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Pensine, ma belle Pensine... [FINI]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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Loreana N. Wilde
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Pensine
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MessageSujet: Pensine, ma belle Pensine... [FINI] Dim 19 Déc 2010 - 0:21

Prio Annabeth

Miss Wriggle,

Je n’ai pu m’empêcher de constater une chute inexplicable de votre moyenne en potions durant ce début d’année. Je commence à vous connaître, et je vois bien que cela cache quelque chose d’autre. C’est pour en parler, ou du moins pour trouver un moyen de faire remonter votre moyenne, que je vous convoque dans mon bureau ce vendredi à 18h. Avertissez-moi d’un empêchement éventuel.

Cordialement,

Professeur Wilde.


    Vendredi, un peu avant 18h. Rien ne bougeait dans le bureau du professeur de potions. Il n’y avait aucun chaudron qui bouillonnait, aucun flacon qu’on débouchait. Même la plume de correction des devoirs était posée, inerte, sur le bureau. Aucun mouvement, aucun bruit. Presque comme si tout était mort. Même le corps penché au-dessus d’une bassine argentée. Les cheveux de la jeune femme, immobiles, pendaient au-dessus de la surface sereine de l’eau, comme une cascade prête à déverser son contenu dans le lac argenté. Le visage de la jeune femme, étrangement éclairé, se reflétait sur le miroir tranquille de la bassine. Les yeux, comme absorbés, fixaient hypnotiquement le fond de ce lac couleur lune. Pas un mouvement. Pas un bruit.

    Loreana n’était pas dans ce corps. Pas dans ce bureau. Pas dans ce lieu, pas dans cette époque. Loreana défiait le cours du temps, affrontait effrontément le passé, tournait le dos à son présent. Quelques minutes auparavant, le jeune prof de potions avait posé la Pensine sur son bureau, et y avait laissé sombrer un filament argenté, concentré pur de passé. Elle avait attendu quelques secondes, avait hésité. Elle s’était levé et avait fait les cents pas dans son bureau. Était-elle sûre de vouloir revoir ce souvenir ? Était-elle sûre de vouloir se replonger dans un passé si lourd ? Est-ce ça ne la ferait pas souffrir plus que ça ne la soulagerait ? Était-ce une bonne idée ? Oui. Elle avait balayé ses interrogations d’un revers de la main. Lorsqu’elle s’était assise devant la Pensine, elle était décidée. Peut-être avait-elle besoin de revoir ce souvenir pour faire définitivement le deuil de cette relation… Et de cet enfant. Car oui, elle l’avait appris. Elle était enceinte. Un enfant de Maximilien, c’était bien la meilleure chose qui puisse lui arriver. Et la pire. Surtout la pire. Car Maximilien n’était plus là. Il était parti, loin dans les bras d’autres jeunes filles qui l’attendaient depuis bien longtemps. Il avait retrouvé son ancienne vie, laissant Loreana seule et dans le doute. La jeune femme savait parfaitement qu’elle ne pouvait pas garder l’enfant. Elle l’avait dit dans la lettre qu’elle avait stupidement envoyé au jeune homme. Mais qu’est-ce qu’elle espérait ? Qu’il se repentirait, qu’il demanderait pardon à genou, et qu’elle pourrait l’accueillir à nouveau comme si tout le passé n’avait été qu’un songe causé par une fièvre ?

    Elle devait voir se souvenir. C’était probablement la seule et unique chose qui parviendrait à la décider. Et à lui permettre de tracer un trait définitif sur la vie qu’elle aurait pu avoir avec un enfant et Maximilien. Dire qu’elle osait s’imaginer, le ventre rond, soigné aux petits oignons par son cher et tendre… Dire qu’elle avait la candeur de songer à cet enfant, petit garçon ou petite fille, qui aurait les yeux de son père… Dire qu’elle était assez naïve pour croire, l’espace d’un instant, qu’un être encore inexistant pouvait tout changer. Ce souvenir était une échappatoire. Ce souvenir était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour se justifier à ses yeux le crime horrible qu’elle allait commettre en se débarrassant de l’être en devenir qui, en ce moment même, se trouvait bien à l’abri du monde, de sa cruauté et de sa froideur.

    Après avoir longtemps tergiversé, Loreana s’était enfin penchée au-dessus de la bassine argenté. Elle avait ressenti ce sentiment de chute qu’elle connaissait si bien pour l’avoir déjà ressenti bien souvent par le passé.Elle avait vu le sol se rapprocher de ses pieds à une vitesse extraordinaire, mais n’avait pas paniqué. L’habitude.
    Loreana se posa en douceur dans un paysage trop sépia pour être naturel. La cour de Poudlard, sous un soleil tapant, grouillait de monde. Ça et là, des élèves se courraient après, se lançant des gerbes d’eau avec leur baguette. Plus loin, deux jeunes gens discutaient avec animation des derniers résultats de l’équipe d’Angleterre durant les qualifications de la Coupe du Monde de Quidditch. Un groupe d’élèves fendit la foule, courant à toutes jambes pour attraper un petit point scintillant, petit colibri doré qui voletait quelques centimètres au dessus du sol. Loreana regarda le Vif d’Or avec amusement, et tendit la main comme pour le toucher. Mais ses doigts ne se refermèrent que sur du vide, traversant l’image de la petite balle comme si elle avait tenté de s’emparer d’un morceau de brouillard. Elle observa en souriant des élèves de première année hésitants à se dévêtir, songeant malgré elle que jamais l’enfant qu’elle portait ne vivrait cette situation. Elle s’éloigna du petit groupe, à la recherche de la propre image. Elle se trouva dans l’encadrement d’une porte, bien au frais, nonchalamment appuyée contre le mur, observant de loin la masse grouillante et agitée des élèves comme une mère surveille ses enfants. Soudain, la Loreana du passé se redressa, l’air intrigué. La Loreana du présent savait pertinemment ce qui avait attiré son attention, un an auparavant. Elle se regarda se frayer un chemin parmi les élèves, pour se rapprocher d’un groupe de sixième année qui papotait joyeusement. Il y avait Travis Cohen, encore vivant, souriant de toutes ses dents. A ses côtés, Léo Sanchez, radieux, s’amusait avec une étincelle rebondissante. Enfin, pour compléter le trio infernal, Maximilien Middle. Les reflets du soleil dans ses cheveux blonds lui donnaient l’air d’un ange, et son sourire éclatant montrait sans retenue un bonheur infini. La Loreana du passé s’arrêta à quelques mètres du groupe, hésitant à venir à leur rencontre. Mais son hésitation fut de courte durée. En effet, deux jeunes filles s’approchèrent du trio, et saluèrent à leur tour chacun des membres. Quand Alexia Sullivan s’arrêta devant Maximilien Middle, celui-ci lui offrit ses lèvres sans retenue. Travis et Léo échangeaient un regard amusé, tandis que Maximilien chuchotait dieu seul sait quoi à l’oreille de la Serpentard. Un sourire éclatant s’installa sur ses lèvres, et elle recaptura celles du Serdaigle avant de quitter le groupe avec son amie. Léo lança son étincelle rebondissante sur la tête du jeune Middle, comme pour lui faire détourner le regard du déhanché hypnotique de Miss Sullivan.

    La Loreana du souvenir semblait en proie à des sentiments contradictoires. Celle du présent aussi. Car ce qu’elle ignorait encore à cette époque, c’était que, moins d’un an plus tard, Maximilien viendrait la trouver en lui avouant l’avoir trompée avec la même Alexia. Vu sous cet angle, la scène ne fit qu’enfoncer un nouveau poignard dans le cœur de la Directrice de Serdaigle, qui suivit son double. Car Loreana s’était mise à marcher, évitant de percuter un troisième année, et arriva enfin à hauteur du trio. Elle demanda à parler à « Mr Middle », soi disant à propos « d’un problème dans les horaires des rondes du mois prochain ». Maximilien quitta le groupe, sous les regards toujours aussi amusés de ses deux frères de Serdaigle.

    La Loreana du présent s’éloigna, se contentant d’observer la dispute qui s’en était suivi de loin. Elle savait très bien ce qu’elle avait dit, et ce que Maximilien lui avait répondu. Comme ils étaient en public, ils s’étaient vouvoyés. Mais quiconque aurait écouté la conversation l’aurait trouvée louche :


    LOREANA « Alors comme ça, c’est Alexia,maintenant, hein ? »
    MAXIMILIEN « Je ne comprends pas de quoi vous parlez. »
    LOREANA « Moi, c’est vous que je ne comprends pas, Mr. Middle. Je pensais qu’on s’était mis d’accord. »
    MAXIMILIEN « Je vous répète que je ne sais pas de quoi vous me parlez ! »

    Sur ce, la Loreana du passé avait tourné les talons, furieuse. Maximilien, moins rayonnant que quelques instants auparavant, avait retrouvé ses amis et joué avec l’étincelle rebondissante de Léo. Loreana fut comme aspirée vers le haut, et elle se retrouva à nouveau dans son bureau. Haletante, elle ferma les yeux quelques instants. Le souvenir avait eu l’effet escompté. Revoir la première fois que Maximilien l’avait déçue durant leur relation la confirma dans son choix : elle ne porterait pas son enfant.

    Loreana se leva brutalement. Elle avait besoin de prendre l’air. Oubliant la Pensine, avec son souvenir dedans, elle quitta le bureau. Elle n’avait évidemment pas pensé qu’Annabeth devrait être dans le même bureau d’ici 5 minutes…


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Dernière édition par Loreana N. Wilde le Lun 25 Avr 2011 - 22:31, édité 1 fois
Annabeth Wriggle
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MessageSujet: Re: Pensine, ma belle Pensine... [FINI] Mer 22 Déc 2010 - 15:07


Depuis le départ d'Aaron, son frère jumeau, Annabeth allait très souvent à la volière. Au moins trois, voir quatre fois par jour. C'était devenu une habitude : elle espérait toujours que HD, son petit hibou, lui apporterait une lettre de son frère. Généralement, elle repartait déçue. Parfois, il arrivait qu'il n'y ai aucun message pour elle. D'autres fois, elle avait bel et bien un mot, mais pas d'Aaron. Comme ce jour-là. Une lettre de Loreana Wilde, directrice de la maison Serdaigle et professeur de potions d'Annabeth. Celle-ci disait s'inquiéter des récentes chutes de notes de la jeune fille et voulait en discuter avec elle ce vendredi là. Intéressant. Annabeth froissa le papier dans sa main droite, en fit une petite boule et le jeta à la première poubelle venue. Elle était très déçue de ne retrouver aucune lettre de son frère : cela faisait déjà cinq jours. C'était à la limite du supportable.

A première vue, Annabeth n'avait vraiment aucune envie de se rendre à ce rendez-vous avec son professeur. " Une chute inexplicable de votre moyenne en potions durant ce début d'année ", qu'elle disait. La jeune fille aurait pensé que son professeur aurait pu faire le rapprochement avec le départ de son frère. Mais peut-être cela faisait-il déjà trop longtemps et que ses professeurs n'y voyaient plus là une excuse à se laisser-aller dont était prise Annabeth. Mais évidemment, elle était totalement contrainte de s'y rendre. Ce serait une bêtise de manquer le rendez-vous volontairement, même en allant ensuite mentir pour dire que le mot s'était perdu en route ou autres mensonges du genre.

Bref, le vendredi matin déjà, elle était prête psychologiquement à se rendre dans le bureau du Professeur Wilde. Elle s'était malheureusement levé du pied gauche, comme on dit. Amy, sa fidèle voisine de dortoir l'avait agacé tout le temps du petit déjeuner.

Amy ▬ « Mais tu ne trouves pas ça bizarre qu'il m'ai donné rendez-vous dans les cachots quand même ? Je veux dire, depuis la mort de ce serdaigle là, Travis, bah je trouve ça un peu glauque les cachots. Tu trouves pas ? »
Annabeth ▬ « Mmmh mmh. »
Amy ▬ « Mais encore ?! On ne peut jamais avoir une conversation entière avec toi ! Y'a toujours un moment où tu décroches, c'est affligeant ! »

D'un autre côté, Amy rabachait sans cesse sur le même sujet : son copain Tommy, dont elle voulait à tout prix rescenser les défauts. Amy avait toujours tendance à chercher les défauts des gens pour se chercher une raison de les détester, surtout envers les garçons. Depuis que sa soeur aînée avait été mise enceinte par un crétin qui s'était empressé de disparaitre sans laisser de trace, la demoiselle avait une dent contre la gent masculine entière.

Amy ▬ « Bref. J'ai le devoir de potions à finir, donc je vais te laisser. Au fait, tu me raconteras ton petit rendez-vous avec la prof de potions. A plus ! »
Annabeth ▬ « A plus. »

Réponse lente. Regard morose. Annabeh sentait que la journée allait être extrêmement longue. Après avoir terminé son petit déjeuner, la demoiselle avait suivit ses cours de la matinée. Elle avait notamment deux heures de botanique, chose qu'elle n'appréciait pas plus que cela. Puis elle avait enchainé avec une heure d'histoire de la magie : à mourir d'ennui. Puis l'heure du déjeuner avait sonné : Annabeth avait retrouvé Amy, mais celle-ci était occupée à raconter sa vie à une autre Poufsouffle.

L'après-midi se déroula tout à fait normalement : lente, ennuyeuse, sans couleurs. Annabeth avait cru apercevoir Julia de loin, mais ce n'était qu'une hallucination. Cela faisait très longtemps qu'elle n'avait pas parlé à sa meilleure amie. Bref, à cinq heures à la fin des cours, elle se rendit à la bibliothèque pour commencer la rédaction d'un devoir d'histoire de la magie - ô combien barbant. Elle n'avait pas terminé mais s'arrêta à six heures moins dix, le temps de ranger ses affaires, d'aller les déposer dans son dortoir et de redescendre afin de se rendre dans les cachots, où se trouvait le bureau du professeur de potions, Loreana Wilde.

Lorsqu'Annabeth arriva pourtant, la porte était ouverte et il n'y avait personne. Par courtoisie, elle frappa trois coups contre la porte en bois : aucune réponse. Sans vraiment s'en rendre compte, elle entra dans le bureau. Il y avait là une belle collection de parchemins, de chaudrons, de fioles en tout genre. Et sur le bureau, au milieu de la paperasse, se tenait une grande bassine qui paraissait en marbre. Annabeth s'approcha, poussée par un vent de curiosité. Une pensine, pensa-t-elle. Est-ce que son professeur s'en rendrait compte si elle y jetait juste un minuscule coup d'oeil ? Etait-elle capable d'entrer ainsi dans la vie privée d'un de ses professeurs ? Apparemment, oui.

Elle plongea la tête dans la pensine, plongeant ainsi en même temps dans le méandre des souvenirs de Loreana. La sensation était étrange, Annabeth n'aurait su la décrire. Elle ne s'attendait pas à découvrir quelque chose d'extraordinaire, ainsi elle ne fut pas déçue lorsqu'elle découvrit la Grande Salle, quelques années plus tôt. Rien n'avait changé : il y avait toujours ce vieux Choixpeau, posé sur le même tabouret - ou un très semblable. Soudain, une voix féminine appela Loreana Wilde. Une petite fille, qui devait donc être le professeur de potions d'Annabeth à onze ans, s'avança vers l'estrade. Elle paraissait toute timide. On lui posa le Choixpeau sur la tête et celui-ci, presque instantanément, hurla : « SERDAIGLE ». Puis l'image s'effaça et Annabeth se retrouva dans une chambre d'hôpital, surement à Ste Mangouste. La salle était vide, mais soudain arriva en trombe une Loreana, en un peu plus jeune, et un homme plus âgé assisté de ce qui devait être deux sortes d'infirmières et d'une petite fille en pleurs. Ils apportaient une patiente, dans un sale état : elle avait le visage et une partie du corps carbonisé. Les médicomages hurlaient des ordres, la petite fille pleurait de plus belle. Une infirmière l'entraina de force derrière elle, claquant la porte derrière elles. Loreana Wilde s'agitait sous les ordres de l'homme, qui devait donc être son supérieur. Annabeth ne pouvait détacher son regard du visage brûlé de la patiente. Elle eut un haut le coeur, ce qui eut pour effet de la ramener dans le bureau des potions, qu'elle n'avait en réalité jamais quitté. Elle en fut toute étourdie et mit un instant à s'en remettre.


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Loreana N. Wilde
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MessageSujet: Re: Pensine, ma belle Pensine... [FINI] Sam 25 Déc 2010 - 21:51

    Un vent froid, glacial, même. Mordant la peau. Attaquant les lèvres. Frappant le visage, s’insinuant dans le moindre petit espace. Le vent était agressif, et semblait en vouloir au château entier. Il s’écrasait avec violence contre chaque de ses pierres, qui étaient là depuis des siècles, défiant le temps, l’eau, le vent. Et le vent n’aimait pas les défis. C’est pourquoi il tentait souvent d’abattre cette bâtisse séculaire, perdant chacun de leurs combats. Sans jamais se décourager, il revenait à la charge dès que l’automne arrivait. Mais jamais il ne vainquit son vieil ennemi. Alors, de dépit, il s’en prenait à ses occupants : il giflait les élèves, mordait les professeurs, les faisant trembler de tout leur corps. Loreana n’en avait cure. Elle marchait, à peine vêtue de sa robe de sorcière, insensible à la vindicte du froid. Au contraire, la combinaison du froid et du vent lui fit un bien fou. Elle posa un regard amusé sur deux élèves de première année qui se lançaient des boules de neige. Et se mit à penser au petit être qui vivait en ce moment même dans son ventre, loin de se douter qu’il ne verrait jamais le monde. Loreana allait tuer un enfant dont elle ignorait tout. Elle ne savait pas si ce serait une fille ou un garçon. Elle ne connaissait même pas son prénom. Elle n’avait aucune idée de la couleur de ses yeux, ou de ses cheveux. Elle ne savait si l’enfant serait grand ou petit. Serait-il intelligent ? Sportif ? Préfèrerait-il le chocolat ou la vanille ? Tant de questions auxquelles elle ne pourrait jamais apporter de réponse, car l’enfant mourrait avant même d’être né. C’était là la vérité, nue, dure, pure. Une vérité qui assomma Loreana plus efficacement que le vent n’était parvenu à le faire. Une vérité qui avait du mal à prendre forme dans son esprit. Une vérité que Loreana n’acceptait pas encore. Pourtant, il le faudrait : cet enfant ne pouvait pas vivre. D’une part parce que la jeune prof de potions se sentait dépassée par cette naissance, et d’autre part parce que c’était l’enfant de Maximilien Middle. L’homme qui l’avait abandonnée. L’homme qui lui avait causé le plus de mal. L’homme qui avait fui. L’homme qu’elle aimait, aujourd’hui encore. Elle ne pouvait s’empêcher de l’imaginer avec un enfant dans les bras. Elle ne pouvait s’empêcher de l’imaginer jouer avec un enfant. Elle ne pouvait s’empêcher de l’imaginer donnant à manger à un enfant lui tirant la langue.

    Puis, soudain, pour une raison ou pour une autre, elle se souvint d’Annabeth. Elle avait donné rendez-vous dans son bureau à la jeune Poufsouffle… Peut-être que l’élève y était déjà ! Maudissant son étourderie, Loreana se hâta de retrouver l’enceinte chaude et accueillante du château, avant de replonger dans l’atmosphère froide et inhospitalière des cachots. Enfin, froide et inhospitalière, ça dépend. Lorsque les potions sont une passion et un besoin, et lorsque les cachots sont votre demeure, ils ne semblent plus si hostiles que cela. Mais qu’importait, pour l’instant. Loreana, à grande enjambées, arriva finalement devant la porte, toujours entrouverte, de son bureau. Avec un peu de chance, Miss Wriggle ne serait pas encore là. Elle poussa la porte nonchalamment, soupirant de soulagement à cette idée, et son regard se posa sur… Annabeth. Puis sur la Pensine. Puis sur Annabeth. Quelle idiote ! Elle avait quitté son bureau, en y laissant une Pensine pleine de souvenirs à la portée du premier venu ! Refermant la porte derrière elle, et sentant le regard grimaçant de la Poufsouffle se poser sur elle, Loreana se demanda si l’élève avait eu le culot de plonger dans les souvenirs de son professeur. Intérieurement, cela la fit sourire, car elle l’aurait probablement fait, poussée par une curiosité incontrôlable. Mais le fait que ce soit ses souvenirs dans sa Pensine lui ôta toute envie de sourire. Elle s’installa calmement derrière son bureau, puis fixa Annabeth d’un regard de glace, essayant de déceler dans sa réaction un signe lui permettant de savoir si la jeune femme avait plongé dans la bassine, oui ou non.
    Au bout de quelques secondes, une moue coupable apparut sur le visage de la Jaune et Noir, avant de disparaître aussitôt. Sans lâcher Anna de son regard glacial, Loreana soupira d’agacement. Parfois, les élèves étaient stupides. Avant de dire quoi que ce soit, la prof de potions devait savoir quels souvenirs son élève avait vu. Car, si elle avait vu celui de sa dispute avec Maximilien, nul doute que l’esprit rapide de Miss Wriggle aurait tôt fait de comprendre le lien unique qui liait le Serdaigle à sa directrice de maison. Et ce sera une très mauvaise chose. Non pas que Loreana ne faisait pas confiance à Annabeth, mais un secret a plus de chances de s’ébruiter si plusieurs personnes sont au courant. Voyant bien qu’elle ne parviendrait pas à en savoir davantage en fixant la jeune Poufsouffle, Loreana se résigna à lui parler. Elle aurait bien fait usage de la Legilimencie si elle n’avait pas été une novice inexpérimentée en la matière… Et que cela n’était pas interdit.


    LOREANA « Je vais vous demander de me dire ce que vous avez vu, Miss Wriggle, puisqu’il me semble inutile de vous demander si vous avez osé regarder… »

    La jeune femme posa un regard de glace sur son élève. Bien sûr, elle l’avait convoquée pour parler de son frère. Bien sûr, ce n’était pas du tout la tournure qu’aurait dû prendre cet entretien. Bien sûr, Loreana était intérieurement terrifiée à l’idée qu’ Annabeth ait compris la liaison qu’elle avait entretenu avec Max. Mais elle devait masquer tout cela derrière un masque de colère froide qu’elle avait du mal à maintenir, tant elle aimait la petite Poufsouffle. Son but n’était pas de l’enfoncer encore plus dans la détresse qu’elle ne l’était déjà. Son but n’était pas de la faire se sentir plus mal que ce qu’elle se sentait pour l’instant. C’est pourquoi Loreana adoucit son regard, se jurant mentalement que même un mensonge aussi gros que « je n’ai rien vu » suffirait à lui faire oublier l’incident. Mais pour l’heure, elle devait savoir. C’est pourquoi elle pressa la Poufsouffle. Il fallait qu’elle en ait le cœur net.

    LOREANA «Annabeth. Dis-moi ce que tu as vu… »

    Loreana fut surprise du ton suppliant avec lequel elle avait prononcé cette phrase. Elle plongea son regard dans celui de la Poufsouffle, lui demandant une nouvelle fois de briser le silence coupable qui venait de s’installer.


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Annabeth Wriggle
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MessageSujet: Re: Pensine, ma belle Pensine... [FINI] Mar 4 Jan 2011 - 18:07

Ce qu'elle avait vu dans la pensine de Loreana avait quelque peu secoué la jeune fille. Elle mit un instant à comprendre qu'elle était enfin de retour dans le bureau de son professeur, toujours vide. Pas pour longtemps pourtant ... Annabeth, très gênée, entendit des pas derrière elle. Miss Wilde devait être là, elle n'avait qu'à se retourner pour l'apercevoir. Pourtant, Annnabeth ne se retourna pas, grimaçante. Elle se sentait quelque peu honteuse. Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Pourquoi avait-elle plongé dans les souvenirs de son professeur ? C'était totalement immoral, et la curiosité avait été surement plus forte que la raison. Finalement, Annabeth se retourna vers son professeur et tenta de faire disparaitre au plus vite sa moue grimaçante : elle prit un visage qui se voulait impassible.

Elle suivit du regard la grande brune lorsque celle-ci, le visage glacial, vint prendre place derrière son bureau. Annabeth évitait de regarder la pensine, mais elle avait bien compris que son professeur savait. Il fallait être vraiment idiot pour croire qu'une jeune personne de son âge aurait pu résister à la tentation d'apercevoir des bribes du passé de son professeur. Bien que cela soit compréhensible, la préfète se sentait étrangement mal. Encore si elle n'avait vu que le souvenir de la répartition de Loreana Wilde, cela aurait été. Mais elle avait plongé dans un deuxième souvenir, beaucoup plus fort. Qu'était-il arrivé à cette jeune mère, brûlée à vif ? Cela était certainement de nature magique pour que la femme soit emmenée à Ste Mangouste. Annabeth n'avait même pas été au courant que son professeur soit une ancienne apprenti médicomage. Pourquoi avait-elle arrêté ? Annabeth ne doutait pas de l'intelligence et du goût du travail de son professeur, alors ce n'était certainement pas à cause d'un relâchement ou autre. Non, la raison devait être plus ... poussée. Plus psychologique, peut-être. En tout cas, elle était persuadée que c'était Loreana elle-même qui avait mis volontairement fin à ses études. Mais Annabeth ne se sentait pas vraiment de poser des questions, surtout lorsque Loreana dit, d'un ton particulièrement froid :

Loreana ▬ « Je vais vous demander de me dire ce que vous avez vu, Miss Wriggle, puisqu’il me semble inutile de vous demander si vous avez osé regarder … »

Annabeth resta muette. Effectivement, il était inutile de s'assurer qu'elle avait bien regardé dans la pensine. Biensur qu'elle l'avait fait, et si elle tombait de nouveau sur une autre pensine, elle le referait surement. Le principe même de la pensine la rendait curieuse. Garder des souvenirs importants dans une bassine, c'était quand même étrange. Annabeth se demanda soudain ce qu'elle mettrait comme souvenir, si elle avait eu une pensine. Surement des souvenirs avec son frère. Et puis le jour où ils avaient reçu leur lettre de Poudlard, et où leur tutrice leur avait remis la lettre de leur défunte mère. « Vous n'êtes pas comme les autres enfants ... », avait-elle marqué. Annabeth s'était alors senti très mal : comment sa " mère " pouvait-elle dire ça ? Elle s'était suicidée, les abandonnant à une vieille femme un peu aigrie. Et puis en même temps, parfaitement bien : elle n'était finalement pas destinée à une vie ordinaire. Et puis son arrivée à Poudlard. Peut-être y mettrait-elle aussi une ou deux soirées qu'elle avait passé au coin du feu de la salle commune des Poufsouffle, à bavarder avec son frère. Et puis le soir de leur dispute et le matin, lorsqu'elle avait appris qu'il était parti sans rien dire. Le souvenir qui lui ferait mal à chaque fois qu'elle voudrait le revivre, pour se faire encore plus de mal.

Loreana ▬ « Annabeth. Dis-moi ce que tu as vu … »

Annabeth s'était emmêlée dans le fil de ses pensées, et en avait presque oublié la présence de son professeur et ce qui venait de se passer. Elle n'avait pas non plus remarqué que le regard de Loreana s'était étrangement adoucie. De même, son ton n'était plus sec et brutal, mais doux, presque suppliant. La demoiselle en fut toute étonnée et laissa durer le silence. Elle observa un long moment son professeur, son regard : elle semblait inquiète. Comme si il y avait dans cette bassine en pierre des souvenirs importants, des secrets enfouis qu'elle ne voulait pas ébruiter. Annabeth ne pensait pas avoir vu le souvenir en question et sa curiosité était donc encore plus forte. Ce n'était évidemment pas bien, mais peu importe. Finalement, elle soupira doucement, ravala sa salive comme pour se donner du courage et dit, tout doucement :

Annabeth ▬ « Je suis désolée, professeur. Je n'ai vu que votre répartition chez les Serdaigle et ... »

Elle se tut. Non pas pour un effet de suspens, elle n'était pas de ce genre là. Disons qu'elle ne savait pas trop comment dire. Qu'avait-elle vu, au juste ? Ste Mangouste, Loreana en tenue d'apprenti et un médicomage, des infirmières, une femme brûlée et une petite fille en pleurs. Voilà tout.

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MessageSujet: Re: Pensine, ma belle Pensine... [FINI] Jeu 6 Jan 2011 - 17:32

    LOREANA «Annabeth. Dis-moi ce que tu as vu… »

    Lorsque Loreana termina sa phrase, un lourd silence s’installa. D’une part à cause de la voix de la prof de potions qui s’était inexplicablement cassée, donnant à sa requête l’aspect d’une supplication. Elle fut elle-même surprise de ce ton si doux et implorant à la fois. L’inquiétude la rongeait tout entière. Mais quelle imbécile elle avait été de laisser la Pensine là, bien en vue, à la portée du premier venu ! Quelle idiote elle était d’être sortie, en laissant son bureau ouvert. Si ça, c’était pas une invitation à s’engouffrer dans sa mémoire… A la rigueur, s’il n’y avait eu que le souvenir de sa répartition, ça n’aurait pas été problématique, bien que le simple fait que quelqu’un d’autre qu’elle-même ait accès à ses souvenirs la gênait. Non, elle avait dû choisir aujourd’hui pour regarder les souvenirs importants de sa vie. Elle avait dû choisir aujourd’hui, 17h58, pour se plonger dans des souvenirs douloureux, alors que la jeune Poufsouffle devait arriver à 18h… Mais quelle courge, mais quelle courge ! Qu’est-ce qu’Annabeth avait vu ? C’était la principale question. La question qui la faisait fixer son élève avec insistance, la question à laquelle elle devait, c’était indispensable, trouver une réponse. Et la seule à pouvoir lui fournir cette réponse, c’était Annabeth. Annabeth qui la regardait en silence.

    ANNABETH « Je suis désolée, professeur. Je n'ai vu que votre répartition chez les Serdaigle et ... »

    Dans un premier temps, la prof de potions eut l’irrésistible envie de presser la Poufsouffle pour qu’elle termine sa phrase. « Et quoi ? » Mais, gardant le silence, Loreana saisit toute la nuance de ce « et ». Un « et » indécis, hésitant. Un « et » qui ne savait pas vraiment s’il devait ouvrir le chemin à d’autres mots. Un « et » innocent. Lorsqu’elle dressa mentalement la liste des souvenirs qu’elle avait mis dans la pensine, Loreana crut soudain comprendre. Et soupira. Elle venait de comprendre ce qui mettait la jeune femme dans cet état de quasi-choc. Elle n’avait rien vu de particulièrement important. Elle n’avait pas vu le souvenir avec Maximilien. Non, à en croire la tête que tirait la Poufsouffle, elle avait plutôt dû aller faire un tour du côté de Ste Mangouste. Elle avait dû voir le souvenir qui constituait un véritable virage à 180° dans la carrière de Loreana. Elle avait dû voir Maïté. Un nom que la jeune prof ne pourrait plus jamais oublier. Maïté, ou le combat éperdu d’une jeune interne face à la mort. Elle s’était vraiment investie sur ce cas. Elle voulait vraiment la sauver. Pour sa fille, sa petite fille de 6 ans… Malgré tous ses efforts, Maïté est morte. La seule chose que Loreana avait pu faire, c’était faire en sorte qu’elle ne souffre pas trop. Mais elle était morte. « Vous ne devriez pas en faire une affaire personnelle, Loreana », l’avait prévenue son mentor. Mais elle n’avait pas écouté. Elle avait tout fait pour la sauver… En vain. La gamine de 6 ans avait perdu sa mère. Qu’était-elle devenue, la gamine ? Elle devait avoir 11 ou 12 ans, maintenant… Mais… Attendez ! 11 ou 12 ans ? ça voulait dire qu’elle faisait peut-être partie des élèves de première ?! Loreana secoua la tête. Il ne fallait pas y penser. Pas maintenant. Pas devant Annabeth.

    LOREANA « Je vois. Tu as probablement vu aussi le désastre de Ste Mangouste… Non, ne dis rien. Je vais t’expliquer, ça m’évitera de devoir répondre à tes questions. J’ai voulu devenir médicomage, au début. J’ai débuté mes études et ai été intégrée à un équipe de Ste Mangouste spécialisée dans les blessures magiques infligées par Sortilège. C’est dans ce cadre-là que j’ai eu à soigner la femme que tu as vu. Elle… Elle est morte. Ni moi, ni mon chef n’avons rien pu faire pour la sauver. Ça m’a bouleversé. Je n’avais pas réalisé que soigner signifiait accepter de voir des gens mourir. Que cela signifiait qu’un échec coûtait la vie à un être humain. Alors, je me suis souvenue que le directeur m’avait proposé un poste ici. Et je suis revenue. »

    C’était la première fois qu’elle parlait de cet épisode de sa vie à une élève, et elle ne savait pas si Anna’ garderait ça pour elle, ou si demain toute l’école serait au courant. Mais, au fond, qu’est-ce que ça changeait ? Rien, strictement rien. C’était du passé. C’était il y a 6 ans… Et puis, ça n’était pas aussi grave que si Anna’ avait découvert sa liaison avec Max. Cela aurait pu mettre sa carrière en danger. Mais qu’importait, maintenant, de s’attarder sur ce qui aurait pu se passer ? Annabeth n’avait pas vu le souvenir le plus problématique, tout était bien.

    LOREANA « Mais ce n’est pas de ça que je voulais te parler, tu t’en doutes. »

    A ces mots, elle se leva. D’un coup de baguette, la Pensine se vida et les souvenirs réintégrèrent sa tête et sa mémoire. Loreana se leva, et rangea la Pensine dans l’armoire qu’elle n’aurait pas dû quitter. Lorsqu’elle vint se rasseoir face à la Poufsouffle, elle abordait un sourire rassurant. Qui signifiait, d’une part, qu’Annabeth n’avait plus à s’en faire pour cette histoire, et, d’autre part, que Loreana était prête à écouter tout ce que la jeune femme aurait le cœur de lui dire.

    LOREANA « Annabeth. Tes amis s’inquiètent. Et moi aussi, je dois t’avouer. Tu ne souris plus. Tu ne respires plus la joie de vivre. Tes notes chutent considérablement. Tu t’éteins, Annabeth. Le départ de ton frère t’a bouleversé, je le vois bien. Mais je t’en supplie, ne te laisse pas abattre. Dis-moi comment je pourrai t’aider. »


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MessageSujet: Ven 7 Jan 2011 - 20:47

Loreana ▬ « Je vois. Tu as probablement vu aussi le désastre de Ste Mangouste… Non, ne dis rien. Je vais t’expliquer, ça m’évitera de devoir répondre à tes questions. J’ai voulu devenir médicomage, au début. J’ai débuté mes études et ai été intégrée à un équipe de Ste Mangouste spécialisée dans les blessures magiques infligées par Sortilège. C’est dans ce cadre-là que j’ai eu à soigner la femme que tu as vu. Elle… Elle est morte. Ni moi, ni mon chef n’avons rien pu faire pour la sauver. Ça m’a bouleversé. Je n’avais pas réalisé que soigner signifiait accepter de voir des gens mourir. Que cela signifiait qu’un échec coûtait la vie à un être humain. Alors, je me suis souvenue que le directeur m’avait proposé un poste ici. Et je suis revenue. »

Finalement, le professeur avait deviné tout seul. Annabeth n'en fut pas pour autant soulagée. Elle était juste légèrement contente du fait de ne pas avoir à répéter la scène à laquelle elle avait assisté. Elle acquiesça sans sourciller, sans montrer une moindre réaction. Que pouvait-elle dire, de toute façon ? Miss Wilde s'était sentie obliger de lui expliquer - et en réfléchissant un peu elle finissait par trouver cela normal en vue de la situation - et donc, de se confier. Annabeth, elle, n'aimait pas se confier. S'ouvrir aux autres, leur dévoiler ce qu'il se passe dans son coeur, elle en était incapable. Elle ne pouvait pas s'ouvrir totalement. Il n'y avait qu'une seule personne avec laquelle elle pouvait le faire : son frère, Aaron. Désormais parti, en France, très loin, trop loin. Elle avait toujours pu tout lui dire, il la comprenait tout le temps. Parce qu'ils étaient jumeaux et avaient vécu depuis leur petite enfance les même choses. Ils avaient un passé commun, chargés de souvenirs plus ou moins heureux. Elle pouvait parler de tout avec lui, il pouvait comprendre ses allusions à leur passé, ses envies secrètes et ses désirs inavoués. Elle avait toujours aimé cette complicité qui les liait, cet amour fraternel qu'il se portait l'un l'autre. Cela avait été sa vie, avant que le château de cartes ne s'écroule.

Loreana ▬ « Mais ce n’est pas de ça que je voulais te parler, tu t’en doutes. »

Annabeth soupira le plus discrétement possible. Elle s'y attendait, évidemment. Mais elle avait osé espérer que l'histoire de la pensine aurait pu détourner l'attention d'elle, de sa situation actuelle. La demoiselle suivit du regard son professeur qui se leva, remit ses souvenirs dans sa tête en un coup de baguette et rangea la pensine désormais vide dans un placard. Puis elle vint reprendre sa place, avec un sourire plus détendu. Annabeth, elle, était totalement crispée à l'idée de la suite, qui ne tarda pas à arriver :

Loreana ▬ « Annabeth. Tes amis s’inquiètent. Et moi aussi, je dois t’avouer. Tu ne souris plus. Tu ne respires plus la joie de vivre. Tes notes chutent considérablement. Tu t’éteins, Annabeth. Le départ de ton frère t’a bouleversé, je le vois bien. Mais je t’en supplie, ne te laisse pas abattre. Dis-moi comment je pourrai t’aider. »

Annabeth se demanda alors si sa vie à elle, son malheur touchait réellement son professeur comme elle le disait. Biensur, les professeurs avaient le devoir d'être à l'écoute de leurs élèves, de les aider si nécessaire. Mais pour cette fois, Annabeth n'avait pas envie d'aide. Vraiment pas. De personne. Et puis, qu'aurait-elle pu faire ? Elle ne pouvait pas lui ramener son frère, or c'était la seule chose qu'elle souhaitait vraiment. Depuis quelques jours, elle arrivait à sourire un peu. Elle commençait à se dérider comme on dit, bien que la plupart de ses sourires soient faux. C'était bien triste à dire, mais c'était la vérité. Et comme souvent, la vérité est triste. Annabeth était triste. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à son frère, tout le temps. Elle savait également que ses notes avaient beaucoup chuté. Mais que devait-elle faire ? Promettre à son professeur que tout allait s'arranger, qu'elle allait bien et partir avec un sourire poli en la remerciant de se préoccuper de son cas ? Ce serait totalement faux, et Annabeth avait du mal à jouer la comédie en ce moment. Le coeur n'y était pas, du moins pour l'instant. Elle demandait juste un peu de temps, mais surtout la paix. Qu'on la laisse gérer sa vie, elle n'était plus une gamine après tout. Si elle voulait se laisser couler dans le bain des préfets, alors soit. Qu'on ne l'en empêche pas.

Bref, elle avait simplement envie qu'on la laisse tranquille. Que les ragots sur son frère et elle cessent. Lorsqu'elle passait dans les couloirs, certains la regardaient encore avec insistance en chuchotant à l'oreille de leurs voisins. Cela l'énervait beaucoup. Les Poufsouffle en général ne l'agaçaient pas trop : ils avaient été plus proche des Wriggle durant toutes ces années et savaient donc pertinnement ce qui c'était passé. Et puis quand bien même, les Poufsouffle n'étaient pas des langues de vipère. Quand aux autres, ce n'était pas pareil. Enfin heureusement, par dessus la rumeur Aaron-Annabeth était passé d'autres histoires, d'autres rumeurs et ragots à se mettre sous la dent. Avec encore un peu de temps, on ne parlerait plus de ça. Les gens passeront à autre chose, et Annabeth ira sans doute mieux.

Elle était également consciente que son rôle de préfète-en-chef était très mal rempli. Elle faisait de son mieux pour rendre ses responsabilités, mais ce n'était pas si simple. En bref, elle ne surveillait plus trop les élèves de sa maison, et passait plus son temps dans les nuages ou dans la salle de bains des préfets. Transpirer dans l'eau brulante lui faisait beaucoup de bien.

Et finalement, après un long silence quelque pesant - Annabeth n'avait rien remarqué, étant trop occupé par ses pensées -, elle répondit sur un ton bateau :

Annabeth ▬ « Je suis désolée pour mes notes. Et c'est gentil, mais c'est inutile de vous faire du soucis pour moi, vous ou mes amis. »

Annabeth se demandait d'ailleurs bien qui était " ses amis " qui se préoccupaient tant de son sort. Si le professeur disait ça, c'était peut-être que quelqu'un en avait parlé. Annabeth détestait cette idée : elle ne recherchait aucunement la pitié. Elle avait toujours été un peu fière au fond d'elle, bien que son égo soit retombé sur ses chevilles après le départ d'Aaron. Ainsi, elle détestait qu'on la plaigne et qu'on tente de l'aider, ou qu'on insiste pour le faire. Mais elle se devait de rester poli envers Loreana et donc de chercher ses mots pour la rembarrer gentiment. Son action était bien inutile aux yeux d'Annabeth. Elle ne se souvenait même pas avoir été un jour d'une joie de vivre communicative. Cependant, après avoir été l'ombre d'elle-même pendant pas mal de temps, elle était décidée à reprendre le cours d'une vie normale, bien que toujours aussi morose.

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MessageSujet: Re: Pensine, ma belle Pensine... [FINI] Jeu 27 Jan 2011 - 15:39

    Loreana connaissait la sensation qui devait habiter la jeune Poufsouffle. Elle pouvait comprendre les sentiments qui l’agitaient, les questions qu’elle devait se poser, les envies qui la tiraillaient. Loreana avait connu déjà cette situation où tout l’univers qu’on avait mis une vie à construire s’effondrait sous nos yeux impuissants. Rien à faire pour arrêter la chute de l’édifice de notre vie, dont on ne pouvait que contempler la chute avec tristesse et un sentiment de faiblesse paralysant. Et, sur les ruines fumantes de ce qu’avait été notre quotidien, on ne peut que se pencher sur les cadavres de nos rêves et de nos espoirs avortés. Quel autre choix que de se lamenter, serrant contre notre corps les dépouilles ridicules de nos rêves d’avenir ? Quel autre choix que de contempler les restes d’une vie que l’on croyait inébranlable, se rappelant avec nostalgie du temps où ces pierres, à présent malmenées pour l’effondrement, formaient une fière et haute bâtisse d’où on voyait, au loin, un avenir radieux ? Evidemment, Annabeth se trouvait actuellement devant un champ de ruines : le départ de son frère l’avait ébranlée à tel point que sa vie, privée de l’un de ses piliers, s’était effondrée. Mais il fallait qu’elle comprenne, comme Loreana l’avait elle-même compris il y a des années, que d’un champ de ruine peut renaître une bâtisse plus belle encore. Certes, le destin avait frappé un grand coup. Certes, Annabeth avait vacillé et était tombée. Mais il ne tenait qu’à elle de se relever et de reprendre le combat.

    Ce que Loreana lui proposait en ce moment, c’était une main secourable. Elle lui tendait la main pour l’aider à se relever. Pour avoir vraiment souffert du décès de cette patiente sous ses yeux, Loreana savait à quel point le soutien d’un autre être humain était important. Sans Caleigh, la directrice des Belu et Bronze aurait sans doute eu beaucoup plus de mal à se relever. Elle aurait fini par y arriver, bien sûr, mais elle en serait sortie moins forte. Après tout, elle n’était aucunement responsable de la mort de cette femme. Elle avait fait tout ce qu’elle avait pu. Malheureusement, cela s’était avéré insuffisant. Si elle n’avait rien pu faire pour aider Maïté, elle s’était jurée de toujours venir en aide aux élèves qui le demanderaient. Et à ceux qui allait trop mal pour le demander, comme Annabeth. Même si cette dernière allait sûrement s’emmurer dans un silence lourd d’hésitation, et finir par décliner son offre en repoussant cette main qu’elle lui tendait. Loreana le savait, car c’est comme ça qu’elle avait réagi, dans un premier temps. Plus envie de voir personne. Plus question de parler. Être seule, juste être seule. Savourer une solitude malsaine et destructrice, comme pour se punir de n’avoir rien vu venir et de s’être montré incapable de réagir. Pas besoin qu’on l’aide : juste besoin d’appuyer sur « pause », puis d’opérer un retour en arrière, à l’époque où tout allait bien. Ce qui, pour Annabeth, signifait : à l’époque où Aaron était là. Il faudrait bien, tôt ou tard, elle accepte cette évidence, cette réalité : il était parti et il ne reviendrait pas. Ça serait douloureux, bien sûr. Mais elle ferait avec et continuerait à vivre.


    ANNABETH «Je suis désolée pour mes notes. Et c'est gentil, mais c'est inutile de vous faire du soucis pour moi, vous ou mes amis. »

    Loreana la dévisagea en silence. Les quelques secondes qui séparèrent le moment où Annabeth ferma la bouche de celui où Loreana ouvrit la sienne semblaient se faire une mission de s’allonger considérablement, de se multiplier sans gêne, histoire de rendre le silence plus pesant encore. Car ce silence était plus qu’une absence de bruit. Ce silence était presque vivant, et dévorait tout sur son passage. Avec un peu d’imagination, on aurait pu tendre la main et attraper ce silence, le toucher, le sentir, pour ensuite l’enfermer dans une cage. Le silence ainsi enfermé, l’adolescente se montrerait peut-être plus loquace, et accepterait qu’on l’aide. Car accepter de l’aide n’était nullement une faiblesse. Au contraire. Seul l’insensé se blottit dans sa solitude et se délecte de son amertume. Et Annabeth n’était pas insensée.

    LOREANA « Bien. Dans ce cas je ne te retiens pas dans ce bureau. Puisqu’il n’y a pas de raison de se faire du souci, je suppose que tu vas te reprendre et accomplir tes devoirs de préfète-en-chef avec efficacité. »

    Elle marqua une courte pause, cherchant à déceler quelles étaient les émotions qui luttaient chez la petite Poufsouffle. Elle soupira imperceptiblement, déçue de ne pas voir réagir la jeune élève, avant de recommencer à parler.

    LOREANA « Si toutefois tu n’avais dit que tout va bien que pour pouvoir quitter ce bureau et mes questions envahissantes –et c’est ton droit, bien entendu- sache que tu n’es pas oblige de tout affronter seule, et que tu trouveras ici une Oreille attentive, quoi qu’il arrive. »

    Loreana s’appuya avec nonchalance sur le dossier de son fauteuil, ne lâchant pas l’élève des yeux. Comment allait-elle réagir ? Allait-elle se lever et quitter le bureau ? Allait-elle, finalement, décider de se confier à son professeur ? Tant de questions, tant de possibilités… Mais un seul avenir. Un avenir qui se bâtissait seconde après seconde, mot après mot. Les secondes et les mots qui allaient suivre allaient probablement modifier les relations entre Loreana et Annabeth, dans un sens ou dans l’autre. La question était de savoir précisément quel chemin allait emprunter cette relation…


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