaine. Avec un soupir nostalgique, il songea qu’il était maintenant adulte et que sa scolarité à Poudlard venait de s’achever. Il avait encore dans sa poche, consciencieusement pliée en quatre, la lettre qu’il venait de recevoir de l’école. Les résultats de ses ASPICs lui étaient parvenus quelques heures plus tôt. Lorsqu’il les avait lus, un grand sourire avait fendu son visage : ils étaient exceptionnels. Certes, il avait bénéficié de l’aide d’un des plus grands Mages Noirs de tous les temps, mais ça n’enlevait rien à son mérite.
    Citation :

    Défense contre les forces du mal : O
    Botanique : E
    Histoire de la magie : O
    Métamorphose : E
    Potions : O
    Sortilèges et enchantements: O
    Astronomie : P
    Soins aux Créatures magiques : A
    Étude des runes : E
    Ces résultats avaient enthousiasmé aussi bien Baël que son hôte. Car ils signifiaient une chose : le gamin n’était pas si imbécile que ça, finalement. De plus, il pouvait légitimement espérer être pris comme assistant professeur au château. Car demeurer au château était absolument vital. D’une part parce que les plans du Grand Lord y prenaient place, et que le contrôle de Poudlard était la condition sine qua non pour pouvoir s’en prendre au Ministère, et d’autre part parce que tous ses fidèles Mangemorts étaient prisonniers de corps qui ne quitteraient pas le château. Il était impensable de les laisser faire sans supervision : les quelques fois où il avait placé sa confiance dans ses lieutenants, les plans du Seigneur des Ténèbres avaient été réduits à néant. Cette fois, il ne commettrait pas les mêmes erreurs. Lorsqu’il eut quitté l’immeuble, Baël fit quelques pas sans se retourner. Il quittait définitivement cet appartement miteux qui l’avait vu grandir. Il se débarrassait définitivement de ce quartier plein « d’amis » moldus. Il crachait enfin au visage de ses parents qu’il avait appris à mépriser. La seule chose qui le fit se retourner, ce fut l’idée d’abandonner Laura durant tout un été. Les parents Owned avaient refusé de laisser leurs enfants à Poudlard pour l’été, surtout à cause des horribles nouvelles qu’ils avaient reçu du château. Trois morts la même année, c’était suffisamment effrayant. Trois morts dans la même année, ça ne forçait pas à la confiance. Les Owned étaient ravis de voir que leurs enfants en auraient bientôt fini avec cette école qui s’effondrait. Ils ignoraient bien sûr que leurs enfants avaient le moins de chose à craindre. L’aîné parce qu’il était responsable de tous les troubles qui agitaient l’école, que les meurtres avaient eu lieu parce que son hôte le voulait, et qu’il en avait lui-même commis un. Lorsqu’il l’avait appris, Baël en avait d’abord été choqué, mais avait très vite appris à aimer cette sensation de puissance : lui, Baël Owned, avait été placé en Juge, lui avait eu le droit de vie et de mort sur un autre être humain. Ce qui doubla son plaisir, ce fut que cet autre être humain était en l’occurrence Travis Cohen. Un Serdaigle qu’il n’avait jamais pu supporter, et qu’il avait toujours martyrisé, en partie parce que c’était le meilleur ami de Maximilien Middle. Avoir tué Cohen, s’était avoir remporté une immense bataille sur son ennemi. Même si ce dernier l’ignorait pour l’instant, Baël savait que la conscience d’avoir commis se meurtre le rendrait supérieur. La cadette, quant à elle, n’avait rien à craindre non plus : son frère l’aimait trop pour lui faire du mal, et Voldemort avait bien compris que s’en prendre à Laura serait une manière assurée de perdre le soutien de Baël, ce qui ne devait surtout pas arriver. C’est pourquoi Laura était en sécurité : rien ne lui arriverait. On ne pouvait pas en dire autant des autres habitants du château, cependant…

    Baël détacha son regard de la fenêtre de la chambre de sa sœur. Les lumières étaient éteintes depuis bien longtemps, et la jeune femme endormie ne trouverait à son réveil qu’un mot de son frère lui expliquant les raisons de son départ. Il l’avait posé sur sa table de nuit lorsqu’il était passé dans sa chambre, la regardant pour la dernière fois avant septembre, et il n’avait pas su s’empêcher de lui caresser la joue avec tendresse. Puis il avait quitté l’appartement sans un bruit, se retrouvant dehors à une heure si tardive. Une fois à l’abri des regards, Baël ferma les yeux, et il disparut dans un « crac » discret.

    __________________________

    Baël - « Bonsoir. »
    Tom - « Ne le brusque pas. Essaie de l’amener à penser que tu seras parfait pour le poste. »
    Directeur - « Ah, Baël. Vous m’avez fait peur. J’ai reçu votre hibou urgent il y a de ça une heure. Que puis-je faire pour vous ? »

    Baël détailla son interlocuteur du regard. Si celui-ci semblait agacé d’avoir été « convoqué » par un des anciens de Poudlard, il paraissait également très intéressé par la proposition dont Baël lui avait parlé dans ce fameux hibou urgent. C’est pourquoi il s’était présenté aux Trois Balais lorsque le Serpentard le lui avait demandé. Il avait tout de suite repéré la touffe blonde de l’ancien élève et l’avait rejoint à la table où il s’était installé. Il s’était excusé de son retard, avait demandé au jeune homme s’il n’attendait pas depuis trop longtemps. Ce qu’il ignorait –et comment pourrait-il le savoir ?- c’était qu’en l’attendant, Baël avait communiqué avec Voldemort. Ce dernier, étant un puissant Legilimens, avait découvert qu’il pouvait adresser des messages à son réceptacle. Ainsi, il leur arrivait, en de rares occasions, de converser. Mais jamais pour parler de la pluie et du beau temps. L’opération demandait beaucoup d’énergie, c’est pourquoi le Grand Lord n’entrait en contact avec le jeune homme qu’en de rares et importantes occasions. Comme ce soir. La conversation qui allait suivre s’avérait capitale pour la suite des plans du Mage Noir.

    Baël - « En réalité, professeur… Vous devez savoir qu’étant donné la triste situation financière de mes parents, je ne veux pas faire peser sur eux l’entretien de l’adulte que je suis récemment devenu. De plus, j’ai toujours considéré Poudlard comme ma maison… »
    Directeur - « Je pense comprendre la requête que tu vas me présenter, Baël. »
    Baël - « Je n’en attendais pas moins de votre part. Laissez-moi enseigner à Poudlard. Malgré mon jeune âge, vous avez dû remarquer mes talents, et… »
    Directeur - « J’ai déjà un professeur de Défense Contre les Forces du Mal, Baël. J’aurais… »
    Baël - « Pas professeur, monsieur. Apprenti. J’ai ouï dire que Smith serait apprenti de Sortilèges. Laissez-moi l’opportunité d’enrichir mon savoir et de le transmettre. Je ne vous en demande pas davantage. »
    Directeur - « Je vais y réfléchir, Baël. »

    Alors que le directeur se levait pour quitter le bar, Voldemort jugea bon d’intervenir. Une mimique étrange apparut l’espace d’un instant, puis disparut aussitôt. Lorsqu'il parla, son ton glacial et assuré fit se rasseoir le directeur. Sous la table, le Lord auto-proclamé pointa sa baguette sur le sorcier, prêt à user d'un Imperium si nécessaire.

    Tom - « Vous savez aussi bien que moi que vous n’avez pas besoin d’y réfléchir. Votre décision est déjà prise. Alors pourquoi me faire attendre ? »
    Directeur - « Bien… Je… C’est-à-dire que… »
    Tom - « Vous n’avez qu’un seul mot à prononcer, monsieur. ‘oui’ ou ‘non’. »
    Directeur - « Je… C’est d’accord, Baël. Je vais prévenir votre mentor… »
    Tom - « Pas la peine, monsieur. J’y vais moi-même. A vrai dire, c’est lui qui m’a conseillé de vous le demander. Bon soir, monsieur. »

    Le directeur regarda l’ancien élève partir en s’épongeant le front d’un mouchoir qu’il venait de sortir de sa poche. Ce Baël était quelqu’un de très brillant, mais de particulièrement effrayant, par moment.


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Dernière édition par Baël M. Owned le Jeu 30 Déc 2010 - 20:12, édité 1 fois
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Absence : Complètement indisponible pour l'instant. Merci l'université!
MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Jeu 30 Déc 2010 - 22:21

    Ha quel régale pour les yeux cette fiche...Mais je ne vais pas étendre mes compliments...Non seulement parce que tu les connais déjà tous mais ensuite parce que sinon tu me les ressortiras à chaque critique Razz! Mais sache le quand même: j'adoore ta fiche!

    Alors bon: revienvenue mon cher Baël!

    Je pense que nous serons tous d'accord pour dire que, au vue de la longueur de ta fiche, de la précision etc, nous pouvons passer sous silence le rp d'adaptation et la lettre de motivation et qu'ainsi donc, tu vas (enfin?) pouvoir jouer ton cher Baël et ton cher Voldemort...Passons donc maintenant aux affaires administratives: tandis que je vais aller te mettre ton rang et dans ton groupe, déplacer ta fiche et noter le PV comme étant "pris", toi, tu dois et bien...Créer ton hiboux, ta fiche de relation et ta fiche de rp qui, je le rappelle, sont obligatoires avant de jouer!

    Sur ce, je te souhaite un bon amusement!

    Bienvenue encore Baël Very Happy


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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Jeu 30 Déc 2010 - 22:27

Puisque Diane est avare de compliments ce soir^^ Moi je te dis ce que je pense, cette fiche est horrible! C’est un caca sans nom mon cher, vas falloir me refaire tout ça si tu ne veux pas que je te botte els fesses :p
Non, sérieusement, il me tarde de voir ce cher Voldy à l’œuvre, et que Laura puisse enfin cesser de se morfondre en retrouvant son frère (elle ne sera plus une plaie pour les autres: HOURRA!)

Et Re-Bienvenue par mis nous


Et même si la fiche n’était pas aussi longue, et même si j’aime l’équité. On connait Thibault, on sait qu’il sera présent, et rien qu’en 2 partie il a sut intégrer le personage alors bon^^


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Baël M. Owned
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Jeu 30 Déc 2010 - 22:35

HAAAAAA, merci pour ce truc qui se rapprochera sans doute le plus d'un compliment de ta part, Diane, ça me touche beaucoup Very Happy

Héhé, content d'avoir fini la fiche, et heureux qu'elle te plaise, "soeurette" Razz


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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Dim 2 Jan 2011 - 14:23

BIENVENUuuuuuuuuuuuuuuu


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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut. Lun 3 Jan 2011 - 16:08

Moi je peux faire des compliments?

Je te l'ai déjà dit au moins cent fois au fur et à mesure que tu l'écrivais, mais ta fiche est vraiment magnifique! Tu vas incarner Baël et Voldemort à merveille j'en suis sûre! J'ai déjà hâte que nos petits possédés aient un RP ensemble mwahaa, ce sera génial je le sens!

J'ai vraiment adoré la lire en tout cas! Bonne chance avec ce perso, je suis pas inquiète je sais que tu t'amuseras avec lui!

Very Happy Very Happy


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If they say life's a dream call this insomnia. Cause this ain't Wonderland it damn sure ain't Narnia. And once you cross the line you can't change your mind. Yeah I'm a monster but I'm no Frankenstein. And quite frankly I've been feeling insane in between my eyes. I really cant explain what I feel inside. If you knew what I was you would run and hide. Many have tried to go into the night cross over the line and come back alive. But that's the price we pay when we living on the other side.
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MessageSujet: Re: Baël Mathias Owned | Et le pouvoir fut.

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